” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.

un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.

Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.

Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.

« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »

Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.

Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.

Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :

« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.

Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.

Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »

Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.

Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?

« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »


Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?

« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »


Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.


Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?

« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »

Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?

« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »

Et ensuite ?

« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »

Mais la panique s’est installée…

« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.

Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »

De quoi vous souvenez-vous, Katia ?

« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »

Et le commandant Schettino ?

« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »

Qu’est-ce qui était inconcevable ?

« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »

Quelle vérité ?

« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.

Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.

Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.

Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.

Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »

Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »

Que faites-vous maintenant, Katia ?

« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.

Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »

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Pour faciliter le suivi de l’affaire CONCORDIA, en ITALIE

une page Commandant SCHETTINO a été créée.
Vous pourrez y retrouver tous les billets de la catégorie du même nom.

Pour des regards différents sur l’accident et ses suites :

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En Italie, l’information est de niveau Wikipédia.

L’informazione in Italia è all’livello Wikipedia/En Italie, l’information est de niveau Wikipédia.

Le cazzatte che vi propinano/Les conneries qu’ils vous racontent

Costa Concordia : l’anniversaire de ce tragique évènement a été commémoré il y a quelques jours. Francesco Schettino, le capitaine du Concordia, a de nouveau été publiquement critiqué/crucifié/démoli. Le capitaine De Falco, de la Capitainerie du Port, a quant à lui été une fois de plus glorifié/sanctifié/adulé/embelli.

Les journaux, les podcasts et les contenus approfondis qui veulent évoquer encore ce qui est arrivé au navire qui a fait naufrage devant l’île du Giglio ne pouvaient ignorer la commémoration de cet anniversaire. Les médias traditionnels eux-mêmes veulent parler du Costa Concordia, de Francesco Schettino, de De Falco et du naufrage du Giglio.

D’où tirent-ils leurs informations sur le naufrage ? Vous pourriez penser que les professionnels de l’information puisent leurs actualités, leurs données et leurs circonstances dans les documents officiels … dans les rapports d’expertises des techniciens ayant travaillé sur le navire, le Concordia … dans les sentences des tribunaux qui ont condamné le Commandant Francesco Schettino. Que nenni ! La plupart du temps, leurs informations proviennent tout simplement de Wikipédia. Sans la moindre analyse. Et sans même en avoir honte.

Ainsi, les journaux publient de fausses informations sur la brèche qui a coulé le Costa Concordia. On prétend que le trou mesure 70 mètres de long. C’est faux. D’après certains, le navire commandé par Schettino pesait 110.000 tonnes. C’est aussi faux. Alors, où est la vérité ?



Chapitre 1 – Introduction

Hier après-midi, sur cette chaîne YouTube, j’ai publié une vidéo où je vous raconte l’histoire du Costa Concordia comme vous ne l’avez probablement jamais entendue. La vidéo dure près de trois heures. Je vous invite à la regarder, et si vous l’avez déjà vue, merci de la partager pour m’aider à la faire connaître.

Dans cette vidéo, je vous explique que le naufrage du Costa Concordia est une histoire d’incompétence, de manque total de professionnalisme, d’ineptie, de négligence et d’arrogance.

Hier, je regardais une vidéo et, en faisant défiler distraitement mon fil Instagram, une publication de Sky TG24 est apparue. J’ai sauté au plafond ! Le titre était : « Naufrage du Costa Concordia ». Une magnifique photo montrait le navire couché sur le flanc, la profonde entaille laissée par l’impact contre la roche étant bien visible. En dessous, la légende annonçait : « Une entaille de 70 mètres de long sur le Costa Concordia ».

Je me suis sentie mal à l’aise, je me suis dit : « 70 mètres ? Cette entaille ne fait pas 70 mètres de long ! »

Dans la vidéo que je vous invite à regarder, disponible ici sur la chaîne, je parle explicitement d’une brèche de 35 mètres de long, presque 36 mètres. Mais à ce moment précis, quand je vois Sky TG24 annoncer 70 mètres, je suis stupéfait et je me demande comment j’ai pu commettre une telle erreur.

Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Ils parlent de 70 mètres ! Je suis persuadé que la brèche mesure 36 mètres.

Au début, je me dis que je me suis forcément trompé. Je vérifie sur Google et je vois que tous les journaux rapportent la même information : la brèche fait 70 mètres de long. Je pense que j’ai dû la confondre avec la largeur du navire.

