” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.

un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.

Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.

Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.

« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »

Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.

Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.

Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :

« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.

Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.

Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »

Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.

Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?

« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »


Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?

« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »


Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.


Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?

« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »

Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?

« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »

Et ensuite ?

« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »

Mais la panique s’est installée…

« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.

Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »

De quoi vous souvenez-vous, Katia ?

« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »

Et le commandant Schettino ?

« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »

Qu’est-ce qui était inconcevable ?

« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »

Quelle vérité ?

« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.

Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.

Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.

Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.

Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »

Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »

Que faites-vous maintenant, Katia ?

« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.

Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »

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Pour faciliter le suivi de l’affaire CONCORDIA, en ITALIE

une page Commandant SCHETTINO a été créée.
Vous pourrez y retrouver tous les billets de la catégorie du même nom.

Pour des regards différents sur l’accident et ses suites :

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C’était ma faute, mais …

http://www.mastermariners.org.nz/

C’était ma faute mais …

Le malheureux Commandant du Costa Concordia Francesco Schettino explique comment des ratés de communication au sein d’une équipe ont pu couler un paquebot de croisière.

un article du 12 novembre 2015 qui a été publié récemment (NDS : à l’époque) par LLOYD’S LIST.

Cela soulève de graves questions tels que la formation, les équipages multinationaux, la conception et la normalisation des passerelles et de l’équipement des passerelles, l’équipe de gestion des passerelles, dont certains éléments qui pourraient en comprendre très peu sur la manœuvrabilité des navires et l’utilisation d’un marin à la barre alors que les pilotes automatiques modernes et l’ECDIS devraient remplacer cette méthode obsolète et antique de pilotage sur un navire moderne.

Comment un bateau de croisière moderne a-t-il pu se retrouver sans rien ni personne aux commandes pendant environ cinq minutes alors qu’il se dirigeait droit vers des rochers connus et cartographiés dans une nuit noire ? (NDS : le sud de l’île du Giglio finalement)

Et quand ces rochers se sont profilés dans l’obscurité, comment se fait-il que les ordres pressants de son commandant aient été contredits et ensuite prétendument mal compris par un timonier qui ne comprenait pas parfaitement l’anglais, la langue de la mer, ni l’italien, la langue maternelle des officiers du navire ?

Les résultats ont été désastreux et ont entraîné directement la mort de 32 passagers et membres de l’équipage du Costa Concordia dans la soirée du vendredi 13 janvier 2012 au large de l’île Italienne du Giglio.

La faute en a été attribuée uniquement à la personne du Commandant du navire, mais Francesco Schettino se défend maintenant.

Le malheureux marin de 54 ans risque maintenant une peine de 16 ans d’emprisonnement pour l’homicide involontaire des 32 personnes décédées. Mais que l’on pense ou non qu’il était un arrogant et fringuant capitaine, la gestion de la passerelle et les procédures de navigation du navire soulèvent des questions sérieuses qui suscitent des inquiétudes dans le secteur des transports maritimes. Des questions qui ont déjà été posées quand se sont produites d’autres catastrophes récentes et auxquelles il n’a pas encore été répondu.

Schettino décrit son long procès public, qui s’est terminé cet été, comme une parodie. Non pas parce qu’il a été reconnu coupable – il dit qu’il accepte sa responsabilité pour l’accident et ses conséquences en tant que capitaine de navire – mais parce que les détails réels qui sont derrière la cause de l’accident étaient trop techniques pour que le tribunal puisse les comprendre.

« Tous les avocats qui se sont succédé n’ont pas su exposer les problèmes nautiques qui ont conduit à l’accident », a-t-il confié à Lloyd’s List au cours d’une conversation téléphonique tard dans la nuit, un jour plus tard, s’entretenant avec son avocat alors qu’il se préparait à faire appel.

« Je ne blâme pas ces gens, a-t-il déclaré, mais c’est un problème nautique, et il n’est pas facile pour un juge civil d’assimiler et de comprendre ». Il ajoute que ni la défense ni l’accusation ne disposaient d’experts en technologie maritime, en construction de navires, en gestion des passerelles et en navigation.

La persécution de Schettino par la presse Italienne et internationale a été implacable et ses tentatives pour expliquer les événements de cette soirée fatale qui ont conduit au désastre et à la mort ont été largement décrites comme une lâche tentative de rejeter le blâme et de s’exonérer.

Mais qu’est-ce qu’il essaie de nous dire ? La Première Cour et la presse internationale n’ont par conséquent pas pris en compte l’ensemble des conseils de l’industrie en ce qui concerne l’utilisation des cartes électroniques et l’application du code international de la gestion de la sécurité.

Cependant, alors que Schettino veut expliquer son histoire dans un contexte plus calme, sa version est déjà en contradiction avec celle des autres membres de l’équipe de navigation qui étaient sur le pont cette nuit-là et qui ont tous pu éviter les peines de prison en acceptant de négocier leurs peines. La demande de Schettino de négocier sa peine a été rejetée.

