Archives de juillet 2026

De l’Officier Di Piazza

Udienza 12 11 2012 – Di Piazza et Borghero


Le premier témoin entendu lors de l’audience du 12 novembre est Ugo Di Piazza, qui avait rejoint le navire comme Élève-officier en 2010 et était Officier en Salle des Machines au moment du naufrage – preuve supplémentaire qu’il est vraiment facile de gravir les échelons dans cette compagnie !

Son témoignage a révélé que malgré la fermeture d’une porte étanche, l’eau s’infiltrait « copieusement », démontrant que ces portes, par ailleurs souvent ouvertes en navigation comme l’a lui-même rapporté ce même témoin, ne remplissaient pas correctement leur fonction essentielle de sécurité, même fermées.

Il a indiqué avoir signalé la situation presque immédiatement à son supérieur, Borghero, lui disant que deux compartiments étaient inondés et qu’un troisième était en train de se remplir d’eau sous ses yeux.

Il est donc clair que tous ceux qui se trouvaient sur la passerelle connaissaient l’état réel du navire quelques minutes seulement après l’impact. Cette circonstance aggrave la situation du capitaine, qui n’a pas donné l’alerte générale ni abandonné le navire, mais aussi celle des autres accusés en même temps que Schettino, qui font actuellement l’objet d’un pourvoi devant la Cour de Cassation suite à l’appel interjeté contre la décision de négociation de peine du Procureur Général de Florence, comme demandé dans une requête spécifique des avocats de « Giustizia per la Concordia ».

Di Piazza indique clairement que pour les personnes présentes dans la salle des Machines, il était évident qu’avec les moteurs et les générateurs électriques irrémédiablement hors service, le navire était devenu ingouvernable. Malgré la gravité de la situation, les précieuses minutes pour la vie des passagers à sauver ont continué de s’écouler sans que l’alarme (delta x-ray) n’ait été déclenchée, ni même l’état d’urgence générale, ce qui aurait permis de commencer la procédure d’appel pour d’amorcer l’évacuation des passagers. Le témoin rapporte que « la panique était telle qu’elle a empêché que le débarquement puisse se faire dans l’ordre » et que les canots de sauvetage ont été mis à l’eau avant même les ordres codés que la passerelle tardait trop à donner.

Mais même l’authenticité de ce témoignage, concernant certaines circonstances que le témoin semble ignorer ou avoir oubliées, est entachée par le fait que, ainsi que nous le découvrons maintenant audience après audience, immédiatement près les premiers entretiens avec les enquêteurs, Piazza a été convoqué par les avocats de Costa (parfois en présence de représentants de Carnival) pour un compte rendu de l’incident et pour se voir attribuer une indemnisation aussi rapide que satisfaisante. Sans même l’avoir demandée !

Le témoignage de Tonio Borghero, employé de Costa depuis 2002 et Second Officier de la Salle des Machines est de même nature/sur le même sujet. Il a également témoigné lors de l’audience du 12 novembre. Son témoignage confirme la gravité de la situation et combien la destruction totale de la salle des machines était évidente, à cause de l’inondation complète des compartiments. Il précise qu’il se trouvait dans sa cabine au moment de l’impact et qu’il avait eu la sensation qu’il s’était produit quelque chose en ressentant l’inclinaison du navire (gîte) et les vibrations, car il n’avait pas senti l’impact lui-même ! À ce sujet, il est bon de rappeler que la cabine du témoin se situe sur le pont 5 et que le groupe électrogène de secours n’est pas situé en dessous du pont zéro (donc dans la partie inférieure du navire), mais sur le pont 11 !

Ce qui nous permet de réfuter les déclarations de Costa Croisières, en sa qualité de partie civile responsable, en ce qui concerne ce point précis (ils ont essayé de justifier le dysfonctionnement du groupe électrogène de secours – au pont 11 – en prétendant publiquement que la cause de la panne était manifestement due aux conséquences de l’impact sur le système). En effet, l’impact n’a affecté que les ponts situés sous la ligne de flottaison (pont 0), et personne au-dessus de ce pont n’a ressenti l’impact, si ce n’est par des vibrations et de la gîte ! Imaginez si le groupe électrogène de secours, qui par définition doit fonctionner en cas d’urgence, pouvait être mis en panne pour cette raison ; il a tout simplement dysfonctionné, comme tant d’autres équipements, et précisément au moment où il était vital pour assurer la sécurité des passagers (ascenseurs, gouvernails, éclairage, treuils des canots de sauvetage, etc.) !

