” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”
Publié par Monique-Mauve dans Journal de bord le 11 juillet 2026

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.
un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.
Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.
Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.
« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »
Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.
Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.
Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :
« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.
Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.
Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »
Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.
Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?
« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »
Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?
« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »
Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.
Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?
« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »
Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?
« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »
Et ensuite ?
« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »
Mais la panique s’est installée…
« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.
Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »
De quoi vous souvenez-vous, Katia ?
« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »
Et le commandant Schettino ?
« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »
Qu’est-ce qui était inconcevable ?
« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »
Quelle vérité ?
« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.
Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.
Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.
Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.
Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »
Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »
Que faites-vous maintenant, Katia ?
« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.
Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »
Pour faciliter le suivi de l’affaire CONCORDIA, en ITALIE
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Petite Méthode le 28 octobre 2014
une page Commandant SCHETTINO a été créée.
Vous pourrez y retrouver tous les billets de la catégorie du même nom.
Pour des regards différents sur l’accident et ses suites :
- le blog d’un marin pur et dur, Pas Chiche
- le blog d’une férue d’actualité, le défouloir de krn
- le blog d’un autre amoureux du CONCORDIA
Les inconvénients d’un mauvais récit
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 7 août 2026
Vidéo publiée le 21 février 2026 par Nippin Anand sur sa chaîne YouTube Embrassing Difference
https://youtu.be/B5YqFK0JTBM?si=Dis9rwY37bQHjuFD
Après un accident, nous élaborons un récit pour donner un sens au malheur. Ces récits sont emballés dans un discours scientifique et ils prétendent prévenir les futurs accidents (rapports d’enquête officiels) et nous permettre de tirer des leçons des accidents.
Mais dans quelle mesure ces récits sont-ils véridiques ? Peuvent-ils réellement empêcher quoi que ce soit ? Nous aident-ils à apprendre des accidents ?
Voici ma conférence à la Bibliothèque des Accidents/Library of Accidents d’Édimbourg, qui s’appuie sur les exemples du Costa Concordia et du vol US Airways 1549. Ces deux récits reposent sur des mythes, bien qu’ils soient présentés comme des vérités « scientifiques et objectives ».
Bonsoir. J’ai eu du mal à trouver le titre de mon intervention d’aujourd’hui, j’ai passé les trois derniers jours à y penser.
J’ai eu du mal : je voulais juste exprimer combien les récits d’accidents peuvent entraver l’apprentissage et ce que cela signifie concrètement : que nos récits influencent notre compréhension des accidents, des incidents, des erreurs, etc …
Je pense qu’il y a quelque chose de profondément religieux en nous, en tant qu’êtres humains. Nous pensons être scientifiques, mais nous sommes en réalité très religieux.
Nous sommes profondément religieux et je vais vous en parler.
J’espère que nous aurons ensuite des échanges très enrichissants.
Voyons comment cela va se passer.
Je vais vous parler d’un navire qui s’appelait le Concordia. Ce navire a chaviré au large de l’île du Giglio, en Italie, en 2012 entraînant la mort de 32 personnes.
Le capitaine, couramment surnommé « le capitaine lâche », serait le principal responsable de l’accident, selon le rapport officiel.
Je n’avais encore jamais vu ça : un rapport officiel qui désignait quelqu’un comme principal responsable d’un accident.
J’ai d’ailleurs vécu une expérience fascinante en discutant avec le Commandant.
Je suis allé en Italie passer quatre jours avec lui et j’ai filmé de nombreuses séquences.
Il était pour aller en prison et n’avait plus rien à perdre.
Il m’a donc procuré de nombreuses informations, notamment des enregistrements vidéo et du VDR, qui est l’équivalent de la boîte noire d’un avion.
Il m’a fallu ces quatre jours et sept ans ensuite pour écrire un livre qui donne un sens à tout cela.
C’était intéressant, aujourd’hui, quand l’un de vous m’a demandé « De quoi allez-vous nous parler ? »
J’ai répondu : de l’accident du Costa, et sa première réaction a été : « Ah, c’est le bateau où le capitaine s’est enfui avec une danseuse ? »
Et moi, j’ai pensé : « Wahou, c’est exactement le genre de réponses que je reçois tout le temps. »
Alors voilà, vous savez, on veut dormir la nuit. On a besoin d’une histoire, et on doit se la raconter.
