Monique-Mauve
"C'était impossible, mais l'idiot ne le savait pas et il l'a fait."
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Schettino, l’intégralité du texte de l’interview sur Quinta Colonna pour le naufrage du Costa Concordia.
Publié dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord à 16 août 2026
Schettino, l’intervista integrale testuale a Quinta Colonna per il naufragio della Costa Concordia.
Vidéo publiée sur YouTube le 11 juillet 2012par Sport90Live
Nous publions l’intégralité de l’interview de Francesco Schettino, capitaine du Costa Concordia, qui a coulé près de l’île de Giglio. Cette interview exclusive a été réalisée dans le cadre de l’émission Quinta Colonna de Mediaset, diffusée sur Canale 5 le 10 juillet 2012.
Commandant, vous avez décidé de prendre la parole quelques jours après la fin de votre assignation à résidence. Pourquoi ?
» Parce que, tout d’abord, je tiens à m’exprimer publiquement, car je crois qu’il est de mon devoir d’expliquer le déroulement des événements, tant cette histoire est complexe et présente de multiples facettes, à mon avis. Chacun a sa propre vérité, et il ne s’agit certainement pas de la vérité absolue, mais je crois qu’il est de mon devoir personnel, étant donné qu’un peu tout le monde a été impliqué, directement ou indirectement, dans cette affaire. Je crois qu’il est de mon devoir de le faire, même si je n’en ai pas vraiment envie. Je le fais sincèrement par devoir moral envers le public. Mon intention n’est pas de changer l’opinion publique, car chacun a sa propre idée, je la respecte et je m’y tiens. Je souhaite sincèrement que personne ne se retrouve jamais face à un tel dilemme, une telle tragédie. «
Reprenons cette journée chronologiquement, pourquoi avez-vous demandé à être prévenu pour rendre en passerelle lorsque vous arriveriez près du Giglio ?
» C’est le Maître d’Hôtel qui m’a demandé « Commandant, on peut y passer ? », c’est normal de dire : « Écoutez, je viens aussi », et on va donner trois coups de sirène pour saluer l’île, c’est normal que le Commandant soit là en personne. «
Mademoiselle Cemortan était présente elle aussi ?
» La jeune femme attendait dehors de recevoir la clé de sa cabine que je devais lui remettre quand elle aurait été libérée … «
Pourquoi était-elle là, pourquoi était-elle sur la passerelle, même si elle se tenait derrière ?
» Parce qu’elle était une amie à moi et au Chef-Commissaire, une personne qui souhaitait partir en croisière avec ses amis à bord, elle voulait acheter un billet en Russie, elle nous a dit qu’elle n’avait pas pu trouver de place sur le navire dans les agences russes, alors nous l’avons aidée à trouver une cabine et un billet de voyage en règles « .
Cette histoire a fait couler beaucoup d’encre, et certains l’ont décrite comme bien plus qu’une simple amie.
» Il est normal qu’il y ait des rumeurs… C’est une personne sociable et amicale, appréciée de tous, cela ne signifie pas pour autant qu’il y ait rien de plus « .
Mais ce soir-là, Mademoiselle Cemortan dînait bien avec vous ?
» Elle a dîné avec moi, et aussi avec le Chef-Commissaire car, je le répète pour finir : ce sont des personnes de bonne compagnie … et rien d’autre … «
On a dit que cette manœuvre, et donc la salutation au Giglio, était une manœuvre destinée à démontrer également aux yeux de cette jeune fille, votre habileté à approcher ce grand navire du Giglio.
» À part le fait qu’il faisait nuit et qu’il n’y avait donc rien à voir, heureusement plus tard sur Facebook, on a trouvé sur Facebook le post qui indiquait que l’inchino avait été fait pour le Maître. «
» Approchons-nous au maximum « , auriez-vous dit au cartographe Canessa, d’après ses propos à l’Officier Coronica.
» Je ne voulais défier personne, nous avions juste programmé une navigation à un demi-mille, parce pour moi un demi-mille était une distance acceptable pour faire un salut, sinon ils ne l’auraient même pas vu, ni même entendu ce salut béni.
Il y a une différence entre saluer et passer au plus près. Il s’agissait forcément de passer au plus près de l’île, parce que en cas d’inchino, en général, nous ralentissons, nous nous rapprochons et nous choisisons les bonnes cartes pour faire l’inchino à une certaine distance de la côte, si nous avions programmé un vrai inchino, il ne se serait absolument rien passé « .
Mais avez-vous le sentiment de devoir présenter des excuses à qui que ce soit ?
» Je ne peux certainement pas être satisfait de ce qui s’est passé, mes condoléances, toute mon affection, vont aux personnes qui, hélas, ne sont plus parmi nous. Les dégâts économiques sont indéniables, ils y a les pertes subies, les familles endeuillées et, enfin, il y a la Compagnie et le Commandant du navire, victime de ce système. Ce qui s’est produit, ce sentiment indescriptible, est bien moindre que la douleur d’une mère qui perd un enfant. C’est incommensurable. Mais la perte d’un navire est une chose pour un capitaine … une telle douleur n’a pas de mesure. «
Vous présentez vos condoléances … mais les condoléances ne sont pas des excuses. Je vous ai demandé si vous pensiez devoir vous excuser.
» Certainement, comme je n’aurais jamais imaginé qu’une chose pareille puisse jamais arriver, cela dépasse largement toute intention, de vouloir faire une chose pareille.
Dans cet incident, non seulement le navire et la compagnie ont été identifiés, mais le commandant l’a également été, il est donc tout à fait naturel que je présente mes excuses à tous, précisément en tant que représentant de ce système « .
Vous avez mentionné une mère et petite fille. Qu’avez-vous ressenti en apprenant la mort de la petite Dayana Arloti ?
» Je préfèrerais éviter, je ne souhaite pas en parler … parce que ça me rend déjà malade « .
Mais je dois vous le demander, Commandant.
» C’est une question qui me détruit. C’est terrible « .
Pourquoi ?
» Arrêtez «
SCHETTINO SUR L’ABANDON
Mais ensuite vous vous éloignez du navire, ce navire, vous le quittez ?
» Jusqu’à présent, sur cette affaire, il y a eu beaucoup de manipulations, beaucoup de divertissement au détriment de l’information. Je crois que vous, et j’ai toujours respecté cela, avez la capacité d’analyser les choses et donc de ne pas vous arrêter à la surface, à ce que l’on vous a laisé croire et qui, au final, a eu cet écho retentissant : le commandant qui abandonne ce navire.
Je suis descendu du pont 8, le navire penchait nettement, j’ai quasiment aperçu la chaloupe de sauvetage en dessous la porte d’embarquement, c’est là que j’ai dû faire un choix, je ne pouvais pas rester sur le navire car le bois était déjà glissant à cause de l’inclinaison de 50 à 55 degrés, j’ai été pratiquement obligé d’aller sur le canot, je ne sais pas si j’ai glissé ou si je suis tombé, c’est le navire qui a bougé, je n’imaginais pas qu’on donnerait une telle importance à la chute, le commandant marche et trébuche sur une chaloupe de sauvetage ! C’est de la méchanceté pure « .
Mais si vous deviez nous raconter aujourd’hui ce qui s’est passé, vous avez glissé, vous êtes tombé, vous êtes allé jusque-là, vous avez voulu y aller… Quelle est la vérité ?
» Je n’ai pas trébuché ni chuté. Le sol a simplement disparu sous mes pieds, comme une secousse de tremblement de terre, le sol s’effondre que faites-vous ? Vous tombez avec le sol … «
Mais vous atterrissez sur le rocher. Vous avez assisté au naufrage du navire depuis le rocher, dit-on, qu’avez-vous ressenti en arrivant sur ce rocher ?
» Franchement j’aurais voulu la soutenir de mes mains mais je ne le pouvais pas. La seule chose que j’ai faite, c’est d’attraper mon portable et d’appeler immédiatement les secours. «
Commandant, certains de vos officiers ont sauté à l’eau et d’autres ont tenté de secourir les passagers qui étaient dans l’eau entre le navire et le rocher, n’avez-vous pas été tenté de vous jeter à l’eau vous aussi pour leur porter secours ?
