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L’Amiral Minaudo confirme la justesse de la manœuvre du commandant Schettino
Publié par Monique-Mauve dans Journal de bord le 15 août 2026
Vidéo mise en ligne sur YouTube le 30 juin 2015 par Giuseppe Minaudo
Les rapports d’enquête montrent que les capacités évolutives de Costa Concordia auraient permis au navire de contourner Le Scole si le timonier avait rapidement exécuté tous les ordres du commandant Schettino, bien que donnés en urgence et au dernier moment.
Vous ayez appris d’une manière ou d’une autre à connaître cette dynamique, vous l’ayez étudiée, vous l’avez analysée, puis vous avez eu l’occasion d’en approfondir certains aspects en lisant ce livre. Je vous poserai alors cette question précise, en vous basant sur votre expérience et l’idée que vous vous êtes fait de cette nuit tragique et maudite : quels sont les points clés qui ont été abordées dans cet ouvrage parce qu’ils méritent, l’attention de l’opinion publique, et que celle-ci doit peut-être apprendre à se familiariser avec ces aspects techniques et à les comprendre.
L’Ammiral Minaudo
Merci. Il n’est pas simple de répondre à une telle question.
J’ai principalement lu les chapitres techniques de ce volume et je dois dire que ce que vous dites est extrêmement intéressant et que les informations ont été recueillies chronologiquement, comme lors d’une enquête sur un accident Maritime.
Je dois donc dire que de ce point de vue, c’est parfait. Mais certaines choses m’ont beaucoup laissé perplexe : la description des faits est faite, elle est réalisée par des techniciens, elle est expliquée et clarifiée par le commandant Schettino, mais en réalité, elle n’est pas perçue correctement par tous ceux qui l’écoutent, et en premier lieu malheureusement par la Radio, la Télévision et les journaux.
Et ils ont mal interprété ce qui était écrit.
Ce n’est pas une accusation contre qui que ce soit, mais je tiens à préciser que la terminologie nautique et les techniques de navigation relèvent d’un art du passé, d’une science actuelle et d’une législation nationale et internationale qui vise à éliminer les accidents et les avaries possibles.
Autrement dit, quiconque exerce un métier et surtout un métier en mer, se doit d’être un connaisseur, un expert de la mer, un expert en technologie, un expert en navigation. Et tout cela s’acquiert grâce à des années d’expérience comme celle du capitaine Schettino.
Car voyez-vous, 30 ans en mer, ce n’est pas rien, et une expérience de ce genre ne peut pas se transmettre en peu de temps, ni par des rapports ou un échange de questions-réponses avec le procureur, car personne ne peut transmettre son permis bateau à son petit-fils.
Voici donc le premier point, la première difficulté. Je dois dire qu’à la lecture des chapitres techniques, j’étais moi-même perplexe car certains points n’étaient pas clairs.
Voici pour le premier point, deuxième point : des experts éminents et reconnus ont décrit des faits techniques. Sans vouloir offenser personne, il aurait mieux valu laisser le soin d’expliquer à un professeur de navigation qu’à un médecin pour comprendre comment se déroule une manœuvre.
Que se passe-t-il lorsque la planche du gouvernail bouge ? C’est comme lorsqu’on met la main dans l’eau sur un bateau : on plonge la main, on la fait pivoter, et l’eau est repoussée, elle se rapproche du bateau. Le mécanisme fonctionne donc parfaitement, c’est la chose la plus simple du monde. Mais expliquer ces choses d’abord aux avocats, puis au procureur, et enfin au juge, je pense que c’est mission impossible.
Vittoriana Abate
Nous ne nous étions jamais rencontrés avant ce soir, et j’ai été frappé par certaines de vos réflexions, notamment celle sur la manœuvre dite de la baïonnette, une réflexion qui m’est venue spontanément à la lecture des actes du procès.
