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La toute première auto-analyse

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Première réaction


Le 12 juillet 2026, Angela Cipriano, auteur du livre

réagit sur Facebook après avoir visionné le nouveau documentaire sur le naufrage du Costa Concordia publié par Netflix sous le titre « La dérive, cauchemar en mer ».


Je pense que le nouveau documentaire Netflix sur le naufrage du Costa Concordia présente à la fois de grandes qualités et une limite importante. Sa qualité réside dans sa compréhension que cette histoire ne peut plus être racontée par un récit simpliste, construit autour d’une seule interprétation.

Sa limite réside dans le fait qu’il s’arrête précisément au moment où cette complexité exige une exploration approfondie.

Je viens de finir de le visionner et j’en suis convaincue.


Pour la première fois, une production destinée au grand public tente de dépasser la reconstitution la plus connue de l’événement, attirant l’attention du spectateur sur des aspects longtemps restés dans l’ombre.

Aujourd’hui, par exemple, nombreux sont ceux qui évoquent l’erreur du timonier, qui a inversé les ordres du capitaine, comme s’il s’agissait d’une révélation. En réalité, il n’en est rien. C’est un fait qui a émergé lors du procès, a été reconstitué dans les rapports d’expertise, débattu au tribunal et pris en compte dans les jugements. Cela fait quatorze ans qu’il fait partie de l’histoire.

Mais si cela surprend tant de gens aujourd’hui, c’est à cause de la manière dont l’accident du Costa Concordia a été décrit jusqu’à présent.

Pendant longtemps, le débat public a été influencé par la nécessité d’assimiler la responsabilité principale à une responsabilité exclusive.

Or, les documents du procès dressent un tableau bien plus complexe. Et c’est précisément ce que Netflix tente de suggérer.

Ce qui est frappant, c’est que le documentaire semble s’arrêter à cette complexité. Mais peut-être n’est-ce pas un hasard.

Le Costa Concordia est un sujet délicat. Délicat pour ceux qui l’étudient depuis des années, et plus encore pour ceux qui tentent de le raconter à des millions de téléspectateurs.

Une mauvaise interprétation d’un terme nautique, une information mal placée ou un événement décalé de quelques secondes suffisent à altérer, même involontairement, la perception des faits.

Lorsqu’on relate des tragédies de cette ampleur, la rigueur n’est pas accessoire. Elle fait partie intégrante de la responsabilité de ceux qui choisissent de raconter cette histoire. Et c’est précisément un documentaire de cette importance qui démontre combien il est difficile d’aborder ce sujet et combien il est facile d’en altérer la reconstitution, même involontairement.


Prenons l’heure de l’impact.

Il y a un avant et un après. C’est le début de toute la tragédie que Netflix fait raconter par les protagonistes.

Il était 21h 45min 07s. Un instant figé par la boîte noire.

Le documentaire affiche pourtant 21h47.

La différence peut paraître minime, mais elle est capitale.

La chronologie ne sert pas seulement à établir le moment précis d’un événement. Elle constitue le cadre de l’interprétation des ordres donnés sur la passerelle, des communications entre officiers et des décisions prises dans les minutes qui suivent.

Quelques secondes suffisent à modifier l’interprétation d’une séquence d’événements.

S’ajoute à cela le traitement d’un langage très technique.

Je ne m’attendais pas à ce qu’un documentaire de cette envergure traduise aussi mal les communications sur la passerelle.

Après la collision, on entend le capitaine prononcer le mot « midship ». Le documentaire le traduit en italien par « a metà nave » (au centre du navire).

Le spectateur est ainsi amené à croire que le capitaine parle du point où il pense que la collision a eu lieu. En réalité, « midship » signifie « gouvernail au centre » : c’est un ordre donné par le capitaine au timonier qui a une fonction très précise dans la manœuvre.

Ceci illustre, peut-être involontairement, combien décrire le naufrage du Costa Concordia est bien plus complexe qu’il n’y paraît.


J’ai écouté avec intérêt les témoignages des personnes présentes à bord cette nuit-là. Un rôle central est attribué au directeur de l’hôtel du navire, Manrico Giampedroni, qui livre de nombreuses analyses de la gestion de la crise, comme s’il n’avait pas été lui- même condamné …

Sans une brève mention à la fin, personne n’aurait compris qu’il était directement impliqué dans la procédure, condamné pour homicides involontaires multiples et homicide involontaire pour son rôle dans la gestion de la crise.

À mon avis, le savoir dès le début n’aurait en rien diminué la valeur de son témoignage mais cela aurait simplement permis au spectateur de le replacer dans son contexte.


