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Le Troisième Officier

12 mai 2014 à l’audience
https://www.iltirreno.it/grosseto/cronaca/2014/05/12/news/processo-concordia-parlano-i-naufraghi-di-quella-notte-1.9211398

Un Officier de Trieste en passerelle avec Schettino

Ufficiale triestina in plancia con Schettino

Silvia Coronica, 29 ans, se trouvait à côté du capitaine au moment de la collision. Sa famille a déclaré : « Elle est très choquée. » Voici son témoignage.

Un article paru sur le journal IL PICCOLO le 18 janvier 2012 sous le premier titre : la jeune fille de Trieste sur la chaloupe de sauvetage du Commandant :
https://www.ilpiccolo.it/cronaca/la-triestina-sulla-scialuppa-del-comandante-b8ssektc

TRIESTE – D’après les premières reconstitutions, encore confuses, du naufrage du Costa Concordia, le Troisième Officier Silvia Coronica se trouvait parmi les membres d’équipage sur la passerelle vendredi dernier à 21h42, lorsque le capitaine Francesco Schettino a décidé de tenter ce que le procureur de Grosseto a qualifié de « manœuvre de passage près de la côte excessivement risquée, dans une zone dont fonds marins abrupts, sont répertoriés sur les cartes marines ». Née à Trieste en 1983, Silvia Coronica est désormais un témoin clé dans l’enquête qui établira les circonstances de l’une des catastrophes maritimes les plus graves survenues en temps de paix.

Ces deux derniers jours, rapporte le journal « La Repubblica », les enquêteurs ont interrogé l’ensemble de l’équipage du Concordia à Grosseto, Orbetello, Porto Santo Stefano et Livourne. Outre Coronica, le second officier Salvatore Ursino et les officiers de passerelle Martino Pellegrini, Andrea Bongiovanni, Giovanni Iaccarino et Alessandro Di Lena ont livré leur version des faits. Le Troisième Officier a été entendu uniquement à titre de témoin ; elle n’est pas inculpée. Son témoignage permettra de déterminer si le commandant Schettino a effectivement dirigé le Concordia vers le port de l’île du Giglio lors d’une manœuvre d’urgence, comme le prétendent ses avocats, ou si le navire, devenu ingouvernable, a été échoué par les courants. Ces hypothèses méritent un examen approfondi, parce que le commandant aurait pu manœuvrer le navire même après l’inondation de la salle des machines.

Les souvenirs de Silvia Coronica et de ses collègues aideront peut-être à expliquer pourquoi Schettino a attendu aussi longtemps pour donner l’ordre d’abandonner le navire. Un retard qui a eu des conséquences catastrophiques, car la gîte qui a rendu l’évacuation quasi impossible ne s’est apparemment produite que longtemps après l’impact. Selon certaines reconstructions, les hésitations de Schettino aurait provoqué une véritable mutinerie des officiers, qui auraient alors élu Roberto Bosio Commandant en Second. On ignore pour l’instant le rôle joué par le jeune officier de Trieste dans ces événements, ni ce qu’elle a déclaré aux enquêteurs : Coronica comparait ce jour en Toscane en tant que témoin.

À Trieste, la famille se reserre autour de la jeune fille qui, selon un proche, est encore profondément secouée par les événements. Ce que l’on peut affirmer avec une relative certitude pour cette nuit-là, c’est que le Troisième Officier n’a pas suivi le commandant dans son abandon précipité du navire : sur les enregistrements des appels téléphoniques avec l’autorité portuaire de Livourne, Schettino explique qu’il est monté à bord du canot de sauvetage avec l’Officier supérieur, Dimitri Christidis. « Je suis ici avec mon second », dit-il. Ce n’est que lors d’un appel ultérieur, dont la fiabilité reste à vérifier, qu’il mentionne la présence d’autres officiers qu’il n’identifie pas par leur nom.