L’Ammiral Minaudo
Alors, je dois avouer que je n’ai jamais entendu parler de la manœuvre de la baïonnette dans le jargon nautique. Je m’excuse donc, si quelqu’un peut m’éclairer sur ce point, car c’est un terme tout nouveau pour moi ?
Concernant le jargon nautique, j’en discutais justement avec des amis et des journalistes, la terminologie nautique actuelle a été copiée au milieu du XIXe siècle à partir de dictionnaires, principalement anglais, rédigés par les élèves des écoles navales militaires anglaises. Ces dictionnaires navals ont ensuite été traduits dans différentes langues, et nous, en Italie, avons dû les traduire également en italien.
Mais quelle était donc cette langue italienne, puisque tous nos marins, dans les différents royaumes qui composaient l’Italie, parlaient des dialectes locaux ? Un Amiral illustre a créé un dictionnaire à la fin de l’an 800 avec ses collaborateurs. Ce dictionnaire, publié en Italie, était un recueil de termes nautiques adaptés de divers dialectes, et disons, toscanisés. C’est cette terminologie nautique que nous utilisons quotidiennement. Alors, comment expliquer quelque chose de technique à des gens qui ne sont pas du métier ? Certains termes sont incompréhensibles s’ils ne sont pas employés par des professionnels entre eux. C’est impossible, et surtout, les conséquences d’une manœuvre et une manœuvre difficile sont réellement difficiles à appréhender.
Dans les années 1950 et 1960, la législation internationale, et donc la législation en vigueur, était dictée avant tout par cet organisme des Nations Unies, l’Organisation Maritime Internationale (OMI), qui a enjoint à tous les pays de procéder à des essais en mer dès la mise à l’eau d’un navire.
Ces essais, conformes aux normes, devaient permettre d’obtenir des valeurs numériques indiquant les caractéristiques de manœuvrabilité du navire.
Par ailleurs, les lois internationales, les normes internationales, surtout le directives et aussi les recommandations, ont été mises en application par la législation nationale, qui, recevant ces suggestions, exigea notamment que les résultats de ces essais soient affichés sur la passerelle afin que chacun puisse les consulter.
Il s’agit d’un petit dessin tout simple à différentes allures et avec différents angles de gouvernail, qui montre à quels points le navire est respectivement en avance ou en retard.
Vittoriana Abate
C’est un point du super-rapport d’expertise du GIP qui n’a pas convaincu qui ne vous a pas convaincu la juge d’instruction Valeria Montesarchio. C’est un point que vous avez souligné, avant le Scole, sur lequel je reviendrai car c’est un aspect important.
L’Ammiral Minaudo
Oui, je disais donc qu’Internet m’a aidé dans cette réflexion, car j’ai effectué des recherches et je suis tombé sur un rapport très spécialisé, un rapport dans lequel ils tentaient de démontrer ce que pourrait être la courbe d’évolution, autrement dit, la courbe que suit votre voiture lorsque vous tournez le volant, la trajectoire de votre voiture varie en fonction de l’angle de braquage.
Sur un bateau, c’est à peu près pareil. Les moteurs du bateau contribuent d’une certaine manière à ce mouvement.
Quel est le problème avec ce rapport ? il parle d’un navire qui a deux hélices et entre ces deux hélices, en plein milieu, se trouve un gouvernail.
Comment fonctionne un gouvernail ? Un gouvernail est une lame, comme je l’ai dit précédemment, une main qui se déplace dans l’eau et qui s’oriente d’une certaine manière, seule la lame du gouvernail est affectée par le mouvement de l’eau de la proue vers la poupe lorsque le navire avance.
Vittoriana Abate
Expliquons clairement même pour un public de non-initiés ce que ça signifie. Autrement dit, l’expertise, la super-expertise, sur quel type de navire cette expertise a-t-elle été réalisée ?
L’Ammiral Minaudo
L’expertise a été faite pour un navire à deux hélices et un gouvernail central, placé dans le même axe que ces hélices. Ainsi, le flux d’eau est projeté directement et à grande vitesse contre la lame du gouvernail. Une simple impulsion suffit à faire virer le navire très brusquement.
