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De l’Officier Di Piazza
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 21 juillet 2026
Udienza 12 11 2012 – Di Piazza et Borghero
Le premier témoin entendu lors de l’audience du 12 novembre est Ugo Di Piazza, qui avait rejoint le navire comme Élève-officier en 2010 et était Officier en Salle des Machines au moment du naufrage – preuve supplémentaire qu’il est vraiment facile de gravir les échelons dans cette compagnie !
Son témoignage a révélé que malgré la fermeture d’une porte étanche, l’eau s’infiltrait « copieusement », démontrant que ces portes, par ailleurs souvent ouvertes en navigation comme l’a lui-même rapporté ce même témoin, ne remplissaient pas correctement leur fonction essentielle de sécurité, même fermées.
Il a indiqué avoir signalé la situation presque immédiatement à son supérieur, Borghero, lui disant que deux compartiments étaient inondés et qu’un troisième était en train de se remplir d’eau sous ses yeux.
Il est donc clair que tous ceux qui se trouvaient sur la passerelle connaissaient l’état réel du navire quelques minutes seulement après l’impact. Cette circonstance aggrave la situation du capitaine, qui n’a pas donné l’alerte générale ni abandonné le navire, mais aussi celle des autres accusés en même temps que Schettino, qui font actuellement l’objet d’un pourvoi devant la Cour de Cassation suite à l’appel interjeté contre la décision de négociation de peine du Procureur Général de Florence, comme demandé dans une requête spécifique des avocats de « Giustizia per la Concordia ».
Di Piazza indique clairement que pour les personnes présentes dans la salle des Machines, il était évident qu’avec les moteurs et les générateurs électriques irrémédiablement hors service, le navire était devenu ingouvernable. Malgré la gravité de la situation, les précieuses minutes pour la vie des passagers à sauver ont continué de s’écouler sans que l’alarme (delta x-ray) n’ait été déclenchée, ni même l’état d’urgence générale, ce qui aurait permis de commencer la procédure d’appel pour d’amorcer l’évacuation des passagers. Le témoin rapporte que « la panique était telle qu’elle a empêché que le débarquement puisse se faire dans l’ordre » et que les canots de sauvetage ont été mis à l’eau avant même les ordres codés que la passerelle tardait trop à donner.
Mais même l’authenticité de ce témoignage, concernant certaines circonstances que le témoin semble ignorer ou avoir oubliées, est entachée par le fait que, ainsi que nous le découvrons maintenant audience après audience, immédiatement près les premiers entretiens avec les enquêteurs, Piazza a été convoqué par les avocats de Costa (parfois en présence de représentants de Carnival) pour un compte rendu de l’incident et pour se voir attribuer une indemnisation aussi rapide que satisfaisante. Sans même l’avoir demandée !
Le témoignage de Tonio Borghero, employé de Costa depuis 2002 et Second Officier de la Salle des Machines est de même nature/sur le même sujet. Il a également témoigné lors de l’audience du 12 novembre. Son témoignage confirme la gravité de la situation et combien la destruction totale de la salle des machines était évidente, à cause de l’inondation complète des compartiments. Il précise qu’il se trouvait dans sa cabine au moment de l’impact et qu’il avait eu la sensation qu’il s’était produit quelque chose en ressentant l’inclinaison du navire (gîte) et les vibrations, car il n’avait pas senti l’impact lui-même ! À ce sujet, il est bon de rappeler que la cabine du témoin se situe sur le pont 5 et que le groupe électrogène de secours n’est pas situé en dessous du pont zéro (donc dans la partie inférieure du navire), mais sur le pont 11 !
Ce qui nous permet de réfuter les déclarations de Costa Croisières, en sa qualité de partie civile responsable, en ce qui concerne ce point précis (ils ont essayé de justifier le dysfonctionnement du groupe électrogène de secours – au pont 11 – en prétendant publiquement que la cause de la panne était manifestement due aux conséquences de l’impact sur le système). En effet, l’impact n’a affecté que les ponts situés sous la ligne de flottaison (pont 0), et personne au-dessus de ce pont n’a ressenti l’impact, si ce n’est par des vibrations et de la gîte ! Imaginez si le groupe électrogène de secours, qui par définition doit fonctionner en cas d’urgence, pouvait être mis en panne pour cette raison ; il a tout simplement dysfonctionné, comme tant d’autres équipements, et précisément au moment où il était vital pour assurer la sécurité des passagers (ascenseurs, gouvernails, éclairage, treuils des canots de sauvetage, etc.) !
Là encore, pour user du même ton que celui employé par l’avocat de la société à l’égard des parties civiles, nous pouvons affirmer que ce qui importe dans ce procès, ce sont les témoignages des témoins et les rapports d’experts, alors que les déclarations de maître De Luca devant la caméra ne veulent rien dire, ou plutôt, pour le paraphraser, on pourrait dire qu’elles valent moins que zéro (encore mieux, qu’elles ne valent pas plus que ce que le pont zéro n’a compté !).