Le sous-titrage des vidéos transmises hors de leur pays d’origine – suite et fin (en principe)

le souriceau de bord de la Costa Concordia a des questions à vous poser

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Où en sommes-nous depuis hier ?

  • nous avons plus particulièrement considéré les sous-titres de la vidéo

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cliquer sur l’image pour revoir la vidéo chez l’hébergeur Dailymotion

la vignette a été choisie par le journal-Web Le Nouvel Obs pour représenter l’extrait d’interview chez l’hébergeur Dailymotiondans l’article :

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cliquer sur l’image pour revoir la vidéo sur la page-écran du Nouvel Obs

  • nous avons appris que le passage par un traducteur à l’heure de la mondialisation dans le domaine de l’information pouvait déformer parois le message original et que le choix des extraits de l’extrait qui allaient être inscrits en bas des images devait être fait avec rigueur.
  • nous avons appris que pour sous-titrer, on est obligé de faire un choix dans les paroles de la vidéo parce qu’on entend plus vite qu’on ne lit (c’est pareil pour les films ou les discours des politiques dans les actualités) télévisées).
  • nous avons appris que les textes écrits sous plusieurs images successives était parfois fort différent des paroles réellement prononcées et que le choix nécessaire pouvait amener de curieux résultats.

Le titre du document a la double fonction de le présenter et d’en être une synthèse à lui tout seul

Alors le choix d’une citation pour titre : facilité ou bonne idée ? parce qu’on peut très bien insérer une page-titre neutre en tête d’une vidéo sous Windows Media Maker par exemple ou, pour garder l’image de Francesco SCHETTINO, utiliser la première photo de la vidéo et inscrire une formule composée avec soin avec Paint de Microsoft. Cela ne coute rien, ils sont tous deux fournis gratuitement avec le système. En effet, le Commandant de la Costa Concordia s’adresse alors pour la première fois aux victimes de la tragédie qui a laissé son bateau à 30% émergé des eaux du Giglio, fait 30 victimes, 2 disparus et plus de 4000 survivants ainsiqu’à une étrange masse surexcitée qui pense être bien informée par les moyens in-live de communication et d’information.

Le choix de cette citation en particulier : était-il judicieux de choisir la ligne N°160 sortie de son contexte et de surcroit incomplète ?

“Un lâche qui a tout fait pour…”

Certes, c’est à peu près la dernière phrase prononcée par Francesco SCHETTINO dans l’extrait d’une interview réalisée chez lui qui ne peut pas encore s’éloigner de META di SORRENTO. Pensez-vous qu’elle constitue une synthèse de ce que l’interviewé a exprimé, du message que l’intéressé souhaitait faire passer à l’auditeur ?

Pendant tout le temps de l’interview, l’ordre d’une heure – je l’ai écoutée, Francesco SCHETTINO a expliqué à la bande d’ignorants que nous sommes le point de vue du Commandant de la Costa Concordia (30 ans d’expérience de pilotage et de l’eau salée dans les veines). Il l’a fait avec des mots simples, j’ai suivi.

Pendant la minute et quelques qu’a duré cet extrait Francesco SCHETTINO a répondu aux reproches les plus saugrenus qui peuvent atteindre un marin de métier, venant de profanes complets et qui zappent allègrement tout ce qui peut mettre en valeur la compétence et le sang-froid dont il a fait preuve ce soir là.

Sa dernière phrase était, d’après les sous-titres même :

 “Un lâche qui dans cette situation a essayé de faire au mieux.”

et ça fait déjà une différence.

Quand au titre de l’article lui-même : “Costa Concordia : l’étrange défense du Commandant SCHETTINO”

en ne donnant pas la réponse de l’intéressé au plus grave des reproches, celui qui touche à l’honneur alors que les textes, les vrais, pas ce qui nous reste de nos lectures enfantines, disent que le commandant doit quitter son navire le dernier lorsqu’il sombre. Comment pouvez-vous dire que la Concordia sombré ? Il y a 30% du bâtiment qui est encore émergé 6 mois après ! Sombré, c’est coulé au fond.

Mais ça, c’est du français et vous n’avez aucune excuse.

J’ai ajouté la réponse de Francesco SCHETTINO à la question posée par la journaliste sur le billet précédent.