Pour répondre également à la première question, la manœuvre de la baïonnette, qui ne repose sur aucune manœuvre planifiée, est appelée manœuvre AZ ou manœuvre en zigzag.
Elle consiste à placer le gouvernail complètement d’un côté afin que la poupe se déplace du côté opposé, après quoi à remettre le gouvernail au milieu et enfin à le placer dans l’autre direction.
De cette manière, il est possible d’empêcher la poupe du navire d’aller heurter un rocher, un obstacle et de le contourner car la rotation de la partie avant du navire est beaucoup moins importante que la rotation de sa partie arrière « .
Vittoriana Abate
Je profite encore votre présence et donc de votre expérience pour vous demander, en revenant précisément à la manœuvre du commandant Schettino cette nuit-là sur le Concordia, comment cette manœuvre a été exécutée de votre point de vue, selon votre expérience surtout ?
L’Ammiral Minaudo
Je ne veux donc pas me contenter de rapporter un fait technique, mais je parle aussi avec mon expérience personnelle : la manœuvre effectuée par le commandant Schettino était parfaite et lui aurait permis de contourner l’obstacle si les ordres avaient été parfaitement exécutés.
Si quelqu’un en doute, qu’il prenne l’un des navire jumeaux du Costa Concordia, qu’il le filme pendant qu’il effectue les mêmes manœuvres à la même distance du rocher et cela prouve que le navire franchit bien l’obstacle.
Les ordres doivent être respectés. Ce sont des ordres précis « .
Vittoriana Abate
Ammiral, vous faites bien sûr référence à ce qu’on a appellé l’erreur du timonier.
L’Ammiral Minaudo
Bien sûr. Là-dessus, il n’y a aucun doute, il n’y a aucun doute.
Vittoriana Abate
Ce que vous êtes en train de nous dire, en vous basant sur votre expérience, c’est que le navire aurait franchi les rochers de Le Scole sans encombre si le timonier avait suivi scrupuleusement les ordres du Commandant.
L’Ammiral Minaudo
Absolument, oui, ou du moins l’impact aurait été considérablement réduit.
Vous avez donc compris l’intervention de Vittoriana Abate qui a interagi avec l’Amiral Minaudo précisément parce que, ayant traité ces questions en détail, elle a tenté de susciter ces réflexions, qui sont fortes et que chacun peut accueillir comme il l’entend, mais qui, au moins, donnent à réfléchir.
Je souhaiterais solliciter l’intervention de Salvatore Proto de la Wesmans, qui nous vient de Norvège. (Wesmans est une société scandinave de premier plan, fondée en 1895, spécialisée dans l’expertise maritime, la gestion des sinistres et le conseil pour le secteur de l’assurance et du transport maritime, Salvatore Proto en est le Directeur)
Monsieur Salvatore Proto
Vous me connaissez sans doute, car je suis de la péninsule et j’en suis parti. Je vis en Norvège. Ceux qui me connaissent le savent également : je suis le Directeur de l’une des plus anciennes sociétés du monde, à Cleveland.
Je connais bien Arne Sagen, car il a reçu de nombreuses distinctions dans sa vie et dans sa carrière professionnelle. Notre société s’occupe d’évaluer en fait dans la réalité ce qu’est un accident en général. Nous avons 120 ans d’expérience, et lors du naufrage du Costa Concordia, mes collègues m’ont dit : « Schettino ! Sorrento ! vous êtes de Sorrento ! » J’ai été un peu surpris, mais connaissant le monde maritime depuis tant d’années – j’ai toujours eu à faire avec les navires – je me suis posé la question : comment est-il possible que ce navire ait eu un tel accident ? Je n’ai donc pas cherché plus loin, nous sommes une société qui pouvait répondre à la question, nous avons commencé à évaluer nous-mêmes les circonstances de l’accident.
