COSTA CONCORDIA : communication officielle des motivations de la sentence

COSTA CONCORDIA : les motivations de la sentence de première instance ont été déposées là : http://www.giurisprudenzapenale.com/2015/07/14/naufragio-concordia-depositate-le-motivazioni-della-sentenza-di-primo-grado/ avec un lien pour télécharger le document lui-même, le texte en est, bien sûr, rédigé selon les canons du droit et en italien

Tribunal de GROSSETO, 10 juillet 2015 (audience du 11 février 2015)
President : Monsieur le Juge PULIATTI, Juges : Messieurs les Juges MEZZALUNA et COMPAGNUCCI

Nous publions, en raison de l’intérêt médiatique évident pour cette affaire, les 553 pages de motivations de la sentence rendue par le Tribunal de GROSSETO qui a condamné le 11 février 2015 l’ex-commandant de la CONCORDIA, Francesco SCHETTINO, à 16 années de prison pour le naufrage dans lequel 32 personnes ont perdu la vie.

« Au moment où l’accusé a définitivement quitté la CONCORDIA », la situation était telle qu’elle « rendait impossible, ou du moins difficile » que les passagers qui étaient encore à bord « puissent être sauvés ». SCEHTTINO (sic) – peut-on lire dans la sentence – a quitté le navire sans rien savoir « du sort des autres 2000 personnes » à bord du paquebot de croisière.

« Le choix criminel, si nous pouvons nous exprimer ainsi, a été le choix initial d’amener un navire, qui avait de telles caractéristiques (dimensions et poids) et à une telle vitesse, aussi près de l’ile », les juges écrivent dans la sentence, en parlant de l’inchino :  » SCHETTINO n’a pas programmé correctement la manoeuvre, mais a improvisé, naviguant pratiquement à vue. La situation dangereuse a, de fait, été créée par l’accusé ». D’après les magistrats, le Commandant « était tout à fait au courant de la présence menaçante des rochers » mais était « certain de pouvoir mener à bien la manoeuvre audacieuse », en surestimant « ses compétences de marin ».

Télécharger la sentence (en italien)

  • « 2000 personnes », ils y sont allés fort, le souriceau en estime l’équivalent de deux classes normalement chargées dans nos collèges et lycées, soit une grosse cinquantaine sur la vidéo en infra-rouge :

voyez sur cette saisie d’écran, ils sont tous vers la poupe

 sur celle-ci on peut compter ceux qui sont en train de descendre, une vingtaine

 

 et constater qu’il n’y a  pas 2000 personnes en tout sur le côté babord du navire, il n’y en a même pas une centaine

De plus, le Commandant savait que parmi ces personnes il y avait les officiers Dimitri CHRISTIDIS, commandant en second, et  Manrico GIAMPEDRONI directeur de l’hôtellerie. Ainsi que les membres d’équipage affectés par le tableau des rôles aux chaloupes de sauvetage qui ne devaient plus jamais pouvoir être mises à la mer du fait de la position du navire par rapport à l’horizontale.
  • Tout de même, à la lecture, le souriceau a un frisson dans le dos : les cinquante et quelque personnes encore à bord quand le navire a chaviré qui sont restées sur ce pont et ont été ramenées à terre semblent bien être des miraculées : si le navire avait glissé encore plus bas en se reposant sur le fond en pente après avoir flotté un instant à l’horizontale !!!

Une pensée pour ceux qui étaient en train de traverser laborieusement le navire pour aller embarquer sur l’une des chaloupes qui faisait la navette entre le bord et la terre à tribord, la CONCORDIA les a piégés et noyés en chavirant.

  • « aussi près de l’ile », faux problème la distance à l’ile du point de vue de l’accident, c’est le fond sous le bateau qui compte.

