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L’argument que la Cour Suprême italienne a refusé d’entendre
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 9 août 2026
L’onore del marinaio
Vidéo postée sur YouTube par Francesco Schettino le 9 mars 2017
https://youtu.be/6y2RIrvkQG4?si=7SLZgq5Y9ZF8ORgA
La justice italienne avait refusée de la joindre aux actes du procès, le Commandant l’a publiée sur YouTube.
L’honneur du marin
Le 13 janvier 2012, le navire Costa Concordia a fait naufrage sur les rochers devant l’île du Giglio,.
Le commandant Schettino, a été immédiatement désigné au le monde entier comme un lâche qui, pour se sauver, a abandonné le navire et les passagers.
Je crois savoir qu’on a émis l’hypothèse d’un autre crime pour le commandant du navire : il aurait abandonné le naviren alors qu’il y avait encore des passagers à mettre en sécurité.
Le Procureur Verusio, procureur général au Tribunal de Grosseto
Oui, absolument oui. Dès les premières investigations il s’est avéré que le commandant du navire a quitté le navire quand sur le navire il y avait encore beaucoup de passagers à mettre en sécurité. Pensez que les opérations de sauvetage se sont pratiquement terminées ce matin à 6 h et que le commandant était déjà au port vers minuit.
Dès que le navire a commencé à s’incliner, le commandant a quitté le Costa Concordia.
Les motifs des sentences prononcées jusqu’à présent semblent n’avoir pas échappé aux préjugés négatifs engendrés par une campagne de presse acharnée.
Cette campagne a ancré dans l’imaginaire collectif la conviction que Francesco Schettino était un commandant incompétent et lâche. Il en a résulté une interprétation erronée des preuves en sa faveur, une négligence des circonstances décisives, l’attribution d’une valeur probante à des éléments purement probabilistes, ainsi que la valorisation de soupçons et de conjectures.
Le Président de Codacons
Les juges semblent avoir confirmé l’information largement diffusée par la presse nationale et internationale selon laquelle vous avez pris la fuite immédiatement après le naufrage, abandonnant les passagers et le navire lui-même, est-ce ce qui s’est réellement passé ?
Francesco Schettino
Non, c’est faux. Ça ne s’est pas passé comme ça. J’étais positionné sur le côté droit du navire, là où le danger était le plus grand et je coordonnais le débarquement des passagers. Pratiquement tous avaient déjà débarqué quand j’ai compris que le navire allait chavirer pour s’abattre sur la dernière chaloupe de sauvetage, qui allait être entraînée par le fond avec tous ses occupants. C’est seulement alors que j’ai sauté au dernier moment sur la chaloupe restée coincée pour sauver la vie de ceux qui étaient à son bord.
Le Président de Codacons
Commandant, ce que vous dites est très grave : cela signifierait que, pour des raisons obscures, on a diffusé des informations qui ne correspondent pas à la vérité.
Francesco Schettino
Je peux prouver ce que j’affirme.
Au cours du procès, il a été prouvé que Katia Kevanian, ainsi que d’autres passagers, étaient montés à bord de l’avant-dernière chaloupe.
Déposition de Katia Keyvanian
J’ai pris la chaloupe à minuit 10 et vous pouvez le vérifier d’après mes appels téléphoniques, car j’ai appelé chez moi pour dire : « Ok, je suis dans la chaloupe », et je suis descendue.
Alors qu’ils s’éloignaient, le navire a subi une nouvelle inclinaison sur tribord et la chaloupe a risqué de se retrouver coincée sous l’extrémité des bras de la grue qui s’étaient fracassés sur le toit, car
Déposition de Katia Keyvanian
Parce qu’au bout de 2 minutes, nous avons entendu … je pense, que c’étaient les palans du navire qui nous ont bloqués par le toit de la chaloupe. C’est le seul moment où j’ai vraiment cru que c’était fini, parce que j’entendais ce fer cogner le fer de la deuxième chaloupe comme pour ouvrir une boîte de thon.
