Articles tagués AMBROSIO

COSTA CONCORDIA : Schettino: « Je suis un bouc émissaire obligé de payer pour tous »

http://www.ilsecoloxix.it/p/italia/2016/06/17/ASOBxK9C-espiatorio_concordia_schettino.shtml

Naufrage du Concordia, Schettino: « Je suis un bouc émissaire obligé de payer pour tous ».

un article de Paolo Crecchi paru le 17 juin 2016  sur le journal Il Secolo XIX dans la catégorie Parole amare/Paroles amères

Sorento – On est en train de finir de démolir ensemble la Concordia et son commandant, le navire à Gênes et Schettino à Meta, ici par plaques, et là par la faute, la mer réduite à celle du paysage, entre l’horizon et la maison.
La Cour d’Appel de Florence a confirmé les 16 ans et seule la Cassation pourra annuler une sentence qui autrement devra être appliquée et respectée, et signifie qu’est seul coupable du naufrage devant l’île du Giglio cet homme d’âge moyen aux yeux bleus et aux boucles noires, qui s’est laissé pousser la barbe et emmène promener un tout petit chiot du Tibet, pour avoir l’air d’être vivant, mais, ainsi qu’il l’a dit aux juges qui « est mort lui-aussi , cette nuit-là, en même temps que les 32 victimes« .

La Concordia a été démontée morceau par morceau, les ponts, les hublots, les cloisons : et de même, Schettino, son honneur, la reconnaissance d’une science marine acquise en trente ans, sa dignité d’homme lorsque le ministère public l’a qualifié d' »imbécile heureux » et que l’Organisation Maritime Internationale, l’IMO a du intervenir pour rappeler que le « droit au respect » était le même pour tous « en mer et à terre ».
Pour protester aussi que « condamner le seul équipage est bien pratique, c’est à cause des conditions posées par les assurances d’une compagnie de navigation, mais cela constituerait aussi un pas en arrière pour la culture de la sécurité en mer ».

La démolition simultanée du navire et de son commandant n’efface pas le souvenir.
L’acier des parois servira pour construire d’autres transatlantiques.
La manœuvre d’échouement qui a empêché un massacre, parce que si le Concordia avait été arrêtée en haute mer elle aurait coulé en quelques minutes, va être utilisée pour modifier les codes de sécurité.

Schettino ne regarde pas la télévision, il a confié à ses amis qu’il ne le faisait plus.
Par contre, il passe des heures devant son ordinateur à en lire des condamnations sans appel et des absolutions pleines et entières, comme le mail d’Arne Sagen et Jan Harsem de la très respectée Fondation Skagerrak pour la Sécurité : « Cher Francesco, cette sentence est une épine plantée dans le Code ISM, et montre que les magistrats d’Italie ne connaissent pas les implications juridiques des accords sur la sécurité maritime signés par leur propre Pays ».

« Ce n’est pas moi qui me suis trompé de route« , rumine Schettino en regardant la mer de Capri sillonnée de yacht et de bateaux de pêche.
« Nous étions à un demi-mille de la côte, et à cette distance-là, le commandement du navire est confié à ceus qui sont de quart, pas au commandant.
C’est marqué dans le Code de Navigation, et finalement, ils ont tous négocié leur peine :
le premier officier, Ambrosio, qui faisait les mesures nautiques
le troisième officier, Coronica, qui surveillait le radar
l’officier qui allait rermplacer le premier, Ursino, dont je ne comprends pas bien ce qu’il a fabriqué.
Et personne n’a prononcé un mot, pas un qui ait dit : commandant, nous sommes à la distance minimale ! Commandant, attention » !

Vue du rond-point qui donne sur la mer dans le quartier de Carignano, le centre aristocratique de Gênes, la Concordia ressemble à une baleine dépecée.
Tout a été enlevé sauf l’ossature de métal, de nuit, les flammes des chalumeaux oxydriques de mêlent aux lumières des barques en mer.