Non pas parce que quelqu’un nous l’a demandé, mais parce que nous voulions comprendre pourquoi c’était arrivé.
Aujourd’hui, la construction navale et les navires de croisière représentent le secteur économique majeur, générant des milliards gens voyagent. Si nous ne parvenons pas à comprendre ce qui s’est réellement passé avec le Costa Concordia, nous ne pourrons pas éliminer ces causes, et ainsi nous priverons ma femme, mes enfants, ma mère n’est malheureusement plus, mes proches, de réaliser dans le futur un voyage en mer, nous les priverons du bonheur, de la joie de monter sur un navire de croisière.
J’ai donc voulu répondre personnellement à mes collègues en disant : » Écoutez, ce n’est pas ce que vous croyez. «
C’est pourquoi je suis heureux de vivre en Norvège et d’être dans ce pays, parce qu’on bénéficie de beaucoup d’attention.
Arne Sagen le démontre d’ailleurs de sa propre initiative. Lorsqu’il a appris que quelqu’un avait commencé à dire : « Écrivons ces vérités, ces révélations, écrivons ce qui doit émerger », il a souligné la nécessité de commencer à comprendre ce qui s’est réellement passé, pas de défendre Schettino. J’e n’ai connu Schettino que récemment, je le dis publiquement.
Depuis 120 ans, notre objectif en tant que société n’a jamais été de nous défendre entre nous. Nous voulons comprendre et dire aux gens : attention, si vous montez sur un navire il peut y avoir ce risque.
Et la gestion de ce navire n’est pas uniquement assurée par le capitaine, mais par un système global, très bien expliqué par Arne Sagen et présenté dans AISM International, un magazine hebdomadaire. Ce système prend racine au sein de la Compagnie
N’oubliez pas que c’est tout le management qui doit être parfait.
Je vais immédiatement conclure sur l’affaire Schettino …
Vittoriana Abate ( … )
Monsieur Salvatore Proto
… comme le dit Arne Sagen qui répète que le cas de Schettino est la honte de l’Italie.
Mais n’ayez pas honte de l’Italie pour ce que vous avez dit, non. Il est possible qu’en désignant Schettino comme le seul responsable, le commandant comme le seul coupable, nous ayons effacé des années de travaux, d’études visant à améliorer la sécurité des navires.
Nous investissons massivement dans ce domaine, à tel point que notre société – et je préférerais que cela ne soit pas écrit, car je ne souhaite pas faire de la publicité là-dessus – notre société a créé un comité d’experts exclusivement norvégien et a invité des spécialistes internationaux possédant une vaste expérience dans ce secteur afin de rendre les navires de croisière, et notamment ceux qui présentent les risques les plus élevés, les plus sûrs possible.
Voici notre point de vue.
Vittoriana Abate
J’aimerais poser une question, je pense que monsieur l’ingénieur a introduit un concept que je trouve très intéressant et également très important, et que j’aimerais que vous développiez brièvement. Il a introduit le concept d’accident qui concerne, qui implique toute une organisation. Qu’est-ce que cela signifie ?
Monsieur Salvatore Proto
Certainement. Un accident impliquant toute une organisation commence par le code ISM/Code International de la Gestion de la Sécurité en Mer. Le code ISM correspond à une procédure préventive, également mise en œuvre lorsqu’un accident survient. Il s’agit d’une mesure préventive visant à éviter qu’il ne se produise. Et après un accident, une procédure complète est mise en place pour minimiser son impact.
Il y a trois phases dans l’affaire du Costa Concordia, et je suis ravi que ce livre soit publié.
Je viens de lire un passage, mais il y a bien trois phases : ce qui s’est passé avant la collision avec les rochers, ce qui s’est passé pendant, et ce qui s’est passé après.
