” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.

un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.

Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.

Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.

« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »

Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.

Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.

Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :

« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.

Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.

Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »

Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.

Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?

« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »


Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?

« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »


Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.


Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?

« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »

Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?

« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »

Et ensuite ?

« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »

Mais la panique s’est installée…

« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.

Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »

De quoi vous souvenez-vous, Katia ?

« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »

Et le commandant Schettino ?

« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »

Qu’est-ce qui était inconcevable ?

« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »

Quelle vérité ?

« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.

Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.

Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.

Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.

Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »

Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »

Que faites-vous maintenant, Katia ?

« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.

Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »

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Pour faciliter le suivi de l’affaire CONCORDIA, en ITALIE

une page Commandant SCHETTINO a été créée.
Vous pourrez y retrouver tous les billets de la catégorie du même nom.

Pour des regards différents sur l’accident et ses suites :

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Le capitaine De Falco

Qui est Gregorio De Falco ?

Chi è Gregorio De Falco ?
Un article paru le mercredi 18 janvier 2012 sur le journal Il Post

Le responsable de la Salle des Opérations de la Capitainerie de Livourne a bénéficié d’une immense admiration et un profond respect suite à la diffusion des enregistrements de ses communications avec le commandant Schettino du Costa Concordia.

La publication mercredi des enregistrements des communications entre la Capitainerie de Livourne et le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino, a beaucoup apporté, tant sur le plan journalistique que littéraire sur le contenu de ces conversations qui circulaient déjà sous forme écrite.

Le ton ferme et responsable avec lequel le capitaine Gregorio De Falco a pris les choses en main et a renvoyé Schettino à ses responsabilités a fait l’objet de nombreuses discussions et suscité l’enthousiasme tout au long de la journée, notamment en ligne.

Cet événement a également alimenté des analyses et des réflexions sur les personnalités opposées de De Falco et Schettino.

Nombreux sont ceux qui se sont efforcés de mieux cerner le rôle de De Falco, donnant ainsi tout son sens au qualificatif souvent employée « d’homme du jour ».

(Audio de la conversation entre le commandant Schettino et la Capitainerie lien mort)

Le journal Il Tirreno l’a interviewé aujourd’hui : 

Originaire de Naples, De Falco s’est engagé dans la Marine en septembre 1993 et est arrivé à Grosseto en 2005. Vendredi soir, il était responsable de la Salle des Opérations des Garde-Côtes et coordonnait une équipe de cinq personnes.

« J’ai fait de mon mieux – confie De Falco, visiblement ému – et malgré tout, nous n’avons pas réussi à accomplir pleinement notre mission : sauver tout le monde. Ma vocation, c’est le sauvetage, et je ne suis pas satisfait si je ne ramène pas tous les blessés sains et saufs. Malheureusement, il y a eu des morts. »

Dans la salle des opérations se trouvaient également le chef de quart, un opérateur radio, l’opérateur du contrôle d’approche du port (PAC), l’officier d’inspection et l’officier des opérations – De Falco, bien sûr. Une véritable chaîne de commandement.

Dans la Salle des Opérations se trouvaient également le chef d’équipe, un opérateur radio, l’opérateur du système de contrôle d’approche du Port (PAC), l’Officier d’Inspection et l’Officier des Opérations, De Falco lui-même. Une véritable chaîne de commandement.

Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit-là ?

« Dans notre Salle des Opérations, nous disposons d’équipements sophistiqués qui nous permettent de suivre les navires en temps réel. C’est ce que nous avons fait après l’alerte donnée par une passagère du Concordia qui avait contacté les Carabiniers. Nous avons ainsi constaté que le navire était très près des côtes, qu’il ralentissait et qu’il naviguait déjà à une très faible vitesse.

Par ailleurs, le fait que le commandant parlait de panne électrique ne cadrait pas avec l’appel aux passagers pour qu’ils mettent les gilets de sauvetage. Un commandant responsable ne peut pas se permettre d’inquiéter inutilement ses passagers en leur demandant de mettre les gilets de sauvetage si ce n’est pas absolument nécessaire. »

Panorama a ajouté d’autres détails à la biographie de De Falco.

