” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”
Publié par Monique-Mauve dans Journal de bord le 11 juillet 2026

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.
un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.
Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.
Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.
« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »
Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.
Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.
Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :
« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.
Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.
Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »
Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.
Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?
« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »
Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?
« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »
Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.
Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?
« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »
Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?
« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »
Et ensuite ?
« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »
Mais la panique s’est installée…
« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.
Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »
De quoi vous souvenez-vous, Katia ?
« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »
Et le commandant Schettino ?
« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »
Qu’est-ce qui était inconcevable ?
« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »
Quelle vérité ?
« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.
Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.
Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.
Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.
Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »
Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »
Que faites-vous maintenant, Katia ?
« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.
Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »
Pour faciliter le suivi de l’affaire CONCORDIA, en ITALIE
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Petite Méthode le 28 octobre 2014
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Vous pourrez y retrouver tous les billets de la catégorie du même nom.
Pour des regards différents sur l’accident et ses suites :
- le blog d’un marin pur et dur, Pas Chiche
- le blog d’une férue d’actualité, le défouloir de krn
- le blog d’un autre amoureux du CONCORDIA
Schettino: » Je suis mort cette nuit-là, personne ne m’a aidé à éviter le naufrage »
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 9 août 2026
Un article de la Rédaction publié le 17 juin 2016 sur le journal Today

Le visage marqué et la barbe longue, Francesco Schettino passe ses journées à Meta di Sorrento à promener son chien, un chiot tibétain. À moins que la Cour de Cassassion ne casse sa sentence, il sera vraisemblablement incarcéré, la Cour d’Appel de Florence ayant confirmé sa peine de 16 ans.
« Je suis mort cette nuit-là avec les 32 victimes. », a déclaré l’ancien Commandant du Costa Concordia. Ce furent des années difficiles pour Schettino, que le procureur a qualifié d’« idiot imprudent ».
D’autres se montrent moins sévères quant à l’« erreur » commise ce soir-là. La Stampa explique que la manœuvre d’échouement décidée par Schettino après avoir heurté les rochers a permis d’éviter un massacre et contribuera à modifier les normes de sécurité, car si le navire s’était immobilisé en pleine mer, il aurait coulé en quelques minutes.
L’ancien Commandant du navire amiral de la flotte Costa Croisières passe ses journées sur son ordinateur, n’allume plus la télévision et confie à ses amis les plus proches qu’«il n’en peut plus».
« Ce n’est pas moi qui ai pris la mauvaise route », rumine Schettino, contemplant la mer de Capri, sillonnée de yachts et de bateaux de pêche. « Nous étions à un demi-mille de la côte, et à cette distance, le commandement du navire est confié aux Officiers de Quart, pas au commandant. C’est écrit dans le Code de la Navigation, et d’ailleurs, ils ont tous accepté de plaider coupables. »
Il cite également les noms :
« Le premier officier, Ambrosio, qui faisait les mesures nautiques. Le Troisième, Coronica, regardait le radar. L’Officier entrant, Ursino, que je ne sais pas trop ce qu’il fabriquait. Et personne n’a pipé mot, pas un seul pour dire : Commandant, nous sommes à la distance minimale ! Attention ! »
La boîte noire témoignerait que le dernier ordre de Schettino était de tourner à gauche : il affirme qu’on ne l’a pas écouté.
Source : La Stampa – lien mort
C’est dommage que ce lien soit mort. Avec Ambrosio et Coronica qui auraient échangés leurs rôles. Bref.
« Costa Concordia : Schettino pleure au tribunal : « Je suis mort, moi aussi. »
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 9 août 2026
« La principale victime est Francesco Schettino, condamné à une peine qui s’apparente à une peine de prison à perpétuité », a déclaré son avocat au tribunal. Pendant ce temps, l’ancien commandant, en larmes, laisse éclater sa colère.
Un article paru sur le journal Today du 11 février 2015
https://www.today.it/cronaca/sentenza-costa-concordia-schettino.html
ROME – Sauf imprévu, le sort de Francesco Schettino, seul accusé dans le naufrage du Costa Concordia au large de l’île de Giglio, sera connu en fin de soirée. L’ancien commandant est présent au Théâtre Moderne de Grosseto, transformé en salle pour héberger le procès. La Cour, présidée par le juge Giovanni Puliatti, s’est retirée dans sa salle de délibération : à 19 h, les juges décideront s’ils prononcent la sentence ou s’ils la reportent à l’audience de demain.
Schettino, quant à lui, a pris la parole lors de l’audience finale du procès, submergé par l’émotion et les larmes. « J’ai envie de dire que le 13 janvier 2012, je suis moi aussi mort en partie », a déclaré l’accusé. Peu avant, les avocats de la défense avaient critiqué la demande du procureur de requérir une peine de vingt-six ans : « C’est quasiment une peine à perpétuité », a déclaré maître Domenico Pepe. « Durant ces trois années, Schettino a souffert comme personne d’autre n’a souffert. Il a été humilié, offensé, insulté au tribunal, persécuté. » « Le Commandant Schettino ne peut plus bouger, il ne peut plus aller au restaurant. Ici, à Grosseto, nous avons dû nous cacher, en espérant ne pas être vus. En ces trois années, c’est comme s’il avait passé trente ans en prison. S’il est responsable, qu’il soit condamné, mais ne il ne faut pas se moquer de lui », a poursuivi l’avocat.
Maître Domenico Pepe a ensuite critiqué le travail du procureur : « Je crois que les affirmations du procureur était purement fantaisistes. Une quantité énorme de données a été rassemblée, difficilement interprétables par le commun des mortels. C’était un véritable fouillis dont la synthèse fut difficile à appréhender, cela nous a pris des mois et nous n’y sommes parvenus qu’avec l’aide de notre meilleur technicien, qui n’était autre que Schettino lui-même. »
Voici les propos de Schettino au début de sa déclaration spontanée admise par le tribunal : « Depuis le 16 janvier, on a mis ma tête en jeu, sous le mauvais prétexte de protéger des intérêts économiques. Depuis le début, des pièces du procès ont été divulguées avant même qu’elles aient été analysées, jusqu’à ce stade du procès où on tient envers moi des propos injurieux, on ne fait que renforcer l’image d’un homme qui mérite une condamnation. Une condamnation qui répond à une logique purement utilitariste. » Il poursuit : « On m’a reproché un manque de sensibilité envers les victimes : » se couvrir la tête de cendres » aurait été la bonne façon d’exprimer ses sentiments. Un choix que je n’ai pas fait. La douleur ne doit pas être exhibée pour l’instrumentaliser. » L’accusé ensuite alors commencé à « parler des moments de douleur que j’ai partagés avec les naufragés chez moi », mais, à cette évocation, il s’est mis à pleurer en ajoutant : « Je ne voulais pas ça », avant d’interrompre son intervention.
Que dit l’écran de la page 142 de la sentence de Grosseto ?
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 9 août 2026
21:34:00
” Lorsque le commandant Schettino est entré sur la passerelle, la situation affichée sur les écrans radar à sa disposition était donc celle représentée ci-dessus et la manœuvre qui aurait dû amener le Concordia sur la nouvelle route, parallèle à la côte et à une distance de sécurité d’un demi-mille, n’avait pas encore été entamée « ./ » Quando il Comandante Schettino entra in plancia Ia situazione visualizzata sui monitor del radar a sua disposizione era, pertanto, quella sopra raffigurata e Ia manovra che avrebbe dovuto portare Ia Concordia sulla nueva rotta, parallela alia costa ed a una distanza di sicurezza di mezzo miglio, non era stata ancora iniziata ”.
« (lenavire) n’a pas encore atteint le point de franchissement du virage, représenté sur l’écran radar déjà examiné par le trait rouge transversal sur la trajectoire. »/ » non ha ancora raggiunto il will over point, rappresentato nella videata del radar gia esaminata, dal trattino rosso posto trasversalmente sulla traccia della rotta ”

La saisie d’écran montre l’île du Giglio, son contour dessiné par une fine ligne blanche auquel se superpose l’écho du radar en vert.
Le Concordia s’approche par le sud-est sous la forme d’un petit double cercle blanc. Son cap est matérialisé par un petit trait blanc à l’avant.
Le radar est sur le Concordia, donc les ondes qu’il émet ne viennent se refléter que sur la partie de l’île qui dépasse de l’eau dans son angle de vision (la vue depuis le navire quand il fait jour).
C’est pourquoi la couleur verte ne nous montre que la pente ascendante à droite de l’île et rien sur la gauche.
Le navire a tourné devant l’Argentario pour se rapprocher du Giglio. Il est normal qu’il se dirige vers l’île. Nous voyons la route qu’il a déjà suivie à sa droite.
La route prévue est en rose et la route suivie est en blanc.
Le cap qu’il suit, à sa gauche nous le montre continuant dans la même direction … jusqu’à ce qu’il rencontre un point rose.
Ce waypoint, c’est Schettino qui l’a indiqué à l’officier Cartographe Simone Canessa par ses coordonnées, et il disait ainsi aux officiers Ambrosio et Ursino et Coronica qui avaient la charge du navire pendant leur quart : à ce moment-là, vous devez me l’avoir fait tourner. Canessa ayant entré la route dans le système d’aide à la navigation, tant que le pilote automatique était enclenché, il disait au Concordia, toi, tu es en plein virage. En mode manuel, il fallait le faire, le navire ne réagirait pas de lui-même.
Un navire ne tourne pas comme une voiture, qui tourne de ses roues directrices sur la route, à l’avant, et le reste suit. Un navire est dans l’eau et ça ne se passe pas pareil.
Il ne s’appuie pas sur du solide, il s’appuie sur l’eau et l’eau le laisse entrer en elle. Sa proue tourne, mais sa poupe aussi. Le résultat est qu’il tourne sur lui-même autour d’un axe vertical qui est, en gros, au niveau de sa passerelle.
Conséquence de la chose, il faut anticiper le tournant. On commence la manœuvre avant d’être au waypoint et les ordinateurs calculent de combien et le répercutent sur le tracé. D’où l’arc de cercle rose entre les deux segments rectilignes de route rose, le continu déjà parcouru et celui en tirets on y va.
Le Commandant avait dit à Simone Canessa quelle distance de sécurité il voulait garder : 0,5 mille de la côte. Les capteurs transmettaient la vitesse de l’énorme masse du navire donc son élan, celle du vent, importante compte tenu de la taille de la surface sur laquelle il risquait de s’exercer, tout était pris en compte pour que ces arcs de cercle soient à l’échelle de ce que le Commandant avait ordonné pour que l’on reste bien en sécurité.
Ce point, qu’ils ont loupé, s’appelle le WOP (wheel over point/point de franchissement du virage), c’est le point où il faut commencer à tourner la barre.
21:39:15
Cette capture d’écran de la console radar 1 en bande S n° 1, à 21 h 39 min 15 s, est extraite des annexes du rapport d’expertise établi lors de l’audience probatoire. Il s’agit d’une position irrévocable en vertu de l’article 444 du Code de procédure pénale, mais elle s’intègre de manière cohérente et plausible au déroulement des faits reconstitués jusqu’à présent, étant donné que quelques instants auparavant, Schettino avait demandé : « Mettez un CPA de zéro, cinq pour un instant » (montrez-moi un instant le cercle de sécurité), et qu’il allait bientôt entamer la conversation avec Palombo.
La circonstance rapportée par Ambrosio est donc crédible, d’autant plus qu’elle ne diminue en rien les responsabilités d’Ambrosio, déjà établies par une sentence irrévocable, mais qu’elle contribue à comprendre la situation qui s’est créée sur le pont à l’arrivée du commandant et suite à son comportement, comme nous le verrons plus loin, dans le chapitre consacré à l’évaluation des profils de culpabilité.
Le deuxième fait, tout aussi objectif, est que lorsque Schettino prend le commandement, le point de passage/le waypoint, bien que très proche à ce moment-là, n’a pas encore été franchi.

Sur l’image ci-dessus, le navire, représenté par un double cercle blanc pointillé, commence à dévier de sa trajectoire prévue et se trouve pratiquement au point de passage, représenté par le cercle rouge, mais il a encore largement le temps de rejoindre la route sûre prévue par Canessa, même si le virage n’est pas exactement doux et imperceptible, mais plutôt un peu plus marqué (voir page 80 du rapport d’expertise de l’incident probatoire, confirmé par l’Amiral Cavo Dragone à la fois lors de l’incident probatoire et lors du procès).
En prononçant la phrase « Master takes the conn’ », Schettino devient personnellement responsable de la manœuvre et de son exécution.
L’Officier de Quart, en effet, continue d’être responsable de la navigation du navire même lorsque le Commandant – qui, en tout état de cause, conformément à l’art. 298 du Code de navigation, doit personnellement diriger les manœuvres lors de l’entrée et de la sortie des ports et dans tous les cas où la navigation présente des difficultés particulières – est présent sur la passerelle, mais seulement « … jusqu’à ce que ce dernier l’informe spécifiquement qu’il assume cette responsabilité et que cela soit mutuellement compris » (voir pages 128/129 du rapport d’incident faisant foi).
Aucun transfert de commandement formel n’est observé entre le commandant Schettino et le premier officier, ni aucune autre formalité, telle que le prescrit la procédure P-14 MAN 01 SMS qui exige que le transfert de commandement soit noté dans le journal de navigation.
À partir de ce moment, les événements se sont enchaînés rapidement, précipitant vers leur dramatique épilogue. «
Bref, ils n’avaient pas dépassé le waypoint, mais ils avaient dépassé le WOP, la route à suivre, la rose, restait, bien sûr, pareille derrière eux sur l’écran, mais la route qu’ils allaient suivre maintenant allait les amener à se fracasser de plein fouet contre les falaises hautes de la pointe en dessous de la plage de Cannelle.
Quand le Commandant a pris les commandes, ils étaient entre le WOP et le waypoint.
Ce que montrait l’écran juste avant la vue de la page 142
Publié par Monique-Mauve dans Journal de bord le 9 août 2026
La saisie d’écran de la page 142
Publié par Monique-Mauve dans Journal de bord le 9 août 2026
de la sentence du procès de Grosseto montre » le radar du Concordia”.
On comprend automatiquement » le radar central de la passerelle « . Elle porte bien GYRO 1 et GPS 1
L’image est remarquablement nette, sans aucun logo de chaîne télévisée par dessus dans les coins. Elle montre tout ce qu’ont eu sous les yeux Ambrosio et Ursino.

Comment se fait-il qu’il n’aient pas compris le danger de la situation ?
Se pourrait-ils qu’ils ne l’aient jamais vu avant, au cours de leur formation ou sur le mode d’emploi du radar de bord ?
On sait qu’Ursino est allé rapidement faire un tour sur l’aileron où il y a un second radar après le contact au niveau de Le Scole. Ce n’était pas pour regarder dehors, la Lune n’était pas encore levée, cachée derrière l’Argentario, il faisait noir comme dans un four. Était-ce pour voir ce qu’affichait le second radar du Concordia ?
Si la boîte noire l’a dit, il n’en aurait rien fuité dans la presse sauf, peut-être une image au format vignette, complètement illisible, sur la première version de l’article il tracciato radar inchioda Schettino du Corriere della Sera.
https://www.corriere.it/cronache/12_luglio_11/schettino-tracciato-radar-scatola-nera-dellacasa_58a8c4c8-cb18-11e1-8cce-dd4226d6abe6.shtml