La passion de Silvia Coronica pour la mer ne date pas d’hier. « Il Piccolo » lui avait consacré un article en 2005, alors qu’à vingt-deux ans, elle était la seule Triestéenne présente au bal des débutantes organisé à Stresa, sur le lac Majeur. Lors de cet événement, organisé par le comité « Vienna sul lago », des cadets de l’Académie Navale de Livourne sont les cavaliers des jeunes participantes. C’est précisément ce lien avec le monde maritime qui avait incité Silvia à y participer. « J’ai obtenu un baccalauréat Agricole », confiait-elle au journaliste, « mais je suis également en formation pour compléter mon ” Cycle Nautique ” à Trieste. Je veux vivre au contact de la mer.

Les parcours/formations ne manquent pas et j’ai décidé de les suivre pour vivre comme je l’entends. » Peu après, Silvia Coronica réalisait son rêve : elle apparaît sur la liste des élèves de l’Académie de Marine Marchande de Gênes pour l’année universitaire 2006-2007. Plus tard, en mai 2009, elle apparait sur une photo publiée sur un blog de Costa Crociere en tant qu’Élève Officier de Passerelle sur le Costa Pacifica, le navire jumeau du Costa Concordia.

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De l’Officier Di Lena

Audience du 25 11 2013
https://giustiziaperlaconcordia.wordpress.com/?s=Di+Lena&submit=Cerca&fbclid=IwT01FWATL79dleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZAwzNTA2ODU1MzE3MjgAAR65-pkkbqoEmjieBb3cLykKnYFNFOTOE-kcOo9s3rwBX5PpncTj8rpiaUIVfQ_aem_wazz-ZNxvz3jUty2Rhfl0A

Jacqueline Abad Quine, assistante directrice de croisière de nationalité péruvienne, est la femme qui, dans la fameuse vidéo devenue mondiale et filmée par certains passagers au début de la panne d’électricité (alors que la gravité de la situation était déjà évidente), a lancé au mégaphone l’annonce OÙ ELLE INVITE AVEC BEAUCOUP D’ÉNERGIE LES PASSAGERS À REGAGNER LEURS CABINES ET À Y RESTER CALMEMENT ASSIS.
Telle une actrice de feuilleton chevronnée, après avoir démontré à plusieurs reprises son ignorance totale des signaux d’urgence à bord des navires Costa (Delta X-ray, urgence générale, alarme incendie, etc.) malgré son appartenance au personnel chargé d’assister les passagers en cas de problème, elle a fait ensuite un récit poignant du naufrage et, visiblement en larmes, a assumé la responsabilité de cette annonce qui, de fait, a probablement condamné à mort ceux qui avaient décidé de descendre dans leurs cabines en suivant les instructions du personnel de bord. Elle a affirmé avoir obéi aux ordres de ses supérieurs, notamment de Raccomandato, Directeur de Croisière du Concordia. Naturellement, ce dernier, interrogé immédiatement après, nie avoir donné l’ordre d’envoyer les passagers dans leurs cabines. Il affirme en revanche avoir personnellement annoncé un problème technique avec les générateurs électriques, et avoir donné des renseignements analogues à ses subordonnés, pour rassurer les passagers, mais sans jamais les faire retourner dans leurs cabines.

Ce qui est particulièrement incroyable et dur à digérer, c’est qu’Abad, convoquée par Carnival seulement 15 jours après le naufrage, a reçu environ 30 000 dollars, sans même pouvoir préciser à quel titre. Et, tenez-vous bien, elle a même été promue Directrice de Croisière !

Le témoignage suivant, celui d’Ortolano, responsable des remorqueurs du port de Civitavecchia, est également très intéressant. Notamment pour les relevés téléphoniques qui ont émergé lors de sa déposition et que nous examinerons plus loin, où il précise que si ses remorqueurs étaient arrivés alors que le Concordia était encore bien horizontale ou en tout cas ne gîtait pas excessivement, ils auraient pu l’amener jusqu’à un endroit où il aurait été en sécurité.

