Archives de octobre 2012

Que vous le vouliez ou non, la Costa Concordia est un magnifique objet technique

et elle a des dimensions qui ne sont pas à l’échelle humaine.


La voici, avec tous ses ponts, ceux qui sont accessibles aux passagers portent le nom des pays dont ils viennent. Vous voyez la hauteur d’un pont et celle du bateau ?

En dessous de la ligne de flottaison, ceux qui ne sont pas aménagés pour leur plaisir et leurs distractions de croisière mais sont indispensables pour que la croisière ait lieu : les œuvres vives du bateau, son cœur, ses bras et ses jambes, les lieux de travail et les lieux de repos de ceux qui ont la main dans le cambouis.

Le cerveau de la Concordia est situé sur le pont 8, en hauteur, il est fusionné avec celui de Francesco SCHETTINO, qu’il soit physiquement présent ou pas, accaparé de fait par les innombrables tâches d’animation requises pour un bon déroulement de la croisière, dont la présence personnelle est exigée par ceux qui ont payé.

Dans la partie émergée d’ailleurs, il n’y a pas que des chambres et des restaurants. Il y a un théâtre dont la machinerie est digne de l’Opéra Garnier, un simulateur de conduite bien plus perfectionné que celui qui sert à apprendre à conduire pour le permis (vous êtes au volant d’une Formule 1) un jacusi plein d’électronique aussi et je ne parle pas des piscines !

Eh bien dans la partie fonctionnement proprement dit du navire, il y a aussi de l’électronique, de l’informatique, de la technique.

 

Alors, arriver à suivre demande de petits efforts

dont le premier aurait été de se rendre sur place, dans le théâtre de GROSSETO, spécialement aménagé pour que les auditeurs aient une vision parfaite des documents de travail des experts pour ceux qui en avaient la possibilité

d’écouter ce que vont dire ceux qui savent, en théorie et en pratique

et ensuite de poser des questions pertinentes pour pouvoir comprendre ce qui s’est passé et pouvoir faire des suggestions valables pour faire en sorte que « ça ne soit pas arrivé » dans un futur le plus long possible.

 

« Les expertises les plus techniques ne pourront rentrer dans la tête d’un homme. « 

C’est sûr que si on n’essaie même pas …

… seulement alors, on la ferme.

Et là, c’est le professeur de Sciences Physiques qui parle.

Madame le Juge, Monsieur le Procureur, la Cour et tous les avocats ont besoin de l’avis de nombreux experts, chacun dans sa partie, dont le Commandant SCHETTINO lui-même, qui fait la moitié du chemin, pour arriver à connaître la vérité sur ce qui s’est passé la nuit du 13 janvier 2012,

Il n’y a vraiment aucune honte, pour un souriceau terrien, à devoir très certainement revoir sa copie et repartir de zéro dans une semaine sur de nouvelles bases pour faire, lui aussi, sa moitié de chemin vers cette vérité complexe du monde implacable et merveilleux de la Mer.

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Il y avait le Commandant K1 sur la passerelle

mais qui a dit quoi exactement ? le souriceau n’entends pas suffisamment bien pour avancer quoi que ce soit sur ce point précis.

Arrêt du pilote automatique, on conduit nous-mêmes

A priori, ce doit être le Commandant K2 AMBROSIO qui a prononcé cette phrase.

On se maintient à une distance de la côte de 0,5 milles nautiques minimum.

Là, la speakerine dit que le Commandant prend la main.

Ce bateau n’a jamais été la Concordia que vous verrez un peu plus loin et qui est représentée par un symbole différent.

Vous voyez au-dessus le promontoire de l’Argentario, et sur le bord inférieur de la vidéo, l’île de Giannutri. Il faut avoir dépassé les deux pour ensuite tourner vers la gauche en direction de l’ile du Giglio. Le câble souterrain (l’ondulation violette) est à peu de choses près la route directe Civitavecchia-Savone dans cette portion-là du trajet.

JE PRENDS LA MAIN !

Le Commandant (à priori) vient de se rendre compte qu’il va droit vers des écueils.

Soit dit entre parenthèses, ça se passait de nuit et la photo ci-dessus vient des pages de soutien de Facebook. Le Commandant SCHETTINO n’avait pas ses lunettes de repos (qui ont tant fait parler d’elles à une certaine époque) mais ses jumelles à infra-rouge, comme les sentinelles de nos jours. Il tenait le poste de vigie et surveillait l’horizon, comme le marin de service dans le nid de pie des bateaux de la marine à voile de nos souvenirs.

Cette vue-là est placée au bon moment, vous constatez que la Concordia est représentée différemment que le bateau de tout à l’heure.

L’accident lui-même, les chocs vont avoir lieu.

Fermer les portes étanches de la poupe !

(on vient de cogner au niveau de la poupe).

FERMER LES PORTES ÉTANCHES DE POUPE !

Là, le Commandant ne dit rien, mais grâce aux travaux des spécialistes qui ont éclairci la vidéo enregistrée, on le reconnait bien.

Black-out !

Plus d’électricité.

MAIS OÙ AVONS-NOUS TOUCHÉ ?

Toujours dans la nuit, la passerelle est éclairée par les feux rouges que nous avons déjà vus et qui sont branchés sur, je dirai « le groupe électrogène », le ou les générateur(s) de secours.

Et c’est maintenant qu’on vous montre les jumelles, dans leur usage de jour d’ailleurs (juste une fonction à activer la nuit si mes souvenirs sont bons). L’engin est assez cher.

Un rocher ! c’était un rocher à fleur d’eau !

Et on revient alors à l’un des nombreux bidouillages qui ont circulé au sujet de cette affaire :

il me semblait que l’accident avait eu lieu le 13/01/12 ?

On voit le Commandant K1 qui regarde directement devant, il n’y a plus rien à voir de toute façon, les écueils tant bien que mal ont presque été évités de justesse. Par contre, il faut communiquer avec tous les intervenants extérieurs, ceux qui donnent les ordres (seul maître après Dieu ? foutaise !) et ceux qui vont coopérer entre eux et avec lui pour que les secours soient le plus rapidement possible sur les lieux.

Alors

1°/ je pense au Joola qui a attendu les secours toute une nuit dans une position autrement plus critique que la Concordia

2°/ il a fait ça comme vous et moi, avec le téléphone portable qu’il a déjà en main sur la photo.

IL Y A 2 COMPARTIMENTS NOYÉS.

Non, nous ne coulons pas,… nous ne coulons pas.

2 compartiments, c’est bon, le bateau est son propre canot de sauvetage, géant comme lui.

Photo-souvenir encore d’une séance de photos avec les passagers, devant l’écran bleu à cela consacré et pendant laquelle, quelques années auparavant, IL N’AVAIT PAS PU MATÉRIELLEMENT ÊTRE SUR LA PASSERELLE EN MÊME TEMPS.

Comme tout à l’heure quand il avait quittée pour venir accueillir en personne les passagers montés à Civitavecchia.

Et manger un morceau avant le passage délicat.

Je vais faire jeter l’ancre, mais pas tout de suite, il faut encore attendre un petit moment.

On arrive là, ensuite il faudra appeler pour un remorqueur et c’est bon.

Heu … il fait toujours nuit, n’est-ce pas.

Oui, je le sais.

Hé, je le sais, je le sais que c’est de ma faute.

Quoi exactement, moi je ne le sais toujours pas.

Vous allez voir mettre à l’eau ce canot de sauvetage alors que la grue au-dessus est pas mal inclinée par rapport à l’horizontale, et elle est parallèle au plancher !

Nous déclarons l’abandon ?

Attends un peu, je voudrais savoir quelque chose.

Il y a une interruption dans l’enregistrement, le Commandant a posé des questions techniques pour savoir si le bateau allait rester stable dans sa position inclinée ou chavirer.

MAINTENANT. Vous jetez l’ancre s’il vous plait.

Allez, on évacue à droite

(du côté du Giglio, celui qui est enfoncé dans l’eau).

Alors, on le donne, cet abandon du navire ?

?

On donne l’abandon du navire, allez, fais là, l’annonce.

Abandon du navire !

Vous remarquez toujours le Commandant SCHETTINO, éclairé par les lumières résiduelles bleues.

Ici, vous le verrez mieux, entre deux sous-titres.

Non, à la place de « Abandon du navire », tu dis plutôt « Nous allons amener les passagers à terre ».

À TERRE !

 

Vous pouvez visionner la vidéo sur le site où elle a été publiée:

http://multimedia.quotidiano.net/?tipo=media&media=26490

Elle est présentée comme un enregistrement complet du contenu de la boite noire et c’est matériellement impossible, ça n’a pas duré que 1 minute et 40 secondes.

C’est un montage centré sur le Commandant SCHETTINO, le Commandant qui commande la Costa Concordia, mais vous apercevez avec lui quelques-uns de la dizaine d’Officiers qui sont restés présents à ses côtés jusqu’au bout de ce qui devait être fait depuis la passerelle.

Je rappelle que les Officiers qu’on ne voit pas étaient mobilisés aussi.

Je rappelle enfin que l’équipage, ceux qu’on n’a « pas vus », les marins (évidement, si on s’attendait à des personnes avec un béret blanc et un pompon rouge à toucher pour la chance, c’était raté), les marins donc, ce sont le personnel navigant, les serveurs, le personnel hôtelier et d’animation, tous ceux qui avaient un gilet de sauvetage jaune et qui sont présents sur toutes les vidéos d’amateurs que les passagers ont tournées dans l’urgence et la peur.

Des questions restent posées auxquelles je ne saurais pas répondre, mais nous en saurons un peu plus ce lundi. En effet à Grosseto la seconde audience préliminaire s’ouvrira par les réponses des experts aux questions qui leur ont été officiellement posées par les magistrats.

Le Commandant SCHETTINO sera présent (ainsi que le Commandant AMBROSIO et les personnes inculpées de la société COSTA) et pourra expliquer par la voix de son avocat certains points qui échappent aux souriceaux terriens dans mon genre.

C’est la première fois au monde que ce sera possible et en cela, les survivants de la Concordia ont beaucoup de chance.

Ils vont savoir pourquoi la Concordia était trop près de la côte malgré les instructions de son K1, reprises ici par son K2 de quart.

Comme les deux épaves jadis découvertes par des plongeurs sur lesquelles elle est venue se coucher à jamais. Comme toutes celles qui dorment par le fonds de l’ile du Giglio, la plus belle de l’archipel Toscan.

N’est-ce pas là qu’Ulysse avait perdu jadis 11 de ses 12 vaisseaux juste avant de rencontrer la Magicienne Circé sur l’ile d’Aéa ?

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