Comme nous avons également analysé les données de la boîte noire, je n’arrive pas à comprendre pourquoi personne ne révèle à l’opinion publique ce qui s’est passé d’une façon ou d’une autre, étant donné que ces données figurent dans les actes du procès et que nous les avons analysées. Nous avons analysé les actes du procès, nous n’avons pas analysé les opinions mais les actes du procès. Nous avons lu des pages, des pages et des pages pour essayer de comprendre. Personne ne nous a donné la moindre indication, nous voulions comprendre ce qui s’est passé avant.
Eh bien, je peux vous affirmer qu’avant l’impact, les responsabilités ne reposent pas uniquement sur le capitaine. Pendant l’impact, d’autres responsabilités ne lui incombent pas uniquement, mais aussi au reste de l’équipage qui avait des tâches spécifiques à accomplir, et aussi à l’équipement matériel concerné.
Je crois que le capitaine, dans ce cas précis, a agi après l’impact avec un professionnalisme et une expertise remarquables, bien au-delà de ce que nous avons vu, car il a empêché le navire … en rapprochant le navire des rochers du bas-fonds il a évité que la tragédie ne touche un nombre bien, bien plus grand de victimes que les 32 qu’il a faites.
Voilà ce que nous avons lu.
Merci pour votre contribution.
COSTA CONCORDIA : Le capitaine du Costa Concordia : « Arne a ajouté de la dignité à cette affaire »
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO le 30 novembre 2015
http://www.dagbladet.no/2015/11/29/nyheter/innenriks/utenriks/costa_concordia/42151697/
un article de Line BRUSTAD paru le samedi 29 novembre 2015
Dans une longue interview, l’homme de 83 ans raconte la façon dont il est entré en contact et a travaillé avec le capitaine du navire, Francesco Schettino, 55 ans.
Le capitaine a été condamné à 16 ans de prison en février de cette année, pour homicide involontaire des 32 personnes qui ont perdu la vie lorsque le navire de croisière s’est échoué au large de la côte ouest italienne le vendredi 13 Janvier 2012.
Nous avons parlé au téléphone avec Schettino depuis Rome et il a voulu dire quelques mots au sujet de son vieil ami norvégien Arne Sagen, 83 ans.
« Arne Sagen a contribué à donner de la dignité à cette affaire.
En dépit de son âge, il est très au courant des derniers développements en matière de sécurité maritime.
Il est très professionnel. »
Schettino a fait appel du verdict et un nouveau procès est prévu pour l’an prochain.
Arne Sagen a prévu d’assister le capitaine.
Sagen a un passé de marin et d’inspecteur maritime et a particulièrement travaillé à la sécurité maritime, ces dernières années.
Il a publié des articles sur ce thème et c’est de cette manière qu’il est entré en contact avec le capitaine Schettino tôt cette année.
Après avoir lu ce qu’il avait écrit, je l’ai contacté par téléphone », confirme Schettino.
Depuis lors, les deux hommes ont revu en détail ce qui est arrivé ce vendredi fatidique d’il y a trois ans.
« Nous avons du respect l’un pour l’autre et je l’apprécie beaucoup. » dit Schettino au sujet du Norvégien.
Lors de la conférence de presse à Rome, Sagen a dit qu’il n’est pas venu assister ou justifier le capitaine, mais qu’il était là au nom des passagers de toutes les croisières qui ne devraient pas avoir à risquer que les mêmes choses se répètent.s
« Au cours de la conférence de presse, j’ai mentionné qu’il y a 300 navires comme le Costa Concordia qui naviguent et que l’accident aurait pu affecter n’importe lequel. » dit Sagen.
En outre, j’ai exprimé le fait que je crois que l’attention à la suite du naufrage a été largement portée sur le capitaine et que vu de l’extérieur, on a l’impression que cette focalisation a été au détriment de la volonté d’une enquête approfondie et objective sur la façon dont l’accident s’est produit.«
Le capitaine Schettino dit que le livre sorti hier contient de nouveaux éléments de documentation sur l’accident et qu’il peut contribuer à une meilleure compréhension de ce qui est arrivé.
