” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.

un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.

Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.

Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.

« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »

Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.

Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.

Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :

« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.

Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.

Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »

Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.

Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?

« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »


Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?

« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »


Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.


Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?

« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »

Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?

« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »

Et ensuite ?

« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »

Mais la panique s’est installée…

« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.

Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »

De quoi vous souvenez-vous, Katia ?

« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »

Et le commandant Schettino ?

« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »

Qu’est-ce qui était inconcevable ?

« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »

Quelle vérité ?

« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.

Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.

Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.

Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.

Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »

Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »

Que faites-vous maintenant, Katia ?

« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.

Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »

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Pour faciliter le suivi de l’affaire CONCORDIA, en ITALIE

une page Commandant SCHETTINO a été créée.
Vous pourrez y retrouver tous les billets de la catégorie du même nom.

Pour des regards différents sur l’accident et ses suites :

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Ce que dit le radar avant le contact

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La toute première auto-analyse

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Les cartes du procès

Sous les yeux du Troisième Officier
Deux cartes papier.

Sous les yeux du Premier et du Second Officier l’écran du radar de la passerelle.


Vidéo parue en son temps, le 11 juillet 2012, dans un article intitulé  » Il tracciato radar incolpa Schettino – Parole e immagini della scatola nera « . C’est ce que la boite noire avait enregistré, en accéléré probablement pour ne pas décourager le lecteur du Corriere della sera.

Sur l’écran le Concordia était sous pilote automatique quand la catastrophe a commencé.
Le navire était cap sur l’île. C’était normal jusqu’au dernier petit cercle rouge.

Après … mystère.

Sur l’écran nous voyons le Concordia continuer tout droit alors que sa future trajectoire modifiée avance avec lui, se déplace vers la gauche jusqu’au contact avec l’écueil immergé du Scole.

Le souriceau ne comprend pas comment ça se fait puisque avant le choc le commandant arrivé en passerelle avait suggéré-ordonné le passage au timon à main. Il avait été obéi en cela que le Timonier avait quitté son rôle de vigie derrière la vitre pour aller se placer devant le timon. Ambrosio a donné des ordres de cap oralement. Alors quoi ? Il n’avait pas connecté les timons ?

Bref, sur la passerelle ils ne l’ont pas vu.

Le souriceau n’a pas encore compris comment ça se faisait.

À moins qu’ils n’aient pas eu le temps matériel de réagir ? L’impact s’est produit à 00 h 17. Tout s’est joué en 13 s après le contact. Par combien de temps « de folie » avait-il été précédé ?

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Le doigt de Dieu

 » Le doigt de Dieu/il dito di Dio « 

Postcad de Pablo Trincia publié le 17 octobre 2022 sur YouTube
Le postcad de 55 min et 10 est sous-titré. Comme pour une grande partie des documents sur le sujet, on peut lire les sous-titres en italien et en anglais. Italien, langue du pays du pavillon, anglais langue officielle de la Marine.

Présentation par l’auteur, en italien sur Instagram:

C’est aussi une série de 9 épisodes d’environ 45 min chacun parue chez Spotify sous le nom Il dito di Dio – Voci della Concordia.

D’où vient l’expression ?
De mémoire Francesco Schettino l’a employée lors de son tout premier interrogatoire à Porto -San Stefano, interrogatoire qui a été accessible en .pdf là
Là où un incroyant aurait dit « j’ai eu une chance incroyable », lui qui est catholique fervent a dit

 » J’ai senti le doigt de Dieu posé sur moi/J’ai senti la présence de Dieu à mes côtés. « 

En ces temps oû il est de bon ton de se montrer soi-disant laïque, en ces temps où il leur fallait suivre l’histoire en mode négatif, les journaux avaient sauté sur l’expression, en profitant pour nier toute manœuvre salvatrice en tant que telle.

Sorti en 2022.

Il est extrêmement difficile de se désengager d’un acharnement médiatique, comme certaines IA pas au point il se nourrit de lui-même.

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Résumé

L’interview de Gigetto Dattolico par Andrea Lombardi a produit un billet très long que le Souriceau n’a pas pu ou su relire sous Gutenberg, notre éditeur.
Cela lui aurait permis de supprimer quelques faute d’orthographe, pas mal de virgules et quelques traces d’italien qu’il voulait réécouter avec des prothèses rechargées à fond. Pas su. Tant pis. À la place et parce qu’un billet aussi long et uniforme risque de décourager le lecteur de nos jours, je vais essayer modestement de le résumer.