» Ce que j’ai vu, c’est qu’il y avait déjà 5 ou 6 personnes qui s’approchaient du rocher, autrement dit, je n’ai vu personne se noyer dans l’eau, honnêtement ”.
Commandant, quand avez-vous compris qu’il y avait des victimes ?
» Je crois que le capitaine de la Capitainerie, De Falco, m’a dit qu’il y avait déjà des victimes, mais je ne sais pas si c’était exact, s’il y avait vraiment des victimes, c’est lui qui a été le premier à me le dire.
J’espérais toujours que ce ne soit pas vrai, ça aurait pu être quelqu’un qui s’était évanoui et puis avait repris ses esprits ensuite « .
À un moment donné, De Falco vous demande de revenir à bord, lors d’un appel téléphonique resté célèbre et qui a fait le tour du monde. Pourquoi ne remontez-vous pas à bord et qu’avez- vous ressenti en réécoutant cet appel ?
» Entendre cet appel téléphonique ne m’a fait aucun effet parce que je me suis mis à la place de mon interlocuteur. D’une manière générale, lorsqu’on gère des opérations de sauvetage à distance, il est essentiel d’être bien attentif à ce que dit la personne qui représente vos yeux à ce moment-là et de bien comprendre le contexte dans lequel la situation se déroule. En tant que commandant, je n’ai jamais donné un ordre qui ne pouvait pas être exécuté, lui, il m’a donné une tâche sans comprendre qu’il était impossible de la faire. Le problème, c’est qu’il n’avait pas réalisé que le navire avait coulé sur son côté droit. J’aurais dû nager 300 mètres, c’est-à-dire sauter dans l’eau, faire le tourP de la proue, voir la passerelle, avec mon téléphone portable à préserver car entre-temps je devais parler à la cellule de crise. Je faisais quelque chose de bien plus sérieux « .
Le fait est que d’autres officiers ont débarqué à 6h#0 du matin.
» Ils l’ont fait aussi pour se protéger eux-mêmes. En quel sens ? Si j’avais voulu me protéger, je me serais placé du côté bâbord, certain que le navire ne coulerait pas, et pourtant j’étais ici (à tribord) « .
Cependant, si vous étiez resté là-bas, vous ne seriez pas aujourd’hui le lâche que toute l’Italie croit que vous êtes.
» Le lâche c’est celui qui, dans une situation dangereuse, tente d’en tirer profit.
Si j’avais su que cet appel téléphonique serait rendu public, le ton de la conversation aurait certainement été différent.
Laisser mon ego prendre le dessus aurait signifié raccrocher le téléphone et le jeter à l’eau. Je nai pas compris à quel jeu nous jouiions… et là, il s’en est fallu de peu, et j’ai de la chance de ne pas l’avoir fait, car j’aurais fait étalage de toute ma napolitanité et je lui aurais fait un peu comprendre qui était le commandant Francesco Schettino « .
L’IMPACT
» Avant de se mettre en mode droite toute, il faut avoir la perception d’un danger, car jusqu’à ce moment-là, aucun d’entre nous n’avait détecté le danger, logiquement, nous n’aurions pas dû descendre autant au sud car ce n’était pas planifié, et même quand on doit effectuer un inchino, il ne servirait à rien de le faire à 50 mètres, ni à 100 mètres « .
Et si vous n’aviez pas ordonné ce virage à droite lorsque vous dites : « Dieu a posé sa divine main sur ma tête », que se serait-il passé ?
» La main de Dieu, c’est justement pour dirent qu’il y avait un obstacle. L’instinct, l’observation, l’attention, m’ont fait pressentir qu’il y avait quelque chose d’important à faire, car j’ai vu cette écume blanche. À tel point que même les officiers racontent que j’ai quitté mon poste, qui était pratiquement tout près de la barre, pour me rapprocher, pour ainsi dire, de la vitre du pont afin d’avoir une meilleure vue.
Finalement, j’ai réussi à éviter la collision frontale « .
Écoutez, pouvez-vous me faire un schéma de ce qui a pu se passer sur cete route ?
» Voici le rocher, voici l’autre, plus loin. Le navire était censé suivre ce chemin… La limite à partir de ce rocher était censée être cette distance, soit 0,5 mille (il dessine 0,5). Il devait effectuer un virage comme celui-ci (il dessine un demi-cercle). Au lieu de suivre cette route, à partir de ce moment-là, il a fait ceci (il dessine un autre demi-cercle dans la partie supérieure) ”.
Pourquoi le navire a-t-il dépassé ce point et est-il allé plus loin ?
» Parce qu’il a commencé le virage en retard. Pendant que nous faisions ce trajet, je parlais au téléphone avec le commandant « .
Cependant, selon le parquet, l’échange téléphonique que vous avez eu avec Palombo a été un moment de distraction.
» À ce moment-là, je suis monté sur la passerelle, j’ai ordonné la navigation manuelle et je n’étais pas aux commandes, la direction de la navigation revenait à l’Officier.
Il s’agit d’un accident banal où la fatalité a trouvé sa brèche précisément dans l’interaction entre les êtres humains.
Je pense qu’il y a eu un malentendu sur le fond dès le départ , et c’est précisément pour cela qu’il y a de la colère.
C’est comme si toutes les têtes s’étaient déconnectées et tous les instruments avec.
Mais on arrive à un point où il faut pouvoir prononcer les mots et donc dire « mais qu’est-ce que nous fabriquons ? »
Je m’en veux d’avoir été distrait et d’avoir dit que cette distance devait être reportée comme par routine, car quiconque observe une situation de proximité excessive sur un radar se doit de la signaler « .
Votre problème était d’évaluer le niveau de l’inondation. N’y arriviez-vous pas ?
» Non, je n’arrivais pas à la cerner, ou plutôt je n’en étais pas sûr. On ne peut pas débarquer 4 000 passagers en mer à la légère.
À ce moment-là, j’ai décidé d’agir comme je l’ai fait parce que je croyais sincèrement que l’impact n’avait pas affecté tous les compartiments étanches qu’il avait touchés « .
Ne regrettez-vous pas d’avoir attendu 45 minutes avant de donner l’alerte générale ?
» Non, je ne regrette absolument rien. Je le répète, c’était la bonne décision. Car, pour évacuer le navire, j’aurais dû l’arrêter. Il aurait été insensé d’interrompre un événement favorable qui se déroulait : le navire dérivait vers la côte, il aurait donc été imprudent de l’arrêter pour mettre les canots de sauvetage à l’eau, sur une profondeur de 100 mètres où le navire aurait alors certainement coulé. Si le bateau avait chaviré à cet endroit, malheureusement, j’ignore combien il y aurait eu de victimes, mais il est certain qu’en eau moins profonde il y a eu moins de victimes « .
Vous commencez par vous adresser principalement à la cellule de crise de Costa Croisières. Et vous dites immédiatement : « j’ai fait une catastrophe », comme si vous aviez réalisé la gravité de la situation ?
» Oui, mais un navire à passagers qui a le moteur de conduction inondé après une collision c’est déjà une catastrophe, ça ne peut pas être pire « .
Ferrarini et la cellule de crise de Costa ne vous ont-ils pas dit, dans leurs premières communications, d’attendre pour donner l’alerte générale et l’abandon du navire ?
» Non, absolument pas « .
Pourquoi avez-vous indiqué à la Capitainerie du Port, lors de votre première communication, que vous aviez seulement un black-out et n’avez-vous pas mentionné l’impact avec le rocher ?
» Nous étions en train d’évaluer l’état du navire « .
Lorsque cette communication a été faite, Capitaine, vous saviez déjà qu’il y avait une voie d’eau dans la coque, car vous l’aviez déjà signalé à d’autres personnes, comme à Ferrarini.