Costa Croisières, l’armateur de Carnival Corporation, a également évité d’être mis au banc des accusés en acceptant de payer une amende, laissant ainsi Schettino seul. C’est une chose que Schettino dit comprendre, appelant cela « une tactique commerciale » et ajoutant qu’il ne cherche pas à attaquer son ancien employeur. Mais il souligne aussi le fait que ce n’était ni sa décision d’employer les jeunes officiers de passerelle qui formaient son équipe de navigation, ni son choix pour le matériel de passerelle qu’ils utilisaient, eux et lui.

Il faisait partie de son travail, cependant, de leur dire comment le matériel pouvait être utilisé.

Cependant, ce qui interpelle, et sera un appel à la prise de conscience pour beaucoup dans l’industrie nautique, c’est le support croissant dont Schettino bénéficie, et les questions fondamentales qui se posent sur les pratiques des passerelles modernes.

Selon les experts en sécurité tels que Arne Sagen, l’inspecteur norvégien des accidents de la Fondation Skagerrak, les problèmes de passerelle et de navigation soulevés par Schettino pour sa défense doivent être étudiés. Par le passé, M. Sagen a insisté avec véhémence sur le fait que des normes de gestion laxistes et l’utilisation des technologies modernes sont en train de devenir un cocktail dangereux. De même, un rapport d’Antonio Di Lieto du Collège Maritime Australien de l’Université de Tasmanie met également en évidence les défaillances institutionnelles qui ont conduit à l’échouement du Costa Concordia.

De même qu’il montre montre que Schettino a quelque chose à reprocher, il conforte l’idée qu’il ne devrait pas être le seul à essuyer des reproches. En bref, comment se fait-il qu’un navire assez récent doté d’une équipe à la passerelle supposément compétente et du dernier équipement de navigation électronique s’est retrouvé hors de position (NDS : et carrément hors de route), sans que l’équipe de passerelle ne s’en rende compte?

Pourquoi l’équipe d’officiers n’a-t-elle pas eu à appliquer des procédures qui déterminent clairement, lorsque le capitaine est arrivé en passerelle, s’il avait pris le commandement de la navigation ou pas ? Et pourquoi la société avait-elle, à ce qu’elle prétend, un membre d’équipage/timonier indonésien qui ne connaissait ni l’anglais ni l’italien de manière suffisante pour comprendre les commandes de gouverne ?

Ce sont les propres mots de Schettino, il demande : qu’est-ce qui s’est passé avant que le navire cogne le rocher ?

Schettino veut que sa version des événements qui ont conduit à l’échouement du Costa Concordia soit entendue sans que les médias ne poussent continuellement au lynchage de la caricature médiatique qu’ils ont créée. Il a écrit un livre en italien pour tenter de faire passer ce message. Il insiste sur le fait qu’il n’est pas un « capitaine autoritaire », quelqu’un qui hurle des ordres et ne permet pas qu’on en discute. Il a également insisté sur le fait que, lorsqu’il s’était rendu sur la passerelle cette nuit-là, ce n’était pas pour y commander l’équipe de passerelle, mais pour saluer personnellement l’île du Giglio au passage du navire, comme il l’avait déjà fait auparavant et ce pour quoi il a été accusé d’être « quelqu’un qui aime se montrer ».

Lorsqu’on lui demande pourquoi aucun des officiers de quart ne lui a demandé de prendre le commandement de la passerelle alors qu’il y avait apparemment un problème, Schettino est incapable de répondre. « Ils n’avaient pas de mauvaises nouvelles à me donner », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait quitté l’équipe de passerelle qui devait s’occuper de faire la navigation par elle-même, pensant que tout allait bien. Il n’était, dit-il, pas responsable de la navigation jusqu’à ce qu’il dise clairement qu’il l’était (NDS : « Master takes the conn !/Le Commandant prend le commandement! »). Cependant, il semblerait que l’officier supérieur sur la passerelle, qui était responsable de l’équipe de passerelle, pensait que si, il l’était.

Cela signifie, et Schettino admet ce fait, qu’il y a eu une fenêtre de trois à cinq minutes où personne ne s’est plus occupé de la navigation et pendant lesquelles le Costa Concordia a poursuivi son approche rapide des rochers de l’île du Giglio nommés Le Scole.

« C’était ma faute. Je suis allé en passerelle pour saluer l’île. Je n’avais jamais prévu de prendre le commandement. Selon le plan de passage, nous aurions dû être à un demi-mille marin des rochers. Je ne peux pas blâmer, j’assume ma responsabilité, mais je dirigeais une équipe de passerelle qui n’était pas formée comme il faut. »

Et c’est un thème commun quand Schettino parle. Il assume sa responsabilité (NDS : lui qui est le plus ancien dans le grade le plus élevé à bord), mais il pense également que les officiers ne maîtrisaient pas les ECDIS. ECDIS, le système d’affichage des cartes électroniques et d’information, est une technologie obligatoire sur tous les navires à passagers et son déploiement est en train de s’étendre lentement à l’ensemble de la flotte marchande du monde. Bientôt, tous les navires auront au moins un système à bord et les propriétaires et les gestionnaires devront s’assurer que les officiers de navigation sont correctement formés à son/leur utilisation.