Je considère ce documentaire comme une occasion partiellement saisie, mais j’ai apprécié les réflexions qu’il apporte en conclusion, qui, je l’espère, constitueront un point de départ pour la suite de l’histoire.

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La plateforme Netflix annonce son nouveau documentaire

dont voici une présentation sur Dailymotion :

La dérive, cauchemar en mer


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” La vérité sur Schettino ? Il a débarqué le dernier ”

Voici ce que dit Katia Keyvanian, responsable du service auprès de la clientèle sur le Costa Concordia : ” le commandant est un bouc émissaire qui masque des fautes commises par d’autres personnes ”.

un article de Giovanni Terzi, dit Terzigio, paru sur le journal-papier Libero le 27 juin 2022, soit dix ans après l’accident.

Sur cette nuit tragique du 13 janvier 2012 émergent des témoignages inédits qui éclairent d’un jour nouveau le naufrage du Costa Concordia. Parmi eux, celui de Katia Keyvanian, responsable de la réception du navire et témoin du drame.

Je me demande pourquoi nous passons sous silence des témoignages qui proposent une version différente de celle révélée par l’appel téléphonique du capitaine Gregorio de Falco. Sommes-nous certains que le capitaine Francesco Schettino a réellement abandonné le navire ? Sommes-nous certains qu’il n’y avait pas d’autres coupables ? Il convient tout d’abord de souligner que le Costa Concordia n’a pas eu la vie facile. Lors de son lancement en 2005, la fameuse bouteille de champagne n’a pas éclaté. Le 22 novembre 2008, lors de manœuvres d’accostage, le navire a heurté un dock flottant amarré dans le port de Palerme à cause de vents violents, subissant des dommages sur le côté tribord et à l’écoutille d’étrave. Dans la nuit du 3 au 4 mai 2010, un passager russe de 33 ans est tombé à la mer depuis l’un des ponts du navire. Son corps a été repêché quelques jours plus tard, et les causes du drame n’ont jamais été déterminées, bien que le suicide soit l’hypothèse la plus probable. L’accident s’est produit au large des côtes françaises, sur la route entre Savone et Barcelone. Le 7 novembre 2010, lors d’une escale dans le port de Savone, en raison de vents violents, le navire a heurté la tour d’une grue Gottwald, stationnaire et hors service, immobilisée sur le quai 14, la déplaçant de près de 20 mètres. Heureusement, aucun grutier ne se trouvait à bord. En somme, une histoire qui mérite peut-être d’être réécrite, malgré les condamnations, pour faire éclater la vérité que personne n’a voulu révéler.

« Le commandant Schettino n’a pas abandonné le navire. Je suis descendue à 00h10 et il était encore là, supervisant les passagers des canots de sauvetage utilisés pour la navette vers l’île. Il est absolument faux qu’à 23h, il se trouvait à l’hôtel tranquillement, comme l’ont rapporté de nombreux journalistes. »

Ces propos sont de Katia Keyvanian, responsable du service clientèle du Costa Concordia, le navire qui a coulé le soir du 13 janvier 2012 après avoir heurté le plus petit des rochers de « Le Scole », à cinq cents mètres du port de l’île du Giglio.

Pour ce naufrage, qui a causé la mort de 32 personnes et permis le sauvetage de 4 200 autres, le commandant Francesco Schettino a été condamné à 16 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement à la prison de Rebibbia.

Katia Keyvanian avait elle-même écrit ces mots poignants sur sa page Facebook immédiatement après la tragédie :

« Je suis Katia Keyvanian. J’ai embarqué le 13 janvier pour remplacer un collègue sur le Concordia. Je serais ravie d’être invitée par les journalistes qui, sans connaître les faits, écrivent et racontent n’importe quoi. Nous avons évacué, dans l’obscurité, alors que le navire gîtait sur le flanc, 4 000 personnes en moins de deux heures ! Des incompétents n’en auraient jamais été capables.

Il est faux que le capitaine ait été le premier à débarquer ; j’étais dans le dernier canot de sauvetage, et il est resté accroché à la rambarde du pont 3 pendant que le navire coulait.

Honte à vous, qui avez écrit qu’il a été le premier à débarquer ! »

Ce sont les mêmes mots que Katia a prononcés lors de son interrogatoire au tribunal, et que d’autres ont aussi utilisés en parlant du capitaine Schettino.

Mais alors, Katia, pourquoi croyez-vous que Schettino a été condamné ?

« Il est devenu le bouc émissaire de crimes qu’il n’avait pas commis. »


Était-il plus facile d’accuser de tout une seule personne que de chercher la vérité ?