Étant donné que le témoin Di Lena, Officier à l’Environnement, a déclaré plus tard lors de la même audience que, si les pompes électriques destinées à évacuer de les grandes masses d’eau avaient fonctionné (elles ne pouvaient pas fonctionner car les 6 générateurs électriques principaux et le générateur de secours – DGE – étaient hors service), elles auraient pu ramener l’inclinaison du navire de 10,9 degrés à 5 degrés, il est facile d’affirmer que SI LES AUTORITÉS CÔTIÈRES AVAIENT IMMÉDIATEMENT FAIT APPEL AUX REMORQUEURS ET SI LE DGE AVAIT FONCTIONNÉ, les navires de sauvetage auraient pu remorquer le navire vers des eaux sûres.

Dommage qu’au lieu d’utiliser la VHF ou le panneau affichant tous les numéros des garde-côtes et des véhicules de sauvetage disponible sur la passerelle (comme l’a indiqué Spadavecchia lors de la dernière audience), le commandant Schettino ait du attendre des heures avant d’obtenir le numéro de téléphone portable d’Ortolani (auprès de la cellule de crise de Costa ?), de le faire noter à la main sur un morceau de papier, de ne pouvoir appeler les remorqueurs qu’ensuite, lesquels sont arrivés sur les lieux alors que tout était perdu.

Di Lena lui-même affirme qu’il savait pour le « salut traditionnel » à l’île du Giglio dès le départ, et qu’il avait participé à l’inchino à d’autres occasions auparavant, tant au Giglio qu’à Ponza et à Capri !

Enfin, d’après le témoignage d’Anziani, ancien Directeur de Machine du Concordia et actuellement à bord du Costa Serena, nous apprenons que tous les navires de cette « série », dépourvus de système de doublage électrique, présentent un problème structurel. En cas de défaillance du tableau électrique principal, par exemple suite à une inondation ou un incendie dans le compartiment étanche concerné (l’inondation d’un seul compartiment étanche suffirait-elle ?!), le navire est plongé dans une panne d’électricité totale et irréversible, comme ce fut le cas sur plusieurs navires de Carnival, qui auraient dérivé pendant près de quatre jours dans le Pacifique.

Il s’agit des Carnival Triumph, Splendor, Victory, Conquest et Freedom, ainsi que des Costa Pacifica, Serena, Fascinosa, Favolosa, Magica et Costa Fortuna !

À la prochaine audience, nous entendrons le Commandant De Falco !



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COSTA CONCORDIA : Schettino: « Je suis un bouc émissaire obligé de payer pour tous »

http://www.ilsecoloxix.it/p/italia/2016/06/17/ASOBxK9C-espiatorio_concordia_schettino.shtml

Naufrage du Concordia, Schettino: « Je suis un bouc émissaire obligé de payer pour tous ».

un article de Paolo Crecchi paru le 17 juin 2016  sur le journal Il Secolo XIX dans la catégorie Parole amare/Paroles amères

Sorento – On est en train de finir de démolir ensemble la Concordia et son commandant, le navire à Gênes et Schettino à Meta, ici par plaques, et là par la faute, la mer réduite à celle du paysage, entre l’horizon et la maison.
La Cour d’Appel de Florence a confirmé les 16 ans et seule la Cassation pourra annuler une sentence qui autrement devra être appliquée et respectée, et signifie qu’est seul coupable du naufrage devant l’île du Giglio cet homme d’âge moyen aux yeux bleus et aux boucles noires, qui s’est laissé pousser la barbe et emmène promener un tout petit chiot du Tibet, pour avoir l’air d’être vivant, mais, ainsi qu’il l’a dit aux juges qui « est mort lui-aussi , cette nuit-là, en même temps que les 32 victimes« .

La Concordia a été démontée morceau par morceau, les ponts, les hublots, les cloisons : et de même, Schettino, son honneur, la reconnaissance d’une science marine acquise en trente ans, sa dignité d’homme lorsque le ministère public l’a qualifié d' »imbécile heureux » et que l’Organisation Maritime Internationale, l’IMO a du intervenir pour rappeler que le « droit au respect » était le même pour tous « en mer et à terre ».
Pour protester aussi que « condamner le seul équipage est bien pratique, c’est à cause des conditions posées par les assurances d’une compagnie de navigation, mais cela constituerait aussi un pas en arrière pour la culture de la sécurité en mer ».