Question : où vous situez-vous dans cette affaire ?
Réponse : c’est l’équipe de la défense qui m’a contacté parce que la loi permet l’utilisation de vidéos comme argument lors des procès.

Question : comment avez-vous trouvé Schettino alors qu’on sentait qu’il allait être condamné ?
Réponse : par une anecdote – Schettino a aidé un jeune collègue débutant à sortir d’un australien par mauvais temps depuis chez Gigetto, un suivi d’une heure au téléphone.

Question : Est- ce que les règles ne sont pas faites dans le but de sauver le plus grand nombre de personnes possible ? 
Réponse :  » toutes les règles en vigueur cette nuit-là ont été modifiées et des règles complètement différentes de celles avec quelles Schettino s’est trouvé contraint de choisir la meilleure voie à suivre s’appliquent depuis le 1er janvier 2014. « 

Question : qu’apporte l’interception téléphonique sur la certification du Concordia par le RINA.
Réponse : qu’il y a un conflit d’intérêt parce que le RINA, organe certificateur, tire ses émoluments du constructeur Fincantieri. On entend :  » le RINA fait tout ce que veut Fincantieri.  » et  » Nous allons faire de faux essais en mer, il me semble qu’on avait déjà fait la même chose pour un autre navire, le Concordia. « 

Question : évoque Codacons.
Réponse : la société de Consommateurs italienne, représentant les victimes, s’est portée civile, a eu accès aux actes du procès et a mandaté plusieurs expertises techniques cruciales.

Question : dès l’instant où il a pris le commandement du Concordia, il s’est retrouvé avec un navire dans un état qu’il ignorait. J’aimerais donc voir, comprendre avec vous, ce que vous avez perçu en étant aux côtés du capitaine et en repensant, comme lui, à ces moments.
Réponse :  » mutinerie  » .
« Le Premier Officier, alors qu’il était aux commandes, a dépassé ce point où il devait tourner et ne l’a pas signalé.
C’est là que le navire a dévié de sa route, les alarmes ne se sont pas déclenchées et le commandant n’a pas été averti.
Le commandant ne disposait pas des données du navire lorsqu’il a aperçu l’écume droit devant.
On ne lui avait pas communiqué les données, c’est pourquoi je parle de mutinerie. C’était bien une mutinerie en tant que situation où les officiers trahissent leur commandant. « 

Question : le commandant n’a-t-il pas sous les yeux un radar qui pourrait lui donner une idée de la situation pendant qu’il commande le navire ?
Réponse : Non.
Lui regarde dehors, placé juste derrière la vitre. Tous les autres sont derrière lui.
Le Premier et le Second Officiers sont devant un radar et voient le même écran.
Le Troisième Officier est sur une carte-papier, crayon et règle nautique en main. Plus loin les Élèves-Officiers.
Derrière tout le monde, le Timonier.
Sous les yeux du Timonier, les commandes mais aucun écran.   

Question :  » Schettino est un grand commandant, très exigeant avec ses officiers, il impose la rigueur et exige de grands sacrifices, et pourtant les officiers n’ont pas étés à la hauteur. » Et s’ils n’avaient pas osé parler ?
Réponse : comment on prend du galon trop rapidement chez Costa Croisière.

Question : que vous a dit Schettino à propos de sa conscience des dégâts subis par le navire ? 
Réponse :
On ne lui a pas fait savoir que les portes étanches ne tenaient pas.
On lui a dit qu’ils avaient heurté par la droite et on ne lui a pas fait savoir qu’en fait c’était par la gauche (au début il croyait même avoir touché avec une hélice).
Il s’est fait son idée en tenant compte des réactions du Concordia devant les dégâts (notion de portes et cloisons semi-étanches).
Il lui fallait savoir combien de compartiments étanches avaient été inondés suite à la brèche qui s’était ouverte (avec 3 il flottera, avec 5 il coulera).
S’il coule ce sera par la poupe et durera quelques minutes seulement. Bilan 5.000 morts.
L’ordre d’abandon du navire? Les règles imposent l’appel nominal avant. 5.000 personne donc.
Le Concordia, bilan : 32 morts. Qui a sauvé tous les autres ?

Question : la commémoration de l’anniversaire
Réponse : Alessandro Gaeta journaliste d’investigation, sollicite Bruno Neri, de l’Université de Pise. Il avance timidement à la télévision, avec moult précautions oratoires, que l’ordre de De Falco était absurde, que quelqu’un d’autre que le Timonier a manipulé le timon, que sans cela le navire n’aurait pas coulé. Il est mis au placard.

Question : le doigt de Dieu, postcad
Réponse :  » le vent est un phénomène naturel qu’on ne peut pas contrôler, mais, bon sang, la décision de l’exploiter d’une certaine manière est une décision qui revient au commandant et dans notre cas le Commandant, c’était Schettino. « 

Question :  » Torni a bordo, cazzo ! « 
Réponse : il s’agit en réalité d’un appel parmi les autres dans toute une suite d’appels téléphoniques.
Devant les suites De Falco est allé protester devant le Sénat avant de quitter la Capitainerie et de se recycler en politique.
 » Il lui dit de monter par l’échelle de corde de proue à droite. Ca faisait une heure que le bateau était sous l’eau à cet endroit, à vingt mètres de profondeur. « 
Rappel de l’échange avec le Commandant Manna, de la Capitainerie de Rome.

Question : mise en scène théâtrale –   » L’attitude de cette personne ressemble davantage à celle un inquisiteur qu’à celle de quelqu’un qui tente de gérer une situation d’urgence et d’obtenir le meilleur résultat possible. Abandon du navire par Schettino ?
Sans aucun doute, c’est pratiquement le cas.
Disons que ce n’est pas exactement le cas, mais c’est presque le cas.  » Vidéo sur le pont 3 et  » la suite de l’histoire est venue de quelqu’un doté d’une imagination débordante, ou qui a peut-être cru voir quelque chose qui n’existait pas et n’était pas monté dans la chaloupe de sauvetage avec autant de calme que le commandant vivait et percevait la situation. « 

Réponse : précision – De Falco n’aurait pas dû intervenir depuis Livourne, le Giglio dépend de Rome. « Je n’aurais pas dû intervenir, mais je suis intervenu parce que je savais comment le faire » De Falco a dit à Schettino qu' » il a abandonné le navire « , d’où la suite sur ce point précis.
Rappel de la vidéo du patrouilleur G104 qui avertit de s’éloigner du navire en train de chavirer.
Schettino est sur le pont 3 avec ses Officiers. Au-dessous la dernière chaloupe est malmenée par tout ce qui se détache. Son pilote panique. Bref, ils se retrouvent dessus et l’amènent derrière la pointe Gabbianara où il y a un point d’accès depuis la mer.
Souci : aucune photo ou vidéo pour cet instant précis, qui aurait permis de préciser si Schettino avait sauté ou glissé. Le moteur cale et refuse de repartir. Schettino est coincé sur les rochers.
Anecdote :  la défense doit payer 250.000 euros pour l’enregistrement de la boîte noire, Codacons pourra l’avoir pour 250 euros.
La G107 communique : Schettino a appelé la Capitainerie :  » Envoyez des canots gonflables entre la terre et le navire pour récupérer les passagers tombés à la mer. « 
Ils n’y sont pas allés.

Question :
Primo   » je me dois de constater que la réalité pour cette personne, c’est qu’elle a été décrite comme un monstre par l’opinion publique. Ce traitement médiatique excessif entraîne son lot de problèmes et de condamnations, souvent à perpétuité, dont il est finalement très difficile de se sortir ensuite.
Or, c’est faux.
Quelque soit le problème qu’il pourrait avoir commis, que ce problème soit dû à de l’insuffisance, aux instructions ou à des erreur, il n’est pas le monstre qu’on nous a décrit.
Deuxio  » il ne me semble pas que cet homme ait même bénéficié d’un procès équitable, qu’il ait pu se défendre et faire connaitre une vérité aussi proche que possible de la réalité. La justice, à mon avis, c’est autre chose. « 
Réponse : rappel de  » la responsabilité des grand’parents  » responsables en titre – responsables des actes commis appliqué aux Officiers ; rappel de toutes les personnes qui auraient risqué des peines de prison ; le générateur de secours, la certification par le RINA

Conclusion :
” Schettino mérite vraiment une autre chance.
Il est nécessaire de réhabiliter, ne serait-ce que partiellement, l’image ternie d’une personne qui a été condamnée.
Il a peut-être eu une part de responsabilité, mais pas celle que les médias lui ont imputée, ce qui a constitué une condamnation injuste et odieuse de plus. ”

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