Depuis la maison de Schettino, on voit la fumée d’un ferry qui manœuvre devant le port de Naples, il doit y avoir un timonier dessus aussi, il parle sûrement italien.
Ce n’est pas comme Rusli Bin, qui ne comprenait pas non plus l’anglais et n’a pas été retrouvé par Interpol qui l’a cherché partout sauf à Jakarta, chez lui, où l’a trouvé notre journal Il Secolo XIX par un tout simple coup de téléphone : « J’ai exécuté les ordres et je ne veux plus me rappeler de rien de cette nuit-là. Depuis je ne dors plus. Tous ces morts … « .

La boîte noire est témoin que l’ordre donné était de tourner à gauche et Rusli Bin a tourné à droite, peut-être était-il en proie à la panique, plus probablement il a confondu.
Les cloisons étanches n’étaient pas du tout étanches « mais ils les ont démolies avec la Concordia« , Maître Senese secoue la tête, « alors nous n’en avons plus la preuve.
Nous avons des témoignages, oui, mais naturellement ça ne suffit pas ».
D’ici à la fin de l’année, le dernier boulon du navire sera dévissé et son commandant, si la sentence est confirmée par la Cassation, franchira la porte de la prison : « C’est  moi qui paye, pour tous« .

Dans la vidéo que Schettino écoute chaque jour, jamais publiée par les médias, on entend la Capitainerie du Port de San Giorgio appeler Livourne : « Le commandant de la Concordia dit que notre motovedette n’est pas là où il faudrait … ».
Elle se tenait loin du navire qui allait chavirer.
Ensuite De Falco appellera, qui selon Schettino a voulu couvrir le lâche comportement de ses subordonnés et hurlé « Retournez à bord, p—-n«  !

Personne ne rendra la vie aux 32 passagers qui l’ont perdue, le Giglio restera une tragédie, on ne peut pas revenir en arrière : pourtant son histoire telle qu’elle a été racontée pourrait bien être un jour démolie aussi.

, , , , ,

2 Commentaires

Le passage des consignes

Le livre – en italien pour le moment – d’Angela CIPRIANO et Guido FIORINI

 LES VOIX DE LA CONCORDIA

les protagonistes confient leur douleur, racontent leurs souvenirs, mettent des mots sur leur ressenti, dans une commune recherche de vérité

est arrivé dans ma boite aux lettres, j’avais pu le commander en passant par amazon.it

Naturellement, je lis le récit de l’accident en premier et une chose me frappe : la façon dont le commandement a été pris et a été abandonné peu avant le choc. 

Rappelez-vous, AMBROSIO était aux commandes et dirigeait la CONCORDIA droit sur l’ile du GIGLIO sous l’aile bienveillante de l’officier CORONICA et via les mains du timonier Jacob RUSLI BIN en venant de l' »autoroute maritime » qui longe le promontoire de l’ARGENTARIO et que les médias ont fait exprès de confondre avec « la route normale qu’aurait du suivre la CONCORDIA » quand la moulinette médiatique avait commencé à tourner. Les grands patrons, depuis la terre, avaient voulu un inchino au GIGLIO, on allait faire l’inchino, ce n’était pas la première fois, c’était normal, presque la routine.

Pour prendre le commandement, SCHETTINO, dans ce cas de figure, devait prononcer texto la phrase : « Master take the conn ». C’est une phrase quasi-sacrée. On ne la change pas. C’est quasi-militaire. Ça doit déclencher un réflexe conditionné chez l’autre. Pour vous donner une idée, c’est comme « bonjour » quand on entre, « au revoir » quand on s’en va, « merci » quand vous recevez un cadeau. Là c’est « Master takes the conn ». En anglais. Point-barre. Il n’y a pas à comprendre, il n’y a qu’à apprendre. L’autre, AMBROSIO donc, tant que la phrase magique n’a pas été prononcée est le chef de la passerelle. Une chose qui n’est pas négociable non plus. Il continue à donner les ordres et ne se déconcentre pas. Il a plus de 4000 âmes sur les épaules, y compris la sienne.