Je voudrais donc parler de la nature mythique des histoires que nous créons, qui sont profondément religieuses et que nous croyons être scientifiques. Voilà la clef de tout.
Alors, commençons.
Voici le capitaine Francesco Schettino. Et là, c’est moi. Et voici le directeur du Bureau Danois d’Enquêtes sur les Accidents Maritimes.
Nous avons passé ces quatre jours à Sorrento*, sa ville natale en Italie.
C’était notre premier jour d’interview avec lui en 2017. Et devinez ce qu’il m’a dit ?
Vous êtes la première personne à venir parler avec moi à un niveau professionnel.
La première personne en cinq ans depuis l’accident !
Cet accident a eu lieu en 2012.
En 2017, cet homme affirme que je suis la première personne à venir lui parler de manière professionnelle.
On déteste tous les gens impliqués dans des accidents, n’est-ce pas ? Réfléchissez-y
……
On n’aime pas les échecs.
Dans mon pays d’origine, l’Inde, toutes les 14 minutes un enfant se suicide parce qu’il n’a pas su répondre aux attentes de ses parents. C’est dire à quel point nous haïssons ceux qui échouent dans la vie n’est-ce pas ? Parce qu’ils nous rappellent notre propre fragilité.
Et je trouve cela fascinant, absolument fascinant, que personne ne lui ait parlé, ni ne l’ait écouté pendant cinq ans, que tout le monde l’ait accusé.
On a inventé toutes sortes d’histoires et on a rédigé un document de 300 pages, qu’on a appellé rapport d’enquête sur l’accident, qui est totalement mythique, absolument mythique.
Mais ce n’est pas nouveau. On a toujours fait comme ça. Et nous voilà, installés devant cette encyclopédie d’erreurs, à nous demander : pourquoi on n’en tire pas les leçons ? Eh bien, la réponse est simple : on n’en tire pas.
On se croit scientifiques, mais en réalité, on est religieux. On veut se raconter une histoire qui soit simple. C’en était un exemple classique.
Alors, comme vous pouvez le constater, tout le monde veut l’interroger, enquêter sur lui, lui dire de tout, mais personne ne veut l’écouter.
Nous avons enregistré 12 heures de vidéo avec lui en lui ayant posé une seule question : « Qu’aimeriez-vous partager ? »
Et il était intarissable. Il était intarissable. Vous imaginez ?
……
Il faut qu’on réfléchisse à ces choses-là.
Nous faisons la même chose à nos enfants, d’ailleurs.
Oubliez les professionnels !
Voici donc un livre que j’ai écrit, et que j’ai sous-titré ici : voyage intérieur de désapprentissage.
Je pensais qu’il s’agissait de ma propre expérience chez C. en 2005.
J’ai été victime d’un accident qui m’a traumatisé pendant une dizaine d’années, mais j’ai constaté des similitudes avec lui, mais à une bien plus petite échelle, évidemment.
Mon expérience nétait rien comparée à la sienne. Il purge actuellement une peine de 16 ans de prison. Je m’en suis tiré à bon compte, en étant seulement licencié par ma Compagnie.
Mais ce livre que j’ai écrit n’est pas un récit objectif de cet accident.
C’est un point de vue profondément subjectif et partial.
Je ne me cache donc pas derrière une façade scientifique.
J’ai très ouvertement affirmé qu’il s’agissait d’un récit subjectif.
C’était un récit biaisé, et il m’a permis de remettre en question beaucoup de choses dans ma vie.
En quelque sorte, c’est son histoire, mais entrelacée avec la mienne.
Voilà comment je le vois et comment je le présente dans ce livre.
Mais le plus intéressant dans le livre, c’est l’un des points que je voulais aborder avec vous, c’est de vous donner un aperçu du caractère mythique de nos rapports d’accidents, que nous appelons des récits officiels d’accidents.
Nous avons donc ici deux accidents : le vol US Airways 1549 et le Costa Concordia.
Examinons-les de plus près et voyons à quel point nous nous éloignons de la réalité pour nous persuader que nous maîtrisons la situation, ou nous rassurer.
Comme nous sommes dans les mythes, nous qui prétendons être scientifiques et objectifs !
D’un côté, le vol US Airways 1549, de l’autre, le Costa Concordia.
Passons donc au vol US Airways 1549.
C’est un exemple fascinant de la façon dont nous construisons des récits autour des accidents, des incidents, des erreurs, etc.