» La première communication concernant la panne de courant était due au fait que je souhaitais, entre-temps, demander un remorqueur, ce que j’ai finalement fait.
Un remorqueur pour nous sortir de là, car il n’aurait pas été judicieux d’en appeler un pour un navire en train de couler.
Je ne voulais surtout pas créer une information de contact entre la terre et le navire et commencer à dire : « On a heurté un rocher, on coule ! » et les gens auraient sauté à l’eau. C’était une façon de protéger les gens au début et tant que j’ai cru que les conditions seraient réunies pour que le navire ne coule pas.
J’ai commencé à en douter quand Iaccarino a commencé à dire : « L’eau arrive sur le pont 0. » Peut-être que si j’avais eu cette information plus tôt … il aurait été plus important de l’avoir là « .
Autrement dit, si vous aviez su que « l’eau arrivait au pont 0 », qu’auriez-vous fait ?
» Automatiquement, j’aurais fait évacuer immédiatement « .
Mais, commandant, aviez-vous conscience de la panique qui avait déjà éclaté à bord à ce moment-là ?
» En réalité, le signal d’alarme général sert à rassembler les passagers.
En réalité, ils avaient déjà effectué la majeure partie du travail eux-mêmes. À tel point que lorsque nous avons donné l’alerte générale, environ 20 minutes plus tard quand l’ordre d’abandonner le navire a été donné, les canots de sauvetage étaient remplis et tout le monde était déjà à bord.
Le navire commença alors à gîter rapidement, et l’abandon du navire devint absolument nécessaire.
Le problème n’était donc pas de les alerter, mais de les rassurer.
Autrement dit, il n’y a pas de naufrage parfait.&
Imaginons donc ce même navire coulant avec des ponts horizontaux, ici il y a eu un véritable chavirage et malheureusement, dans cette phase de chavirage, le temps s’est accéléré ; assurément, si nous avions eu 5 minutes de plus, 10 minutes de plus, il n’y aurait eu aucune victime « .
Que voulez-vous dire par « si le navire avait chaviré 10 minutes plus tard » ?
» Oui, on a estimé qu’à la fin il y avait plus ou moins 50 personnes encore à bord. Sachant qu’un canot de sauvetage peut contenir 150 personnes … «
Je vais vous lire quelques déclarations officielles de vos officiers.
Martino Pellegrini, responsable de la sécurité, a déclaré : « L’état mental du commandant semblait altéré, il allait en s’aggravant, sa voix tremblait. »
Iaccarino a déclaré : « Il était en état de choc. »
» Voilà donc leur perception. Moi, ce qui me surprend, c’est que ces déclarations sont contredites par la vérité qui a émergé par la suite de la boîte noire « .
L’Amiral Minaudo confirme la justesse de la manœuvre du commandant Schettino
Publié dans Journal de bord à 15 août 2026
Vidéo mise en ligne sur YouTube le 30 juin 2015 par Giuseppe Minaudo
Les rapports d’enquête montrent que les capacités évolutives de Costa Concordia auraient permis au navire de contourner Le Scole si le timonier avait rapidement exécuté tous les ordres du commandant Schettino, bien que donnés en urgence et au dernier moment.
Vous ayez appris d’une manière ou d’une autre à connaître cette dynamique, vous l’ayez étudiée, vous l’avez analysée, puis vous avez eu l’occasion d’en approfondir certains aspects en lisant ce livre. Je vous poserai alors cette question précise, en vous basant sur votre expérience et l’idée que vous vous êtes fait de cette nuit tragique et maudite : quels sont les points clés qui ont été abordées dans cet ouvrage parce qu’ils méritent, l’attention de l’opinion publique, et que celle-ci doit peut-être apprendre à se familiariser avec ces aspects techniques et à les comprendre.
L’Ammiral Minaudo
Merci. Il n’est pas simple de répondre à une telle question.
J’ai principalement lu les chapitres techniques de ce volume et je dois dire que ce que vous dites est extrêmement intéressant et que les informations ont été recueillies chronologiquement, comme lors d’une enquête sur un accident Maritime.
Je dois donc dire que de ce point de vue, c’est parfait. Mais certaines choses m’ont beaucoup laissé perplexe : la description des faits est faite, elle est réalisée par des techniciens, elle est expliquée et clarifiée par le commandant Schettino, mais en réalité, elle n’est pas perçue correctement par tous ceux qui l’écoutent, et en premier lieu malheureusement par la Radio, la Télévision et les journaux.
Et ils ont mal interprété ce qui était écrit.
Ce n’est pas une accusation contre qui que ce soit, mais je tiens à préciser que la terminologie nautique et les techniques de navigation relèvent d’un art du passé, d’une science actuelle et d’une législation nationale et internationale qui vise à éliminer les accidents et les avaries possibles.
Autrement dit, quiconque exerce un métier et surtout un métier en mer, se doit d’être un connaisseur, un expert de la mer, un expert en technologie, un expert en navigation. Et tout cela s’acquiert grâce à des années d’expérience comme celle du capitaine Schettino.
Car voyez-vous, 30 ans en mer, ce n’est pas rien, et une expérience de ce genre ne peut pas se transmettre en peu de temps, ni par des rapports ou un échange de questions-réponses avec le procureur, car personne ne peut transmettre son permis bateau à son petit-fils.
Voici donc le premier point, la première difficulté. Je dois dire qu’à la lecture des chapitres techniques, j’étais moi-même perplexe car certains points n’étaient pas clairs.
Voici pour le premier point, deuxième point : des experts éminents et reconnus ont décrit des faits techniques. Sans vouloir offenser personne, il aurait mieux valu laisser le soin d’expliquer à un professeur de navigation qu’à un médecin pour comprendre comment se déroule une manœuvre.
Que se passe-t-il lorsque la planche du gouvernail bouge ? C’est comme lorsqu’on met la main dans l’eau sur un bateau : on plonge la main, on la fait pivoter, et l’eau est repoussée, elle se rapproche du bateau. Le mécanisme fonctionne donc parfaitement, c’est la chose la plus simple du monde. Mais expliquer ces choses d’abord aux avocats, puis au procureur, et enfin au juge, je pense que c’est mission impossible.
Vittoriana Abate
Nous ne nous étions jamais rencontrés avant ce soir, et j’ai été frappé par certaines de vos réflexions, notamment celle sur la manœuvre dite de la baïonnette, une réflexion qui m’est venue spontanément à la lecture des actes du procès.
L’Ammiral Minaudo
Alors, je dois avouer que je n’ai jamais entendu parler de la manœuvre de la baïonnette dans le jargon nautique. Je m’excuse donc, si quelqu’un peut m’éclairer sur ce point, car c’est un terme tout nouveau pour moi ?
Concernant le jargon nautique, j’en discutais justement avec des amis et des journalistes, la terminologie nautique actuelle a été copiée au milieu du XIXe siècle à partir de dictionnaires, principalement anglais, rédigés par les élèves des écoles navales militaires anglaises. Ces dictionnaires navals ont ensuite été traduits dans différentes langues, et nous, en Italie, avons dû les traduire également en italien.
Mais quelle était donc cette langue italienne, puisque tous nos marins, dans les différents royaumes qui composaient l’Italie, parlaient des dialectes locaux ? Un Amiral illustre a créé un dictionnaire à la fin de l’an 800 avec ses collaborateurs. Ce dictionnaire, publié en Italie, était un recueil de termes nautiques adaptés de divers dialectes, et disons, toscanisés. C’est cette terminologie nautique que nous utilisons quotidiennement. Alors, comment expliquer quelque chose de technique à des gens qui ne sont pas du métier ? Certains termes sont incompréhensibles s’ils ne sont pas employés par des professionnels entre eux. C’est impossible, et surtout, les conséquences d’une manœuvre et une manœuvre difficile sont réellement difficiles à appréhender.
Dans les années 1950 et 1960, la législation internationale, et donc la législation en vigueur, était dictée avant tout par cet organisme des Nations Unies, l’Organisation Maritime Internationale (OMI), qui a enjoint à tous les pays de procéder à des essais en mer dès la mise à l’eau d’un navire.