Il existe des critiques bien connues sur la gamme des différents systèmes ECDIS, avec différentes fonctionnalités, d’où la nécessité d’une formation adéquate.

Schettino dit que les officiers de passerelle devaient suivre une formation en utilisant des ECDIS à bord à bord plutôt qu’une formation à terre. Cependant, il y a aussi l’accusation selon laquelle les ECDIS sur le Costa Concordia n’auraient pas dû être utilisés en ECDIS, parce que les cartes nautiques qui y étaient installées n’étaient pas appropriées à la navigation.

En bref, un ECDIS est un ECDIS s’il contient ce que l’on appelle une carte électronique « vectorielle » contenant des ensembles de données permettant un interrogatoire plus détaillé par un officier (NDS : on peut zoomer sans perdre de netteté ; mieux, de nouveaux symboles apparaissent à l’agrandissement, un exemple au hasard un troisième écueil plus petit que le deux autres) . La carte « raster » (carte-papier scannée et numérisée) que le système du Costa Concordia contenait ne pouvait pas être utilisé comme source principale de navigation et, à strictement parler, ce système ne devrait pas être appelé un ECDIS.

Pourtant, selon les propres termes de Schettino, il avait laissé l’équipe de passerelle utiliser systématiquement le système de cartographie électronique :  » Je leur avais souvent dit, aux autres officiers de navigation, qu’il me faudrait faire repeindre le plancher devant les écrans et le gouvernail (sous pilote automatique) par le maître d’équipage, tellement leurs pieds avaient usé la peinture à ces endroits-là. »

Schettino admet que bien qu’il n’ait pas pris le contrôle de la navigation lorsqu’il est entré sur le pont, il avait demandé à l’officier de quart ce qu’il était en train de faire, notamment en ce qui concerne l’utilisation du pilotage manuel et la modification du cap au point de tournant enregistré. « C’était un malentendu », concède-t-il. Il s’attendait à ce que l’équipe à la passerelle lui en dise davantage qu’ils ne l’ont fait. « La question est, est-ce que ce type a pensé que j’avais pris le commandement quand je suis entré en passerelle ? « , demande Schettino. « Pourquoi ne m’ont-ils pas crié que quelque chose n’allait pas ? Pourquoi ces officiers n’ont-ils pas pu réaliser que le capitaine approchait du point de non-retour ? « 

L’hypothèse est que soit l’équipe de passerelle ne savait pas à quel point la situation était critique, soit elle avait peur.

« On ne m’a donné aucune information. L’absence d’information m’a fait penser que tout allait bien. Mais cela a vite changé « , dit-il, quand il a pris conscience de la situation et qu’il a pris le contrôle de la navigation.

Schettino dit que chaque fois qu’il prenait le contrôle du Costa Concordia pour effectuer des manœuvres, il commandait l’utilisation de deux pompes de direction plutôt que d’une pompe unique. Avec deux pompes, le gouvernail, et donc l’avant du navire répond donc plus rapidement aux commandes de la barre.

« J’ai été forcé d’aller à fond sur tribord, mais on m’a demandé : Pourquoi changez-vous de cap, nous nous passons largement ?  » « Cela aurait été effrayant de voir [les rochers] s’il avait fait jour, je blâme le fait que le les officiers n’aient pas pu faire la différence entre le monde réel et celui des ECDIS et du gouvernail. Après avoir commandé des angles de gouvernail tribord, j’ai été forcé d’aller à fond à bâbord », dit Schettino, expliquant que l’officier de quart n’a pas compris pourquoi le centre du cercle de virage du navire alors qu’il commençait à se déplacer sur tribord se dirigeait vers les canots de sauvetage avant, selon Schettino. Il explique.

C’est-à-dire que, alors que les gouvernails faisaient tourner la proue vers tribord et que le navire se dirigeait dans cette direction, la poupe du navire se déplaçait vers bâbord et vers les rochers. Le virage soudain complètement vers la gauche, dramatique, difficile que Schettino a tenté avec le gouvernail du navire visait à minimiser les dommages en tentant d’éloigner la poupe des rochers.

Schettino dit que son collègue officier qui n’avait pas compris pourquoi il avait donné l’ordre de mettre la barre à bâbord avait ensuite donné l’ordre contraire de mettre la barre à tribord.

Le timonier Indonésien ne comprenait pas parfaitement ni la langue anglaise ni la langue italienne et un officier subalterne dont le travail était de pointer la trajectoire suivie sur une carte-papier était obligée d’arrêter ce qu’elle était en train de faire pour lui porter assistance.

Il semblerait même que le timonier, qui selon Schettino aurait disparu maintenant sans laisser de trace, ait exécuté les ordres qu’il lui avait donnés à l’envers.