« La vérité aurait probablement mis dans l’embarras des gens qu’il valait mieux laisser tranquilles. »


Le Costa Concordia mesurait 298,2 mètres de long, 36,5 mètres de large et 70 mètres de haut. Lorsque sa marraine, Eva Herzigova, a jeté la traditionnelle bouteille de champagne par-dessus bord pour l’inaugurer à Civitavecchia le 7 juillet 2006, on raconte qu’elle ne s’est pas cassée : un symbole interprété de manière négative comme un mauvais présage. À l’époque de son lancement, le Costa Concordia était le plus grand paquebot marchand italien : il avait été construit par Fincantieri au chantier de Sestri Ponente et avait coûté 450 millions d’euros. Les caractéristiques et les dimensions du navire furent largement diffusées pour souligner son caractère unique : à vide, il pesait l’équivalent de 110 Boeing 747, et la longueur de ses câbles électriques aurait pu couvrir cinq fois et demie la distance entre Rome et Milan. Son pont en teck était aussi grand que deux terrains de football, et les nappes des restaurants du bord auraient pu recouvrir une table de vingt-sept kilomètres de long.


Que s’est-il passé à bord du Concordia ce soir-là ?

« Quand il est devenu évident que le navire prenait l’eau et gîtait sur tribord, tout le monde a tenté de rejoindre les canots de sauvetage sur le pont 3. C’était la panique, et nous avons tous fait de notre mieux pour rétablir l’ordre et le calme. Des gens plongeaient, nous leur lancions des gilets de sauvetage à la mer et nous essayiions d’en remonter d’autres. À un moment donné, j’ai vu un homme sur le pont allumer une cigarette qui, compte tenu de la fuite de carburant, risquait de provoquer un incendie. Je l’ai réprimandé et mis en garde contre le danger, et il m’a répondu : « Fumer m’aide à gérer le stress. » »

Quand avez-vous réalisé que quelque chose de grave se passait ?

« À 21 h 45, parce que le gâteau qui célébrait mon retour à bord après cinq mois est tombé par terre. Au début, nous avons pensé que c’était peut-être une manœuvre ratée par d’un officier ; ça peut arriver en mer. »

Et ensuite ?

« Un autre coup. On a cru avoir touché un haut-fond et, comme on nous l’a appris, la priorité absolue est alors d’éviter la panique parmi les passagers. »

Mais la panique s’est installée…

« Quand les lumières ont commencé à s’éteindre, les gens se sont mis à crier.

Puis les garçons de la blanchisserie, qui se trouve bien au fond du navire, sont remontés à la surface, effrayés car le Concordia prenait l’eau. Jusqu’à ce que le directeur arrive et nous dise de récupérer les livres de comptes et l’argent des caisses. Pour moi ça a été le signe qu’on allait d’abandonner le navire. Au bout d’environ 45 minutes, les sept coups de sirène ont retenti, annonçant que tout le monde devait se rassembler aux points de regroupement. À ce moment-là, la panique s’est vraiment emparée des passagers, d’autant plus que nous pouvions apercevoir les lumières de l’île du Giglio qui étaient tout près. »

De quoi vous souvenez-vous, Katia ?

« Je me souviens d’un journaliste qui a simulé un évanouissement pour être le premier à monter dans le canot de sauvetage ; d’un étranger qui a sauté du canot pour remonter à bord, abandonnant femme et enfants pour aller chercher des papiers ; et de bien d’autres choses absurdes, mais compréhensibles, car dictées par la panique. Au fil du temps, le navire s’est enfoncé de plus en plus, et nous avions fini par former un véritable cordon humain pour rester groupés. »

Et le commandant Schettino ?

« Il était là pour coordonner tous les débarquements. Le navire s’inclinant sur tribord, le plancher est devenu un mur. Le navire ayant complètement coulé du côté affaissé, les demandes qu’a faites De Falco pendant près de deux heures, alors qu’il n’était pas sur place, sont illogiques et inconcevables. »

Qu’est-ce qui était inconcevable ?

« Le navire étant coulé, il était physiquement impossible de remonter à bord, et tout cela me met vraiment en colère car la vérité n’a pas été dite. »

Quelle vérité ?

« Que les responsabilités n’étaient pas celles qui ont été attribuées à Schettino.

Personne n’a jamais dit qu’après quelques semaines, le directeur du RINA (NDLR : l’organisme qui délivre les certifications) avait démissionné parce qu’on avait découvert que les portes avaient été installées à l’envers.

Personne n’a précisé que le mauvais cap n’avait pas été visé par Schettino, mais par son second.

Beaucoup de choses n’ont pas fonctionné, mais il était plus facile de rejeter la faute sur le capitaine.