Ces essais, conformes aux normes, devaient permettre d’obtenir des valeurs numériques indiquant les caractéristiques de manœuvrabilité du navire.
Par ailleurs, les lois internationales, les normes internationales, surtout le directives et aussi les recommandations, ont été mises en application par la législation nationale, qui, recevant ces suggestions, exigea notamment que les résultats de ces essais soient affichés sur la passerelle afin que chacun puisse les consulter.
Il s’agit d’un petit dessin tout simple à différentes allures et avec différents angles de gouvernail, qui montre à quels points le navire est respectivement en avance ou en retard.
Vittoriana Abate
C’est un point du super-rapport d’expertise du GIP qui n’a pas convaincu qui ne vous a pas convaincu la juge d’instruction Valeria Montesarchio. C’est un point que vous avez souligné, avant le Scole, sur lequel je reviendrai car c’est un aspect important.
L’Ammiral Minaudo
Oui, je disais donc qu’Internet m’a aidé dans cette réflexion, car j’ai effectué des recherches et je suis tombé sur un rapport très spécialisé, un rapport dans lequel ils tentaient de démontrer ce que pourrait être la courbe d’évolution, autrement dit, la courbe que suit votre voiture lorsque vous tournez le volant, la trajectoire de votre voiture varie en fonction de l’angle de braquage.
Sur un bateau, c’est à peu près pareil. Les moteurs du bateau contribuent d’une certaine manière à ce mouvement.
Quel est le problème avec ce rapport ? il parle d’un navire qui a deux hélices et entre ces deux hélices, en plein milieu, se trouve un gouvernail.
Comment fonctionne un gouvernail ? Un gouvernail est une lame, comme je l’ai dit précédemment, une main qui se déplace dans l’eau et qui s’oriente d’une certaine manière, seule la lame du gouvernail est affectée par le mouvement de l’eau de la proue vers la poupe lorsque le navire avance.
Vittoriana Abate
Expliquons clairement même pour un public de non-initiés ce que ça signifie. Autrement dit, l’expertise, la super-expertise, sur quel type de navire cette expertise a-t-elle été réalisée ?
L’Ammiral Minaudo
L’expertise a été faite pour un navire à deux hélices et un gouvernail central, placé dans le même axe que ces hélices. Ainsi, le flux d’eau est projeté directement et à grande vitesse contre la lame du gouvernail. Une simple impulsion suffit à faire virer le navire très brusquement.
Pour répondre également à la première question, la manœuvre de la baïonnette, qui ne repose sur aucune manœuvre planifiée, est appelée manœuvre AZ ou manœuvre en zigzag.
Elle consiste à placer le gouvernail complètement d’un côté afin que la poupe se déplace du côté opposé, après quoi à remettre le gouvernail au milieu et enfin à le placer dans l’autre direction.
De cette manière, il est possible d’empêcher la poupe du navire d’aller heurter un rocher, un obstacle et de le contourner car la rotation de la partie avant du navire est beaucoup moins importante que la rotation de sa partie arrière « .
Vittoriana Abate
Je profite encore votre présence et donc de votre expérience pour vous demander, en revenant précisément à la manœuvre du commandant Schettino cette nuit-là sur le Concordia, comment cette manœuvre a été exécutée de votre point de vue, selon votre expérience surtout ?
L’Ammiral Minaudo
Je ne veux donc pas me contenter de rapporter un fait technique, mais je parle aussi avec mon expérience personnelle : la manœuvre effectuée par le commandant Schettino était parfaite et lui aurait permis de contourner l’obstacle si les ordres avaient été parfaitement exécutés.
Si quelqu’un en doute, qu’il prenne l’un des navire jumeaux du Costa Concordia, qu’il le filme pendant qu’il effectue les mêmes manœuvres à la même distance du rocher et cela prouve que le navire franchit bien l’obstacle.
Les ordres doivent être respectés. Ce sont des ordres précis « .
Vittoriana Abate
Ammiral, vous faites bien sûr référence à ce qu’on a appellé l’erreur du timonier.
L’Ammiral Minaudo
Bien sûr. Là-dessus, il n’y a aucun doute, il n’y a aucun doute.
Vittoriana Abate
Ce que vous êtes en train de nous dire, en vous basant sur votre expérience, c’est que le navire aurait franchi les rochers de Le Scole sans encombre si le timonier avait suivi scrupuleusement les ordres du Commandant.
L’Ammiral Minaudo
Absolument, oui, ou du moins l’impact aurait été considérablement réduit.
Vous avez donc compris l’intervention de Vittoriana Abate qui a interagi avec l’Amiral Minaudo précisément parce que, ayant traité ces questions en détail, elle a tenté de susciter ces réflexions, qui sont fortes et que chacun peut accueillir comme il l’entend, mais qui, au moins, donnent à réfléchir.
Je souhaiterais solliciter l’intervention de Salvatore Proto de la Wesmans, qui nous vient de Norvège. (Wesmans est une société scandinave de premier plan, fondée en 1895, spécialisée dans l’expertise maritime, la gestion des sinistres et le conseil pour le secteur de l’assurance et du transport maritime, Salvatore Proto en est le Directeur)
Monsieur Salvatore Proto
Vous me connaissez sans doute, car je suis de la péninsule et j’en suis parti. Je vis en Norvège. Ceux qui me connaissent le savent également : je suis le Directeur de l’une des plus anciennes sociétés du monde, à Cleveland.
Je connais bien Arne Sagen, car il a reçu de nombreuses distinctions dans sa vie et dans sa carrière professionnelle. Notre société s’occupe d’évaluer en fait dans la réalité ce qu’est un accident en général. Nous avons 120 ans d’expérience, et lors du naufrage du Costa Concordia, mes collègues m’ont dit : « Schettino ! Sorrento ! vous êtes de Sorrento ! » J’ai été un peu surpris, mais connaissant le monde maritime depuis tant d’années – j’ai toujours eu à faire avec les navires – je me suis posé la question : comment est-il possible que ce navire ait eu un tel accident ? Je n’ai donc pas cherché plus loin, nous sommes une société qui pouvait répondre à la question, nous avons commencé à évaluer nous-mêmes les circonstances de l’accident.
Non pas parce que quelqu’un nous l’a demandé, mais parce que nous voulions comprendre pourquoi c’était arrivé.
Aujourd’hui, la construction navale et les navires de croisière représentent le secteur économique majeur, générant des milliards gens voyagent. Si nous ne parvenons pas à comprendre ce qui s’est réellement passé avec le Costa Concordia, nous ne pourrons pas éliminer ces causes, et ainsi nous priverons ma femme, mes enfants, ma mère n’est malheureusement plus, mes proches, de réaliser dans le futur un voyage en mer, nous les priverons du bonheur, de la joie de monter sur un navire de croisière.
J’ai donc voulu répondre personnellement à mes collègues en disant : » Écoutez, ce n’est pas ce que vous croyez. «
C’est pourquoi je suis heureux de vivre en Norvège et d’être dans ce pays, parce qu’on bénéficie de beaucoup d’attention.
Arne Sagen le démontre d’ailleurs de sa propre initiative. Lorsqu’il a appris que quelqu’un avait commencé à dire : « Écrivons ces vérités, ces révélations, écrivons ce qui doit émerger », il a souligné la nécessité de commencer à comprendre ce qui s’est réellement passé, pas de défendre Schettino. J’e n’ai connu Schettino que récemment, je le dis publiquement.
Depuis 120 ans, notre objectif en tant que société n’a jamais été de nous défendre entre nous. Nous voulons comprendre et dire aux gens : attention, si vous montez sur un navire il peut y avoir ce risque.
Et la gestion de ce navire n’est pas uniquement assurée par le capitaine, mais par un système global, très bien expliqué par Arne Sagen et présenté dans AISM International, un magazine hebdomadaire. Ce système prend racine au sein de la Compagnie
N’oubliez pas que c’est tout le management qui doit être parfait.
