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Le Commandant a essayé de remonter à bord du Concordia :

Neuf ans après le naufrage du Concordia : « Cette nuit passée à sauver les naufragés avec mon bateau »


Un article de Barbara Farnetani publié le 13 janvier 2021 sur le journal Il Giunco
https://www.ilgiunco.net/2021/01/13/nove-anni-fa-il-naufragio-della-concordia-quella-notte-con-la-barca-a-salvare-i-naufraghi/

ÎLE DU GIGLIO – « Aujourd’hui, mes pensées se tournent vers cette nuit interminable, une très longue nuit que j’ai malheureusement vécue et où mes collègues et moi avons été appelés pour secourir les passagers et l’équipage du Costa Concordia, qui coulait devant le Rocher de la pointe Gabbianara. J’étais à bord du M/T Aegilium, exploité par Toremar, et à bord de ce petit canot rapide, nous avons longé la côte à la recherche de personnes en détresse… la confusion était totale… »

C’est ainsi que commence le récit, le souvenir de Massimo Bancalà, qui était présent il y a 9 ans lors du naufrage du Concordia dans les eaux de l’île du Giglio.


Il est difficile d’oublier ce que j’ai vécu cette nuit-là… des scènes que je n’avais vues qu’au cinéma jusque-là. Neuf ans plus tard, les regards terrifiés de ces gens transis de froid sont toujours gravés dans ma mémoire, et l’excitation de ces moments où il fallait faire tout ce qui était possible dans une situation qui paraissait impossible.

Revivre ces souvenirs, même aujourd’hui, même après toutes ces années, me touche profondément.


Je me souviens de la disponibilité de mes concitoyens, qui s’efforçaient d’apporter aide et réconfort du mieux qu’ils pouvaient à ces passagers désorientés et à moitié transis de froid avec des couvertures et du lait chaud.

Je me souviens du jour où nous avons récupéré quatre-vingts naufragés sur leurs radeaux de sauvetage ; du jour où nous sommes descendus à bord de notre petit canot de secours rapide pour inspecter le flanc tribord désormais submergé du navire, où, heureusement, nous n’avons trouvé personne.


« Je me souviens quand soudain, depuis les rochers entre la pointe Gabbianara et la Crique du Mezzo, une lumière nous a fait signe …

Nous nous sommes approchés pour voir s’ils avaient besoin d’aide.

Sur cette portion de côte, les rochers étaient escarpés et ne nous permettaient pas de les embarquer.

Connaissant très bien la zone, je leur ai donc conseillé de se rendre dans la crique suivante, où la pente des rochers nous aurait permis de les récupérer plus facilement », a poursuivi Bancalà.


Une fois arrivés à la crique, nous avons embarqué deux membres d’équipage du Concordia.

L’un d’eux m’a demandé d’aller du côté bâbord où les passagers descendaient une échelle de corde, mais à cause des vagues provoquées par les canots de sauvetage et du vent du nord-est, nous avons commencé à prendre l’eau.

Nous avons donc décidé de retourner au Port.

Après avoir déposé ces deux personnes sur les jetées flottantes et nous être assurés qu’elles étaient prises en charge par les sauveteurs, nous sommes retournés sans réaliser le danger sous le flanc incliné du Concordia pour vérifier s’il y avait d’autres naufragés.

C’est à ce moment-là que nous avons aidé deux des pompiers plongeurs à rejoindre une vedette de patrouille.


Je me souviens de l’arrivée des premiers corps sans vie au quai, du moment où les naufragés furent embarqués dans des bus qui, stationnés, feux et chauffage allumés, refusaient de démarrer. Il a fallut les pousser pour qu’ils puissent partir et amener les passagers jusqu’aux églises de l’île.

Je me souviens des naufragés, pieds nus, découpant des gilets de sauvetage et se fabriquant des chaussures pour pouvoir marcher :

Je me souviens du jour où nous avons donné les couvertures du navire aux naufragés que nous avions récupérés.

Lorsque nous sommes partis pour le premier voyage vers Porto Santo Stefano, ce qui m’a le plus frappé c’est l’organisation dont a fait preuve la Protection civile, prête à accueillir les naufragés.

Les premières lueurs de l’aube mirent fin à cette nuit interminable… mais pour nous, ce n’était que le début d’un terrible souvenir qui restera à jamais gravé dans nos mémoires et dans notre histoire.

La mer a emporté trente-deux victimes… nos prières les accompagnent ».

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Aux actes du procès est aussi jointe la déclaration faite aux Procureurs par le Maître d’Équipage, M. Massimo Bancalà, peu de jours après l’accident dans laquelle le Maître d’Équipage a déclaré que je lui ai demandé de rejoindre le côté bâbord du navire et que c’est parce que le petit bateau de sauvetage embarquait de l’eau avec 4 personnes dedans qu’il en a informé son Commandant qui lui a donné l’ordre de revenir au port.

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