Interrogé sur ce qu’il attend de celà, le capitaine a répondu : « Tout dépend ce la façon dont va se dérouler le procès. Si tout va bien, j’espère obtenir la paix. »
SCHETTINO présente son livre à META
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO le 25 juin 2015
A la fin, les dédicaces dans une émission de Gaia MARTIGNETTI pour LA STAMPA là : http://www.lastampa.it/2015/06/25/multimedia/italia/schettino-presenta-il-suo-libro-I1A0EEwiJlMhGtv6T09UXK/pagina.html
Francesco SCHETTINO : « Voici les experts qui ont partagé mon analyse de l’accident » (VIDEO annoncée qui n’apparaît pas, en FRANCE)
« Le procès médiatique, dans un cas comme celui de SCHETTINO – a expliqué Maître Cataldo CALABRETTA, professeur de Droit de l’Information – accéléré la diffusion d’une opinion dominante parmi les personnes, mais il a affecté aussi les reconstructions. Une enquête menée de façon neutre a fait apparaître quelque chose qui en avait été submergé, complètement oublié par la presse elle-même« .
« Je vis loin de SCHETTINO, en NORVÈGE. Avant cet évènement, – a déclaré à son tour Arne Martin SAGEN, expert en Codes Navals – je ne le connaissais pas.
Plus détaillée a été l’intervention de l’Amiral Vito MINARDO, qui a souligné quelques aspects techniques portant sur sur la manœuvre que SCHETTINO avait ordonnée et qui n’aurait pas été exécutée dans les temps.
Vittoriana ABATE a rappelé divers épisodes, comme celui de l’abandon du navire.
La boite noire nous rappelle ce silence des officiers.
Ils n’ont pas informé le commandant SCHETTINO, qui est arrivé en passerelle à 21 heures et 34 minutes précises, de l’endroit où ils se trouvaient.
La route ordonnée passait à un demi-mille de la côte.
Le point du tournant avait été dépassé, et de beaucoup ».Deux extraits d’un article de Umberto BACCHI paru le 22 juin 2015 sur IB Times UK :
titré Le Commandant Francesco SCHETTINO publie un livre de mémoire dédié aux familles des victimes apportent des précisions sur deux points délicats :La dédicace :
La publicité risque de provoquer un mouvement d’indignation de certains : le volume qui porte le nom de SCHETTINO en première de couverture comprend sur la quatrième une dédicace à ceux qui ont perdu des êtres chers dans la tragédie.La presse italienne le cite : « Ils ont droit à la vérité plus que quiconque ».
Vittoriana ABATE a défendu ce choix en disant au IB Times UK que le livre était le résultat de son enquête personnelle, visant à jeter une lumière nouvelle sur la catastrophe en faisant progresser « la recherche de la vérité« , ce qui est également dans l’intérêt des familles des victimes.Les recettes du livre :
Le livre est déjà en vente en ligne (et en italien pour le moment) pour un peu plus de € 16 (£ 11, $ 18).
Vittoriana ABATE précise que le capitaine ne touchera pas d’argent sur les recettes et qu’elle-même a également renoncé à ses droits sur le livre de Mémoire, faisant don de la totalité des bénéfices « aux personnes qui sont dans le besoin« .
Le livre contient des informations détaillées sur la vie de SCHETTINO avant le naufrage, un compte-rendu de la nuit où la COSTA CONCORDIA a heurté un récif et a chaviré au large de l’île du GIGLIO en ITALIE et un rapport minutieux du procès qui s’en est suivi.
Qui est Arne SAGEN ?
Publié par Monique-Mauve dans Facebook (400 pixels de largeur) le 22 juin 2015
Une communication de GRAUD Editions rappelle que l’un des intervenants lors de la présentation du livre de mémoire du Commandant SCHETTINO à ses compatriotes de META est Arne SAGEN, un monsieur de niveau international en matière de sécurité en mer.
paru le 16 février 2015 dans un journal-web spécialisé : SHIP2SHORE.it
http://www.ship2shore.it/it/shipping/concordia-shame-on-you-italy_56897.htm
» Pour la CONCORDIA, honte à vous, italiens ! «
La condamnation de Francesco SCHETTINO à 16 ans de prison a été au centre des chroniques du monde entier ces derniers jours.