Il est regrettable que lorsque j’ai évoqué ces faits, on m’ait répondu : « Vous étiez sûrement la maîtresse de Schettino. »

Il a été la cible d’un véritable lynchage médiatique, injuste et injustifié. »

Que faites-vous maintenant, Katia ?

« J’ai pris quelques années de congé car cette histoire m’a profondément marquée.

Je suis arménienne, et c’est pourquoi en raison des injustices que subit mon peuple dans le récit dans l’Histoire des évènements qui l’ont frappé, je ne supporte pas les mensonges. »

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Schettino et les preuves bidon


une vidéo publiée sur YouTube par Gigetto Dattolico, le 23 juin 2020

Tous les responsables du naufrage sont sortis du procès en obtenant des peines symboliques grâce à la procédure italienne de négociation de la peine sans qu’aucun d’entre eux n’ait mis les pieds en prison.
Le Commandant Schettino est resté le seul accusé dans ce procès et tout le monde s’est vigoureusement employé à bien montrer qu’il était le seul responsable de tout.
Si les preuves bidon ont été nombreuses, celle que vous allez voir dans cette vidéo est grosse comme une maison.
Le film dont il y est question est le suivant :
CONCORDIA ECCO SCHETTINO PRIMA DI LASCIARE LA NAVE/Concordia, voici Schettino juste avant qu’il n’abandonne le navire, 
il ne dure qu’une minute.
 https://www.youtube.com/watch?v=Gz9H7…



Nous allons revenir sur les preuves bidon concoctées pour finir d’enfoncer le Commandant Schettino, preuves bidon qui ont ėté prėsentėes officiellement au Tribunal sans que personne ne crie au scandale.

Nous dėjà avons vu toutes les âneries que De Falco avait réussi à profėrer en l’espace de deux coups de fil bien connus adressés au Commandant Schettino.
Nous avons aussi déjà vu une autre accusation absurde énoncée par le procureur en chef de Grosseto chargé de l’enquête, lorsque à 7 heures, le matin suivant le naufrage, interrogé pour La7 par Enrico Mentana, il soutient que le Commandant Schettino était déjà à terre à Giglio Porto à minuit alors que le second coup de fil de De Falco à Schettino – celui où il « dit » retournez à bord, cazzo – a commencé à 1 heure 41 et s’est terminé à 1 heure 46 de la nuit.
Ainsi donc, à minuit, Schettino ne pouvait pas être à Porto Giglio alors qu’il était encore sur la falaise, aux prises avec quelqu’un, De Falco.

Aujourd’hui, nous passons à une autre preuve bidon, présentée au Tribunal comme étant une preuve décisive, sans que personne n’appelle le 118 pour qu’il stoppe ce représentant du ministère public.
Je n’invente rien : la vidéo en question est encore visible sur YouTube où je l’avais commentée à l’époque.
Ici même, ci-dessous, j’ai copié/collé son lien.

Cette vidéo concerne une preuve décisive pour le procureur : l’abandon du navire
 Observez, à partir de 1 min 50 sur la vidéo, ces images que le procureur a montré pendant l’audience d’interrogatoire de Francesco Schettino.
Elles ont été tournées la nuit du naufrage devant l’île du Giglio.
Celui qui les a tournées se trouvait sur les rochers de la pointe Gabbianara, en face du Concordia.
Il filmait ce qui se passait sur le navire.
Dans un cercle rouge, Francesco Schettino, comme vous pouvez le constater, a les mains dans ses poches.
Je vous rappelle rapidement comment est née cette histoire d’abandon du navire :

De Falco était à Livourne, à 150 km de là,
il faisait nuit,
lui, depuis Livourne, il se prend pour Superman, 
il a réussi depuis Livourne à voir le Commandant Schettino abandonner le navire 
– une connerie grande comme une maison –
puisqu’il accuse Schettino d’avoir abandonné le navire,
et ça devient une vérité, que Schettino a abandonné le navire.
Le Commandant Schettino, lui, soutient que lorsque le navire a chaviré, il devait se jeter soit en mer, soit sur le toit de la dernière chaloupe qui allait être coulée par le paquebot qui se retournait dessus.