Or qu’est-ce que je lis ensuite ? comment AMBROSIO a-t-il vécu le dernier passage des consignes à bord de la CONCORDIA ? D’abors il s’est estimé relevé de son boulot et probablement de ses responsabilités avec parce que le Commandant le plus ancien dans le grade le plus élevé qui était là, au téléphone, lui a fait signe de la main, la paume ouverte vers lui, c’est « stop ». Comme nous à la maison aux enfants qui parlent plus fort que le téléphone « deux minutes », comme mon patron prévenait ses secrétaires sans un mot de ne-pas-le-déranger-et-de-repartir-de-son-bureau-en-silence-en-refermant-la-porte-derrière-soi. Une convention de fonctionnement qui s’était tacitement mise en place, nous étions toutes adultes.

A partir de là, le jour où il a témoigné à GROSSETO, AMBROSIO cafouille. La phrase magique n’a toujours pas été prononcée par le seul qui avait le droit de la prononcer, le  Master lui-même.

Et pour se justifier il utilise, pour énoncer des mesures, un vocabulaire qui n’a rien de mathématique : « J’ai eu le sentiment que le navire allait trop vite, mais je n’ai rien dit » c’est le plus clair de l’histoire.
Quel sentiment ? dans sa position, il avait la valeur exacte de la vitesse à chaque instant !

Je parle de sa position devant les plans de travail. Il est de quart, responsable en chef, c’est-à dire placé sur la passerelle à un endroit où il a la vue sur tous les cadrans qui lui sont nécessaires pour avoir les données de vitesse et position, à portée de la main et de l’oreille le téléphone vers la salle des machines. Et Monsieur ne dit rien !

A haute et intelligible voix, devant tout le monde, il a commencé à donner des ordres, répétés par les deux autres de quart, pour prendre un tournant qu’il n’a finalement pas encore pris. Et Monsieur ne dit rien !

La CONCORDIA n’est pas là où elle devrait être, elle va plus vite que prévu, dit-il à la Cour, donc elle est plus proche de la falaise que ce que le Commandant SCHETTINO ne le croit. Et là, en passerelle, au moment de la quitter pour regagner sa cabine, tranquillou Monsieur ne dit toujours rien !

Monsieur suppose peut-être que le Commandant SCHETTINO a une boule de cristal intégrée dans le cerveau ?

« Je ne voulais pas m’opposer à lui à ce moment-là », dira-t-il aussi. « Je ne voulais pas me mutiner« .
C’est la plus belle : AMBROSIO passe à son chef en pleine nuit noire un bateau dont il sait qu’il va vite – pour un mastodonte qui a encore un virage dans l’eau à faire*, ce que lui sait aussi, pas SCHETTINO – droit vers une falaise de roches sans lui dire où ils sont, sans lui dire qu’ils n’ont pas tourné et tout ça pour éviter je ne sais quelle distraction probablement aux passagers invités et parce qu’il ne veut pas faire, discrètement mais fermement, son boulot. A part ça, il ne s’est pas mutiné, non, il l’a envoyé s’écraser sur un mur !

Et comment le Commandant qui commandait la CONCORDIA a-t-il vévu ce dernier passage de … aucun renseignement crucial … à bord de son navire ?

Le moment où, concrètement, les choses ne se sont plus passées normalement est page 22 et 23.
Chronologiquement :

  • AMBROSIO faisant fonction de patron passe à SCHETTINO des informations d’une vacuité coupable, vu la suite des évènements
  • la phrase magique est prononcée « Master takes the conn » SCHETTINO fait fonction de patron, il croit être sur la route qu’il demandée, à l’endroit où il a prévu jouer son propre rôle pour les invités non payants
  • il navigue à vue, à la distance de la côte du GIGLIO où il se croit, 1/2 mille marin, c’est déjà plus sûr que les radars que d’ailleurs il a un « team d’officiers » pour surveiller pour lui – en principe
  • il ne prend pas lui-même le timon en main, du poste de vigie où il se trouve tout contre les vitres, dans le passage devant la rangée de plans de travail – et que AMBROSIO avait laissé vacant en demandant à RUSLI BIN de le quitter pour passer au timon juste avant de couper ou lui faire couper le pilotage automatique – SCHETTINO se trouve à environ 1 m dudit timon, comme nous l’avons tous vu sur la vidéo dans l’éclairage sombre et rouge de la passerelle post-accident au SCOLE
 un peu comme ici, en plein jour, sur une photo ancienne

