Qui était la CONCORDIA ?

Un hôtel, une galerie marchande, un parc d’attraction diront les usagers terriens consuméristes. 

Toutes ces installations de plaisir ayant confusément un sol solide dessous. 

Alors non, elle n’était pas cela. 

La CONCORDIA était un bateau.
Cela comprend un bâti avec son armement et un équipage humain pour lui donner la vie.

Et son bâti n’est pas posé sur pilotis, il est directement sur l’eau, il flotte un peu dessus, un peu dedans. 

Ce qui implique qu’il y en a dessous. 

On ne sait pas combien vu depuis un pont ou la fenêtre d’une cabine, on ne voit que sa surface la plupart du temps.

Hé bien dessous, ça dépend. 

 Ça dépend d’où on est.

Là haut, sur la passerelle, un officier gagne son pain en surveillant la route sur une carte.



Compliquée, la carte nautique, parce que comme pour le Tour de France, elle indique le relief en même temps que le tracé. 

Chouette, en même temps, parce que le tracé, on peut se le construire à chaque fois, on n’est pas coincé sur un ruban de goudron. 

Ce n’est pas simple : un officier – pas le même, ça en fait deux – a gagné son pain en le construisant. 

Et il a rentré lui-même ce tracé qu’on appelle « la route » aussi dans les appareils de bord, pour que tout le monde puisse travailler dessus en même temps, mais pas tout de suite. 

Cet officier-là avait reçu des instructions du Commandant qui commande à bord – ça fait un troisième officier – qui, plus expérimenté, avait d’un seul coup d’œil sur la carte, évalué la situation et choisi les points principaux de la construction, les « waypoints », comme ils disent.

Et avant de l’entrer dans le réseau du bord, il la lui a faite vérifier.

Après quoi, ayant terminé son temps de travail – ils font quasiment les 3 * 8 à bord, mais ça se dit autrement : on prend des quarts de 6 heures – il est rentré dans sa cabine, serein et confiant.
Sur la passerelle, le « Troisième Officier » dont c’est la mission allait veiller à ce que la route soit suivie. 

Le Troisième Officier ? pas seulement. 

Le Commandant qui commande, réquisitionné par l’accueil des passagers montés à CIVITAVECCHIA, la dernière escale dont ils venaient juste de partir, et son rôle de représentant de la Compagnie à bord d’un paquebot de croisière avait quitté la passerelle après l’avoir confiée à un – oui, encore un, nous en sommes à 4 – officier. L’Officier de Quart. 

Et pendant qu’il mangeait dans un restaurant plein de passagers qui pourraient raconter plus tard qu’ils avaient mangé « avec le Commandant », pendant qu’il mangeait, dis-je, confiant lui aussi,

l’Officier de Quart allait gagner son pain en surveillant le tout et donner les ordres pour que ça se passe bien, et faire suivre la route à La CONCORDIA et tout son chargement humain.

 Je récapitule dans l’ordre chronologique :

1°/   le Commandant SCHETTINO donne les points principaux pour la trajectoire par leurs coordonnées en fonction des instructions qu’il reçoit de la Compagnie qui l’emploie et qu’il a l’honneur de représenter par sa personne à bord. 

2°/   l’officier CANESSA trace « la route », la courbe trajectoire continue complète.

3°/   le commandant SCHETTINO et l’officier cartographe vérifient la route.

4°/   l’officier cartographe la rentre dans l’ECDIS commun – que nous connaissons, nous pauvres béotiens, sous le nom de radar.

5°/   A partir de là, la route va être suivie par la CONCORDIA par l’intermédiaire du pilote automatique (tout équipement donc) et/ou du timonier (humain) sous couvert d’AMBROSIO

6°/   les deux humains et le bateau étant surveillés activement par CORONICA, en vertu du principe bien connu que quatre yeux valent mieux que deux pour surveiller

Sachant que ledit ECDIS a quatre ou cinq séries d’affichages de données numériques et autres en plus du radar, que les paillasses de la passerelle comprennent aussi boutons et cadrans jusqu’au plafond, tout le monde est bien occupé. 

Jacob RUSLI BIN est là aussi, il fait la vigie au centre, il n’ira qu’ensuite au timon, quand le Master sera présent.

Ce n’est pas la première fois qu’il travaille dans une passerelle, par contre c’est la première chez COSTA sur la CONCORDIA. 

A la veille du second procès pour la CONCORDIA, on ne sait toujours pas pourquoi ce bateau équipé correctement, aux petits soucis de maintenance près,  des derniers équipements modernes a fini par s’esquinter sur l’éperon rocheux du SCOLE après avoir raté de peu le choc de plein fouet avec la falaise de granite de la plage de CANNELLE.

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