Gregorio De Falco est né dans une famille napolitaine, mais vit et étudie à Milan. Diplômé en droit, il a ensuite passé le concours d’entrée à la Capitainerie du Port. L’ayant obtenu, il s’installe en 1994 à Livourne pour suivre une formation de neuf mois à l’Académie Navale.

En 1995, il est affecté à Mazara del Vallo, avant d’être muté à la Capitainerie du Port de Gênes. Promu commandant, il est envoyé en Ligurie, à Santa Margherita Ligure, où il dirige la Capitainerie du Port locale de 2003 à 2005.

Ce n’est qu’après cette expérience en ligurie qu’il retourne à Livourne, au sein du Service des Opérations de la Capitainerie du Port.

Depuis 2005, il occupe exclusivement des postes de commandement opérationnel de sauvetage dans la zone de Livourne.

« Il n’a pas de loisirs ; c’est un homme du genre son travail-sa maison-ses filles – explique Paolillo – Il est marié et père de deux petites filles de 5 et 11 ans scolarisées à Livourne. Il les adore. »

En 1991, lors de la collision entre le ferry Moby Prince et le pétrolier Agip Abruzzo dans le port de Livourne qui fit 140 victimes, le capitaine De Falco n’était pas encore entré dans la Marine. Mais pour l’ensemble du personnel militaire, et plus particulièrement pour ceux qui travaillent à la Capitainerie du Port de Livourne, le cas du Moby Prince est et restera à jamais une tragédie qui marque profondément la vie des Officiers de la Marine.

« Plus de vingt ans après, la tragédie du Moby Prince plane comme une ombre – nous confia le capitaine Paolillo, qui ne s’était pas encore engagé quand c’est arrivé lui non plus- elle a été pour nous tous le début d’une nouvelle ère, c’est le moment que nous ne devons jamais oublier. Une tragédie qui ne doit plus jamais se reproduire. »

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Monsieur Pier Luigi Foschi, PDG de Costa

https://www.senato.it/service/PDF/PDFServer/DF/279597.pdf

extrait du compte-rendu de l’intervention devant le Sénat de Pier Luigi Foschi, alors pdg de Costa Croisières 31 janvier 2012

Je vais maintenant vous faire part de nos conclusions.

Concernant le fonctionnement des portes étanches, une fuite provenant d’une seule porte a affecté la liaison entre le compartiment du moteur de propulsion électrique, situé presque entièrement à l’arrière du navire, et le compartiment du compresseur, situé entièrement à l’arrière.

Ce rocher, que nous n’avons pas pu examiner directement car le navire est sous séquestre, mais dont nous avons tenté de déterminer la position grâce à des relevés photographiques, est très proche, presque en face, de la cloison séparant ces deux compartiments et abritant cette porte coupe-feu. C’est la seule porte où une fuite a été constatée, et nous pensons (mais une inspection du navire serait nécessaire pour en être certains) que la cloison a été déformée, ce qui a causé un léger problème avec la porte.

En ce qui concerne la Salle des Machines, c’est-à-dire le système de propulsion, je tiens seulement à préciser que le navire fournit son électricité et que les hélices sont actionnées par deux gros moteurs électriques. Cette salle, ainsi que l’une des deux salles de production d’énergie, a été la première à être inondé et la plus grande déchirure s’est produite au niveau de la salle où cette porte étanche a présenté les fuites précédemment mentionnées.

Nous nous trouvons donc dans la zone la plus touchée par cet accident, là où le rocher s’est logé et est resté. Ce fait doit être confirmé par vérification sur le terrain.

C’est ce qui ressort de nos constatations techniques.

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«Les canots de sauvetage peuvent se coincer même sans gîte.»