6 minutes plus tard seulement, c’est le choc, à 30 km/h du paquebot géant sur l’écueil affleurant du SCOLE (non signalé sur la carte – où il aurait occupé 1 pixel).
Bref pas un des trois dont c’était le boulot de le savoir et de le lui dire ne lui a fait savoir qu’il y avait un os quelque part, une panne, un changement, un écueil affleurant tout près, trop près, une source d’emmerdements s’il n’en tenait pas compte.

Heureusement, il est de la vieille école, il réalise, il prend les mesures qui auraient évité le choc.
Mais la manoeuvre d’évitement est bâclée par le timonnier qui confond sa droite et sa gauche, AMBROSIO qui ne l’aide pas beaucoup à comprendre ce qu’il doit faire en n’arrêtant pas de contredire celui qui donne à présent les ordres et leur ange gardien muette qui n’aide pas du tout.  Il ne restait que 6 minutes pour éviter une catastrophe, pour cette bande d’ahuris c’était insuffisant.

Au procès-spectacle, Angela CIPRIANO prenait des notes que Guido FIORINI, rédacteur en chef à l’agence du journal Il MATTINO de la même ville, l’aiderait ultérieurement à mettre en forme pour en faire ce livre.
Elle entendait l’avocat de CODACONS, maître LEUZZI, scié, demander carrément à ce même AMBROSIO s’ils avaient mijoté un suicide collectif ou quoi, lui et les deux arlésiennes du procès, tandis que le procureur LEOPIZZI le faisait vite taire. 

Feuilleton ! délire ! pourquoi pas ? mais alors, qu’est – ce qui pouvait bien avoir poussé ces trois personnes si différentes à vouloir mourir ensemble en Méditerranée le soir du 13 janvier 2012 en entrainant avec eux plus de 4000 personnes qui ne leur avaient rien fait à part être leur gagne-pain ? Tiens, ça rappelle un récent accident d’avion regrettablement médiatisé lui aussi !

Rappel et résumé du souriceau : « J’y crois pas moi-même ! Ils ne m’ont rien dit ! Ça fait trois ans que je le répète ! » – presque – a dit le Commandant SCHETTINO à la barre. 

Note Du Souriceau : ceci est une réaction à la lecture, pas une traduction. Les auteurs sont en train de chercher à faire traduire les quelque 250 pages en français en Italie.

* ce qui est normal d’ailleurs. Pour que les passagers soient moins secoués lors du virage d’une cinquantaine de degrés, il faut aller assez vite. Paradoxal ? ça se passe dans l’eau, pas sur route, la Mécanique en est toute changée.

, , , , , ,

2 Commentaires

Le 13 janvier 2015

c’était le troisième anniversaire de l’accident pour les fidèles de PORTO-GIGLIO, pour tous les survivants, pour les familles de ceux qui ne reviendront jamais d’une croisière.

kaarsje11

C’était le troisième anniversaire de la mort programmée d’un grand bateau blanc.

Parce qu’après plus de deux ans couchée dans l’eau de mer, après l’avoir traitée d’ « épave », on l’a déplacée en grande pompe pour la conduire au plus près de son équarrisseur (et des casses du coin accessoirement).
Il y a des limites à ce que l’acier peut supporter : déformation et corrosion ont obligé.

Elle a tué, on la démantèle, bon. On dirait qu’on parle d’un animal lors d’un procès de cirque qui aurait eu lieu au Moyen-Âge. Exposition, écartèlement, destruction du corps, pas de tombe.

Mais enfin, elle n’y est pas allée toute seule, sur cet écueil du SCOLE.

Pour ce troisième anniversaire, regardons encore une fois cette saisie d’écran qui accuse :

Coïncidence : le moment précis où le pilote automatique a été coupé est celui où le navire aurait du amorcer son virage.