Je vais immédiatement conclure sur l’affaire Schettino …
Vittoriana Abate ( … )
Monsieur Salvatore Proto
… comme le dit Arne Sagen qui répète que le cas de Schettino est la honte de l’Italie.
Mais n’ayez pas honte de l’Italie pour ce que vous avez dit, non. Il est possible qu’en désignant Schettino comme le seul responsable, le commandant comme le seul coupable, nous ayons effacé des années de travaux, d’études visant à améliorer la sécurité des navires.
Nous investissons massivement dans ce domaine, à tel point que notre société – et je préférerais que cela ne soit pas écrit, car je ne souhaite pas faire de la publicité là-dessus – notre société a créé un comité d’experts exclusivement norvégien et a invité des spécialistes internationaux possédant une vaste expérience dans ce secteur afin de rendre les navires de croisière, et notamment ceux qui présentent les risques les plus élevés, les plus sûrs possible.
Voici notre point de vue.
Vittoriana Abate
J’aimerais poser une question, je pense que monsieur l’ingénieur a introduit un concept que je trouve très intéressant et également très important, et que j’aimerais que vous développiez brièvement. Il a introduit le concept d’accident qui concerne, qui implique toute une organisation. Qu’est-ce que cela signifie ?
Monsieur Salvatore Proto
Certainement. Un accident impliquant toute une organisation commence par le code ISM/Code International de la Gestion de la Sécurité en Mer. Le code ISM correspond à une procédure préventive, également mise en œuvre lorsqu’un accident survient. Il s’agit d’une mesure préventive visant à éviter qu’il ne se produise. Et après un accident, une procédure complète est mise en place pour minimiser son impact.
Il y a trois phases dans l’affaire du Costa Concordia, et je suis ravi que ce livre soit publié.
Je viens de lire un passage, mais il y a bien trois phases : ce qui s’est passé avant la collision avec les rochers, ce qui s’est passé pendant, et ce qui s’est passé après.
Comme nous avons également analysé les données de la boîte noire, je n’arrive pas à comprendre pourquoi personne ne révèle à l’opinion publique ce qui s’est passé d’une façon ou d’une autre, étant donné que ces données figurent dans les actes du procès et que nous les avons analysées. Nous avons analysé les actes du procès, nous n’avons pas analysé les opinions mais les actes du procès. Nous avons lu des pages, des pages et des pages pour essayer de comprendre. Personne ne nous a donné la moindre indication, nous voulions comprendre ce qui s’est passé avant.
Eh bien, je peux vous affirmer qu’avant l’impact, les responsabilités ne reposent pas uniquement sur le capitaine. Pendant l’impact, d’autres responsabilités ne lui incombent pas uniquement, mais aussi au reste de l’équipage qui avait des tâches spécifiques à accomplir, et aussi à l’équipement matériel concerné.
Je crois que le capitaine, dans ce cas précis, a agi après l’impact avec un professionnalisme et une expertise remarquables, bien au-delà de ce que nous avons vu, car il a empêché le navire … en rapprochant le navire des rochers du bas-fonds il a évité que la tragédie ne touche un nombre bien, bien plus grand de victimes que les 32 qu’il a faites.
Voilà ce que nous avons lu.
Merci pour votre contribution.
Schettino : Je n’ai jamais quitté volontairement le Concordia.
Publié dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord à 14 août 2026
Je n’ai jamais quitté volontairement le Concordia.
Non ho mai abbandonato volontariamente la Concordia
Une interview exclusive de Franco Esposito publiée le 9 juillet 2015 sur YouTube par le journal Telecolore Salerno
Francesco Schettino a accordé une interview exclusive à Franco Esposito. Le directeur de Telecolore s’est longuement exprimé sur l’abandon du navire, un crime pour lequel Schettino a été condamné, ainsi que pour homicides multiples involontaires et pour naufrage. Mais au-delà de l’aspect purement pénal (Schettino a été condamné à seize ans de prison par le tribunal de Grosseto en première instance), l’abandon de navire reste le comportement le plus éthiquement odieux pour tout le monde. Dans cette interview, Schettino tente d’expliquer sa version des faits et, pour la première fois, exprime ses attentes quant aux motifs de la sentence, qui seront rendus publics dans quelques jours. Filmé par Francesco De Angelis. (090715 Franco Esposito, Francesco De Angelis)
Franco Esposito
Schettino, pourquoi avez-vous accepté de confier à Vittoriana Abate ce qui constitue un véritable Mémoire, du moins en ce qui concerne le premier degré de ce procès.
Francesco Schettino
Écoutez, plutôt qu’un Mémoire, c’est mon récit. Et elle, elle a toujours montré qu’elle cherchait la vérité, à comprendre le déroulement des événements, et elle as su interpréter avec fidélité mon histoire, ma pensée.
FE
Voilà. Et pourquoi avez-vous eu besoin d’un livre pour exprimer vos pensées ? Il y a eu un procès, et dans un procès, il y a des contre-interrogatoires, il y a des actes. Bref, le récit de la vérité se construit lors d’un procès.
FS
Dès les premiers jours de mon assignation à résidence, durant laquelle, comme vous le savez, cette mesure interdit tout contact avec l’extérieur que ce soit par téléphone ou par courriel, j’ai été contraint de subir la violence médiatique et d’écouter une version déformée des faits, et ce pendant six mois.
Je me doutais déjà qu’il y avait un barrage médiatique. Il n’y avait pas de réelle volonté de relater les faits tels qu’ils s’étaient déroulés. De plus, ceux qui connaissaient la vérité n’ont pas permis aux journalistes, ceux qui font leur travail, de pouvoir documenter la vérité.
Et ce fut le début de ce long phénomène, si je puis dire, au cours duquel je n’avais pas encore compris qu’il me serait ensuite impossible, au fil des années, de raconter le déroulement exact des faits.
FE
Mais vous avez répondu à 30 heures d’interrogatoire avant le prononcé de la sentence.
FS
Comme vous avez pu le constater, ces 30 heures d’interrogatoire n’ont pas été intégralement publiées, et les médias n’ont pas rapporté tout ce qui en est ressorti.
FE
On a dit de vous que vous étiez un lâche, un incompétent, et que vous envisagiez une reconversion. Vous tenez absolument à souligner dans ce livre, en répondant aux questions de Vittoriana Abate qui, de toute évidence, a documenté toute son enquête à l’aide de pièces du procès, que vous n’étiez pas un lâche.
FS
Écoutez, il y a une boîte noire qui permet d’entendre mes échanges avec les officiers sur la passerelle, et je pense qu’il est possible de comprendre grâce à ces enregistrements si je me suis comporté en lâche ou non.
FE
Vous n’avez donc pas abandonné le navire.
FS
Ce n’est pas que je veuille me blanchir. Mais je souhaite vraiment que le monde comprenne, car j’ai appris que souvent, pour faire parler de nous (les italiens), nous nous faisons nous-mêmes du mal.
Je crois également qu’il est juste et nécessaire de raconter toute l’histoire, de dire toute la vérité, étant donné que, comme vous pouvez le constater, ces photos sont issues des enquêtes.
Le parquet lui-même, les enquêtes du parquet, ont déterminé que j’avais quitté le navire à 00 h 17, au moment précis où le patrouilleur de la Guardia di Finanza a lancé un appel radio à toutes les autres unités de la zone, les avertissant de s’éloigner du Concordia parce qu’il était en train de chavirer.
Il existe un enregistrement audio de cet appel, que vous pouvez écouter : » Attention à tous les navires dans la zone : le navire va chavirer, le navire chavire ! » Voici une photo …
FE
Vous étiez encore sur le navire à 00 h 17 ?
FS
Bien sûr, j’était encore dessus et ce n’était pas moi qui le dis, car cela a également été dit par divers témoins lors de l’interrogatoire des témoins au tribunal .
Et voici dans le livre les transcriptions des procès-verbaux de leurs témoignages. Bien.
Voici quelques photographies que j’ai reçues d’un photographe, M. Enzo Russo, qui les a lui-même obtenues d’un touriste chinois qui se trouvait sur le quai avec son trépied, et qui a pratiquement filmé le naufrage proprement dit du navire en séquences chronologiques, reconstituant ainsi l’événement.
Le livre mentionne ici les deux chaloupes de sauvetage restées coincées sous les bras déployés des grues. Le système de grues permettant la mise à l’eau des chaloupes de sauvetage s’étend pour les descendre par-dessus bord et les poser correctement sur l’eau.
Lors de la rotation du navire, ces bras sont restés déployés et ont harponné la coque en fibre de verre des chaloupes, elles allaient pratiquement être écrasées sous le bord.
Donc, voici les résultats de l’enquête.
Alors je me demande, compte tenu de l’évidence de ces preuves et indépendamment de la ligne éditoriale que peut adopter un journaliste dans un tribunal, sachant que ces messieurs sont venus assister à 70 audiences, je me dis : comment se fait-il qu’ils n’aient pas réussi à porter cette vérité à la connaissance de leurs lecteurs ?
Voilà mon problème et la question que je pose.
Par conséquent, ce livre, outre le fait d’être un témoignage de la vérité, est aussi un moyen de porter à l’attention du public les résultats des enquêtes sur lesquelles le procès a été instruit.
FE
Cependant, commandant, malgré ces photos, le tribunal vous a reconnu coupable d’abandon du navire.
FS
Il y a eu réduction, c’est certain, et maintenant il nous faudrait comprendre pourquoi. Quelles en étaient les raisons ?
C’est pourquoi, par respect pour le pouvoir judiciaire, j’ai voulu faire preuve de prudence dans mes déclarations. concernant les images.
Les images … on m’avait conseillé de sortir le livre avant le prononcé du verdict.
Je m’y suis opposé car je ne voulais absolument pas manquer de respect à un tribunal qui a prouvé son humanité et sa sensibilité face aux problèmes des vicissitudes humaines.
J’ai toujours bénéficié d’un grand respect de la part du Corps des Magistrats, je m’y connais en hommes et je sens comment un homme perçoit un autre homme. Ce sont des choses que je n’oublierai pas.
Par respect, je n’ai pas souhaité commenter la présentation du livre, et donc, je me réserve donc le droit de comprendre pourquoi il a été donné un an a été accordé pour abandonné du navire.
Alors qu’en réalité, il s’agissait clairement d’un phénomène pratiquement physique et non d’un choix volontaire de ma part.
FE
Senta ma perché quella notte poi dopo c’è quell’immagine lei va a dormire in hotel c’è quell’intervista che rilascia se non ricordo male
Écoutez, mais pourquoi ces images la nuit suivante, où vous dormez à l’hôtel, et vous donnez unevinterview, si je me souviens bien ? Il y a aussi ça, malheureusement.
FS
Écoutez, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.
Vers 11h30, peut-être midi, l’avocat de Costa Croisières m’a dit alors que que j’étais dans un bureau de district de la Capitainerie du Port du Giglio, il m’a dit qu’il avait un taxi et que si je voulais, je pouvais aller à l’hôtel prendre une douche. Je suis donc allé à l’hôtel à midi et j’y suis resté un quart d’heure, le temps qu’ils me transfèrent ensuite en patrouilleur à Porto Santo Stefano.
Comme vous le voyez, malheureusement, il n’y a rien de vrai là non plus.
FE
Écoutez Schettino, nous attendons maintenant les motifs de la sentence, qu’en attendez-vous ?
FS
Je suis convaincu que les motifs de la sentence seront présentés avec professionnalisme et rigueur.
Au cours de ces 70 audiences, j’ai pu apprécier le professionnalisme du juge et de l’ensemble du tribunal de Grosseto.
Donc, si les raisons ne se reflétaient pas dans ce que j’ai, disons, ressenti ce soir-là, ce que j’ai essayé d’expliquer dans le livre, je crois qu’elles n’auraient pas été clairement expliquées parce que je crois que le procès s’est déroulé d’une manière remarquable, c’est tout.
Il n’est pas difficile pour un juge de comprendre, par exemple, certains aspects techniques.
Si les avocats, si les consultants techniques de l’enquête préliminaire avaient été compris, si toutes les discussions entre les experts qui ont eu lieu lors de ces 70 audiences, toute ces successions dynamique d’arguments même techniques étaient portées à l’attention des juges, je suis convaincu qu’ils feraient un excellent travail.
FE
Pour terminer, comment vit-on lorsqu’on est jugé par les gens symbole de la lâcheté de ce pays, comme je l’ai constaté ?
FS
Écoutez, je ne pense pas que les gens me jugent comme un lâche ou un symbole d’habileté parce que c’était tellement évident.
Il est tellement évident que l’appel téléphonique dont nous avons parlé est ce que De Falco a fait pour mettre un sceau sur toute cette histoire : quiconque l’écoute plusieurs fois réalise que c’est un sketch.
Il y a donc eu encore trois années de procès pendant lesquelles cela n’a toujours pas été expliqué à cause de ce phénomène médiatique qui refusait catégoriquement d’accepter une vérité différente.
Mais je crois que les gens ordinaires, au fond d’eux-mêmes … parce qu’il est impossible que … où que j’aille, les gens ordinaires qui me rencontrent et me serrent la main me montrent bien qu’ils ont compris comment les choses se sont passées en ce qui concerne l’abandon du navire …
Comme l’a indiqué le Valeriana Abate, les bénéfices de ce livre seront reversés à une Association caritative.
J’ai également eu l’idée d’octroyer une bourse d’études pour l’an prochain à un futur Capitaine au Long Cours qui aura obtenu d’excellents résultats à l’examen pour son savoir-faire de marin et qui décrochera son diplôme avec mention. C’est certain.
FE
C’est ma dernière question : un tribunal vous a condamné à 16 ans de prison en première instance. Vous croyez qu’avec ce livre de Vittoriana Abate, avec vos propos, avec ce que vous avez dit en quelques minutes lors de cet entretien, vous pourrez semer le doute chez les gens ?
FS
Je fais la distinction entre les deux : nous laisserons le procès aux juges.
Ensuite la médiatisation du procès, comme me l’a dit un ancien avocat – je ne parle pas du tribunal de Grosseto, mais des juges précédents – les auraient mis en difficulté pour m’accorder, après les six mois d’assignation à résidence, une mesure moins contraignante d’après laquelle j’étais tenu de rester dans ma ville.
On justifie donc cela comme si l’opinion publique, en bien ou en mal, avait eu une certaine influence sur le juge.
Je ne crois pas que cela se reproduira dans le futur, et ce livre n’a pas pour but de perturber le bon déroulement d’un procès.
Il s’agit d’un livre, d’une lecture des actes du procès, rédigé avec le professionnalisme qu’on a bien voulu me reconnaître à l’échelle Inter Nationale dans les années qui ont précédé l’accident.
Je me suis permis d’offrir une perspective et une lecture des événements différentes à l’attention de ceux qui, malheureusement, n’ont pas été informés.
Il ne s’agit donc pas, disons, de créer une occasion de toucher la sensibilité du tribunal.
Ce livre est dédié au lecteur, à ceux qui auraient dû être informés.
Il est inconcevable que, trois ans plus tard, on me demande encore si j’ai abandonné le navire ou non.
Le Verità Sommerse: Vittoriana Abate intervista il Comandante Francesco Schettino (Italian Edition)
Interview après la fin de l’assignation à résidence – juillet 2012
Publié dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord à 13 août 2026
Francesco Schettino aujourd’hui et sa demande pour sortir de prison
Publié dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord à 12 août 2026
Une vidéo publiée le 11 juillet 2026 par StartLine Entertainment, le canal qui vérifie ses sources
https://youtu.be/kdExEo3ecvo?is=2ZuCNqXdThM72qe0
Francesco Schettino demeure incarcéré à Rome, où il purge sa peine pour le naufrage du Costa Concordia, malgré sa demande de libération conditionnelle en 2025. Cette mise à jour dûment vérifiée explique où l’ancien capitaine est détenu, pourquoi sa demande de semi-liberté a été retirée, les chefs d’accusation retenus contre lui et pourquoi le documentaire Netflix de 2026, « Naufragés : Cauchemar en mer », a remis l’affaire sur le devant de la scène. Le Costa Concordia a heurté des rochers près de l’île de Giglio, en Italie, le 13 janvier 2012, et 32 passagers et membres d’équipage ont péri. Les sources incluent le rapport de PEOPLE sur la situation actuelle, le guide officiel du documentaire Netflix, les comptes rendus du jugement final du tribunal italien et la couverture médiatique contemporaine de la condamnation de Schettino.
Plan de la vidéo :
Chapitres
00:00 Où est Francesco Schettino maintenant.
00:44 La demande de libération qu’il a retirée.
01:42 Que signifie réellement la semi-liberté.
02:34 La collision du Costa Concordia.
03:45 Pourquoi l’évacuation est devenue centrale.
05:02 La condamnation pénale de Schettino.
06:12 Le dernier appel et l’emprisonnement.
07:03 Ce qu’apporte le documentaire de Netflix
08:06 Changements en matière de sécurité après la catastrophe.
09:03 Ce qui reste en suspens.
10:00 Le résumé de StarLine.
Les grandes lignes de la chronologie
13 janvier 2012 : Le Costa Concordia a heurté un rocher submergé près de l’île du Giglio et a chaviré. Trente-deux passagers et membres d’équipage sont décédés.
2013 : Le procès pénal de Schettino a débuté à Grosseto après l’enquête préliminaire et les enquêtes sur la collision et l’évacuation. 11 février,
11 février 2015 : Un Tribunal a reconnu Schettino coupable d’homicides involontaires multiples, d’avoir provoqué un désastre maritime et d’avoir abandonné le navire, et l’a condamné à une peine d’environ 16 ans.
31 mai 2016 : Une Cour d’Appel a confirmé la condamnation et la peine.
12 mai 2017 : La Cour de Cassation italienne a confirmé le jugement. Schettino a ensuite été incarcéré à la prison de Rebibbia à Rome.
Janvier 2025 : Schettino a demandé une semi-liberté après avoir purgé une peine suffisante pour bénéficier d’un régime de réclusion aménagé.
Avril 2025 : Il a retiré sa candidature faute d’avoir trouvé un stage approprié. Son avocat n’a pas exclu la possibilité de candidater à nouveau.
10 juillet 2026 : Netflix a sorti » Shipwrecked : Nightmare at Sea « , reportant l’attention sur la catastrophe et la situation actuelle de Schettino.
Sources vérifiées
PEOPLE — Pour le rapport d’information actuel, l’emplacement de la prison de Rebibbia et les détails de la demande de semi-liberté retirée en 2025.
Netflix Tudum — Source officielle confirmant la sortie et le sujet du documentaire « Naufragés : Cauchemar en mer ».
ABC News Australia — Confirmation de la confirmation de la peine par la Cour de Cassation italienne en mai 2017 et de l’incarcération de Schettino.
Archives Reuters — Ajout d’éléments de contexte contemporain concernant la défense de Schettino, selon laquelle la responsabilité dépassait sa personne, et documentation de la procédure judiciaire relative au naufrage.
ABC News — Confirmation de la condamnation de 2015, du verdict du procès de premier degré et des infractions à l’origine de la peine.
The Maritime Executive — Rapport sur la demande de semi-liberté de Schettino en janvier 2025 et explication des fondements de la reprise des discussions sur sa libération.
Ce dossier privilégie les décisions de justice définitives, les informations documentaires de première main et les reportages fiables plutôt que les récits viraux ou les étiquettes insultantes.
Où est Francesco Schettino maintenant ?
Francesco Schettino, l’ancien capitaine condamné pour le naufrage du Concordia, purge toujours une peine de 16 ans à la prison de Rebibbia à Rome.
Mais 14 ans après que le navire ait chaviré au large de l’île Italienne du Giglio, un événement récent a relancé l’intérêt pour son cas.
Schettino est devenu éligible à la semi-liberté, un dispositif lui permettrait de passer une partie de la journée hors de prison.
Il a déposé une demande, puis l’a retirée avant d’en bénéficier.
C’est cette information qui explique le regain d’intérêt pour Schettino, alors que Netflix revient sur la catastrophe dans le documentaire « Naufragés : Cauchemar en mer ».
Ce documentaire, sorti le 10 juillet 2026, utilise des témoignages de survivants et des images inédites pour reconstituer la nuit où le Costa Concordia a heurté les rochers, a chaviré et est devenu le théâtre de l’une des catastrophes maritimes les plus étudiées de l’ère des croisières modernes.
Il a retiré sa demande de semi-liberté
Schettino est incarcéré depuis mai 2017, date à laquelle la Cour Suprême Italienne a confirmé sa condamnation.
Il a été reconnu coupable d’homicides involontaires multiples, de naufrage et d’abandon de navire avec des passagers à bord.
Le jugement définitif a mis fin à la procédure d’appels et Schettino a été incarcéré à la prison de Rabibbia à Rome.
Sa peine est, en gros, de 16 ans.
Le détail initial de la peine comprenait 10 ans pour les décès, 5 ans pour le naufrage du navire et un an pour l’abandon de passagers.
Des témoignages de l’époque font également état d’un mois supplémentaire pour avoir fourni des informations inexactes aux autorités maritimes, ce qui explique pourquoi certains rapports indiquent une peine totale de 16 ans et 1 mois.
La question actuelle n’est pas de savoir si cette condamnation a été annulée. Elle ne l’a pas été.
La question actuelle concerne les modalités d’exécution du reste de la peine.
Que signifie réellement la semi-liberté ?
En janvier 2025, Schettino a demandé le régime de semi-liberté dans le système pénitentiaire Italien.
La semi-liberté ne signifie pas l’annulation d’une condamnation, l’obtention d’une grâce ou la pleine liberté.
Il s’agit d’un dispositif surveillé permettant à un détenu éligible de quitter l’établissement pour exercer des activités professionnelles ou de réinsertion autorisées, puis d’y retourner.
Selon les informations de l’époque, Schettino avait purgé une partie suffisante de sa peine pour pouvoir déposer une demande, mais en avril 2025, il l’a retirée.
Son avocat a déclaré que Schettino n’avait pas pu trouver de lieu de travail adéquat, condition nécessaire à la mise en œuvre de l’arrangement proposé.
L’avocat a indiqué qu’une autre demande pourrait être envisagée si une opportunité adéquate se présentait.
Aucune information fiable ultérieure concernant ce dossier ne confirme l’approbation d’une nouvelle demande.
La réponse la plus claire à ce jour est donc simple :
Schettino reste incarcéré à Rebibbia.
Il a envisagé de purger une partie de sa peine hors de prison, mais la démarche entreprise en 2025 n’a pas abouti à sa libération.
La collision du Costa Concordia
Pour comprendre l’importance de cette information, revenons au soir du 13 janvier 2012.
Le Costa Concordia naviguait près de l’île du Giglio avec plus de 4 000 passagers et membres d’équipage à bord.
Le navire s’est approché de l’île lors d’une manœuvre décrite dans les débats judiciaires et dans les rapports ultérieurs comme une manœuvre de passage rapproché.
Le navire a heurté un rocher sous-marin, provoquant une brèche importante dans la coque.
L’eau s’est engouffrée à bord, les systèmes électriques ont cessé de fonctionner et le navire a pris une forte gîte avant de finalement se coucher sur le flanc près de l’île.
L’impact à lui seul n’a pas déterminé l’affaire judiciaire.
Les enquêteurs et les procureurs se sont concentrés sur ce qui s’est passé après la collision : les informations transmises aux autorités, le délai avant l’ordre d’évacuation générale et le départ de Schettino du navire alors que des passagers et des membres d’équipage tentaient encore de s’échapper.