«Le scialuppe si possono incastrare anche senza sbandamento»

Un article de Pierluigi Sposato publié sur le journal Il Tirreno le 2 juillet 2014

Grosseto

Procès du Concordia, déclaration spontanée du commandant Schettino : si tout avait bien voulu fonctionner il y aurait peut-être eu moins de victimes


« Lors de la descente depuis le Concordia, si les bossoirs (les grues) ne sont pas correctement réglés, une chaloupe de sauvetage peut se retrouver coincée sur le pont inférieur, même sans gîte. » C’est ce qu’a déclaré le capitaine Francesco Schettino à l’ouverture de la nouvelle audience de son procès, qui se tient au Teatro Moderno. Le commandant, dans une déclaration spontanée qu’il avait initialement prévue pour la fin de l’audience précédente, mais que le président Puliatti avait reportée faute de temps, a fourni des explications fondées sur son expérience de navigation.

Il a précisé les manœuvres sur d’autres navires et souligné les différences qui existent sur le Concordia, où la descente par gravité est précédée d’une manœuvre d’élongation des bras télescopiques des grues. Certaines embarcations de sauvetage du Concordia auraient pu être mises à l’eau normalement si les treuils  » d’éloignement  » des embarcations bloquées avaient été alimentés, notamment par le générateur de secours, et les passagers qui y avaient déjà embarqué, au lieu d’être contraints de quitter les embarcations bloquées sur les ponts inférieurs et de se diriger vers d’autres points de rassemblement sur le navire, auraient pu être évacués rapidement et, peut-être, il y aurait eu moins de victimes.

« Si le treuil avait pu être utilisé pour la récupération, le déploiement des bras des grues se serait fait automatiquement » vers l’extérieur des ponts, a-t-il également déclaré. L’accusé souhaitait aussi clarifier certains aspects du calibrage de la cible sur les systèmes de navigation via le CPA. Ces questions avaient été soulevées lors de l’audience d’hier, au cours de laquelle les consultants du Parquet ont été entendus. Leur contre-interrogatoire par la défense du commandant est toujours en cours.

VIDEO / LE DICHIARAZIONI DI FRANCESCO SCHETTINO lien mort


« On n’a pas dit la vérité aux passagers. »

« Les annonces aux passagers sont réglementées par Costa : ce soir-là, oui, elles ont été faites, mais différemment et avec un retard considérable. Elles ont été diffusées à 21h54 pour que les personnes restent calmes à bord, mais on ne leur a pas dit la vérité. » Salvatore Carannante, amiral à la retraite et consultant auprès du parquet, répondant aux questions de la défense au tribunal, a réitéré le contenu du rapport de l’accusation contre Francesco Schettino. Ce rapport portait également sur le comportement de Schettino après la collision.

Auparavant, maître Donato Laino avait demandé aux experts d’évoquer le rôle de l’Officier de Quart. Carannante, Picone et Scamardella ont expliqué qu’« à l’approche des côtes, le capitaine prend nécessairement les commandes ». Ciro Ambrosio était censé fournir les données, « mais Schettino les avait déjà, il était devant le radar, des témoins peuvent le confirmer ».

En ce qui concerne le timonier, pour lequel on avait indiqué qu’il autait été opportun de le remplacer compte tenu de ses compétences linguistiques, les experts ont expliqué que Jacob Rusli Bin possédait « une certification de service en passerelle délivrée par son Pays » et que, dans tous les cas, son aptitude relevait de « la responsabilité exclusive du commandant ».

Les retards.

Selon Carannante, l’ordre d’abandon du navire aurait pu être déjà donné dès 22h09 : « Chaque passager sait dans quel canot de sauvetage il doit aller pour embarquer, c’est indiqué au dos de sa porte de cabine. »

Mais vingt minutes (à partir du moment où ils ont heurté le rocher) suffisent-elles pour faire l’appel ? Les consultants ont répondu par l’affirmative, expliquant que les passagers avaient été répartis en groupes de 150 : « Lorsque les équipes sur la passerelle indiquent que tout est prêt, le capitaine doit ordonner l’évacuation. » Maître Laino remarqué : « Schettino n’est pas du genre à retarder les choses ni à perdre criminellement du temps. »

« Simulation peu fiable. »

C’est ainsi que le professeur Scamardella, à la demande du Procureur Maria Navarro, a qualifié la présentation de la simulation de la route présentée lors d’une conférence au Département d’Économie et de Gestion de l’Université de Brescia, dans la ville du même nom.

En montrant le contenu de la simulation, l’expert du Parquet a notamment souligné l’absence d’échelle dans les graphiques et l’impossibilité, normalement, qu’un navire suive une trajectoire en zig-zag. L’auteur de la simulation est le professeur Paolo Neri, fils de Bruno Neri, consultant pour Codacons. « Depuis 2012, personne n’a rien présenté qui soit de niveau scientifique international », a-t-il conclu. Les propos de Scamardella ont suscité l’indignation de l’avocat Giuliano Leuzzi (pour Codacons), qui a exigé que le consultant fournisse la preuve de ses compétences et une liste de ses travaux scientifiques.

La décision d’abandonner le navire revient au capitaine.

« C’est au capitaine qu’il revient d’ordonner l’abandon du navire, car le système est hiérarchique et c’est lui qui est le premier responsable de la sécurité des passagers. »

C’est ce que l’Amiral Carannante a répondu à la question du Procureur Navarro. Cette question avait été soulevée par l’accusation après que la défense de Schettino eut demandé quels étaient les devoirs des autres membres de l’équipe de quart (« N’était-ce pas un équipe ? Quel était le rôle des autres ? » avait argumenté Maître Laino).

C’était une erreur de mettre les canots de sauvetage à l’eau d’un seul côté.

Le parquet souhaitait réexaminer un aspect qu’il estimait crucial du comportement du capitaine. Donner l’ordre de ne mettre les canots à l’eau que du côté droit était-il une erreur ? « La mise à l’eau doit être simultanée », répondit Carannante, citant le manuel. « Les mettre à l’eau d’un seul côté aurait pu faire gîter le navire sur tribord. » Le professeur Scamardella partage cet avis : « Les canots auraient dû être mis à l’eau simultanément pour maintenir immobile le centre de gravité du navire. Le Concordia aurait pu chavirer à cause de ce seul déplacement du centre de gravité. »

« L’impact aurait pu être évité. »

Les experts de Codacons ont réalisé une simulation de l’impact du Concordia contre le rocher à Le Scole.

Ils en ont conclu que « sans l’erreur du timonier, l’impact pouvait être évité ».

À 21 h 45 et 11 secondes après l’impact, les « dommages destructeurs » ont commencé et ont duré 8 secondes.

Selon Bruno Neri, Paolo Gubian, Mario Piccinelli et Paolo Neri, le rocher aurait pu glisser sans affecter la coque du Concordia ; dans le pire des cas, la déchirure aurait pu se produire 18,6 mètres plus vers la poupe, « au niveau des compartiments PEM (compartiment 5) et avec une force bien moindre (la poupe se déplaçant avec une vitesse angulaire réduite de 60 %) ».

L’hypothèse d’un impact évitable « est la plus probable si l’on tient également compte des deux erreurs précédentes du timonier qui ont provoqué une voie d’eau en rapprochant le navire des rochers ». Neri a affirmé la validité scientifique des résultats de ses travaux, pleinement confirmés après une présentation anticipée pendant ces derniers mois.

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Le timonier

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Le Troisième Officier

12 mai 2014 à l’audience
https://www.iltirreno.it/grosseto/cronaca/2014/05/12/news/processo-concordia-parlano-i-naufraghi-di-quella-notte-1.9211398

Un Officier de Trieste en passerelle avec Schettino

Ufficiale triestina in plancia con Schettino

Silvia Coronica, 29 ans, se trouvait à côté du capitaine au moment de la collision. Sa famille a déclaré : « Elle est très choquée. » Voici son témoignage.

Un article paru sur le journal IL PICCOLO le 18 janvier 2012 sous le premier titre : la jeune fille de Trieste sur la chaloupe de sauvetage du Commandant :
https://www.ilpiccolo.it/cronaca/la-triestina-sulla-scialuppa-del-comandante-b8ssektc

TRIESTE – D’après les premières reconstitutions, encore confuses, du naufrage du Costa Concordia, le Troisième Officier Silvia Coronica se trouvait parmi les membres d’équipage sur la passerelle vendredi dernier à 21h42, lorsque le capitaine Francesco Schettino a décidé de tenter ce que le procureur de Grosseto a qualifié de « manœuvre de passage près de la côte excessivement risquée, dans une zone dont fonds marins abrupts, sont répertoriés sur les cartes marines ». Née à Trieste en 1983, Silvia Coronica est désormais un témoin clé dans l’enquête qui établira les circonstances de l’une des catastrophes maritimes les plus graves survenues en temps de paix.