Lorsque démarra la chaloupe à bord de laquelle se trouvaient Katia Kevanian et de nombreux autres passagers, le commandant Schettino était encore à bord. Mais le navire commença soudain à gîter rapidement. C’est seulement alors que le commandant Schettino sauta sur le toit de la dernière chaloupe. Il dut immédiatement le dégager à mains nues de la chape d’où saillaient les poulies et, dès qu’il y parvint, le navire se coucha sur tribord. Le commandant Schettino est donc resté à bord du Costa Concordia jusqu’à quelques instants avant son chavirage. Au cours du procès, de nombreux témoignages confirmèrent cette dynamique des faits.
Déposition de Raluca Soare
Je l’ai vu, alors je dis non ! À 12 h 15, le capitaine était sur le navire, appuyé contre le bastingage du pont 3, je le lui ai vu de mes yeux. Imaginez, en voyant Schettino et Bosio là-bas, je me suis sentie rassurée, c’est normal, ce sont les commandants, et je suis restée là pour les aider à faire débarquer les gens.
À un moment donné, j’ai vu le Chef Mécanicien sortir en courant de l’intérieur du navire tout en criant : « Fuyez, fuyez, le navire s’écroule sur nous ! »
À cet instant, j’ai levé les yeux et j’ai vu le navire arriver.
Autrement dit, il s’abattait sur nous, là, j’étais déjà à bord de la chaloupe.
À un moment donné, je me retourne et je vois le Commandant Schettino, le navire était en train de tomber et Bosio était tombé dans l’eau.
Je dois préciser que notre chaloupe était coincé entre les deux bras qui servent à le mettre à l’eau.
C’est le capitaine Schettino qui a éloigné la chaloupe car le marin paniquait carrément, le pauvre.
Et c’est encore le capitaine Schettino, qui, à côté de moi, a posé sa main sur le gouvernail. C’est lui qui a fait la manœuvre pour nous secourir.
Ce fait est également confirmé par le Second Officier Salvatore Ursino, le Chef Mécanicien Tonio Borghero et l’Élève-Officier Stefano Iannelli.
Déposition du Second Officier Salvatore Ursino
Vous croyez qu’on fuyait la mort ? Eh bien, je vais vous dire la vérité : on a fui quelque chose qui s’abattait sur nous.
Déposition du Chef Mécanicien Tonio Borghero
Franchement, je ne saurais pas vous dire qui était là dans la chaloupe avec laquelle je suis parti ni s’ils étaient passagers, membres d’équipage ou autre, car on n’y est restés que très peu de temps après mon arrivée.
Le temps qu’il a fallu pour dégager la chaloupe des palans qui l’enfonçaient dans l’eau. Le navire fonçait droit sur nous. On s’est donc jetés sur le toit du canot. Je ne saurais pas vous dire qui était dedans.
Déposition de l’Élève-Officier Stefano Iannelli
Ça n’a pas été facile. Vu que les palans de descente des chaloupes étaient à la hauteur de nos têtes, l’eau montait au niveau des ponts, l’un après l’autre, et quand nous avons eu sauté sur la chaloupe et l’avoir déplacée, les ponts 3 et 4 étaient sous l’eau.
Les investigations menées par l’Unité d’Enquête des Carabiniers de Grosseto elles-mêmes situent le Commandant Schettino à l’extérieur du navire à l’instant précis du chavirage.
Cette information est confirmée par un message radio émis par le patrouilleur G104 de la Guardia di Finanza, désigné comme coordinateur des opérations de sauvetage sur place qui a interrompu les communications à 00 h 17, avertissant tous les navires de s’éloigner du Concordia en raison de la chute imminente du navire : « Attention, le navire chavire ! Attention, éloignez-vous tout de suite ! Attention ! »
Le Président de Codacons
Qu’avez-vous fait après avoir sauté sur la chaloupe après avoir secouru les survivants durant le trajet entre le navire et les rochers ?
Francesco Schettino
Je suis resté sur les rochers, à coordonner les opérations de secours.
Ces images ont été prises depuis un hélicoptère et font partie des actes du procès. Les silhouettes blanches que vous voyez sont des personnes, et celle entourée en rouge est le commandant Schettino.
Le président de Codacons
Commandant, qu’avez-vous fait une fois arrivé au rocher devant le navire ?
Francesco Schettino
J’ai contacté la Capitainerie du Port de Porto Santo Stefano pour demander que des secours se déploient entre la terre et le navire du côté tribord, car il était nécessaire de patrouiller dans cette zone afin de vérifier s’il n’y avait pas encore des personnes dans l’eau. Les secours étaient positionnés vers l’extérieur du navire, et non du côté où le navire s’était écroulé.