Là encore, pour user du même ton que celui employé par l’avocat de la société à l’égard des parties civiles, nous pouvons affirmer que ce qui importe dans ce procès, ce sont les témoignages des témoins et les rapports d’experts, alors que les déclarations de maître De Luca devant la caméra ne veulent rien dire, ou plutôt, pour le paraphraser, on pourrait dire qu’elles valent moins que zéro (encore mieux, qu’elles ne valent pas plus que ce que le pont zéro n’a compté !).

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De l’Officier Di Lena

Audience du 25 11 2013
https://giustiziaperlaconcordia.wordpress.com/?s=Di+Lena&submit=Cerca&fbclid=IwT01FWATL79dleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZAwzNTA2ODU1MzE3MjgAAR65-pkkbqoEmjieBb3cLykKnYFNFOTOE-kcOo9s3rwBX5PpncTj8rpiaUIVfQ_aem_wazz-ZNxvz3jUty2Rhfl0A

Jacqueline Abad Quine, assistante directrice de croisière de nationalité péruvienne, est la femme qui, dans la fameuse vidéo devenue mondiale et filmée par certains passagers au début de la panne d’électricité (alors que la gravité de la situation était déjà évidente), a lancé au mégaphone l’annonce OÙ ELLE INVITE AVEC BEAUCOUP D’ÉNERGIE LES PASSAGERS À REGAGNER LEURS CABINES ET À Y RESTER CALMEMENT ASSIS.
Telle une actrice de feuilleton chevronnée, après avoir démontré à plusieurs reprises son ignorance totale des signaux d’urgence à bord des navires Costa (Delta X-ray, urgence générale, alarme incendie, etc.) malgré son appartenance au personnel chargé d’assister les passagers en cas de problème, elle a fait ensuite un récit poignant du naufrage et, visiblement en larmes, a assumé la responsabilité de cette annonce qui, de fait, a probablement condamné à mort ceux qui avaient décidé de descendre dans leurs cabines en suivant les instructions du personnel de bord. Elle a affirmé avoir obéi aux ordres de ses supérieurs, notamment de Raccomandato, Directeur de Croisière du Concordia. Naturellement, ce dernier, interrogé immédiatement après, nie avoir donné l’ordre d’envoyer les passagers dans leurs cabines. Il affirme en revanche avoir personnellement annoncé un problème technique avec les générateurs électriques, et avoir donné des renseignements analogues à ses subordonnés, pour rassurer les passagers, mais sans jamais les faire retourner dans leurs cabines.

Ce qui est particulièrement incroyable et dur à digérer, c’est qu’Abad, convoquée par Carnival seulement 15 jours après le naufrage, a reçu environ 30 000 dollars, sans même pouvoir préciser à quel titre. Et, tenez-vous bien, elle a même été promue Directrice de Croisière !

Le témoignage suivant, celui d’Ortolano, responsable des remorqueurs du port de Civitavecchia, est également très intéressant. Notamment pour les relevés téléphoniques qui ont émergé lors de sa déposition et que nous examinerons plus loin, où il précise que si ses remorqueurs étaient arrivés alors que le Concordia était encore bien horizontale ou en tout cas ne gîtait pas excessivement, ils auraient pu l’amener jusqu’à un endroit où il aurait été en sécurité.

Étant donné que le témoin Di Lena, Officier à l’Environnement, a déclaré plus tard lors de la même audience que, si les pompes électriques destinées à évacuer de les grandes masses d’eau avaient fonctionné (elles ne pouvaient pas fonctionner car les 6 générateurs électriques principaux et le générateur de secours – DGE – étaient hors service), elles auraient pu ramener l’inclinaison du navire de 10,9 degrés à 5 degrés, il est facile d’affirmer que SI LES AUTORITÉS CÔTIÈRES AVAIENT IMMÉDIATEMENT FAIT APPEL AUX REMORQUEURS ET SI LE DGE AVAIT FONCTIONNÉ, les navires de sauvetage auraient pu remorquer le navire vers des eaux sûres.

Dommage qu’au lieu d’utiliser la VHF ou le panneau affichant tous les numéros des garde-côtes et des véhicules de sauvetage disponible sur la passerelle (comme l’a indiqué Spadavecchia lors de la dernière audience), le commandant Schettino ait du attendre des heures avant d’obtenir le numéro de téléphone portable d’Ortolani (auprès de la cellule de crise de Costa ?), de le faire noter à la main sur un morceau de papier, de ne pouvoir appeler les remorqueurs qu’ensuite, lesquels sont arrivés sur les lieux alors que tout était perdu.

Di Lena lui-même affirme qu’il savait pour le « salut traditionnel » à l’île du Giglio dès le départ, et qu’il avait participé à l’inchino à d’autres occasions auparavant, tant au Giglio qu’à Ponza et à Capri !

Enfin, d’après le témoignage d’Anziani, ancien Directeur de Machine du Concordia et actuellement à bord du Costa Serena, nous apprenons que tous les navires de cette « série », dépourvus de système de doublage électrique, présentent un problème structurel. En cas de défaillance du tableau électrique principal, par exemple suite à une inondation ou un incendie dans le compartiment étanche concerné (l’inondation d’un seul compartiment étanche suffirait-elle ?!), le navire est plongé dans une panne d’électricité totale et irréversible, comme ce fut le cas sur plusieurs navires de Carnival, qui auraient dérivé pendant près de quatre jours dans le Pacifique.

Il s’agit des Carnival Triumph, Splendor, Victory, Conquest et Freedom, ainsi que des Costa Pacifica, Serena, Fascinosa, Favolosa, Magica et Costa Fortuna !

À la prochaine audience, nous entendrons le Commandant De Falco !



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Sa fille demande la vérité

La fille de Schettino exige la vérité :
« Assez de mensonges sur mon père ! »
Schettino : la figlia chiede la verità : Basta bugie sul conto di mio padre

19 août 2022 – un article de Paolo Colantoni paru le 19 août 2022 sur le journal Notizie.com

« La condamnation n’a pas été confirmée par Strasbourg et l’équité du procès n’a pas été établie. La presse est restée floue. »

Ces derniers jours, de nombreux médias ont repris leur couverture du procès de l’ancien Commandant du Concordia, Schettino, spéculant sur des scénarios très précis. Sa fille, Rossella, réclame des éclaircissements : « Suite aux reportages publiés par des médias télévisés et des journaux reconnus, et compte tenu de l’intérêt manifesté pour la décision de la Cour de Strasbourg, il me semble important de préciser que la CEDH ne s’est pas encore prononcée sur le fond des arguments présentés dans le recours détaillé déposé par la défense. Par conséquent, pour l’instant du moins, il n’est pas question pour Strasbourg de confirmer la condamnation ni de statuer sur l’équité du procès. »

La fille de l’ex-commandant du Concordia explique clairement la situation procédurale. « Je ne doute pas de l’authenticité des informations qu’a reçues l’auteur de l’article, mais j’attribue des inexactitudes à ceux qui avaient intérêt à le republier un mois plus tard. Par souci d’équité, j’espère que mon article bénéficiera de la même couverture médiatique que celui qui est paru le 15 août. Comme il est indiqué dans l’extrait du jugement que j’ai en ma possession, l’ensemble du recours a été examiné en une seule journée d’audience. Honnêtement, il me semble peu probable que la Cour de Justice de l’Union Européenne ait eu le temps d’examiner la quantité de documents produits lors des plus de 90 audiences tenues devant les trois Cours italiennes. »

En outre : « La juge fonde sa décision sur l’article 35 du Règlement Européen, qui prévoit que le recours est accordé à condition que les trois niveaux de procédure aient été menés en Italie et qu’une condamnation définitive ait été prononcée.

En effet, suite à la sentence de la Cour de Cassation de 2017 qui a épuisé les voies de recours internes en Italie, la défense a présenté dans les délais impartis un recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, laquelle l’a jugé recevable. En mars 2018, nous avons été informés que le premier filtre de recevabilité avait été franchi. Quatre ans plus tard, précisément le 13 janvier 2022, jour anniversaire du dixième anniversaire, la Cour Européenne a déclaré le recours irrecevable, considérant probablement que les voies de recours internes n’avaient pas été épuisées à cette date. Il est exact que, en juillet 2021, la défense, n’ayant reçu aucune nouvelle de la CEDH pendant près de trois ans et demi, a transmis une requête en révision du procès devant la Cour d’Appel de Gênes qui se trouvait être compétente. »

« Lors de l’audience unique du 13 janvier 2022, la Cour de Justice de l’Union Européenne, après examen des pièces du dossier, a conclu à l’absence de « violation manifeste des droits et libertés ». À cette date, la demande de réexamen du procès présentée par la défense était en cours d’examen à Gênes. Si elle avait été acceptée, cette demande n’aurait manifestement porté atteinte à aucun droit fondamental à la défense ou à la liberté, l’affaire ayant pu être tranchée au niveau interne italien. »

« Ce point de Droit est clairement subtil, et je laisse aux experts le soin de l’interpréter », poursuit Rossella Schettino.

« En plus de la lecture des documents, les informations n’ont pas manqué. En effet, depuis début janvier 2022, à l’occasion du dixième anniversaire de l’accident, l’information a été largement diffusée en Europe sur toutes les grandes chaînes, notamment en documentaires et reportages, selon lesquels la défense attendait l’approbation du pourvoi en cassation par la Cour d’Appel de Gênes. Hormis le mystère qui entoure la date de notification de l’irrecevabilité du recours, qui semble liée au statut juridique du pourvoi en cassation soumis à la Cour d’Appel de Gênes, il paraît évident que si’cette notification était connue, elle permettrait aujourd’hui de lever rapidement le voile sur ce mystère. »

La défense a été contrainte à une véritable bataille. « Il me semble absurde que, dans un pays pro-européen et pro-atlantique comme le nôtre, maître Senese doive recourir aux institutions italiennes pour obtenir la notification d’un arrêt européen dans un procès aussi important, arrêt qui clarifierait tout et que nous réclamons depuis plus d’un mois. Que la défense ait ou non demandé un réexamen du procès en Italie au fil des ans, l’arrêt de la Cour de Cassation devrait également être considéré comme un arrêt définitif de la Cour de Strasbourg, puisqu’il détermine l’exécution objective d’une peine d’emprisonnement ! Si l’article 35 du Règlement Européen s’applique toujours et sans exception, je me demande s’il ne serait pas utile de fixer un délai maximal de réponse, au moins pour les personnes incarcérées qui attendent l’avis du second filtre de recevabilité.

Est-il vraiment possible qu’on veuille qu’une personne détenue attende une notification qui n’est toujours pas arrivée bien que plus de 7 mois se soient écoulés depuis janvier 2022 ? »

« En l’absence de délai fixé par la CEDH, devons-nous donc attendre indéfiniment, pendant des années, sans pouvoir exercer de recours devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, afin d’éviter le rejet de notre appel après une attente interminable ? Fixer un délai de recours devant la Cour de justice de l’Union européenne, s’il n’en existe pas déjà un, lèverait toute ambiguïté et éviterait les complications liées aux notifications. Cela permettrait notamment d’éviter la regrettable situation où des demandes de réexamen seraient en instance devant les tribunaux des États Membres et entreraient en conflit avec la compétence de la Cour de Justice de l’Union Européenne. »

« Par respect pour la vérité et la justice, je suis profondément attristée par la confusion qui continue de régner autour de cet événement tragique. Je suis certaine que les lecteurs attentifs saisiront la profondeur et la raison de mon message.

J’espère qu’à l’avenir, personne ne subira le même traitement médiatique que celui que j’ai vu de mes yeux, et qu’aucun tribunal ne cautionnera plus une telle situation.

Du plus profond de mon cœur, je suis désolée pour toutes les personnes qui, ayant été touchées au plus profond d’elles-mêmes, doivent voir se raviver leur douleur, qui est aussi en partie la mienne en cet été qui devrait être insouciant », conclut Rossella Schettino.

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Où en est-il juridiquement ?

La Cour européenne rejette le recours de Schettino.
Maître Senese, avocat de la défense : « Je suis très perplexe. »


La Corte Europea respinge il ricorso di Schettino. L’avvocato Senese: “Sono molto perplesso”

Un article de Francesco Spagnolo paru le 11 juillet 2022 sur le journal Notizie.com.

La Cour européenne a rejeté le recours de Schettino contre sa peine de 16 ans de prison. Son avocat, Maître Senese, nous a déclaré : « Nous ne nous attendions pas à une telle peine. »



Le recours de Francesco Schettino contre sa peine de 16 ans de prison pour le naufrage du Costa Concordia a été rejeté. Selon TgCom24, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a débouté ses avocats de leur demande de réexamen du procès pour  suspicion d’iniquité.

Les avocats de l’ancien capitaine du Costa Concordia avaient également dénoncé une campagne médiatique qui avait corseté le procès, notamment en première instance. D’où la décision de se tourner vers la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Les juges ont cependant rejeté le recours et confirmé la peine de troisième degré prononcée en mai 2017. Mais la bataille des avocats de Schettino est loin d’être terminée et d’autres démarches seront probablement entreprises à l’avenir pour tenter d’obtenir une révision du procès.

L’avocat de Schettino a déclaré à ‘Notizie.com’ : « Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas. »
La rédaction de Notizie.com a contacté Saverio Senese, l’un des avocats de Schettino, pour qu’il commente cette décision et nous explique quelles seront les prochaines démarches qui seront entreprises en vue de chercher à obtenir la révision du procès. 

« Ce qui m’étonne dans cette histoire –  nous a confié Maître Senese – c’est qu’ils aient d’abord déclaré l’appel recevable, puis changé d’avis après l’anniversaire (nds : le 13 janvier). Je suis vraiment très perplexe. De plus, nous n’avons appris cette décision que maintenant, alors qu’il semblerait qu’elle ait été prise dès janvier. Et nous n’avons toujours rien reçu, en 45 ans de carrière je n’ai jamais rien vu de tel. »

Quant aux démarches à venir, l’avocat de Schettino a déclaré : « Nous n’avons encore rien décidé. Nous verrons ce qu’il convient de faire dans les prochains jours et, entre-temps, nous attendons la décision de la Cour de Cassation concernant la sentence de la Cour d’Appel de Gênes qui a confirmé l’accusation d’homicide involontaire. Si j’ai eu un contact avec mon client depuis l’arrêt de la Cour Européenne ? Non. »

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Que devient Francesco Schettino ?

Schettino, detenu modèle : condamné à 16 ans, l’ex-commandant suit, depuis la prison, des cours universitaires en droit et en journalisme.
À propos du Concordia qui a fait naufrage près de l’île du Giglio, il déclare : « Je n’ai pas oublié les trente-deux victimes, je n’oublie pas non plus le fait que j’ai servi de bouc émissaire. »

Un article de Grazia Longo publié le 3 janvier 2022 sur le journal La Stampa.

« Peut-être que vos lecteurs auront du mal à le croire, mais moi aussi, je fais des cauchemars. Je n’ai pas oublié les trente-deux victimes du Concordia, mais je n’ai pas oublié non plus que j’ai servi de bouc émissaire. » C’est là l’amertume la plus grande de Francesco Schettino, 61 ans, ancien commandant du Costa Concordia qui a coulé en face de l’île du Giglio il y a dix ans, le 13 janvier 2012. Depuis plus de quatre ans et demi, il est détenu dans le nouveau complexe pénitentiaire de Rebibbia, où il purge une peine de 16 ans pour homicides involontaires multiples, naufrage involontaire, blessures involontaires multiples, abandon de navire et fausses déclarations.

En réalité, en tenant compte de la période de détention provisoire, la peine s’élève à 15 ans, six mois et sept jours. Par conséquent, après le 17 mai, une fois cinq ans purgés, soit un tiers de sa peine, Schettino pourra demander des mesures alternatives à l’emprisonnement. « D’ici là, j’attends l’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg pour la révision du procès qui, quatre ans plus tard, ne s’est toujours pas prononcée. Et je ne vous cache pas ma perplexité face à une durée d’attente aussi longue. »

Les réflexions de l’ancien officier nous sont rapportées par son avocat, maître Donato Laino, qui, avec son collègue maître Saverio Senese, fait partie de l’équipe de la défense qui gère également de la demande de révision du procès.

« Le commandant Schettino a traversé et continue de traverser une épreuve psychologique difficile », souligne maître Laino. « Il est lui aussi un naufragé, si vous voulez bien le reconnaître ; il ressasse sans cesse cette nuit maudite et pense à ces trente-deux morts. Il est le seul à en payer le prix en vivant une peine de prison, mais la vérité est qu’au départ le naufrage a été causé par une erreur organisationnelle. On a voulu chercher un coupable, pas la vérité. »

Un coupable. Un bouc émissaire, en effet, comme le prétend Francesco Schettino, également surnommé capitan Inchino, pour cette manœuvre délicate qui consistait à saluer imprudemment l’île du Giglio qui a conduit le navire à s’écraser irrémédiablement contre les rochers de Le Scole.

« J’ai été victime d’un procès médiatique avant même que le procès judiciaire ait eu lieu », pense-t-il. Et ce n’est pas un hasard si Schettino suit deux cours universitaires à la nouvelle prison de Rebibbia : l’un en droit et l’autre en journalisme. Ce sont deux domaines qu’il souhaite approfondir au maximum, car ce sont précisément les mondes judiciaire et journalistique qui lui ont donné le sentiment d’être injustement pris pour cible. Cependant, une réponse exhaustive à la question la plus importante reste sans réponse : pourquoi le capitaine Schettino a-t-il abandonné le navire au lieu d’organiser les secours ? L’avertissement péremptoire de Gregorio De Falco, officier exécutant des Garde-Côtes, résonne encore dans les mémoires : « Remontez à bord …  ! »

Dix ans ont passé. Schettino, pendant ce temps, se comporte en détenu modèle dans sa cellule. L’aumônier de la prison, le père Lucio Boldrin, ne tarit pas d’éloges à son sujet : « Il est très aimable et respectueux envers les autres détenus, ne leur faisant jamais sentir le poids de son passé. Il est très investi dans ses deux cursus universitaires, et je trouve cette attitude très encourageante. D’ailleurs, il m’a confié qu’il ne voulait pas perdre son temps en prison et qu’il le mettait donc à profit pour se réinsérer. »

En prison, le temps semble s’étirer indéfiniment. Mais Schettino, outre ses études, fait aussi beaucoup de sport grâce au gymnase bien équipée, à la lecture (en anglais) et à sa collaboration au journal interne de la prison « Dietro le sbarre ». « Il fait toujours preuve d’un engagement et d’une productivité exemplaires », poursuit l’aumônier, « et il est très apprécié des autres détenus. Heureusement, ces derniers mois, les visites familiales ont repris, car la Covid l’avait contraint à passer 500 jours en isolement. Schettino attend toujours avec impatience de revoir sa fille Rossella. »

Cette dernière a par ailleurs ouvert une chaîne YouTube pour publier des vidéos filmées avec son père afin de démontrer qu’il y a d’autres personnes qui sont responsables du naufrage. « Mon père », explique-t-elle sur Facebook, « est resté seul tout au long de cette affaire, depuis le tout premier instant sur la passerelle, où toute l’équipe a failli à sa mission et n’a pas participé aux phases les plus cruciales de la manœuvre et de la gestion de l’urgence. » D’où ses cauchemars en prison. Mais comment oublier le cauchemar de ces trente-deux victimes, dont une fillette de cinq ans, emportées par les eaux une nuit, il y a dix ans ?

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