Après, au lieu de suivre la route prévue, AMBROSIO a suivi le cap.

Le jeune officier a-t-il confondu suivre la route et suivre le cap ?

Pile au moment où il était censé être concentré sur le tournant, comme vous et moi sur la route, ça revenait à « aller tout droit » au lieu de « tourner » justement.

Au pays de Roméo et Juliette le beau gosse a-t-il été distrait par sa jeune collègue féminine toute proche ? il faudrait en déduire que la demoiselle a été distraite en retour puisqu’elle qui devait surveiller activement n’a pas protesté énergiquement.

Ce n’était pas le moment. A terre ça finit minimum dans un fossé, maximum plein fouet dans un platane, ce genre de chose printanière.

Les inconscients ! 

Compte tenu qu’il font tout répéter pour être sûrs que les ordres ont été compris, on se demande comment ils n’ont pas eu le temps de se réveiller de leur distraction. 

En fait, au vu des premiers réquisitoires du Ministère Public, ce qu’on reproche à Francesco SCHETTINO, c’est de ne pas les avoir surveillés comme on surveille des petits de maternelle.

Le brevet d’Officier serait-il attribué par équivalence, en ITALIE ? tu as un master de n’importe quoi, tiens, voilà ton diplôme de Premier Officier et bon vent ?

Ce n’est pas sérieux ! ce n’est pas possible ! pas pour une matière pratique !

Lorsque la route n’est pas suivie correctement à proximité d’un waypoint, il y a des alarmes, à la fois lumineuses et sonores.

Monsieur AMBROSIO, pourquoi rien n’est-il venu vous sortir de votre doux songe ?

Il aurait fallu vous dire de faire passer la route de l’Officier cartographe CANESSA sur tous les écrans, mais vous l’aviez coupée de vous-même, l’alarme ? Ecoutez plutôt :

Il est impossible de ne pas l’entendre, qu’est-ce qu’on l’entend dans cet enregistrement, vingtdioux ! le souriceau n’arrive pas à comprendre les paroles sur la passerelle après le choc malgré ses prothèses dignes d’un astronaute question technologie !

Elle n’a pas sonné ? vous l’aviez donc coupée ? 

Mais ce ne sont plus des bébés, ce sont des sales gosses qu’on avait refilés au Commandant de la CONCORDIA en guise de co-équipiers !

Le tout est de savoir si AMBROSIO n’a pas fait exprès de suivre le cap ou s’il a fait exprès de ne pas suivre la route.

Je traduis, au point où on est : il s’est trompé ou il l’a fait exprès ? vu la taille de la bourde il est légitime de se poser la question.

De toute façon, c’est AMBROSIO qui était de quart à la passerelle, pas SCHETTINO.

AMBROSIO et pas SCHETTINO qui, en fait de casquette à torsade dorée, porte bel et bien le chapeau à sa place en ce moment à GROSSETO.

AMBROSIO qui, vu sa position, ne pouvait pas ignorer les problèmes de VDR ni ceux des portes étanches.

AMBROSIO qui est d’ores et déjà est invité à préciser certains détails gênants, très gênants devant une deuxième Cour bientôt à GROSSETO.

AMBROSIO que ça me gênerait grave maintenant, à moi, d’appeler « commandant » de ce grand bateau blanc qui n’est plus.

, , , , ,

2 Commentaires

AMBROSIO n’avait pas activé le dispositif anti-collision

Le souriceau continue une laborieuse pêche artisanale aux informations constructives.
A l’épuisette.

Voici sa récolte là :

 http://www.rainews.it/dl/rainews/articoli/Naufragio-Costa-Concordia-Schettino-rischia-20-anni-a-gennaio-la-sentenza-4d6e93f7-0291-46c3-b4bd-27bdb926a1a4.html
La précision date du 02 décembre 2014.