Schettino au patrouilleur G104
C’est le Commandant du navire qui vous appelle : vous n’êtes pas au bon endroit. Pourriez-vous vous déplacer entre la terre et le navire ? Pourriez-vous donner l’ordre à toutes les unités présentes qui ne sont pas impliquées dans les opérations de transfert d’aller entre la terre et le navire ?
Francesco Schettino
Ma demande visait à patrouiller la zone maritime où le navire a heurté le rocher et où les personnes du côté tribord sont décédées.L’objet de ma demande était de patrouiller dans la zone maritime où le navire s’est abattu et où des personnes sont mortes. À gauche il n’est mort personne.
Francesco Schettino
On a découvert plus tard que la liste des passagers était erronée : il y avait 500 personnes en trop dessus.
C’est un fait que la Capitainerie du Port n’a pu constater qu’après plusieurs jours.
Schettino au Commandant Manna
Je suis en train de me faire envoyer la liste des passagers afin de comparer/collationner les passagers que nous avions à bord avec les passagers qui sont à terre.
Le Président de Codacons
Après avoir suggéré de déplacer les sauveteurs du côté tribord, vous êtes parti, vous avez rejoint la terre ferme.
Francesco Schettino
Pas du tout.
Je suis resté immobile sur le récif. J’ai contacté la cellule de crise de Costa Crociere, représentée par M. Ferrarini, et la confirmation de cet appel figure dans les échanges entre la Cellule de Crise de Costa Croisières et le Commandement Général de la Capitainerie du Port italienne à Rome.
Commandant Manna
Ferrarini bonsoir, commandant de vaisceau Manna, bonsoir Monsieur.
Roberto Ferrarini, directeur de l’Unité de Crise de Costa Croisières
Bonsoir à vous.
Commandant Manna
Le navire est donc stable sur un de ses côtés, aussi incliné qu’il soit actuellement, il le reste.
Roberto Ferrarini
Le Commandant m’a dit qu’il est stabilisé. Je ne pense pas que la situation soit critique, car le navire est stabilisé et tout est normal si l’on peut dire, vu que son inclinaison est de 90°.
Commandant Manna
Donc, Ferrarini, vous parlez directement avec le Commandant.
Roberto Ferrarini
Oui, donc je tiens mes informations directement de la source.
Commandant Manna
Exact.
Roberto Ferrarini
Le capitaine n’est pas sur le navire, il est sur le rocher juste à côté du navire, mais pas à bord.
Commandant Manna
Pour l’instant, il dirige les opérations de là.
Roberto Ferrarini
Il dirige de là pour autant que ce soit possible parce ne peut pas y aller et il ne peut rien voir pour le moment.
Je crois qu’il faudrait qu’il y ait quelqu’un de très spécialisé, comme vous, qui soit sur le bateau et, disons, commence à évaluer la situation.
Le Président de Codacons
Commandant, vous saviez qu’il y avait encore des gens à bord ?
Francesco Schettino
Non. J’étais descendu en urgence. Le navire coulait. Je ne pouvais pas savoir s’il y avait encore des gens à bâbord. L’évacuation avait également commencé à bâbord depuis 23h04 et se poursuivait.
J’avais organisé une navette entre la terre ferme et le navire. Chaque chaloupe de sauvetage effectuait en moyenne trois, quatre allers-retours.
Les gens arrivaient au compte-gouttes sur le pont, alors j’ai pensé qu’il n’y avait plus personne de l’autre côté, d’autant plus que l’évacuation avait commencé tant bien que mal environ une heure et demie plus tôt.
Patrouilleur G104 à Schettino
Compamare Livorno, oui. Combien reste-t-il personnes restent à bord, à faire débarquer ?
Schettino à G104
Je crois avoir fait débarquer la quasi-totalité des passagers. Honnêtement, je pense que tout le monde est à terre maintenant.
Évacuation du navire – G104
Non, je ne le crois pas, les patrouilleurs m’ont dit qu’il y en avait.
J’ai besoin de savoir combien de personnes restent à bord, qu’il faut faire débarquer, ou si tout le monde a effectivement débarqué.