C’est l’équivalent en profondeur du panneau du Code de la Route pour les poids lourds

3,2 m de hauteur limite sous le pont du cours Lieutaud à MARSEILLE, des poids-lourds s’y coincent régulièrement, coinçant la circulation sur l’artère et tout ce quartier de centre-ville par la même occasion :
diaporama là http://www.laprovence.com/diaporama/2460546/marseille-des-accidents-en-serie-sous-le-pont-lieutaud-depuis-23-ans.html

avec les impressions du chauffeur accidenté 

Par contre, c’est vrai qu’il peut peut-être y avoir des pêcheurs au lamparo de nuit, mais eux, contrairement à cette côte non signalée, on les aurait vus dans le noir.

  • « amener le navire », qu’ils disent

C’est la question de « la route ».

La route planifiée comme il faut par l’officier cartographe Simone CANESSA ne passait pas plus près que 0,5 mille de la côte et surtout sur des zones assez profondes pour que la CONCORDIA glisse sur l’eau à l’aise.
Tant que la CONCORDIA a été sous pilote automatique, elle l’a suivie.
reconstitution du « radar » par CODACONS, pour mémoire
C’est à partir du moment où le matelot RUSLI BIN a manoeuvré le joystick du timon, sous le commandement de l’alors premier officier AMBROSIO, les deux étant sous la surveillance du troisième officier CORONIKA que la CONCORDIA a quitté cette route.

C’est cela qui est nommément reproché à Francesco SCHETTINO comme étant « criminel ». Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans, si tant est que crime il y ait eu ?

  • L’inchino ! je crois que nous ne saurons jamais nous, français de la terre, en quoi du point de vue trajectoire, consiste le salut à la terre justement.
  • Après il a « improvisé ». Et comment ! ce qui n’était pas programmé, justement, c’était de s’apercevoir brusquement que le navire se trouvait en face de tout proches écueils rocheux.
Non, ce n’était pas programmé et oui, il a improvisé et heureusement qu’il a « navigué à vue », cru ses yeux. 
 
 
Savoir ce qu’il y avait sur les cadrans de la paillasse centrale (ci-dessus, le tout petit de la page-écran) à ce moment-là pour que personne ne bronche en allant s’empaler tranquillou !
C’est exubérant d’habitude, des italiens ! et du sud en plus !

« Billet général pour l’au-delà ! »  » Mamma mia !  »  » Madonna !  »  » Cristo !  » comme a dit DE FALCO,  » Cazzo !  » comme a dit le même DE FALCO en une autre occasion. On aurait du apprendre la totalité des gros mots italiens, napolitains et peut-être même philippins par la boite noire à ce moment-là, prononcés aussi par la douce (pure supposition de ma part) voix féminine de la passerelle. Et là non, pas un son.

  • « La situation dangereuse a, de fait, été créée par l’accusé. »
Le souriceau est au plafond. Lire ça, c’est énorme dans l’injustice, hallucinant d’absurdité, impossible d’ingratitude, même en sachant que c’est un « rapport » de droit, qui suit une logique de droit, utilise un vocabulaire de droit, pris sur un site de droit, il n’en reste pas moins que les mots « crime » et « prison » sont écrites noir sur blanc dessus.

Ils n’ont pas tenu compte de tout ce qu’ils ont permis qui soit diffusé ! Ils avaient 500 000 pages à lire, digérer, prendre un nécessaire recul pour trancher, répondre oui ou non aux réquisitions des Procureurs. Sous les pressions conjuguées des parties civiles, des propriétaires de la CONCORDIA et des médias, dans le contexte de la crise économique qui nous touche tous, ont-ils bénéficié de suffisamment de calme intérieur pour pouvoir le faire ?

Pour éviter cela, nous dit WIKIPEDIA,
« La justice doit être aveugle mais pas sourde :
La justice tranche de façon équitable, dans le sens où les deux
parties (innocence, culpabilité) doivent être entendues de la même
manière.

Cependant, la justice n’est pas sourde et accepte la recherche
de nouvelles investigations
(ex: affaire Patrick Dils).
La justice est indépendante de l’opinion publique, des médias et de ses propres a-priori. »
L’avenir le dira.

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