La démolition simultanée du navire et de son commandant n’efface pas le souvenir.
L’acier des parois servira pour construire d’autres transatlantiques.
La manœuvre d’échouement qui a empêché un massacre, parce que si le Concordia avait été arrêtée en haute mer elle aurait coulé en quelques minutes, va être utilisée pour modifier les codes de sécurité.

Schettino ne regarde pas la télévision, il a confié à ses amis qu’il ne le faisait plus.
Par contre, il passe des heures devant son ordinateur à en lire des condamnations sans appel et des absolutions pleines et entières, comme le mail d’Arne Sagen et Jan Harsem de la très respectée Fondation Skagerrak pour la Sécurité : « Cher Francesco, cette sentence est une épine plantée dans le Code ISM, et montre que les magistrats d’Italie ne connaissent pas les implications juridiques des accords sur la sécurité maritime signés par leur propre Pays ».

« Ce n’est pas moi qui me suis trompé de route« , rumine Schettino en regardant la mer de Capri sillonnée de yacht et de bateaux de pêche.
« Nous étions à un demi-mille de la côte, et à cette distance-là, le commandement du navire est confié à ceus qui sont de quart, pas au commandant.
C’est marqué dans le Code de Navigation, et finalement, ils ont tous négocié leur peine :
le premier officier, Ambrosio, qui faisait les mesures nautiques
le troisième officier, Coronica, qui surveillait le radar
l’officier qui allait rermplacer le premier, Ursino, dont je ne comprends pas bien ce qu’il a fabriqué.
Et personne n’a prononcé un mot, pas un qui ait dit : commandant, nous sommes à la distance minimale ! Commandant, attention » !

Vue du rond-point qui donne sur la mer dans le quartier de Carignano, le centre aristocratique de Gênes, la Concordia ressemble à une baleine dépecée.
Tout a été enlevé sauf l’ossature de métal, de nuit, les flammes des chalumeaux oxydriques de mêlent aux lumières des barques en mer.

Depuis la maison de Schettino, on voit la fumée d’un ferry qui manœuvre devant le port de Naples, il doit y avoir un timonier dessus aussi, il parle sûrement italien.
Ce n’est pas comme Rusli Bin, qui ne comprenait pas non plus l’anglais et n’a pas été retrouvé par Interpol qui l’a cherché partout sauf à Jakarta, chez lui, où l’a trouvé notre journal Il Secolo XIX par un tout simple coup de téléphone : « J’ai exécuté les ordres et je ne veux plus me rappeler de rien de cette nuit-là. Depuis je ne dors plus. Tous ces morts … « .

La boîte noire est témoin que l’ordre donné était de tourner à gauche et Rusli Bin a tourné à droite, peut-être était-il en proie à la panique, plus probablement il a confondu.
Les cloisons étanches n’étaient pas du tout étanches « mais ils les ont démolies avec la Concordia« , Maître Senese secoue la tête, « alors nous n’en avons plus la preuve.
Nous avons des témoignages, oui, mais naturellement ça ne suffit pas ».
D’ici à la fin de l’année, le dernier boulon du navire sera dévissé et son commandant, si la sentence est confirmée par la Cassation, franchira la porte de la prison : « C’est  moi qui paye, pour tous« .

Dans la vidéo que Schettino écoute chaque jour, jamais publiée par les médias, on entend la Capitainerie du Port de San Giorgio appeler Livourne : « Le commandant de la Concordia dit que notre motovedette n’est pas là où il faudrait … ».
Elle se tenait loin du navire qui allait chavirer.
Ensuite De Falco appellera, qui selon Schettino a voulu couvrir le lâche comportement de ses subordonnés et hurlé « Retournez à bord, p—-n«  !

Personne ne rendra la vie aux 32 passagers qui l’ont perdue, le Giglio restera une tragédie, on ne peut pas revenir en arrière : pourtant son histoire telle qu’elle a été racontée pourrait bien être un jour démolie aussi.

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