La voici à nouveau : “Quand je suis descendu du pont 8 le navire était nettement incliné, j’ai essentiellement vu le canot de sauvetage qui se trouvait dans la porte d’embarquement où j’ai fait un choix, je ne pouvais déjà pas rester sur le bateau parce que le bois constituait une pente glissante inclinée à 50-55 degrés, j’ai été pratiquement obligé d’aller sur ce bateau, je ne sais pas si j’ai glissé ou si je suis tombé, si le navire a fait un mouvement, je ne pensais pas qu’on mettrait pareillement l’accent sur le fait que j’aie trébuché, le commandant se promène et tombe dans un canot de sauvetage. C’est une plaisanterie de mauvais gout.”

Vous croyiez que j’allais oublier peut-être ? que nenni. Ne pas parler du titre dans l’étude d’un document,ce ne serait pas sérieux.

Et je profite de l’occasion pour rappeler la devise que notre défunt maire Monsieur Gaston DEFFERRE avait donnée à ses journaux :

Les commentaires sont libres, les faits sont sacrés.

Piste de prolongement :

La demande de retour est-elle une bonne chose à l’heure de la rapidité et de la facilité d’intervention de n’importe qui sur n’importe quoi ?

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  1. #1 par Monique-Mauve le 19 juillet 2012 - 13 h 15 min

    « La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres » est un vieux principe qu’on enseignait autrefois en Morale (enseignement qui revient à l’ordre du jour dans le Primaire. Il s’applique à des individus.

    Avec les médias de masse et les Mathématiques Modernes 🙂 un ensemble d’individus devient un groupe. Qui se manipule tellement que ça en devient, non pas de la Philosophie ou de la Sociologie mais de la Psychiatrie. La perversité d’un est contagieuse dans le contexte du Web.

    Le groupe passe à l’acte dans la vraie vie ou a une influence, comment je me le demande ?

    Mais le résultat est bien là, Francesco SCHETTINO vient de passer 6 mois en résidence surveillée, avec, en plus du poids d’être un survivant comme les autres, de devoir se présenter devant un tribunal, un acharnement médiatique toujours suspendu sur sa tête. Même pas le bracelet électronique et autorisation de sortir.

    J’ai vécu trois fois le harcèlement moral, vous me dites qu’il glisse sur cet homme comme l’eau sur les plumes d’un canard. J’ai un peu (beaucoup) de mal à le croire. Mais vous aviez raison pour le rocher, alors admettons. Alors qu’est-ce que fabriquent plus de 3000 italiens et autres sur les pages de soutien de Facebook, sur les forums de croisiéristes et ceux de marins de métier ? Il y a d’autres façons de passer le temps, il me semble.

    Je comprends le côté « panem et circenses », mais le côté soutien ? pareil alors ?

    • #2 par krn le 19 juillet 2012 - 19 h 45 min

      Les notions de groupe sont un peu complexes. Face à la justice, être à plusieurs pour commettre un crime est une circonstance aggravante, ce qui me parait particulièrement injuste puisque, au contraire, on pourrait penser qu’il y a là comme un effet de meute, bien connu chez les chiens. Je ne voulais pas parler de l’état d’esprit de Francesco Schettino, mais uniquement de l’effet que pouvait produire sur lui les ragots de la presse française dont nous parlions.
      Je sais aussi de quoi il retourne quant au harcèlement moral, je l’ai vécu personnellement. J’ai eu toute une famille contre moi pendant des années. Je sais aussi que dans cette situation, tout ce que peuvent dire ou faire les autres n’a aucune influence sur ce qu’on ressent. Nous sommes individuellement responsables de nos sentiments et je pense que la perte du Concordia l’affecte bien plus que la réaction des imbéciles.
      J’ai lu que la maman de la petite Dayana, seule enfant victime du naufrage, n’avait pas de ressentiment contre le commandant. Elle dit qu’il a fait son devoir et que c’est un accident.
      J’ai fait mienne cette devise : Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
      Je crois sincèrement que « quelqu’un » veille sur Francesco Schettino et que ce qu’il va perdre en honneurs terrestres, il le gagnera au centuple spirituellement parlant.

  2. #3 par Monique-Mauve le 19 juillet 2012 - 0 h 19 min

    Mais quelle est l’influence de ces comms ? pour des raisons d’animation et de contrôle aussi des comms, la moitié doivent être écrits par des journalistes de la boite. Ils sont clos au bout de trois jours et il faudrait payer pour aller les lire. Pourquoi ferait-on ça alors que les nouvelles fraîches sont gratuites ? Les gens qui les ont écrit sont trop décérébrés pour être vrais.
    Pourquoi leur accorde-t-on tant d’importance ? Le seul avis qui m’intéresse quand je lis un journal, c’est le mien, pas celui de gens mal élevés qui passent.
    Pourquoi font-ils si peur ? c’est aussi absurde que tout le reste.

    • #4 par krn le 19 juillet 2012 - 0 h 38 min

      Justement, il n’y a pratiquement pas de débat. Tout le monde va dans le même sens parce que la modération ne laisse pas s’exprimer les autres, ce qui fait que personne ne commente, parce qu’il n’y a personne à contredire.

      Je lis les commentaires pour me rendre comte de l’impact des articles. C’est parfois très révélateur de l’état d’esprit des lecteurs. En ce moment, on sent un agacement proche de la rupture. Les gens s’en prennent les uns aux autres pour des broutilles. Socialement, ça n’annonce rien de bon, alors on en balance tant qu’on peut sur Schettino, c’est toujours ça que ne se prennent pas nos politiciens et nos économistes. Bien que là, 8000 emplois chez PSA, je crains que rien ne puisse détourner l’attention, à moins que Israel bombarde les jeux olympiques, vus que leur dirigeant n’y est pas…

  3. #5 par krn le 18 juillet 2012 - 23 h 55 min

    Je ne suis pas d’accord, lorsqu’on choisit de sous-titrer, on se doit de ne rien passer sous silence. Là, on voit bien que l’alternance des images du commandant, du navire, et de la journaliste est faite dans le but de noyer le poisson. Nul n’est besoin d’entendre parler tout le temps et le temps de chaque prise de vue peut parfaitement laisser la place pour d’autres sous-titres. s’ils ne l’ont pas fait, c’est que l’intention était de conditionner le spectateur dans un sens précis. Le titre est particulièrement malhonnête.

    Je me demande quelle est l’audience du Figaro sur internet. ce doit être assez marginal compte tenu du peu de commentaires.

    Le problème est que pour une personne qui va se poser des question, il y en a 50 000 qui prennent les articles de ces torchons pour argent comptant. Je me souviens de ma grand-mère qui nous disait « ça ne peut pas être faux, ils l’ont dit à la radio ».

    Il y a bien une prise de conscience concernant les media, mais c’est encore timide. Malheuresusement, une grande majorité des gens lisent et écoutent les media de masse qui les manipulent.

    • #6 par Monique-Mauve le 19 juillet 2012 - 0 h 41 min

      Il doit y avoir effectivement un décalage de génération. La génération qui découvre un nouveau média le suit aveuglément, en effet. La génération qui a grandi avec le média le maitrise et donc n’en est pas impressionnée.
      « Le média » dont on parle est double ; télévision et internet – sur internet : les journaux-web qui doivent dépasser tout le monde et les réseaux sociaux, sans modérateurs du tout où c’est l’anarchie la plus totale.
      La télévision peut faire l’opinion de quelle tranche d’âge et dans quelle mesure peut-elle être contrôlée (il y a un organisme en France qui fait ça et pose les limites de la censure)
      Les journaux-web doivent pouvoir être contrôlés par une bonne équipe de journalistes et d’animateurs.
      Restent les réseaux sociaux anarchie, manipulation, faux profils multiples, anonymat, illusion de liberté et de participation.
      Trop de liberté tue la liberté. La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Dans les réseaux sociaux, quand c’est parti, ça ne s’arrête pas, il y a passage à l’acte. L’effet de groupe crée un groupe et le groupe virtuel devient réel.
      Rave-parties, émeutes de banlieue, …
      Et le Commandant SCHETTINO est coincé chez lui, seulement la vidéo le montre déambulant librement en ville et c’est tant mieux pour lui, mais qu’est-ce qu’on vient faire là-dedans ?
      Il y a beaucoup de gens qui attendent le verdict pour suivre les juges comme s’il n’y avait jamais d’erreurs judiciaires. C’est vrai qu’il ne faut pas en voir partout non plus. Dans ce cas il y a eu ce déchaînement médiatique qui est dérangeant.
      Et surtout et enfin est-ce que ça lui fait plaisir, tout ce soutien ou est-ce qu’il le vit mal ?