Le navire mesurait 35 mètres et demi de long, presque 36. Comment ai-je pu faire une erreur aussi grossière ?

Mais ça me tracassait. 70 mètres, ça me semblait énorme. Même visuellement, le navire mesure 290 mètres de long, et 70 mètres ne pouvaient pas correspondre à ce qu’on voyait de la brèche.

Alors, j’ai consulté mes bons livres.

Je regarde les données officielles des relevés et je constate que j’avais raison.

La brèche mesure entre 35,8 et 35,9 mètres de long, presque 36 mètres, et c’est ce que confirment les relevés officiels.

Mon livre source, c’est « La Vérité Submergée/Le verità sommerse » de Vittoriana Abate et Schettino. Je le recommande, c’est un excellent ouvrage de référence.

Et je commence à me demander : comment il est possible que tous les journaux publient ça ?

Chapitre 2 : Comment est-il possible que tous les journaux rapportent cette information ?

J’ai donc fait un test récemment, je vais vous montrer quelque chose.

Voici la page Sky TG24 qui parle de la déchirure de 70 mètres.

C’est Il Giornale, connu pour son travail de qualité, son rythme lent, ses informations au compte-gouttes, mais toujours pertinentes. 70 mètres.

J’ai ensuite fait une recherche Google. Si vous recherchez « Costa Concordia 70 mètres » comme je l’ai fait ici, vous verrez une série de résultats.

Je vous ai déjà montré Sky TG24 qui parle d’un trou à 70 mètres.

Ensuite, il y a Il Post, le supplément, un trou de 70 mètres.

Oggi.it et le trou a 70 mètres.

Wikipedia …

Zoomez, cherchez partout, vous trouverez pratiquement sur toutes les pages Facebook des journaux avec une brèche de 70 mètres.

Rainews, et encore Rainews, et un trou de 70 mètres.

L’Ansa, même l’Ansa parle d’environ 70 mètres sur le côté gauche. Tous les journaux …

Le Corriere della Sera, un trou de 70 mètres. Tous les journaux rapportent de mauvaises informations.

Regardez … , aussi, un trou à 70 mètres. Comment est-il possible que toutes ces informations soient les mêmes et toutes fausses ?

Eh bien, la réponse est sur Wikipedia : Wikipedia le rapporte incorrectement.

Chapitre 3 : Pourquoi Wikipédia s’est-elle trompée en affichant une déchirure de 70 mètres de long sur le côté gauche de la coque ? Allez savoir pourquoi !

Wikipédia s’est trompée. Elle a publié un chiffre erroné, disproportionné, il était le double de la réalité. Et tous les journaux se copiaient visiblement les uns les autres, et peut-être surtout copiaient sur Wikipédia, comme si c’était une véritable source d’information.

Ils ont publié un chiffre faux et incorrect,

Mais je n’arrivais pas à me calmer : je suis allé vérifier aussi sur la version anglaise de Wikipédia, puisque certains disent que la version italienne est juste passable, voyons si la version anglaise est correcte …

Chapitre 4 : Wikipédia italienne et Wikipédia anglaise

Alors là, ils parlent même d’une ouverture de 50 mètres (160 pieds). On ne sait pas exactement d’où vient ce nombre.

On a deux pages Wikipédia différentes avec deux mesures différentes, toutes les deux fausses.

Je n’en revenais pas !

Je ne comprenais pas comment il était possible que l’information officielle, la Presse avec un grand p, soit entre les mains de personnes de cette superficialité professionnelle, qui se réfèrent à Wikipédia pour rédiger des articles en copiant/collant mot pour mot des informations tirées de Wikipédia, même alors qu’elles sont incorrectes.

Cela signifie que la source d’information qui permet aux journaux de rédiger des analyses journalistiques approfondies n’est ni décision de justice, ni rapports d’expertise, ni un livres ni une véritable analyse approfondie, c’est Wikipédia.

Voilà les pages que ces messieurs consultent pour composer leurs ” analyses approfondies. ”

Évidemment, cela ne concerne pas seulement les journaux. J’ai lu d’autres analyses approfondies, j’ai écouté des podcasts qui rapportaient des données complètement fausses et pas seulement à propos de la déchirure, je vous dirai d’autres erreurs plus tard.

Chapitre 5 : Les données erronées

Mais je n’arrivais pas à trouver la paix. Je voulais comprendre d’où venait ce chiffre. Alors, dans un autre livre, « L’autre visage de la vérité, Costa Concordia/Costa Concordia. L’altro volto della verità », écrit sous la direction de Bruno Neri et Alfonso Iacono, j’ai examiné les données et j’en ai trouvé une qui résolvait le mystère : l’expert y rapporte avec certitude que la taille du trou est de près de 70 mètres carrés.

Ils ont confondu la longueur du trou avec sa surface. Peut-être que la première personne à avoir commis cette erreur l’a écrite sur Wikipédia, et que tout le monde l’a ensuite copiée mot pour mot, sans que personne, même en voyant les photos, ne se demande : « Comment peut-elle faire 70 mètres si le navire mesure un peu moins de 300 mètres de long en tout et que, à l’œil, elle ne peut pas avoir ces 70 mètres ? »

C’est absurde.

Ça n’a aucun sens.

Personne ne s’est posé la question.

Personne ne se l’est posée, et regardez, ces données sont manifestement erronées.

Quelqu’un a confondu les unités de mesure, les mètres, avec les mètres carrés, et 70 mètres sont désormais considérés comme la vérité, la réalité. Imaginez : vous sortez boire une bière avec vos amis ce soir, et on parle du Costa Concordia. Des données sur la brèche circulent, et vous dites qu’elle mesure 36 mètres. Tout le monde vous regardera de travers, et on vous démentira peut-être même devant tout le monde. « De quoi tu parles, menteur ? 70 mètres ! On le voit écrit partout, dans tous les journaux, même sur Wikipédia. » 70 mètres, c’est la vérité, aujourd’hui, c’est la réalité.

Mais si vous pensez que les journaux ne sont plus ce qu’ils étaient et ne font pas du bon travail, par bonheur il y a le web, par bonheur il y a des — je ris rien qu’en le disant — des créateurs de contenus qui font de la vulgarisation ” scientifique ” sur Internet et YouTube, des gens qui voudraient nous faire croire qu’ils ont un CV de haut niveau, une solide formation technique, et que par conséquent eux, au moins, font les choses correctement.

Bienvenue dans la deuxième partie de cette vidéo. Si la personne qui a écrit « 70 mètres » sur Wikipédia en confondant mètre carré et longueur, et donc surface et longueur de la brèche, s’est trompée (allez donc savoit qui c’était), sachez qu’ici sur cette plateforme, sur YouTube, il y a des diplômés qui n’ont toujours pas compris la différence entre masse et volume.

Chapitre 6 : La page du navire

En fait, si on retourne sur Wikipédia et qu’on va sur la page du Costa Concordia, pas celle qui parle du naufrage mais celle qui présente les caractéristiques du navire, on trouve à droite toutes les données, comme d’habitude, ainsi que les caractéristiques techniques.

Vous voyez, il y a la longueur et la largeur, la hauteur, le tirant d’eau en navigation et la vitesse du navire, le nombre de ponts, le nombre de cabines, l’équipage et les passagers. J’ai tout cité, sauf le tonnage, n’est-ce pas ?

Quand on est au bistrot avec quelqu’un, on donne un petit coup de coude à son voisin, on a l’impression qu’il n’a pas bougé, on se dit que ce type pèse bien lourd, c’est ce qu’ont dû penser les journalistes, mais surtout les personnes qui, comme je l’ai dit précédemment, possèdent une culture approfondie et devraient être capables de comprendre les choses.

https://photos.app.goo.gl/z6LUnjtmbnEWAEEh7

Ainsi, lorsqu’ils lisent cette page, ils découvrent que le tonnage brut et le tonnage net sont … quoi ?… il s’agit sans doute du poids à vide et du poids à pleine charge … qui sait ?

Ils lisent donc 114 tsl.

L’unité de la mesure est tsl, ils laissent le curseur de la souris dessus un instant, en gras, il est écrit « tonnage brut », et leur analyse approfondie s’arrête là.

Ils ne se demandent pas pourquoi il n’est pas écrit 114 000 tonnelate/114 000 tonnes-tout-seul.

Nous, en France, on a  » tonnage : 114 500 UMS mais sur Wikipédia italien, il y a encore tonnage brut et tonnage net :

Mais nous parlons de tonnes de tonnage. Il doit y avoir une différence et je peux justement expliquer la différence.

Ces deux mesures, le tonnage brut et le tonnage net, ne sont pas des mesures de masse. Elles n’indiquent pas le poids du navire. Elles indiquent des volumes. Lisez simplement la page « Tonnage ». C’est une unité de mesure de volume équivalente à 100 pieds cubes et 2,83 mètres cubes. Le tonnage enregistré du navire correspond à son volume, et non à son poids.

On utilise souvent le chiffre de 110 000 ou 115 000 tonnes pour le Costa Concordia, car le nombre est mentionné ici. Or, dans ce cas précis, l’erreur ne vient même pas de Wikipédia, les utilisateurs n’ont pas compris ce qu’ils lisaient : il s’agit bien du volume et non du poids.

Le poids d’un navire s’appelle son  » déplacement  » et sa valeur varie : dans notre cas de moins de la moitié, environ 50 000 tonnes, jusqu’à 115 000 tonnes. Comment peut-on se tromper à ce point ?

Ce genre d’erreurs signifie que vous vous fichez de ce que vous faites, que vous êtes négligent dans vos contenus et arrogant dans vos affirmations.

Rendez-vous compte qu’il s’agit- là des choses les plus élémentaires, les plus simples et que l’on se trompe déjà du simple au double dans les deux cas : une brèche de 36 mètres devient 70 mètres, et un poids de 50 000 tonnes devient 110 000 tonnes. Vous faites une erreur de 200 %. Imaginez ce qui se passe lorsqu’on aborde des questions techniques complexes, qui exigent une analyse approfondie, et que vous présentez tout comme si on était au bistrot.

Certes, ce n’est pas le cas de tous les professionnels des grands médias, mais à première vue, c’est la quand même la quasi-totalité du secteur qui est concernée.

On peut dénicher une perle rare et puis il y a aussi des personnes qui font du bon travail, heureusement, mais il faut les chercher comme une aiguille dans une botte de foin. Et nous, nous sommes les victimes de cet état de choses.

Cela s’applique à l’affaire du Costa Concordia, mais aussi à pratiquement tous les sujets que les médias abordent. Pensez ! Nous sommes dans la troisième année d’une pandémie où la technologie et la science auraient dû nous être expliquées par des personnes qui savaient ce qu’elles disaient … et après on s’étonne que des avions s’écrasent de temps en temps, que des navires coulent …

Mais tout cela découle bien sûr de l’inexpérience, de l’incompétence, d’un manque total de professionnalisme et aussi, disons-le, de dignité.

Soyons clairs : Wikipédia est un excellent outil pour trouver, par exemple, les dates de naissance et de décès d’une personnalité, la date de sortie d’un album, la discographie et la filmographie des chanteurs et auteurs-compositeurs. Mais cela devient un peu plus compliqué, parfois, lorsqu’il s’agit de questions plus techniques. Soyez-en juste conscients avec moi.

Si ce n’est déjà fait, regardez la vidéo que nous avons réalisée sur l’histoire du Costa Concordia. Vous découvrirez que Schettino a peut-être payé pour tous sur ce navire et qu’il était peut-être le seul à avoir un minimum de dignité professionnelle.

Et tant que nous continuerons d’emprisonner ceux qui se comportent bien, tout en propulsant les autres, qu’on laisse libres, nous méritons peut-être l’information que nous avons, elle reflète fidèlement notre société.

Merci de votre attention. Passez une bonne soirée.

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La playlist d’Andrea Lombardi chez YouTube

Titrée : Schettino è un capro espiatorio/ Schettino est un bouc émissaire, elle comprend 6 vidéos.

14 janvier 2022 – Costa Concordia : la storia che nessuno vuole raccontare/l’histoire que personne ne veut raconter – 2:48:28

https://youtu.be/C0kWJB4tiX0?si=21Y-POO4hu2EGEAn

Francesco Schettino est devenu le symbole d’un pays où les dirigeants sont incompétents. Le 13 janvier 2012, le naufrage du Costa Concordia devant l’île du Giglio, après sa collision avec les rochers du Scole, a été une tragédie qui a secoué le monde entier. Dix ans plus tard, commémorations, interviews, livres, podcasts et émissions de télévision continuent d’évoquer le Costa Concordia et le rôle du capitaine Francesco Schettino, coupable d’abord d’avoir causé le naufrage, et ensuite d’avoir abandonné le navire. Le capitaine De Falco est devenu un symbole national de fermeté, de compétence et de capacité en matière de gestion de la situation d’urgence. Le héros est De Falco et l’anti-héros est Schettino

Mais est-ce que c’est vraiment ainsi que les choses se sont passées ? Ou bien existe-t-il une autre version de la vérité ?

Il y en a une, effectivement. Cette nuit-là, sur le Costa Concordia, le capitaine Francesco Schettino a prononcé une phrase emblématique de la situation : « je suis seul sur ce navire. » Seul à essayer de gérer l’urgence sans le soutien des autres officiers présents. Seul à donner des ordres que le timonier Rusli Bin n’a pas suivis ou a exécutés à l’envers sous le contrôle défaillant des officiers présents à ce moment-là.

Et qui d’autre est responsable de la tragédie, des 32 victimes ? Qui est responsable du générateur de secours qui n’a jamais fonctionné ? Qui est responsable des portes étanches qui n’ont pas tenu ? Qui est responsable des canots de sauvetage qui n’ont pas pu être mises à l’eau ? Qui est responsable des portes d’ascenseur qui ne se sont pas fermées ? Personne n’a payé à part Schettino qui vit actuellement les 16 ans de prison qui lui ont été infligées

15 janvier 2022 – Costa Concordia : l’informazione in Italia è a livello Wikipedia/En Italie, l’information est au niveau de Wikipédia. – 15:06

https://youtu.be/sg1ryDxqJYg?si=wGdFN6I7yUdRodWm

Costa Concordia : l’anniversaire de ce tragique évènement a été commémoré il y a quelques jours. Francesco Schettino, le capitaine du Concordia, a de nouveau été publiquement critiqué/crucifié/démoli. Le capitaine De Falco, de la Capitainerie du Port, a quant à lui été une fois de plus glorifié/sanctifié/adulé/embelli.

Les journaux, les podcasts et les contenus approfondis qui veulent évoquer encore ce qui est arrivé au navire qui a fait naufrage devant l’île du Giglio ne pouvaient ignorer la commémoration de cet anniversaire. Les médias traditionnels eux-mêmes veulent parler du Costa Concordia, de Francesco Schettino, de De Falco et du naufrage au Giglio.

D’où tirent-ils leurs informations sur le naufrage ? Vous pourriez penser que les professionnels de l’information puisent leurs actualités, leurs données et leurs circonstances dans les documents officiels. Dans les rapports d’expertises des techniciens ayant travaillé sur le navire, le Concordia. Dans les sentences des tribunaux qui ont condamné le Commandant Francesco Schettino. Que nenni ! La plupart du temps, leurs informations proviennent tout simplement de WikiPedia. Sans la moindre analyse. Et sans même en avoir honte.

Ainsi, les journaux publient de fausses informations sur la brèche qui a coulé le Costa Concordia. On prétend que le trou mesure 70 mètres de long. C’est faux. D’après certains, le navire commandé par Schettino pesait 110.000 tonnes. C’est aussi faux. Alors, où est la vérité ?


11 février 2022 – La verità di Francesco Schettino secondo Gigetto Dattolico/La vérité de Francesco Schettino selon Gigetto Dattolico – 1:04:13

https://youtu.be/GWdCnGqsQ2Y?si=fHGnG6gQoQcehYoo

Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne ‪@sabatoedomenico‬ qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.

Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.


28 février 2022 – Schettino NON è scappato della Costa Concordia e lo posso dimostrare/Schettino ne s’est PAS échappé du Costa Concordia et je peux le prouver. – 2:30:27

https://youtu.be/1i283b6Sy5c?si=L6l5-UCKtmrjoJAU

Le commandant Schettino NE S’EST PAS ENFUI du Costa Concordia, et je peux le PROUVER. Schettino n’est pas le lâche qu’on décrit, et De Falco n’est pas le héros que vous croyez. Le Costa Concordia a coulé au large de l’île de Giglio le 13 janvier 2012, et quelques jours plus tard, l’appel téléphonique entre Schettino et De Falco – le fameux « montez à bord, ##### » – a fait le tour du monde, contribuant à forger l’image d’un commandant Schettino faible, incapable de gérer la situation d’urgence, qui aurait quitté le Costa Concordia alors que des passagers étaient encore à bord. Ce n’est pas le cas : en réalité, Francesco Schettino, le capitaine du Costa Concordia, est resté à bord tant qu’il l’a pu, ne passant dans le canot de sauvetage que quand il n’a plus pu faire autrement.