L’isolement de fait d’un seul coupable pour la tragédie de la COSTA CONCORDIA a stupéfié surtout dans les pays étrangers.
Dans cette intervention, Arne SAGEN, ingénieur naval norvégien expert pour le Code ISM (Code International de Gestion de la Sécurité en Mer) et membre de la Fondation SKAGERRAK pour la Sûreté des Navires, qui avait mis en évidence le rôle de la Compagnie dans la gestion de la sécurité dès les jours qui avaient suivi l’accident, explique pourquoi :
Le 11 Février de cette année-ci, jour du verdict de la Cour de GROSSETO à l’encontre du capitaine de la COSTA CONCORDIA Francesco SCHETTINO, a été un triste jour pour l’OMI (Organisation Maritime Internationale) et la communauté internationale du transport maritime qui se consacre à améliorer la sécurité de la navigation.
Le commandant SCHETTINO a été reconnu coupable d’homicide involontaire de 32 personnes, passagers et membres d’équipage confondus, naufrage involontaire et abandon de navire. Cette sentence a mis un point final à un procès qui avait commencé en juillet 2013 au cours duquel le Minstère Public, qualifiant le commandant SCHETTINO d’imbécile heureux, avait requis une condamnation à 26 ans et trois mois de prison. Le commandant Schettino s’était défendu en disant qu’il a été sacrifié pour protéger les intérêts économiques de son employeur et que la peine devrait concerner l’ensemble de l’organisation de gestion plutôt que lui seul.
La compagnie n’est plus mise en cause par le procès depuis avril 2013, lorsque la Cour a accepté le paiement d’1 million d’euros par COSTA CROISIÈRES, sous couvert du groupe CARNIVAL. Cinq officiers et le représentant de la société dans l’unité de crise qui a géré la suite immédiate de l’accident ont négocié leur peine et ont été condamnés à deux ans, mais, attendu que cette condamnation est inférieure à celle à partir de laquelle on va réellement en prison en ITALIE (3 ans), ils sont restés libres.
Malheureusement un tel verdict nous ramène à l’époque déplaisante de la « chasse au coupable » qui suivait immédiatement tout désastre maritime, quand la compagnie s’en sortait indemne et que c’était l’équipage qui était systématiquement sanctionné. Ce qui semble justifié par la nécessité de satisfaire aux standards réclamés par les assurances pour accepter facilement d’accorder leur couverture aux navires, en échange de la trouvaille d’une « négligence de la part de l’équipage » comme cause de l’accident.
La sentence du tribunal italien contraste énormément avec la façon dont un tribunal britannique a traité un cas semblable après le retournement du ferry ro-ro HERALD OF FREE ENTERPRISE devant le port belge de ZEEBRUGGE en 1987, qui causa la mort de 193 personnes. Dans ce cas précis, une grave négligence de l’équipage fut décelée comme cause de l’accident.**
Mais l’enquête sur le sinistre,dirigée par le juge Justine SHEEN, ne se limita pas à mettre en évidence les lacunes du commandant et de son équipage et a révélé que la gestion de la sécurité surce bateau de la part de la gestion à terre méritait aussi d’être condamnée.
L’enquête résuma ainsi le comportement de l’armateur en matière de sécurité : » Du sommet au plus bas niveau de la hiérarchie, cette entreprise a été infectée par les germes du laxisme et de la négligence« . Par conséquent, aucun membre de l’équipage n’a été condamné à la détention et le commandant David LEWRY a été suspendu pour un an seulement.
La frustration générale de l’industrie internationale de navigation à la suite du retournement du HERALD OF FREE ENTERPRISE avait permis un bond en avant dans la gestion de la sécurité maritime, favorisant le développement du Code International de Gestion de la Sécurité.