      • #7 par krn le 19 juillet 2012 - 12 h 51 min

        La liberté est un phénomène individuel qu’on ne peut pas appliquer à un groupe. Ainsi, ce sont les libertés qui s’arrêtent là où commencent celles des autres, en théorie, car en pratique, il y a ceux qui peuvent exercer ces libertés, et les autres. La frontière se situe plus ou moins entre deux personnes selon les textes législatifs votés par ceux dont l’intérêt est de garder pour eux mêmes les plus grandes libertés.
        La liberté est une notion subjective. Il n’y a jamais trop de liberté.
        Internet m’a donné la possibilité d’aller chercher l’information au lieu de la subir. C’est une liberté qu’ont toutes les personnes qui ont une connexion et c’est volontairement qu’elles y renoncent, par manque de temps, disent-elles, alors qu’elles passent des heures à choisir un nouveau téléphone portable, à jouer sur une console ou à traîner dans les magasins. S’informer ou non est un choix personnel.
        En ce qui concerne le commandant Schettino, je crois que les barrières de traduction qui existent entre l’Italie et la France sont les mêmes pour lui que pour nous. Tout ce cirque médiatique n’est destiné qu’aux Français.
        Le commandant comprend parfaitement l’italien et s’arrange avec les ragots de sa propre presse. Ce qui vient de chez nous ne peut pas l’atteindre.
        Al. m’a d’ailleurs confirmé dans une récente conversation que rien de toutes ces histoires n’était débattu dans les grands média scandinaves. Chez eux, c’est Carnival qui est pointé du doigt.

  4. #8 par Al. le 18 juillet 2012 - 21 h 13 min

    J’ai vu cet article sur le site du journal que vous citez, et d’autres qui vont dans le même sens, la culpabilisation et le procès avant la justice de celui qui a déjà été désigné comme coupable par la presse toute entière. Il va de soi que leur pouvoir est immense puisqu’ils ont le monopole de l’information. S’inscrire pour commenter est un leurre, quelle que soit notre indignation devant leurs mensonges, ils ajoutent votre nom à la lite de leurs « fidèles lecteurs » laissant les autres croire que vous lisez régulièrement. Qui lit votre commentaire ? En premier lieu, la modération, une censure qui ne dit pas son nom.
    Le procès du commandant Schettino est déjà fait. Si les juges en décident autrement, ils seront conspués par l’opinion public qui les traitera de mous, le laxistes et autres noms d’oiseaux.

    On a passé sous silence les derniers incendies sur les bateaux de croisière, pratiquement tous allumés par des fumeurs négligents qui croient envoyer un mégot à la mer alors qu’il tombe sur un transat en polypropylène sur le pont inférieur. On ne peut pas empêcher les touristes de fumer, ça nuit au commerce, alors on préfère risquer de tout cramer et on mettra ça sur le compte des matériaux utilisés, de la mauvaise surveillance de l’équipage ou de son incapacité à gérer la bande de dégénérés qui ont rempli les cabines pour une semaine.

    Dans le code de la marine qui dit que le capitaine doit être le dernier à quitter son navire, il est dit aussi que sera puni celui qui introduit ou consomme des boissons alcoolisées sur un navire. C’est respecté ça ? On ne buvait que de la grenadine sur le Costa Concordia ? On trie et on prend ce qu’on veut. Ce ne sont pas des navires, ce sont des Las-Vegas flottants, des complexes hôteliers et des centres commerciaux. Laissez-les à quai, c’est le seul moyen pour que l’évacuation se passe bien !

    • #9 par Monique-Mauve le 18 juillet 2012 - 21 h 44 min

      Non, on ne buvait pas que de la grenadine, et je suis tombée un jour par hasard sur YouTube sur une vidéo de bagarre générale suivie à l’escale suivante du débarquement d’une quinzaine d’énergumènes. Une vraie scène de far-west gérée en interne (bien obligé) par les officiers. Elle doit s’y trouver encore.
      Je m’étais promis, si j’allais un jour voir un de ces bateaux de l’intérieur, de passer mes soirées avec un bon bouquin dans la cabine.

      • #10 par Al. le 18 juillet 2012 - 22 h 42 min

        Le commandant a aussi le droit de les mettre aux fers et si j’étais à sa place, je ne m’en priverais pas. A fond de cale, les fesses dans 5 cm d’eau courante pour leurs besoins et vogue la galère ! Non mais !

      • #11 par krn le 19 juillet 2012 - 0 h 06 min

        @Al.
        Dans les galères, en plus, on rame. Je ne suis pas certaine qu’il y aurait autant de volontaires pour des croisières dans ces conditions.
        @Monique-Mauve
        J’ai pris le ferry toutes les semaines dans les pays nordiques pendant une dizaine d’années. Sur le trajet Travemünde-Trelleborg (Allemagne-Suède) certains ne descendaient même pas à destination. Ils faisaient la fête sans discontinuer pendant l’aller et le retour et le personnel de bord les descendaient sur le quai où ils finissaient de cuver après 20 h de voyage. En cas de naufrage, vous croyez qu’ils auraient été capables de s’en sortir ? Qui aurait été responsable ?

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