Ces deux derniers jours, rapporte le journal « La Repubblica », les enquêteurs ont interrogé l’ensemble de l’équipage du Concordia à Grosseto, Orbetello, Porto Santo Stefano et Livourne. Outre Coronica, le second officier Salvatore Ursino et les officiers de passerelle Martino Pellegrini, Andrea Bongiovanni, Giovanni Iaccarino et Alessandro Di Lena ont livré leur version des faits. Le Troisième Officier a été entendu uniquement à titre de témoin ; elle n’est pas inculpée. Son témoignage permettra de déterminer si le commandant Schettino a effectivement dirigé le Concordia vers le port de l’île du Giglio lors d’une manœuvre d’urgence, comme le prétendent ses avocats, ou si le navire, devenu ingouvernable, a été échoué par les courants. Ces hypothèses méritent un examen approfondi, parce que le commandant aurait pu manœuvrer le navire même après l’inondation de la salle des machines.

Les souvenirs de Silvia Coronica et de ses collègues aideront peut-être à expliquer pourquoi Schettino a attendu aussi longtemps pour donner l’ordre d’abandonner le navire. Un retard qui a eu des conséquences catastrophiques, car la gîte qui a rendu l’évacuation quasi impossible ne s’est apparemment produite que longtemps après l’impact. Selon certaines reconstructions, les hésitations de Schettino aurait provoqué une véritable mutinerie des officiers, qui auraient alors élu Roberto Bosio Commandant en Second. On ignore pour l’instant le rôle joué par le jeune officier de Trieste dans ces événements, ni ce qu’elle a déclaré aux enquêteurs : Coronica comparait ce jour en Toscane en tant que témoin.

À Trieste, la famille se reserre autour de la jeune fille qui, selon un proche, est encore profondément secouée par les événements. Ce que l’on peut affirmer avec une relative certitude pour cette nuit-là, c’est que le Troisième Officier n’a pas suivi le commandant dans son abandon précipité du navire : sur les enregistrements des appels téléphoniques avec l’autorité portuaire de Livourne, Schettino explique qu’il est monté à bord du canot de sauvetage avec l’Officier supérieur, Dimitri Christidis. « Je suis ici avec mon second », dit-il. Ce n’est que lors d’un appel ultérieur, dont la fiabilité reste à vérifier, qu’il mentionne la présence d’autres officiers qu’il n’identifie pas par leur nom.

La passion de Silvia Coronica pour la mer ne date pas d’hier. « Il Piccolo » lui avait consacré un article en 2005, alors qu’à vingt-deux ans, elle était la seule Triestéenne présente au bal des débutantes organisé à Stresa, sur le lac Majeur. Lors de cet événement, organisé par le comité « Vienna sul lago », des cadets de l’Académie Navale de Livourne sont les cavaliers des jeunes participantes. C’est précisément ce lien avec le monde maritime qui avait incité Silvia à y participer. « J’ai obtenu un baccalauréat Agricole », confiait-elle au journaliste, « mais je suis également en formation pour compléter mon ” Cycle Nautique ” à Trieste. Je veux vivre au contact de la mer.

Les parcours/formations ne manquent pas et j’ai décidé de les suivre pour vivre comme je l’entends. » Peu après, Silvia Coronica réalisait son rêve : elle apparaît sur la liste des élèves de l’Académie de Marine Marchande de Gênes pour l’année universitaire 2006-2007. Plus tard, en mai 2009, elle apparait sur une photo publiée sur un blog de Costa Crociere en tant qu’Élève Officier de Passerelle sur le Costa Pacifica, le navire jumeau du Costa Concordia.

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