Je vous montrer, à partir de 3 minutes sur la vidéo, dans quelles conditions se trouvait le navire à 00 h 22.
Je vous rappelle que l’heure exacte de chavirement du Concordia est 00 h 17, parce que la motovedette G104 responsable des secours en tant que coordonnatrice sur le site a lancé son cri d’alarme à 00 h 17, écoutons (3 min 27).
Nous avons tous entendu que le Concordia a officiellement chaviré à 00 h 17 précise.
Jusque là, il était un peu penché sur son côté droit, mais avait quand même permis le débarquement de plus de 4000 de ses passagers qui avait été emmenés en sécurité à Porto Giglio.
Puis, il n’y a plus eu de passagers de ce côté là, du côté droit du Concordia.
Il n’y a plus eu que les 40 derniers hommes et la dernière chaloupe.
Mais il n’y avait pas là pour les voir ni De Falco, ni le ministère public, il n’y avait pas le procureur et pas davantage Mentana, celui des grandes actualités.
Il n’y avait personne.
Il n’y a pas de film qui puisse montrer cette séquence.
C’est la parole de ceux qui ont vécu ces moments contre la parole d’un qui raconte des conneries pendant des heures à 150 kilomètres, sans avoir rien vu de ses yeux, sans n’avoir même pas compris que le navire était en très mauvaise posture.
Alors, quelle est cette preuve ?
Le ministère public montre ce film et dit (8:07) : « ces images ont été tournées quelques minutes avant son (à Schettino) abandon du navire ».
Le parquet veut démontrer que Francesco Schettino qui – comme vous pouvez le voir et je le répète exprès – a les mains dans les poches, ne donne pas du tout l’impression d’être un homme en équilibre précaire.
S’il en avait été ainsi, soutient le procureur, il se serait tenu quelque part car l’inclinaison du navire est déjà importante.
Donc, selon l’accusation, l’ancien commandant du Concordia, n’a pas perdu l’équilibre et glissé sur le toit de la chaloupe ainsi qu’il l’a toujours soutenu, mais il a abandonné le navire de son plein gré.
Ce film a été tourné un peu avant, quelques minutes avant que le navire ne chavire, et il montre que Schettino est là, serein, les mains dans les poches et ne se tient à rien.
Donc, le navire n’était peut-être pas tellement incliné et il n’a pas abandonné le navire parce qu’il lui a chaviré dessus mais il a abandonné le navire parce qu’il l’a voulu, il a préféré filer.
Là, ce sont les psys qui auraient dû intervenir au tribunal.

Ce film, j’aurais voulu demander au ministère public : à quelle heure a-t-il été tourné ?
Ce film, et je peux vous l’affirmer, je suis sûr et certain qu’il a été tourné avant 00 heure 17, heure précise à laquelle le navire a chaviré*.
C’est un film antérieur, un film où l’on voit Schettino en train de mettre en sécurité plus de 4000 passagers.
Ce n’est pas le film du moment du chavirement.
Il n’y en a pas, il n’en existe pas parce que personne n’a filmé ces instants-là.
À 00 h 20 – 00 h 25, après le chavirement, le navire, vous l’avez vu.
Je vous remontre comment il était (6:16).

Donc, cet évènement de l’abandon du navire, affirmé par De Falco, réaffirmé par le procureur en chef, balancé en pleine audience par le ministère public comme une réalité, c’est une honte.
Je veux voir ou j’aurais voulu voir au tribunal un film avec l’horaire dessus.
Vous le savez, que lorsque on enregistre avec une télécaméra il y a l’horaire en surimpression ; il y a le jour, l’heure, le mois et l’année.
Alors expliquez-moi comment on peut dire que c’est la saleté de film qui montre le Commandant Schettino en train d’abandonner le navire.
Et le film du moment où le navire chavire vous ne l’avez pas, il n’y en a pas ; alors vous avez montré un film pris avant le chavirement du Concordia.
Ce que veux dire, c’est que si vous utilisiez un film du jour précédent, il n’y aurait même pas le Concordia dessus, ok?
C’est-à-dire que les preuves sont des preuves si elles sont justifiables.
Ça, ce n’est pas une preuve, c’est une connerie, c’est une preuve bidon truquée par le commentaire raté du ministère public devant le tribunal pour enfoncer le Commandant Schettino.

Voyez, nous avons posé une autre pièce du puzzle.
Plus tard, nous en évoquerons encore d’autres, j’en ai beaucoup en magasin.
C’est un complot, je ne sais pas si ce n’est qu’une mise en scène, mais je commence à croire que oui, par des gens qui ont comploté pour éloigner Costa Croisières des conséquences fâcheuses qui auraient suivi son passage au tribunal, Costa plus intéressant pour eux et ayant l’argent pour pouvoir manipuler l’information, mais pas moi.

Ce ne sont que des suppositions de ma part, ce ne sont pas des diffamations : je dis, et c’est sûr et certain, que cette preuve apportée au tribunal par l’accusation est bidon, elle ne prouve absolument pas ce qu’elle a dit qu’elle allait prouver, c’est tout.

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