Une « bêtise » à bord

 Pendant la journée de mardi, SCHETTINO a essayé de faire comprendre les responsabilités de ses officiers, en particulier celle de Ciro AMBROSIO, avec lequel il y aurait eu une incompréhension, une « bêtise », au moment du passage au timon manuel. « AMBROSIO n’avait pas activé le CPA, le système qui permet de signaler d’éventuels obstacles dans un rayon d’environ 800 mètres », a précisé SCHETTINO.

C’est à cause du »mutisme »

« Est-il possible – a ensuite dit l’un de ses avocats, Domenico PEPE – que tous parmi tous les officiers de la passerelle de commandement, aucun ne se soit rendu compte que le navire avait la proue dirigée droit vers les rochers ? »
« Je suis satisfait, j’ai pu expliquer ma version des faits », a commenté SCHETTINO.
« Si on avait parlé un peu plus, si il n’y avait pas eu ce mutisme », a encore dit SCHETTINO,  » peut-être que cette tragédie ne serait pas arrivée ».

 

Le CPA : de la théorie à la pratique en français,
la présentation de ce système crucial pour la survenue de cet accident est lisible par tous (après, pour les accros, ça continue avec des maths).

AMBROSIO a donc oublié d’appuyer sur un bouton
qui devait déclencher un signal quelconque
qui devait lui dire, à lui et à tous :
Ho ! Réveille-toi et tourne !
(en italien)

 

entre autres …

, , , , , ,

2 Commentaires

Pourquoi la CONCORDIA n’a-t-elle pas tourné ?

Depuis longtemps déjà le souriceau de bord avait précieusement rangé le lien de l’Annexe 5 du rapport technique de l’enquête préliminaire sur l’accident de la CONCORDIA.
Il contient par écrit l’enregistrement de la boite noire après le choc avec l’écueil affleurant du SCOLE, après l’accident lui-même.

Il était logique de penser que l’Annexe 4 contiendrait peut-être l’enregistrement correspondant avant le choc. Mais GOOGLE, à qui je l’ai demandée, m’a conduite carrément ici :
 https://www.ansa.it/documents/1350559529657_Relazione_Tecnicaperitigip.pdf
aux 270 pages du corps du Rapport Technique du 11 septembre 2012

Le raccourci du souriceau :
 

Officiers de la CONCORDIA

Ciro AMBROSIO est « premier officier de couverture » et non « Commandant en second »

 Officiers de garde le 13 janvier 2012 entre 20:00 et 24:00

Le projet du Commandant pour l’inchino

ce qu’on a appelé « le changement de route » :

  • sur la route 302° au nord-est de l’ile de GIANNUTRI, que le navire prenne une route à 278°
  • à proximité de l’ile du GIGLIO, se mettre parallèle à la côte en tournant à droite pour prendre une route à 334° de façon à passer à un demi-mille à l’est du bas-fond du SCOLE (ce qui laisse une profondeur de 10 m d’eau sous la quille) jusqu’au travers de la Pointe del FENAIO (la partie nord de l’ile du GIGLIO)
  • continuer avec le cap 328° jusqu’au canal de PIOMBINO

Le tournant et le transfert du commandement pour la manœuvre

à 21:34:38 :

 

Le Commandant SCHETTINO arrive en passerelle, demande quelle est la vitesse et ordonne « timon à la main ».
AMBROSIO, à qui il incombe de donner les ordres, répète à voix haute « timon à la main ».

Le timonier, ainsi que le veut la procédure, répète à son tour « timon à la main » et quitte le poste de vigie qui était le sien jusque là.
AMBROSIO ne désigne pas quelqu’un d’autre pour tenir le poste de vigie.
Le timonier est allé se placer devant le timon, il appuie sur un bouton.

Le timonier ne vérifie pas ni si le timon fonctionne ni s’il fonctionne correctement.

à 21:36:00 :

la webcam de proue de la CONCORDIA prend sa dernière image

ici le freeware de croisiériste pour téléphone qui a permis d’obtenir cette image :  Ship Mate

Le SCOLE est tout de suite en bas à droite, devant les lumières des villas.Le navire se dirigeait donc droit vers l’île et il n’en était pas loin, vu l’angle de la lumière terrestre aperçue.