Cet différence saisissante entre les jugements des tribunaux italiens et anglais sur les responsabilités du commandant en relation avec les dispositions du Code ISM indique que les associations des gens de mer ont encore beaucoup à faire pour protéger leurs membres contre la criminalisation en cas d’accident.
L’attaque immédiate et dure de son propre commandant par COSTA CROISIÈRES après le crash de la CONCORDIA affaiblit le Code ISM, qui identifie les dirigeants de la compagnie maritime de transport comme la pierre angulaire de la bonne culture de l’entreprise armatrice en matière de sécurité.
Le Code stipule que la compagnie est responsable pour fixer les procédures qui assureront le fonctionnement en toute sécurité du navire. Le fait que les procureurs ont insisté sur le fait que SCHETTINO était un « idiot irresponsable » n’est certainement pas en ligne avec une bonne culture de la sécurité. Si cette assertion devait être considérée comme exacte, il serait naturel de se demander qui lui a confié le commandement de la COSTA CONCORDIA ?
Il ne fait aucun doute que le Code ISM, qui est entré en vigueur en 1998, a eu un grand impact sur la sécurité dans le transport maritime, mais nous avons maintenant de bonnes raisons de se demander si tous les armateurs sont suffisamment sérieux pour mettre en œuvre ses dispositions.
Aujourd’hui les inspecteurs des pavillons ou des organisations reconnues, comme les sociétés de classification, montent à bord et vérifient, par l’intermédiaire de documents sur papier, que le Code ISM semble bien appliqué. Mais ils ne peuvent pas certifier qu’une « mentalité de sécurité » est bien entrée dans la culture de l’armateur. Malgré le rôle des vérificateurs et des certificateurs, il y a très peu de choses qu’un organisme de classement puisse faire pour améliorer l’attitude d’une compagnie de transport maritime envers la sécurité. La culture de la sécurité doit venir de la gestion de la société.
Une solution réaliste pour l’industrie de la croisières pourrait être l’adoption système Tanker Management Safety Assessment (Evaluation de la Gestion de la Sécurité des Pétroliers), créé pour l’industrie de l’armement des pétroliers par le Forum Maritime International des Compagnies Pétrolières. Le TMSA a été rédigé dans un esprit d’efficacité optimale, adapté à l’industrie maritime au sens large.
Depuis une vingtaine d’années, l’industrie pétrolière est la bête noire de la navigation, impliquée dans un grand nombre d’accidents accompagnés de graves répercussions sur l’environnement de par le monde (NDS : les marées noires).
Suite au nombre croissant d’accidents concernant des pétroliers affrétés par les plus grandes compagnies pétrolières, le Forum a mis au poinr le TMSA au sujet des procédures de vérification.
Le TMSA est un système de sécurité à quatre niveaux, parmi lesquels le premier est à peu près équivalent au niveau du Code ISM. Le quatrième niveau est comparable à la certification de qualité ISO 9000. Le TMSA est devenu une grande réussite pour l’industrie pétrolière et a conduit à une amélioration considérable des statistiques d’accidents dans le secteur. Il pourrait être facilement adapté aux navires de croisières et à passagers.
Arne SAGEN, enquêteur spécialite des accidents, de la Fondation SKAGERRAK, NORVÈGE
*Le code ISM
https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_international_de_gestion_de_s%C3%A9curit%C3%A9
« La pierre angulaire d’une bonne gestion de la sécurité est l’engagement au plus haut niveau de la direction.
Lorsqu’il s’agit de sécurité et de prévention de la pollution, ce sont l’engagement, la compétence, les attitudes et la motivation des personnes individuelles à
tous les niveaux qui déterminent le résultat final. »
** l’accident du HERALD OF FREE ENTERPRISE avec des photos http://naufrageferries.canalblog.com/archives/2010/04/04/17470056.html