Le reste de la nuit qui a suivi l’impact, le talonnage et les manœuvres visant à amener le navire sur la côte du Giglio, ainsi que l’évacuation frénétique, lourde et effrayante font maintenant partie de l’histoire de la navigation

Cet accident a déjà donné lieu à des discussions internationales sur la manière dont les navires de croisière sont construits, leur capacité de survie (retour au port en toute sécurité) et l’évacuation des passagers. Mais il y a ces questions sur la navigation, l’ECDIS et le code lSM.

Selon l’enquêteur sur accidents et militant de longue date pour une navigation plus sûre, Arne Sagen, l’échouement du Costa Concordia s’ajoute à une série croissante d’accidents assistés par ECDIS, dont certains ont été fatals. Il cite des cas tels que le Color Line qui s’est échoué en 1994 et la catastrophe du Rocknes en 2004, tous deux en Norvège, où l’utilisation combinée de cartes papier et de cartes électroniques a joué un rôle déterminant dans les accidents.

https://chichal-a.blogspot.com/search/label/Rocknes

Il semble que dans de tels cas, faute d’avoir cartes électroniques approuvées, il soit assez courant de naviguer en combinant des cartes papier et le système de navigation électronique, où la carte papier a la priorité. M. Sagen s’interroge sur la question de savoir si l’inadéquation de l’information et de la navigation entre les cartes papier et les cartes électroniques est n’est pas encore claire dans tous les cerveaux.



NDS : Bref, il n’y pas les mêmes informations dessus. L’une est un abcdaire et l’autre une encyclopédie. Et quand l’ordi « ECDIS » décèle « une carte » ! il ne décèle pas de laquelle il s’agit, malgré la différence d’extension des deux fichiers, bête et discipliné, il pilote quand même.

Il convient de noter, dit-il, que le guide des procédures de passerelle de la Chambre Internationale de la Navigation (International Chamber of Shipping) recommande de « planifier chaque phase du voyage en utilisant soit toutes des cartes électroniques, soit toutes des cartes papier, plutôt qu’une combinaison des deux types de cartes.

L’étude critique des procédures de navigation effectuée par M. Sagen est soutenue par les recherches du Capitaine Di Lieto, expert en simulateur de passerelle et doctorant au Collège Maritime Australien de l’Université de Tasmanie, qui a traité de l’accident dans un article intitulé « Anatomie d’un accident d’organisation » (lien vers le .pdf en anglais – 21 pages).

Le document du Capitaine Di Lieto énumère un certain nombre d’erreurs actives, certaines commises par Schettino, certaines par l’équipe de passerelle en général et certaines par la société, qui se sont réunies pour créer les conditions de l’accident.

Ces erreurs vont du changement de plan de route sans consultation adéquate avec d’autres organismes extérieurs au navire ; un défaut de tracé du nouvel itinéraire sur la carte papier ou du moins sur une qui soit à l’échelle appropriée pour une telle navigation ; un manquement de l’officier de quart à surveiller l’itinéraire suivi ; et la barrière de la langue avec le marin qui a pris la barre. Pour éviter le risque que les équipages ne connaissent pas un ECDIS, il faut davantage de consultations entre les équipages, les services des achats et les services techniques avant le choix, l’achat et l’installation d’un système d’ECDIS sur un navire, a déclaré M. Sagen.

Des efforts importants ont été déployés pour améliorer les systèmes ECDIS, notamment une proposition du S-mode présentée par le Nautical Institute en 2008.

Schettino se plaint également de ce que d’autres agents de navigation ont utilisé le Costa Concordia. La carte électronique s’affiche «comme un jeu vidéo» et il a reçu des instruction pour la régler de manière particulière lorsqu’il devait se rendre sur le pont pour effectuer des manœuvres à bâbord et autres.

M. Sagen souhaite que l’utilisation des ECDIS soit entièrement contrôlée. « Nous irons encore plus loin et affirmerons qu’il devrait également exister une liaison organisée entre la compagnie de transport maritime et les institutions nationales et hydrographiques, ainsi que des restrictions nationales pour l’utilisation d’ECDIS dans certaines eaux », suggère-t-il.

Le Code International de Gestion de la Sécurité est né du désastre du Herald of Free Enterprise en 1987 lorsque le ferry-boat ro-pax de Townsend Thoresen a chaviré en quittant Zeebrugge, entraînant la mort de 193 passagers et membres d’équipage.

Les portes de proue du navire ont été laissées ouvertes, le membre de l’équipage qui devait les fermer s’étant endormi, n’est pas allé prendre son service. L’enquête sur l’accident à l’époque a révélé que des erreurs institutionnelles au sein de l’entreprise avaient entraîné des procédures de sécurité laxistes.

Il convient de noter que le juge qui a examiné l’affaire en 2000 a décidé de ne pas emprisonner le capitaine et l’équipage, jugés fautifs, leur interdisant de travailler en mer pendant un certain temps. Il a reconnu que la faute incombait autant au propriétaire du navire qu’à son personnel à bord. Sa décision contraste fortement avec les événements en Italie.

Le code ISM qui en a résulté était un moyen pour les régulateurs internationaux de s’attaquer à ce problème de sécurité en obligeant les armateurs à assumer davantage de responsabilités. Les détails du code ISM du navire sont toutefois compilés par le propriétaire du navire et audités par un tiers, généralement une société de classe. Il repose sur le concept d’évaluation et d’amélioration des risques, notamment en ce qui concerne les aptitudes et compétences des employés.

L’essence du code et de son fonctionnement voulait impulser que le propriétaire du navire adopte une approche proactive de la sécurité en mer, plutôt que de le laisser s’en servir simplement pour rester en conformité et avoir ainsi un navire capable de rendre la mer et faire commerce.

Comme il fournit une piste sur le papier en matière de responsabilité, le code ISM peut être utilisé pour identifier des lacunes dans la sécurité. Cependant, toute cette paperasserie qui parle de responsabilités peut également être utilisée pour trouver une faute, puis attribuer une faute, ce qui, selon les experts, n’est pas ce pour quoi elle a été conçue. (voir un texte là-dessus en tête de toutes les études des BEAM, comme quoi leurs travaux n’ont pas valeur devant un tribunal, afin que tout le monde participe bien à l’enquête technique sans la crainte paralysante de se retrouver derrière des barreaux pour un temps indéterminé n’importe où sur Terre).

En vertu du code ISM, les compagnies de transport ont la responsabilité de veiller à employer un personnel adéquat, bien formé, et cela commence avant même que les navigateurs ne soient affectés en passerelle et invités à utiliser le matériel pour la première fois. M. Sagen se demande si cela est suffisant comme préparation à l’imprévu compte tenu de la gravité des incidents qui peuvent se produire.

Il s’interroge également sur les procédures ISM qui semblent bonnes sur le papier, mais qui, dans son esprit, se révèlent inutiles en cas d’urgence.

Aujourd’hui c’est mis en évidence au sujet du rayon de braquage d’un navire en cas d’urgence.

Lorsque l’équipe à la passerelle passe à la direction manuelle par le barreur (procédure Costa pour navigation côtière), une navigation critique possible peut devenir encore plus critique.

En mode de pilotage manuel (la même), le contrôle du gouvernail le plus courant sera effectué sans une connaissance adéquate de la situation.

Cela signifie que le rayon de braquage du navire par rapport à la position du gouvernail et à la vitesse n’est pas indiqué à la passerelle.

M. Sagen fait valoir qu’un officier responsable n’est pas en mesure de prédire l’angle optimal du gouvernail lorsque la direction est manuelle, comme il le fait lorsque le navire est sous le contrôle automatisé d’ECDIS et d’un pilote automatique.

Et que cela peut mener au désastre.

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Dura lex sed lex et elle est pour tout le monde

La loi est dure mais c’est la loi, disait-on jadis à Rome.

Une vidéo titre  » Scandale ! Schettino demande un aménagement de sa peine. » – sans développer d’ailleurs l’idée par la suite … juste un titre accrocheur.

Et pourquoi ?
Parce que Schettino, a effectué plus de la moitié de sa peine et que cela lui donne le droit de demander une mesure de liberté conditonnelle.

J’explique :


Le sentence de Grosseto, confirmée ensuite en Appel puis en Cassassion disait au total 16 ans et 1 mois de réclusion.
La loi italienne prévoit, obtenu par l’entremise de l’IA de Google :

Les principales lois sur les prisons en Italie sont l’articolo 27 della Costituzione e la ⁠Legge sull’Ordinamento Penitenziario (n. 354/1975), integré par le ⁠Regolamento di Esecuzione (D.P.R. n. 230/2000).
Ces règles définissent les droits des détenus et les règles de vie dans les prisons gérées par le Ministère de la Justice.

Principes constitutionnels et fondamentaux :
–  Rééducation : la peine doit viser le rétablissement et la réinsertion de l’individu.
–  Humanité : tout traitement contraire à l’humanité est interdit.
–  Droits : le détenu conserve ses droits fondamentaux compatibles avec la détention.

Le Système Pénitentiaire (Loi 354/1975)
–   Règles de traitement : ŕéglemente le travail, l’instruction, la religion et les contacts avec les familles.
–   Mesures alternatives : prévoit des mesures telles que la probation et la semi-liberté pour faciliter la réinsertion sociale.
–   Réformes historiques : inclut les amendements ultérieurs, comme la loi Gozzini relative à l’accès aux mesures extérieures


L’équivalent de Legifrance étant : http://www.ristretti.it/areestudio/giuridici/leggi/index.htm

Schettino, depuis la prison de Rebibbia, travaille depuis 5 ans pour la Fabbrica di San Pietro sous le patronage de l’association Seconda chance. Il numérise des documents pour les Archives de l’état Italien.

Rebibbia proposait qu’en récompense de sa bonne conduite il aille, pendant la journée, effectuer ce travail sur place à l’état du Vatican, muni d’un bracelet électronique, et revienne le soir passer ses nuits en prison. Mais le pape François est décédé et le projet a tourné court.

L’aménagement des peines a pour but d’amorcer une réintégration progressive du détenu dans la vraie vie, à ce titre elle est prévue par la loi et on titre « scandale » ?

Depuis quand appliquer la loi est-il un scandale dans un pays où tous les tribunaux siègent sous une banderole qui proclame « La legge è uguale per tutti » ?

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Le capitaine De Falco

Qui est Gregorio De Falco ?

Chi è Gregorio De Falco ?
Un article paru le mercredi 18 janvier 2012 sur le journal Il Post

Le responsable de la Salle des Opérations de la Capitainerie de Livourne a bénéficié d’une immense admiration et un profond respect suite à la diffusion des enregistrements de ses communications avec le commandant Schettino du Costa Concordia.

La publication mercredi des enregistrements des communications entre la Capitainerie de Livourne et le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino, a beaucoup apporté, tant sur le plan journalistique que littéraire sur le contenu de ces conversations qui circulaient déjà sous forme écrite.

Le ton ferme et responsable avec lequel le capitaine Gregorio De Falco a pris les choses en main et a renvoyé Schettino à ses responsabilités a fait l’objet de nombreuses discussions et suscité l’enthousiasme tout au long de la journée, notamment en ligne.

Cet événement a également alimenté des analyses et des réflexions sur les personnalités opposées de De Falco et Schettino.

Nombreux sont ceux qui se sont efforcés de mieux cerner le rôle de De Falco, donnant ainsi tout son sens au qualificatif souvent employée « d’homme du jour ».

(Audio de la conversation entre le commandant Schettino et la Capitainerie lien mort)

Le journal Il Tirreno l’a interviewé aujourd’hui : 

Originaire de Naples, De Falco s’est engagé dans la Marine en septembre 1993 et est arrivé à Grosseto en 2005. Vendredi soir, il était responsable de la Salle des Opérations des Garde-Côtes et coordonnait une équipe de cinq personnes.

« J’ai fait de mon mieux – confie De Falco, visiblement ému – et malgré tout, nous n’avons pas réussi à accomplir pleinement notre mission : sauver tout le monde. Ma vocation, c’est le sauvetage, et je ne suis pas satisfait si je ne ramène pas tous les blessés sains et saufs. Malheureusement, il y a eu des morts. »

Dans la salle des opérations se trouvaient également le chef de quart, un opérateur radio, l’opérateur du contrôle d’approche du port (PAC), l’officier d’inspection et l’officier des opérations – De Falco, bien sûr. Une véritable chaîne de commandement.

Dans la Salle des Opérations se trouvaient également le chef d’équipe, un opérateur radio, l’opérateur du système de contrôle d’approche du Port (PAC), l’Officier d’Inspection et l’Officier des Opérations, De Falco lui-même. Une véritable chaîne de commandement.

Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit-là ?

« Dans notre Salle des Opérations, nous disposons d’équipements sophistiqués qui nous permettent de suivre les navires en temps réel. C’est ce que nous avons fait après l’alerte donnée par une passagère du Concordia qui avait contacté les Carabiniers. Nous avons ainsi constaté que le navire était très près des côtes, qu’il ralentissait et qu’il naviguait déjà à une très faible vitesse.

Par ailleurs, le fait que le commandant parlait de panne électrique ne cadrait pas avec l’appel aux passagers pour qu’ils mettent les gilets de sauvetage. Un commandant responsable ne peut pas se permettre d’inquiéter inutilement ses passagers en leur demandant de mettre les gilets de sauvetage si ce n’est pas absolument nécessaire. »

Panorama a ajouté d’autres détails à la biographie de De Falco.

Gregorio De Falco est né dans une famille napolitaine, mais vit et étudie à Milan. Diplômé en droit, il a ensuite passé le concours d’entrée à la Capitainerie du Port. L’ayant obtenu, il s’installe en 1994 à Livourne pour suivre une formation de neuf mois à l’Académie Navale.

En 1995, il est affecté à Mazara del Vallo, avant d’être muté à la Capitainerie du Port de Gênes. Promu commandant, il est envoyé en Ligurie, à Santa Margherita Ligure, où il dirige la Capitainerie du Port locale de 2003 à 2005.

Ce n’est qu’après cette expérience en ligurie qu’il retourne à Livourne, au sein du Service des Opérations de la Capitainerie du Port.

Depuis 2005, il occupe exclusivement des postes de commandement opérationnel de sauvetage dans la zone de Livourne.

« Il n’a pas de loisirs ; c’est un homme du genre son travail-sa maison-ses filles – explique Paolillo – Il est marié et père de deux petites filles de 5 et 11 ans scolarisées à Livourne. Il les adore. »

En 1991, lors de la collision entre le ferry Moby Prince et le pétrolier Agip Abruzzo dans le port de Livourne qui fit 140 victimes, le capitaine De Falco n’était pas encore entré dans la Marine. Mais pour l’ensemble du personnel militaire, et plus particulièrement pour ceux qui travaillent à la Capitainerie du Port de Livourne, le cas du Moby Prince est et restera à jamais une tragédie qui marque profondément la vie des Officiers de la Marine.

« Plus de vingt ans après, la tragédie du Moby Prince plane comme une ombre – nous confia le capitaine Paolillo, qui ne s’était pas encore engagé quand c’est arrivé lui non plus- elle a été pour nous tous le début d’une nouvelle ère, c’est le moment que nous ne devons jamais oublier. Une tragédie qui ne doit plus jamais se reproduire. »

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Monsieur Pier Luigi Foschi, PDG de Costa

https://www.senato.it/service/PDF/PDFServer/DF/279597.pdf

extrait du compte-rendu de l’intervention devant le Sénat de Pier Luigi Foschi, alors pdg de Costa Croisières 31 janvier 2012

Je vais maintenant vous faire part de nos conclusions.

Concernant le fonctionnement des portes étanches, une fuite provenant d’une seule porte a affecté la liaison entre le compartiment du moteur de propulsion électrique, situé presque entièrement à l’arrière du navire, et le compartiment du compresseur, situé entièrement à l’arrière.

Ce rocher, que nous n’avons pas pu examiner directement car le navire est sous séquestre, mais dont nous avons tenté de déterminer la position grâce à des relevés photographiques, est très proche, presque en face, de la cloison séparant ces deux compartiments et abritant cette porte coupe-feu. C’est la seule porte où une fuite a été constatée, et nous pensons (mais une inspection du navire serait nécessaire pour en être certains) que la cloison a été déformée, ce qui a causé un léger problème avec la porte.

En ce qui concerne la Salle des Machines, c’est-à-dire le système de propulsion, je tiens seulement à préciser que le navire fournit son électricité et que les hélices sont actionnées par deux gros moteurs électriques. Cette salle, ainsi que l’une des deux salles de production d’énergie, a été la première à être inondé et la plus grande déchirure s’est produite au niveau de la salle où cette porte étanche a présenté les fuites précédemment mentionnées.

Nous nous trouvons donc dans la zone la plus touchée par cet accident, là où le rocher s’est logé et est resté. Ce fait doit être confirmé par vérification sur le terrain.

C’est ce qui ressort de nos constatations techniques.

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«Les canots de sauvetage peuvent se coincer même sans gîte.»

«Le scialuppe si possono incastrare anche senza sbandamento»

Un article de Pierluigi Sposato publié sur le journal Il Tirreno le 2 juillet 2014

Grosseto

Procès du Concordia, déclaration spontanée du commandant Schettino : si tout avait bien voulu fonctionner il y aurait peut-être eu moins de victimes


« Lors de la descente depuis le Concordia, si les bossoirs (les grues) ne sont pas correctement réglés, une chaloupe de sauvetage peut se retrouver coincée sur le pont inférieur, même sans gîte. » C’est ce qu’a déclaré le capitaine Francesco Schettino à l’ouverture de la nouvelle audience de son procès, qui se tient au Teatro Moderno. Le commandant, dans une déclaration spontanée qu’il avait initialement prévue pour la fin de l’audience précédente, mais que le président Puliatti avait reportée faute de temps, a fourni des explications fondées sur son expérience de navigation.

Il a précisé les manœuvres sur d’autres navires et souligné les différences qui existent sur le Concordia, où la descente par gravité est précédée d’une manœuvre d’élongation des bras télescopiques des grues. Certaines embarcations de sauvetage du Concordia auraient pu être mises à l’eau normalement si les treuils  » d’éloignement  » des embarcations bloquées avaient été alimentés, notamment par le générateur de secours, et les passagers qui y avaient déjà embarqué, au lieu d’être contraints de quitter les embarcations bloquées sur les ponts inférieurs et de se diriger vers d’autres points de rassemblement sur le navire, auraient pu être évacués rapidement et, peut-être, il y aurait eu moins de victimes.

« Si le treuil avait pu être utilisé pour la récupération, le déploiement des bras des grues se serait fait automatiquement » vers l’extérieur des ponts, a-t-il également déclaré. L’accusé souhaitait aussi clarifier certains aspects du calibrage de la cible sur les systèmes de navigation via le CPA. Ces questions avaient été soulevées lors de l’audience d’hier, au cours de laquelle les consultants du Parquet ont été entendus. Leur contre-interrogatoire par la défense du commandant est toujours en cours.

VIDEO / LE DICHIARAZIONI DI FRANCESCO SCHETTINO lien mort


« On n’a pas dit la vérité aux passagers. »

« Les annonces aux passagers sont réglementées par Costa : ce soir-là, oui, elles ont été faites, mais différemment et avec un retard considérable. Elles ont été diffusées à 21h54 pour que les personnes restent calmes à bord, mais on ne leur a pas dit la vérité. » Salvatore Carannante, amiral à la retraite et consultant auprès du parquet, répondant aux questions de la défense au tribunal, a réitéré le contenu du rapport de l’accusation contre Francesco Schettino. Ce rapport portait également sur le comportement de Schettino après la collision.

Auparavant, maître Donato Laino avait demandé aux experts d’évoquer le rôle de l’Officier de Quart. Carannante, Picone et Scamardella ont expliqué qu’« à l’approche des côtes, le capitaine prend nécessairement les commandes ». Ciro Ambrosio était censé fournir les données, « mais Schettino les avait déjà, il était devant le radar, des témoins peuvent le confirmer ».

En ce qui concerne le timonier, pour lequel on avait indiqué qu’il autait été opportun de le remplacer compte tenu de ses compétences linguistiques, les experts ont expliqué que Jacob Rusli Bin possédait « une certification de service en passerelle délivrée par son Pays » et que, dans tous les cas, son aptitude relevait de « la responsabilité exclusive du commandant ».

Les retards.

Selon Carannante, l’ordre d’abandon du navire aurait pu être déjà donné dès 22h09 : « Chaque passager sait dans quel canot de sauvetage il doit aller pour embarquer, c’est indiqué au dos de sa porte de cabine. »

Mais vingt minutes (à partir du moment où ils ont heurté le rocher) suffisent-elles pour faire l’appel ? Les consultants ont répondu par l’affirmative, expliquant que les passagers avaient été répartis en groupes de 150 : « Lorsque les équipes sur la passerelle indiquent que tout est prêt, le capitaine doit ordonner l’évacuation. » Maître Laino remarqué : « Schettino n’est pas du genre à retarder les choses ni à perdre criminellement du temps. »

« Simulation peu fiable. »

C’est ainsi que le professeur Scamardella, à la demande du Procureur Maria Navarro, a qualifié la présentation de la simulation de la route présentée lors d’une conférence au Département d’Économie et de Gestion de l’Université de Brescia, dans la ville du même nom.

En montrant le contenu de la simulation, l’expert du Parquet a notamment souligné l’absence d’échelle dans les graphiques et l’impossibilité, normalement, qu’un navire suive une trajectoire en zig-zag. L’auteur de la simulation est le professeur Paolo Neri, fils de Bruno Neri, consultant pour Codacons. « Depuis 2012, personne n’a rien présenté qui soit de niveau scientifique international », a-t-il conclu. Les propos de Scamardella ont suscité l’indignation de l’avocat Giuliano Leuzzi (pour Codacons), qui a exigé que le consultant fournisse la preuve de ses compétences et une liste de ses travaux scientifiques.

La décision d’abandonner le navire revient au capitaine.

« C’est au capitaine qu’il revient d’ordonner l’abandon du navire, car le système est hiérarchique et c’est lui qui est le premier responsable de la sécurité des passagers. »

C’est ce que l’Amiral Carannante a répondu à la question du Procureur Navarro. Cette question avait été soulevée par l’accusation après que la défense de Schettino eut demandé quels étaient les devoirs des autres membres de l’équipe de quart (« N’était-ce pas un équipe ? Quel était le rôle des autres ? » avait argumenté Maître Laino).

C’était une erreur de mettre les canots de sauvetage à l’eau d’un seul côté.

Le parquet souhaitait réexaminer un aspect qu’il estimait crucial du comportement du capitaine. Donner l’ordre de ne mettre les canots à l’eau que du côté droit était-il une erreur ? « La mise à l’eau doit être simultanée », répondit Carannante, citant le manuel. « Les mettre à l’eau d’un seul côté aurait pu faire gîter le navire sur tribord. » Le professeur Scamardella partage cet avis : « Les canots auraient dû être mis à l’eau simultanément pour maintenir immobile le centre de gravité du navire. Le Concordia aurait pu chavirer à cause de ce seul déplacement du centre de gravité. »

« L’impact aurait pu être évité. »

Les experts de Codacons ont réalisé une simulation de l’impact du Concordia contre le rocher à Le Scole.

Ils en ont conclu que « sans l’erreur du timonier, l’impact pouvait être évité ».

À 21 h 45 et 11 secondes après l’impact, les « dommages destructeurs » ont commencé et ont duré 8 secondes.

Selon Bruno Neri, Paolo Gubian, Mario Piccinelli et Paolo Neri, le rocher aurait pu glisser sans affecter la coque du Concordia ; dans le pire des cas, la déchirure aurait pu se produire 18,6 mètres plus vers la poupe, « au niveau des compartiments PEM (compartiment 5) et avec une force bien moindre (la poupe se déplaçant avec une vitesse angulaire réduite de 60 %) ».

L’hypothèse d’un impact évitable « est la plus probable si l’on tient également compte des deux erreurs précédentes du timonier qui ont provoqué une voie d’eau en rapprochant le navire des rochers ». Neri a affirmé la validité scientifique des résultats de ses travaux, pleinement confirmés après une présentation anticipée pendant ces derniers mois.

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