Francesco Schettino
À 00 h 28, j’ai contacté la Capitainerie du Port de Livourne. J’avais signalé à De Falco que le navire avait chaviré à 90 degrés et était complètement coulé, avec tout son flanc tribord touchant le fond et il m’avait confirmé avoir compris la situation dans laquelle se trouvait le navire.
Schettino à De Falco à 00 h 29
Le navire a chaviré sur tribord à partir de sa poupe et a maintenant complètement chaviré à 90 degrés, reposant pratiquement appuyée sur un rocher par tout un flanc.
De Falco
D’accord, sur un flanc, à 90° à tribord.
Francesco Schettino
Des patrouilleurs nous signalent la présence de personnes à bâbord.
Bien, alors, moi je suis de ce côté-ci à tribord, comment comment voulez-vous que je sache si tout le monde a bien débarqué à bâbord ?
Alors que vous, vous disposez déjà de certaines informations provenant des patrouilleurs avec lesquels l’OSC est en contact, le G104 transmet les informations aux garde-côtes de Livourne. Donc, s’ils voient des personnes, il est clair qu’elles sont là. Et moi, je suis ici.
J’ai dit où j’étais à tout le monde : je l’ai dit à la Capitainerie du Port, je l’ai dit à la Cellule de Crise, je l’ai répété à 00h42 au commandant De Falco, en lui disant que le navire était couché sur le fond sur son côté droit. Il m’a interrompu. Il est couché ? Oui, oui, il est couché. Ce navire est couché ? Cou-ché. Et pourquoi vous avez fait descendre les passagers ? Et pourquoi vous avez abandonné le navire ?
Je trouve humiliant d’avoir dû communiquer une information qui aurait dû être obtenues d’office auprès du patrouilleur G104, désigné comme coordinateur sur le site des opérations de sauvetage.
Le répondeur du G104
Pour toute opération dans la zone, il faut contacter le G104 de la Guardia di Finanza, qui est l’OSC coordonnateur sur zone (On-Scene Coordinator en anglais).
Francesco Schettino
Vous devez leur dire : « Excusez-moi, le Commandant m’indique que le navire est incliné à 90°, son flanc tribord reposant sur le fond. Vous confirmez ? »
L’évacuation des passagers du côté tribord, celui qui a coulé, s’est apparemment terminée quelques instants avant que le navire ne touche le fond. L’officier de pont Iaccarino a déclaré aux magistrats qu’à 00 h 01, il n’y avait plus personne de ce côté. Sa chaloupe de sauvetage et celle sur laquelle a embarqué Schettino ont été les deux dernières à quitter le navire.
Le Président de Codacons
Le commandant De Falco vous a ordonné de remonter à bord. Pourquoi n’êtes-vous pas remonté par son échelle de corde ?
L’échelle de corde était sous l’eau.
Extrait de l’émission du 13 janvier 2013 d’Alessandro Gaëta
Seuls les pilotes d’hélicoptère avaient une vue dégagée sur la situation, et il y a une grosse erreur dans les propos du capitaine De Falco. L’échelle à barreaux mentionnée dans la fameuse histoire de la biscaglina se trouve en réalité à bâbord. Le côté tribord, celui par lequel, selon De Falco, Schettino aurait dû remonter à bord, était immergé depuis environ une heure et demie. L’épave mesure 300 mètres de long, et la traverser de nuit peut s’avérer très compliqué.
Francesco Schettino
De Falco se trouvait à 150 km de là à 1 h 46 du matin lorsqu’il m’a demandé de remonter à bord. Il a complètement zappé toutes les informations qu’il a reçues de moi, du commandement général, de la Capitainerie du Port de Rome et de l’OSC elle-même, le patrouilleur coordonnant les opérations de sauvetage sur le site qu’il avait lui-même désigné comme tel. Il a zappé complètement que le navire avait chaviré, avait touché le fond rocheux et était complètement submergé, et surtout, que l’échelle du côté tribord qu’il m’avait indiquée était sous l’eau. Pour monter à bord, il aurait fallu qu’une vedette de patrouille me conduise du côté émergé de l’épave afin d’atteindre l’échelle. Une fois là il aurait fallu avoir l’équipement adéquat : cordes, bottes, lampes frontales, etc …
Francesco Schettino
35 minutes avant l’appel de De Falco, j’avais reçu des instructions claires du commandant Manna, de la Capitainerie du Port de Rome, supérieur de De Falco. Il m’avait dit que je devais rester sur ce récif car j’étais son référentiel visuel.