Nous sommes en 2009.
Je ne sais pas si vous connaissez cet accident. C’était « le miracle de l’Hudson », et c’est fascinant d’utiliser le mot « miracle » dans un rapport d’accident avec sa connotation religieuse.
Et puis, on cherche la cause profonde. Comment expliquer un miracle autrement que par une cause profonde ? C’est complètement absurde.
Bref, en 2009, nous avons cet accident : 155 personnes à bord, 140 passagers et 15 membres d’équipage.
Ce qui est unique dans cet accident, c’est qu’il s’agissait d’une compagnie Américaine, d’un pilote Américain et que ça s’est passé dans l’espace aérien Américain. Ce qui n’arrive pas souvent.
Et maintenant, voici la photo de » Sulli » (le capitaine Chesley Sullenberger) qui a apparu dans les médias, quelques années plus tard.
Et je trouve cette image fascinante.
Je la trouve tellement puissante.
Elle résonne profondément avec l’inconscient.
Et il y a écrit Chesley Sullenberger.
https://www.theguardian.com/film/2016/nov/27/chesley-sullenberger-sully-film-clint-eastwood-tom-hanks-miracle-hudson-river
C’est un article du Guardian, en fait. Vous devriez le lire. On y parle d’un héros à l’ancienne. Wahou !
Et il y dit : « Voilà une déclaration qui mérite vraiment réflexion. Je savais que l’on débattrait de la moralité de mes actes. Peut-être pendant des décennies. » Savez-vous pourquoi il a dit cela ? Connaissez-vous son accident ? Le miracle de l’Hudson ? Savez-vous pourquoi il a dit ça ?
……
https://www.theguardian.com/world/2009/jan/16/us-airways-plane-crash-lands-on-hudson
Est-ce parce que certains pensaient qu’il aurait pu atterrir à l’aéroport après avoir percuté le pont ?
Oui. C’est possible. C’est possible.
C’est peut-être une de ces choses.
Je pense qu’il a été surpris par le bilan.
Il a été lui-même surpris par le bilan.
Il ne s’attendait pas à ce que personne ne meure.
Il ne s’attendait tout simplement pas à ce que cela arrive.
C’était un miracle. Pardon ?
Je ne suis pas sûr que ce soit déjà arrivé avant.
Non, jamais, vous avez raison.
Donc, d’une certaine manière, cet homme est surpris.
Et c’est intéressant qu’on en ait fait un super-héros, ne trouvez-vous pas ?
N’est-il pas intéressant qu’on en ait fait un super-héros ?
……
Nous aimons les histoires simples.
Regardez ce rapport d’enquête sur l’accident.
Le caractère religieux de ce rapport est absolument incroyable.
» Le professionnalisme des membres d’équipage et leur excellente gestion des ressources de l’équipage durant la séquence de l’accident leur ont permis de garder le contrôle de l’avion de manière à le maîtriser autant que possible dans ces circonstances et d’effectuer une approche qui a augmenté les chances de survie après l’impact. «
Franchement, il y a tellement d’aléatoire dans cet accident, un aspect qu’on n’a même pas abordé en créant un super-héros.
Ne vous méprenez pas. Je ne dis pas que je suis contre Sully. Il a fait de très bonnes choses.
Mais il y a eu beaucoup d’aléatoire dans cet accident. (Je reviens vers vous reviens dans un instant.)
Il y a eu beaucoup d’aléatoire dans cet accident qui ont joué en sa faveur.
La température de la rivière était de -15 °C ce jour-là, ce qui signifie qu’il n’y avait absolument aucun trafic maritime. Si cela avait été le cas, cela aurait été une catastrophe.
Il y avait un copilote très expérimenté assis à côté de lui, ce qui est plutôt rare.
L’avion était équipé d’un train d’atterrissage amphibie, et la probabilité qu’un avion avec un tel train d’atterrissage vole à l’intérieur des terres était de 1 sur 20 dans la flotte Airbus de l’époque.
Il n’y avait donc qu’un avion sur vingt capable de voler à l’intérieur des terres tout en conservant un train d’atterrissage adapté à l’amerrissage des passagers.
Il y a tellement d’autres choses, et le plus drôle, c’est que tout cela est consigné dans le rapport officiel d’enquête sur l’accident et pourtant on n’en tient pas compte pour comprendre cet accident, parce qu’on veut créer un super-héros, on veut voir que quelqu’un nous a sauvés.
On adore ça !
Quelqu’un nous a sauvés et cette personne devrait devenir le super-héros.
……
Vous aviez une question ? Oui, je vais développer.
Soyez patient : je sais que c’est difficile à assimiler.
Si cela ne vous plaît pas, ce n’est pas grave, cela me convient parfaitement, utilisez autre image, quelque chose de mythique, pas religieux ni dogmatique ni quoi que ce soit d’autre.
Alors voilà comment on lit le rapport d’enquête sur l’accident.
Et puis, vous voyez, on en fait un super-héros malgré lui. Et on en tire même un film à Hollywood.
Le film » Sully » existe en version française, visible sur toutes les bonnes plateformes.
Et on ignore tous les éléments aléatoires que l’on a consigné dans le rapport parce qu’on adore les héros.
……
N’est-ce pas intéressant ?
……
Laissez-moi vous raconter une toute autre histoire.
Nous sommes en 2012. Voici le bilan du Concordia. Il y avait 4 229 personnes à bord. 32 personnes sont mortes.
Dans l’autre cas, personne n’est mort. Dans celui-ci, 32 personnes sont mortes. Il n’y avait donc pas eu sauvetage, n’est-ce pas ?
Alors, que fait-on maintenant ? On fait exactement le contraire.
Voici le capitaine Francesco Schettino.
Moins de 48 heures après l’accident, un communiqué de presse a été publié et un bouc émissaire a été trouvé sans aucune enquête sur l’accident.
Il s’agit donc d’un navire Italien, d’un capitaine Italien, d’une compagnie Italienne et ça s’est passé dans les eaux Italiennes.
Vous voyez ? Américain et Italien. Quelle coïncidence !
Cela n’arrive jamais dans mon monde.
Je suis un ancien marin.
Les choses ne s’alignent jamais aussi facilement.
Nous nous retrouvons avec une déclaration bien différente.
Levant les yeux au ciel, les Italiens rejettent le comportement erratique du Capitaine Francesco Schettino comme une honte pour l’Italie. Certains sont persuadés qu’il était ivre, le type même de l’italien, distrait par une femme. Et c’est parti.
Une blonde danseuse moldave aurait dîné avec le capitaine peu avant le naufrage.
Certains anciens collègues l’ont décrit comme un professionnel compétent et l’ont défendu.
D’autres l’ont qualifié de conducteur de hors-bord.
……
Lisez le récit et vous ne serez pas surpris de la conclusion de ce rapport officiel d’enquête, il est inutile de prouver que le cas du Costa Concordia a été examiné par cet organisme d’enquête sur l’accident.
Et, je crois, par tout le monde dans mon domaine. Sur quelle base avez-vous réalisé une enquête ? En avez-vous fait une étude ?
Un exemple unique des leçons à tirer malgré la tragédie humaine et le comportement peu conventionnel du capitaine qui devient la cause principale du naufrage. Wahou.
Voilà le rapport officiel. Je n’ai jamais vu de rapport officiel qui affirme catégoriquement que le capitaine d’un navire est la principale cause de l’accident. Je ne l’avais jamais vu. Cela a fortement éveillé mes soupçons.
Voici donc Schettino le jour où il s’est rendu à la police, trois mois seulement après que nous l’ayons laissé dans sa ville natale, le jour où il a écopé de seize ans de prison.
Mais la question est : 16 ans pour quoi exactement ?
Car il a été affirmé qu’il avait quitté le navire et s’était enfui. Or, en réalité, il était à bord tout ce temps et a même accompli certaines tâches, comme par exemple sauter sur un canot de sauvetage qui était sur le point de couler sous les bossoirs.
Ce canot de sauvetage était plein à craquer, avec au moins 300 personnes à bord – je ne connaîs pas le nombre exact – et s’il avait permis à ce bateau, aux bossoirs de ce bateau de l’enfoncer, de plonger dans celui-ci, il y aurait eu environ 300 morts, en plus des 32 personnes décédées, correct ?
Mais cette histoire n’avait aucune importance.
Elle n’intéressait personne, car nous recherchions un anti-héros, pas un héros.
Et nous étions tellement occupés à rassembler des informations pour le trouver.
Et ce n’est pas seulement mon livre qui le relate, mais de nombreuses recherches ont été menées pour démontrer dans quelles circonstances le Commandant a évacué le navire et ce qu’il a fait exactement.
Mais ni la presse ni l’enquête officielle sur l’accident ne s’y sont intéressées.
Nous avons donc fait exactement ce que nous avions fait à Jésus-Christ il y a des milliers d’années.
Nous avons trouvé un bouc émissaire.
Un bouc émissaire qui porterait les péchés de la société.
Le schéma mythique se répète donc sans cesse.
Vous la voyez, la réponse, maintenant ? Oui.
Nous sommes très mythiques. Nous sommes très religieux et nous nous drapons dans la science et nous nous croyons modernes.
Nous sommes avancés. Nous sommes civilisés.
Et ces peuples non-civilisés qui vivent quelque part, vous savez, dans les îles du Pacifique, comme les Aborigènes et les Maris ils ne savent absolument rien.
Nous avons beaucoup de données et nous pouvons prouver plein de choses.
Nous pourrions gérer les échecs d’une maniére qui ne leur est pas accessible.
Nous ne pouvons pas gérer les échecs exactement comme eux. Nous ne le pouvons pas.
Laissez-moi vous raconter l’histoire.
Alors oui, vous voyez le schéma, n’est-ce pas ?
Voyez le mythe grec, du chaos à l’ordre.
Imaginez une collision avec un oiseau, une panne moteur, et tout part en vrille.
Il vous faut maintenant un super-héros pour nous sauver.
Voilà le mythe grec. C’est exactement le mythe grec, là, juste sous vos yeux.
Et à la fin tu n’as pas pu nous sauver alors tu es l’anti-héros.
Vous voyez à quel point nous sommes religieux ?
Voilà, pour résumer, comment nous créons des récits d’accidents et de catastrophes, comment ces récits nous donnent un sens et nous réconfortent, comment ces récits révèlent nos croyances inconscientes et comment ils préservent l’ordre social et politique.
Alors pourquoi ne tirons-nous pas les leçons des accidents et des erreurs ?
Parce qu’il ne s’agit pas d’apprendre, mais de préserver l’ordre social et politique.
Ce soir-là, si Schetino n’avait pas été désigné comme bouc émissaire, toute l’industrie des croisières se serait effondrée à cause de défaillances dans tout le système de cetre même industrie.
Mais nous avons trouvé un bouc émissaire et nous avons préservé l’ordre social et politique.
Du coup, nous pouvions tous retourner dormir et dire : « Non, on peut repartir en croisière. C’est l’été. On a besoin de vacances. »
Nous créons ainsi ce que l’on appelle un monstre moral, n’est-ce pas ?
Ma question est donc la suivante : sommes-nous vraiment scientifiques ? Voyons les progrès accomplis au fil des ans, notamment en comparant avec le peuple du Sud-Soudan, que nous appelons les Azandés.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zand%C3%A9_(peuple)
Il y a quelque chose de fascinant chez les anthropologues : il arrive qu’on soit obligé de s’éloigner tellement de sa propre culture que la langue ne suffit plus à tout expliquer et c’est alors qu’on réalise que ceux que nous qualifions de primitifs, de non-civilisés, de sauvages et de barbares ne sont en réalité pas si différents de nous.
Ils ne sont absolument pas différents.
Voilà donc ce qu’est la culture azande et voici le rituel de sorcellerie : chez les Azandes, si un enfant tombe malade, ils le soignent tout comme nous, mais la façon dont ils l’explicaquent … ils cherchent une personne qu’ils n’aiment pas dans leur communauté et la traînent à travers champs, car ils croient que c’est elle qui a provoqué cette situation.
On voit donc que chacun cherche à donner un sens au malheur, et la question est : en quoi sommes-nous différents ?
Alors le « comment » est très bien expliqué dans tous les livres auxquels vous pouvez penser ; la mécanique est expliquée de façon extrêmement éloquente, avec toutes les preuves, toutes les données, qu’il s’agisse de l’US Airways 1549 ou du Concordia.
Mais quand il s’agit du « pourquoi », nous nous réfugions derrière nos mythes familiers : le mythe Grec, le mythe Romain, le mythe Chrétien, etc …
Ce que les Azandés appelleraient sorcellerie et accusation, nous l’appellerions causalité et blâme. Mais c’est la même chose.
La question est de savoir si nous sommes différents lorsqu’il s’agit de donner un sens au malheur, qu’il s’agisse d’accidents, d’incidents, de catastrophes, de crises, ou quoi que ce soit.
Et je ne le crois pas.
Alors, que pouvons-nous apprendre sur nous-mêmes ?
Je crois que ce que nous pouvons apprendre, c’est que nous aimons les histoires simplifiées.
Nous aimons les histoires de héros et de anti-héros quand les choses tournent mal.
Nous aimons le contrôle absolu de tout.
Ça nous permet de bien dormir la nuit.
Et cette foi en la science que l’on appelle la Scientologie, il y a un un bâtiment ici, à Édimbourg, je ne sais pas si vous l’avez vu, il me fascine.
Le problème, c’est que ces récits religieux entravent l’apprentissage, et que nous les prenons pour argent comptant en les qualifiant de résultats de recherche objective et scientifique.
Alors je pense qu’il est important de remettre ces écrits en question.
* La ville de Meta s’appelait alors Meta di Sorrento, dont elle s’est séparée depuis.
La clause du grand’père
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 7 août 2026
La peine, dans la sentence finale qu’a prononcée la Cour Suprême, était de faire successivement :
– 10 ans de réclusion en tant que Commandant du Concordia perdu avec les conséquences humaines, décès et blessures ;
– 5 ans pour les actes effectués par ses officiers de quart en vertu de la clause du grand’père ;
– 1 an pour abandon du navire sans autre précision.
Voici ce que dit le Dalloz étudiant de la Clause du grand’père en France :
https://actu.dalloz-etudiant.fr/le-saviez-vous/article/clause-du-grand-pere/h/ad1f8cc2cc2c4e8e83eb83d4ef20a3e8.html
» La clause du grand-père ou clause d’antériorité est une disposition permettant à une personne de continuer à bénéficier d’une ancienne règlementation malgré l’application d’une nouvelle. Pour exemple, s’agissant de la réforme des retraites, les personnes déjà affiliées à l’actuel système ne seraient pas concernées par la réforme envisagée. «
Wikipédia, qui lui consacre une page entière, la définit ainsi :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Clause_d%27ant%C3%A9riorit%C3%A9
» une disposition légale permettant que, lors de l’adoption d’une nouvelle loi, les conditions de l’ancienne loi puissent s’appliquer à ceux qui en bénéficiaient déjà, généralement pour une période limitée . »
» Elle génère souvent de fortes contestations, la disparité créée générant un sentiment d’injustice « .
» Si initialement ce type de clause a été édicté afin de générer un droit à deux vitesses, il est quelquefois utilisé afin de permettre à la société de s’adapter lors d’un changement de loi « .
Encyvlopedia.com annonce son exposé ainsi :
https://www.encyclopedia.com/history/united-states-and-canada/us-history/grandfather-clause
» Une partie d’une loi qui prévoit que la loi n’est pas applicable dans certaines circonstances en raison de faits préexistants « .
Et précise l’origine de cette clause : elle a été créée après la guerre de Sécession, en Amérique. » Ainsi, en pratique, si le grand-père d’une personne pouvait voter, celle-ci pouvait voter sans restriction supplémentaire » … » ainsi la quasi-totalité des esclaves et leurs descendants étaient privés du droit de vote « .
Le Commandant, lui, une fois la catastrophe enclenchée » a fait de son mieux. «
À Rebibbia, il aura effectué les 10 premières années de sa peine l’an prochain.
Mérite-t-il maintenant de continuer à se faire traiter d’assassin pour des actions qui ont été faites par d’autres ?
Quand à avoir abandonné navire et passagers, avec toutes les photos et vidéos que tout le monde a vu sur les écrans, n’en parlons même pas, « Quitter le dernier un paquebot géant » est à redéfinir.
Le Commandant a essayé de remonter à bord du Concordia :
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 6 août 2026
Neuf ans après le naufrage du Concordia : « Cette nuit passée à sauver les naufragés avec mon bateau »
Un article de Barbara Farnetani publié le 13 janvier 2021 sur le journal Il Giunco
https://www.ilgiunco.net/2021/01/13/nove-anni-fa-il-naufragio-della-concordia-quella-notte-con-la-barca-a-salvare-i-naufraghi/
ÎLE DU GIGLIO – « Aujourd’hui, mes pensées se tournent vers cette nuit interminable, une très longue nuit que j’ai malheureusement vécue et où mes collègues et moi avons été appelés pour secourir les passagers et l’équipage du Costa Concordia, qui coulait devant le Rocher de la pointe Gabbianara. J’étais à bord du M/T Aegilium, exploité par Toremar, et à bord de ce petit canot rapide, nous avons longé la côte à la recherche de personnes en détresse… la confusion était totale… »
C’est ainsi que commence le récit, le souvenir de Massimo Bancalà, qui était présent il y a 9 ans lors du naufrage du Concordia dans les eaux de l’île du Giglio.
Il est difficile d’oublier ce que j’ai vécu cette nuit-là… des scènes que je n’avais vues qu’au cinéma jusque-là. Neuf ans plus tard, les regards terrifiés de ces gens transis de froid sont toujours gravés dans ma mémoire, et l’excitation de ces moments où il fallait faire tout ce qui était possible dans une situation qui paraissait impossible.
Revivre ces souvenirs, même aujourd’hui, même après toutes ces années, me touche profondément.
Je me souviens de la disponibilité de mes concitoyens, qui s’efforçaient d’apporter aide et réconfort du mieux qu’ils pouvaient à ces passagers désorientés et à moitié transis de froid avec des couvertures et du lait chaud.
Je me souviens du jour où nous avons récupéré quatre-vingts naufragés sur leurs radeaux de sauvetage ; du jour où nous sommes descendus à bord de notre petit canot de secours rapide pour inspecter le flanc tribord désormais submergé du navire, où, heureusement, nous n’avons trouvé personne.
« Je me souviens quand soudain, depuis les rochers entre la pointe Gabbianara et la Crique du Mezzo, une lumière nous a fait signe …
Nous nous sommes approchés pour voir s’ils avaient besoin d’aide.
Sur cette portion de côte, les rochers étaient escarpés et ne nous permettaient pas de les embarquer.
Connaissant très bien la zone, je leur ai donc conseillé de se rendre dans la crique suivante, où la pente des rochers nous aurait permis de les récupérer plus facilement », a poursuivi Bancalà.
Une fois arrivés à la crique, nous avons embarqué deux membres d’équipage du Concordia.
L’un d’eux m’a demandé d’aller du côté bâbord où les passagers descendaient une échelle de corde, mais à cause des vagues provoquées par les canots de sauvetage et du vent du nord-est, nous avons commencé à prendre l’eau.
Nous avons donc décidé de retourner au Port.
Après avoir déposé ces deux personnes sur les jetées flottantes et nous être assurés qu’elles étaient prises en charge par les sauveteurs, nous sommes retournés sans réaliser le danger sous le flanc incliné du Concordia pour vérifier s’il y avait d’autres naufragés.
C’est à ce moment-là que nous avons aidé deux des pompiers plongeurs à rejoindre une vedette de patrouille.
Je me souviens de l’arrivée des premiers corps sans vie au quai, du moment où les naufragés furent embarqués dans des bus qui, stationnés, feux et chauffage allumés, refusaient de démarrer. Il a fallut les pousser pour qu’ils puissent partir et amener les passagers jusqu’aux églises de l’île.
Je me souviens des naufragés, pieds nus, découpant des gilets de sauvetage et se fabriquant des chaussures pour pouvoir marcher :
Je me souviens du jour où nous avons donné les couvertures du navire aux naufragés que nous avions récupérés.
Lorsque nous sommes partis pour le premier voyage vers Porto Santo Stefano, ce qui m’a le plus frappé c’est l’organisation dont a fait preuve la Protection civile, prête à accueillir les naufragés.
Les premières lueurs de l’aube mirent fin à cette nuit interminable… mais pour nous, ce n’était que le début d’un terrible souvenir qui restera à jamais gravé dans nos mémoires et dans notre histoire.
La mer a emporté trente-deux victimes… nos prières les accompagnent ».
Aux actes du procès est aussi jointe la déclaration faite aux Procureurs par le Maître d’Équipage, M. Massimo Bancalà, peu de jours après l’accident dans laquelle le Maître d’Équipage a déclaré que je lui ai demandé de rejoindre le côté bâbord du navire et que c’est parce que le petit bateau de sauvetage embarquait de l’eau avec 4 personnes dedans qu’il en a informé son Commandant qui lui a donné l’ordre de revenir au port.
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 6 août 2026