à 21:36:10 :

AMBROSIO ordonne 290° et le timonier confirme. La fig 8 montre qu’à ce moment-là le navire est encore sur la trajectoire qui permet de rejoindre la nouvelle route, à 334°

à 21:36:15 :

 

La figure 8 est une saisie d’écran du radar-ECDIS, le navire est juste à droite du méridien blanc, le point rouge est le waypoint 7, nommé Trav Faro Palm, le point donné par le Commandant à l’officier CANESSA en partant de CIVITAVECCHIA.
La CONCORDIA ne tournant pas sur place, le waypoint est une entité mathématique et il faut amorcer le tournant avant d’être dessus.
La route prévue pour l’inchino apparait comme il faut en pointillés rouges
à 21:36:45 :

à 21:36:49 :

 
AMBROSIO est le responsable en passerelle, il ne procède pas à la manœuvre nécessaire pour rester sur la route 334° et maintient le cap à 290° jusqu’à l’heure 21:39:17, moment où SCHETTINO assume le commandement de la manœuvre – pas la responsabilité su navire d’après les textes, celle-ci durant jusqu’à la fin du temps de garde,

Ceci est répété plus loin :

Le Commandant était déjà en passerelle mais sans avoir encore assumé le commandement de la manœuvre ; bien que par deux fois, le Commandant soit intervenu avec des indications concernant le travail de la garde, indiquant de passer sur le timon à main et demandant un cercle de sécurité de 0,5 mille autour du navire

par conséquent, AMBROSIO, qui n’était pas encore relevé de sa garde, aurait du suivre les prévisions en se mettant parallèle à la côte au moment prévu bien que le Commandant soit présent dans la pièce et et bien qu’il (AMBROSIO) s’attende à être relevé de sa garde

donc son choix de continuer sur sa lancée allait contre les consignes qu’il avait reçues en tant qu’Officier de Garde

mais ce n’est pas pour autant que son comportement a été la cause directe de la collision parce que à 21:39:17, moment où le Commandant assume le commandement de la manœuvre, le navire était encore bien positionné pour pouvoir se placer parallèlement à la côte en sécurité relativement aux écueils et revenir sur la route planifiée par Monsieur CANESSA ( à 1,4 mille du SCOLE en position …

 

J’ai suivi le Commandant SCHETTINO, les quatre officiers de couverture et le timonier.
Silence assourdissant sur le travail du troisième officier CORONICA et/ou de l’élève officier URSINO que AMBROSIO aurait pu désigner à ses côtés en prévision de la manoeuvre d’inchino.

Leur travail de vérification est détaillé sur le document et :

chaque manœuvre exécutée par l’Officier de Garde doit se dérouler dans une absolue connaissance de ce qui se passe, ce qui implique qu’en cas de doute, le Commandant doive être immédiatement mis au courant.

Pourquoi la CONCORDIA n’a-t-elle pas tourné ?

 Parce que, pour une raison que le souriceau ignore le premier officier AMBROSIO n’a pas donné l’ordre de tourner.

Le commandant SCHETTINO, se croyant environ 500 m plus à l’est que ce qu’il n’était, a enchaîné en commandant directement le positionnement parallèle à la côte.

Si je comprends bien, du fait que, quand le premier officier AMBROSIO a « passé le témoin » de la commande de la manœuvre au Commandant SCHETTINO la situation était récupérable d’après ce rapport et il n’a pas été déclaré responsable légalement de l’accident.

D’autres études et simulations ont été faites ultérieurement, la dernière date de cet été.

 

Autre chose : à 21h37, arrêt de la transmission AIS

J’ai emprunté cette image à Al

Lui, il disait qu’ « arrêter les transmissions AIS, c’est l’indice qu’on va faire une connerie ».

Je ne sais pas, mais ce qui a du être aveuglant dans toutes les Capitaineries de Port voisines, c’est l’absence soudaine d’un paquebot géant.

, , , , , ,

2 Commentaires

%d blogueurs aiment cette page :