12 mai 2022 – Schettino NON ha ritardato i soccorsi sulla Costa Concordia/Schettino n’a PAS retardé le sauvetage du Costa Concordia – 1:40:24

https://youtu.be/ezSj9R6h_Hk?si=1nVNd4eYZwuEABgC

Démontons un autre faux mythe qui entoure l’histoire du Costa Concordia et l’image du Commandant Francesco Schettino : les opérations de sauvetage auraient été retardées. L’alerte générale et l’ordre d’abandonner le navire auraient ont été émis avec un grave retard coupable par rapport à ce qui aurait été nécessaire, et cela aurait contribué à la mort des passagers. Si Schettino avait annoncé l’urgence et ordonné l’évacuation immédiatement de nombreuses vies auraient pu être sauvées.


7 juin 2022 – Il misterio dei tredici secondi di follia/Le mystère des treize secondes surréalistes – 1:57:01

https://youtu.be/jzQrQ82dD1E?si=6EL074HDhClrjxM4

Costa Concordia. Nous sommes le 13 janvier 2012. Le capitaine Francesco Schettino est arrivé sur la passerelle du Costa Concordia depuis une dizaine de minutes seulement, et la silhouette de l’île du Giglio se dresse déjà dans la nuit noire devant le navire. Le navire doit s’approcher ; le capitaine et l’équipage souhaitent rendre un hommage particulier à l’île ; l’heure est venue d’effectuer le fameux, et désormais terrifiant, inchino. L’idée est de longer une courte portion de la côte pour saluer les habitants, notamment un capitaine à la retraite, le Commandant Palombo, qui devrait s’y trouver. Cette manœuvre est aussi l’occasion de remercier le maître d’hôtel Tievoli pour son travail à bord car Tievoli doit débarquer le lendemain.

Schettino l’ignore, mais cette manœuvre va lui coûter sa carrière et sa liberté. Elle va aussi coûter la vie à trente-deux personnes. Mais cette nuit-là, un événement mystérieux se produit, un événement totalement obscur. Un événement qui ne dure que treize secondes. Treize secondes qui vont changer le destin de plus de quatre mille personnes. Treize secondes que nous n’avons pas pu expliquer, même après dix ans de recherches.

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Ce que dit le radar avant le contact

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La toute première auto-analyse

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Les cartes du procès

Sous les yeux du Troisième Officier
Deux cartes papier.

Sous les yeux du Premier et du Second Officier l’écran du radar de la passerelle.


Vidéo parue en son temps, le 11 juillet 2012, dans un article intitulé  » Il tracciato radar incolpa Schettino – Parole e immagini della scatola nera « . C’est ce que la boite noire avait enregistré, en accéléré probablement pour ne pas décourager le lecteur du Corriere della sera.

Sur l’écran le Concordia était sous pilote automatique quand la catastrophe a commencé.
Le navire était cap sur l’île. C’était normal jusqu’au dernier petit cercle rouge.

Après … mystère.

Sur l’écran nous voyons le Concordia continuer tout droit alors que sa future trajectoire modifiée avance avec lui, se déplace vers la gauche jusqu’au contact avec l’écueil immergé du Scole.

Le souriceau ne comprend pas comment ça se fait puisque avant le choc le commandant arrivé en passerelle avait suggéré-ordonné le passage au timon à main. Il avait été obéi en cela que le Timonier avait quitté son rôle de vigie derrière la vitre pour aller se placer devant le timon. Ambrosio a donné des ordres de cap oralement. Alors quoi ? Il n’avait pas connecté les timons ?

Bref, sur la passerelle ils ne l’ont pas vu.

Le souriceau n’a pas encore compris comment ça se faisait.

À moins qu’ils n’aient pas eu le temps matériel de réagir ? L’impact s’est produit à 00 h 17. Tout s’est joué en 13 s après le contact. Par combien de temps « de folie » avait-il été précédé ?

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