Commandant Manna
Très bien, commandant, économisez la batterie de votre portable. Je vais essayer de revenir vers vous et vous appeler de temps en temps.
Bref, sauvegardez vos fichier, c’est notre référence.
Francesco Schettino
Bien, commandant, merci.
Commandant Manna
Merci, commandant. Merci.
Le Président de Codacons
Commandant, il ressort des actes du procès et des informations des médias que vous avez donné l’ordre d’alarme générale en retard et l’ordre d’abandonner le navire encore plus en retard.
Francesco Schettino
Dans ces moments critiques de gestion de crise, j’ai estimé qu’il était impossible de procéder à l’appel nominal de l’entière communauté que j’avais à bord. Cela aurait demandé un temps que je n’avais pas.
(Évacuation)
De même, la mise à l’eau des chaloupes de sauvetage si loin de la côte comportait des risques énormes.
J’ai donc décidé de poursuivre la dérive, de faire rapprocher le navire des bas-fonds, de l’échouer, et de faire des allers-retours entre la terre et le navire jusqu’à ce que tout le monde soit débarqué.
Si le navire n’avait pas chaviré, ma stratégie, mon choix, se serait avéré judicieux. Même l’analyse des données de la boîte noire confirme ma décision claire de faire poser le navire en eaux peu profondes.
Boîte noire du Concordia – Commandant à Canessa
Combien de mètres avons-nous ?
Canessa
26 mètres en dessous et 13 au milieu, Commandant, mais ça descend (Mais la profondeur diminue).
Commandant à Canessa
Quelle est la profondeur de l’eau ?
Canessa
À l’arrière 13 mètres, sous la quille 13 mètres, Commandant.
Commandant à Canessa
L’important, c’est que nous arrivions jusqu’ici pour agir/nous poser. Vous voyez ?
Canessa
Oui, oui, nous nous poserons ici comme on faisait jadis et nous serons stables et voilà.
Cosimo Nicastro des Garde-Côtes
Le bateau s’est échoué à environ 200 mètres de la côte, ce qui a facilité les opérations de transfert des personnes car la distance de la côte était si courte que les gens ont pu être très rapidement mis en sécurité .
Et cela aurait certainement été plus rapide si le navire s’était trouvé au large, évidemment.
Journaliste
Le navire aurait coulé à pic au large ?
Cosimo Nicastro
Nous ne savons pas ce qui se serait passé. Bien sûr, les opération de transfert à terre n’aurait pas été aussi simple. À présent, il ne fait aucun doute que plus de 4.000 personnes ont été sauvées.
Au moment de l’accident, 4 232 personnes se trouvaient à bord, membres d’équipage et passagers compris. 32 personnes sont décédées et 4 200 ont survécu.
Si Schettino n’avait pas réussi à échouer le navire sur les rochers de l’île du Giglio, il aurait coulé en haute mer, le bilan humain n’aurait pas été le même.
Maître Senese
Bien que l’État Italien ait investi des ressources humaines et matérielles considérables pour reconstituer les faits et identifier les responsables, les conclusions techniques et scientifiques qui sous-tendent les condamnations demeurent peu fiables et inquiétantes, tout comme l’acharnement du parquet à demander que soit infligée pour des délits par négligence une peine des plus sévères sans précédent.
Il s’agit là d’une conception de la peine qui va à l’encontre des principes de notre Constitution.
” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”
Publié par Monique-Mauve dans Journal de bord le 11 juillet 2026

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.
un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.
Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.
Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.
« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »
Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.
Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.
Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :
« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.
Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.
Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »
Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.
Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?
« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »
Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?
« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »
Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.
Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?
« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »
Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?
« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »
Et ensuite ?
« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »
Mais la panique s’est installée…
« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.
Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »
De quoi vous souvenez-vous, Katia ?
« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »
Et le commandant Schettino ?
« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »
Qu’est-ce qui était inconcevable ?
« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »
Quelle vérité ?
« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.
Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.
Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.
Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.
Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »
Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »
Que faites-vous maintenant, Katia ?
« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.
Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »

