La fille de Schettino exige la vérité :
« Assez de mensonges sur mon père ! »
Schettino : la figlia chiede la verità : Basta bugie sul conto di mio padre
19 août 2022 – un article de Paolo Colantoni paru le 19 août 2022 sur le journal Notizie.com
« La condamnation n’a pas été confirmée par Strasbourg et l’équité du procès n’a pas été établie. La presse est restée floue. »
Ces derniers jours, de nombreux médias ont repris leur couverture du procès de l’ancien Commandant du Concordia, Schettino, spéculant sur des scénarios très précis. Sa fille, Rossella, réclame des éclaircissements : « Suite aux reportages publiés par des médias télévisés et des journaux reconnus, et compte tenu de l’intérêt manifesté pour la décision de la Cour de Strasbourg, il me semble important de préciser que la CEDH ne s’est pas encore prononcée sur le fond des arguments présentés dans le recours détaillé déposé par la défense. Par conséquent, pour l’instant du moins, il n’est pas question pour Strasbourg de confirmer la condamnation ni de statuer sur l’équité du procès. »
La fille de l’ex-commandant du Concordia explique clairement la situation procédurale. « Je ne doute pas de l’authenticité des informations qu’a reçues l’auteur de l’article, mais j’attribue des inexactitudes à ceux qui avaient intérêt à le republier un mois plus tard. Par souci d’équité, j’espère que mon article bénéficiera de la même couverture médiatique que celui qui est paru le 15 août. Comme il est indiqué dans l’extrait du jugement que j’ai en ma possession, l’ensemble du recours a été examiné en une seule journée d’audience. Honnêtement, il me semble peu probable que la Cour de Justice de l’Union Européenne ait eu le temps d’examiner la quantité de documents produits lors des plus de 90 audiences tenues devant les trois Cours italiennes. »
En outre : « La juge fonde sa décision sur l’article 35 du Règlement Européen, qui prévoit que le recours est accordé à condition que les trois niveaux de procédure aient été menés en Italie et qu’une condamnation définitive ait été prononcée.
En effet, suite à la sentence de la Cour de Cassation de 2017 qui a épuisé les voies de recours internes en Italie, la défense a présenté dans les délais impartis un recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, laquelle l’a jugé recevable. En mars 2018, nous avons été informés que le premier filtre de recevabilité avait été franchi. Quatre ans plus tard, précisément le 13 janvier 2022, jour anniversaire du dixième anniversaire, la Cour Européenne a déclaré le recours irrecevable, considérant probablement que les voies de recours internes n’avaient pas été épuisées à cette date. Il est exact que, en juillet 2021, la défense, n’ayant reçu aucune nouvelle de la CEDH pendant près de trois ans et demi, a transmis une requête en révision du procès devant la Cour d’Appel de Gênes qui se trouvait être compétente. »
« Lors de l’audience unique du 13 janvier 2022, la Cour de Justice de l’Union Européenne, après examen des pièces du dossier, a conclu à l’absence de « violation manifeste des droits et libertés ». À cette date, la demande de réexamen du procès présentée par la défense était en cours d’examen à Gênes. Si elle avait été acceptée, cette demande n’aurait manifestement porté atteinte à aucun droit fondamental à la défense ou à la liberté, l’affaire ayant pu être tranchée au niveau interne italien. »
« Ce point de Droit est clairement subtil, et je laisse aux experts le soin de l’interpréter », poursuit Rossella Schettino.
« En plus de la lecture des documents, les informations n’ont pas manqué. En effet, depuis début janvier 2022, à l’occasion du dixième anniversaire de l’accident, l’information a été largement diffusée en Europe sur toutes les grandes chaînes, notamment en documentaires et reportages, selon lesquels la défense attendait l’approbation du pourvoi en cassation par la Cour d’Appel de Gênes. Hormis le mystère qui entoure la date de notification de l’irrecevabilité du recours, qui semble liée au statut juridique du pourvoi en cassation soumis à la Cour d’Appel de Gênes, il paraît évident que si’cette notification était connue, elle permettrait aujourd’hui de lever rapidement le voile sur ce mystère. »
La défense a été contrainte à une véritable bataille. « Il me semble absurde que, dans un pays pro-européen et pro-atlantique comme le nôtre, maître Senese doive recourir aux institutions italiennes pour obtenir la notification d’un arrêt européen dans un procès aussi important, arrêt qui clarifierait tout et que nous réclamons depuis plus d’un mois. Que la défense ait ou non demandé un réexamen du procès en Italie au fil des ans, l’arrêt de la Cour de Cassation devrait également être considéré comme un arrêt définitif de la Cour de Strasbourg, puisqu’il détermine l’exécution objective d’une peine d’emprisonnement ! Si l’article 35 du Règlement Européen s’applique toujours et sans exception, je me demande s’il ne serait pas utile de fixer un délai maximal de réponse, au moins pour les personnes incarcérées qui attendent l’avis du second filtre de recevabilité.
Est-il vraiment possible qu’on veuille qu’une personne détenue attende une notification qui n’est toujours pas arrivée bien que plus de 7 mois se soient écoulés depuis janvier 2022 ? »
« En l’absence de délai fixé par la CEDH, devons-nous donc attendre indéfiniment, pendant des années, sans pouvoir exercer de recours devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, afin d’éviter le rejet de notre appel après une attente interminable ? Fixer un délai de recours devant la Cour de justice de l’Union européenne, s’il n’en existe pas déjà un, lèverait toute ambiguïté et éviterait les complications liées aux notifications. Cela permettrait notamment d’éviter la regrettable situation où des demandes de réexamen seraient en instance devant les tribunaux des États Membres et entreraient en conflit avec la compétence de la Cour de Justice de l’Union Européenne. »
« Par respect pour la vérité et la justice, je suis profondément attristée par la confusion qui continue de régner autour de cet événement tragique. Je suis certaine que les lecteurs attentifs saisiront la profondeur et la raison de mon message.
J’espère qu’à l’avenir, personne ne subira le même traitement médiatique que celui que j’ai vu de mes yeux, et qu’aucun tribunal ne cautionnera plus une telle situation.
Du plus profond de mon cœur, je suis désolée pour toutes les personnes qui, ayant été touchées au plus profond d’elles-mêmes, doivent voir se raviver leur douleur, qui est aussi en partie la mienne en cet été qui devrait être insouciant », conclut Rossella Schettino.
#1 par claudie lamy le 17 juillet 2026 - 11 h 11 min
Ca doit être lourd à porter ce nom après le tapage médiathique autour de l’affaire.
Merci pour ces infos.
#2 par Monique-Mauve le 17 juillet 2026 - 18 h 29 min
Sa famille est bien courageuse.