Pourquoi l’évacuation est devenue un point central
Les enregistrements des communications entre Schettino et l’officier des Garde-Côtes Gregorio De Falco sont devenus essentiels dans la compréhension du naufrage par l’opinion publique.
De Falco a ordonné à plusieurs reprises à Schettino de retourner à bord et de coordonner l’évacuation.
Cet échange est devenu le symbole du contraste entre la situation d’urgence qui se déroulait encore à bord et la position du capitaine qui s’était éloigné du navire.
Schettino a soutenu qu’il n’avait pas aussi simplement abandonné ses responsabilités et a maintenu que la responsabilité de la catastrophe dépassait le cadre d’une seule personne.
Il a admis avoir commis des erreurs, mais a affirmé à plusieurs reprises que les défaillances d’autres individus et systèmes avaient également contribué à la catastrophe.
Sa défense s’est efforcée de présenter l’événement comme un dysfonctionnement organisationnel plus général plutôt que comme le fruit des seules décisions d’un capitaine.
Les tribunaux l’ont néanmoins reconnu pénalement responsable des infractions sur lesquelles s’est fondée la peine finale.
La Cour d’Appel a confirmé la peine en 2016 et la Cour de Cassation l’a confirmée en mai 2017.
Il a été incarcéré immédiatement après le jugement définitif.
Les pertes de vies humaines demeurent l’élément central de tous les débats ultérieurs sur la peine de Schettino.
La condamnation pénale de Schettino
Trente-deux personnes sont décédées, parmi lesquelles des passagers et des membres d’équipage.
Des milliers d’autres ont subi une évacuation nocturne chaotique alors que le navire s’inclinait de plus en plus dans l’eau.
Les survivants ont décrit l’obscurité, la confusion, les voies bloquées, les canots de sauvetage inutilisables du côté incliné et l’incertitude quant à savoir s’ils devaient rester dans leurs cabines ou tenter de s’échapper.
Le nouveau documentaire de Netflix recentre l’attention sur ces expériences plutôt que de traiter l’histoire uniquement comme la chute d’un capitaine.
Netflix décrit la production comme un récit immersif construit à partir de témoignages de survivants et leurs images de la catastrophe.
Ce regain d’intérêt est important car l’histoire du Costa Concordia est parfois réduite à quelques détails viraux.
Le passage à proximité de l’île, le capitaine quittant le navire et l’ordre des garde-côtes lui enjoignant de revenir.
Le dossier complet comprend également les décisions de nombreux membres d’équipage, les témoignages des sauveteurs et les conséquences durables pour les survivants et les familles des victimes.
Le statut de Schettino a régulièrement fait la une des journaux car une peine de 16 ans ne signifie pas nécessairement 16 années civiles consécutives dans les mêmes conditions carcérales.
Le dernier recours et l’emprisonnement
La législation Italienne prévoit des mécanismes permettant aux détenus éligibles de demander un aménagement de leur régime de détention en fonction de la durée de la peine déjà effectuée, de leur comportement et des exigences de leur réinsertion.
L’éligibilité à une demande ne vaut cependant pas approbation.
Dans le cas de Schettino, l’obstacle rencontré était à la fois pratique et juridique.
La semi-liberté exige généralement un motif précis pour quitter la prison, souvent un emploi agréé.
Son avocat a indiqué que l’absence de placement adéquat les avait conduits à retirer leur demande.
Le tribunal n’a donc pas accordé le régime de libération conditionnelle décrit ci-dessus.
Certains articles ont évoqué sa demande de manière imprécise écrivant » libération anticipée « . Cette expression peut induire en erreur.
Il s’agissait en réalité d’un régime de détention plus limitée, et non d’une annulation de la peine ou d’une déclaration d’annulation de la condamnation.
Ce qu’apporte le documentaire de Netflix
Une personne en semi-liberté reste soumise à sa peine et doit respecter des conditions strictes.
Il est également important de ne pas affirmer que Schettino va être est libéré à une date précise sans un calcul actuel faisant autorité.
Les réductions de peine, les règles de détention et les décisions de justice peuvent influer sur le calendrier réel.
Les informations disponibles indiquent qu’il reste emprisonné et qu’il pourrait déposer une nouvelle demande de semi-liberté, mais elles ne font pas état d’une confirmation récente d’un ordre de libération définitif.
La catastrophe a également eu des conséquences bien au-delà du cas de Schettino.
Les procédures de sécurité des navires de croisière ont été revues au niveau international après que les enquêteurs ont examiné l’évacuation tardive et le fait que certains passagers n’avaient pas encore participé à un exercice d’évacuation car ils avaient embarqué seulement quelques heures auparavant.
Les réglementations industrielles et internationales ont par la suite mis l’accent sur la tenue d’exercices de sécurité pour les passagers avant ou peu après le départ, la restriction de l’accès non autorisé au pont, l’amélioration des emplacements des gilets de sauvetage et la mise en évidence des itinéraires et des équipements d’urgence.
Changements en matière de sécurité après la catastrophe
Le navire a physiquement disparu.
Au prix d’un énorme chantier de sauvetage, le Costa Concordia a été renfloué, retiré du Giglio et démantelé.
L’opération est devenue une véritable prouesse d’ingénierie, mais son achèvement n’a pas mis fin aux conséquences juridiques et émotionnelles.
L’épave a disparu du rivage.
Les conséquences, elles, sont restées.
Schettino a continué d’affirmer qu’il portait une part disproportionnée de responsabilité.
De même, les critiques de l’affaire se sont demandés si les défaillances techniques et opérationnelles de l’entreprise avaient reçu suffisamment d’attention.
Ces arguments font partie du débat public actuel, mais ils ne modifient pas le statut juridique final.
Sa condamnation a été confirmée par la Cour de Cassassion Italienne.
La distinction entre fait juridique et interprétation documentaire est particulièrement importante.
Un documentaire peut présenter des témoignages, des images inédites et des points de vue divergents, mais il ne s’agit pas d’un nouveau procès.
Ce qui reste en suspens
Les spectateurs pourraient se poser de nouvelles questions sur la conception du navire, la supervision de la compagnie, la culture en passerelle ou les agissements des autres membres d’équipage.
Ces questions peuvent enrichir la compréhension historique de la catastrophe sans pour autant remettre en cause un jugement de tribunal.
Ce que StartLine en dit, c’est que l’histoire de Schettino est entrée dans une nouvelle phase.
La question n’est plus de savoir s’il sera poursuivi en justice ou si sa condamnation sera confirmée en appel.
Ces problèmes ont été réglés il y a des années.
La question actuelle est de savoir si le système judiciaire Italien lui permettra finalement de purger une partie de sa peine restante sous surveillance extra-carcérale.
Sa première demande pour obtenir une semi-liberté, qui fut rendue publique, a échoué faute de lieu de travail adéquat.
Cela n’empêche pas une nouvelle demande, mais aucune libération conditionnelle n’a été confirmée dans les dernières informations fiables consultées ici.
Les téléspectateurs ne doivent pas présumer qu’il a déjà été libéré sous caution, que sa peine de 16 ans a été réduite, ni que Netflix a découvert qu’il y avait eu un nouveau jugement.
Le Résumé de Starline
Le documentaire a ravivé l’intérêt du public pour l’affaire.
Il n’a pas modifié la condamnation.
Voici le résumé certifié : Francesco Schettino purge sa peine à la prison de Rebibbia à Rome.
Il a été incarcéré en mai 2017 après que la Cour de Cassassion Italienne a eu confirmé sa condamnation pour homicides involontaires multiples, avoir entraîné le naufrage du Costa Concordia et abandon du navire.
En 2025, il a demandé une semi-liberté, mais a retiré sa demande faute d’emploi.
La prochaine étape sera de suivre une nouvelle demande, une décision de justice, une modification des conditions de détention ou une libération conditionnelle.
Dans l’attente de ces événements, Schettino demeure en prison, où il purge la peine prononcée pour son rôle dans la catastrophe qui a coûté la vie à 32 personnes.

