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L’Amiral Minaudo confirme la justesse de la manœuvre du commandant Schettino

L’Ammiraglio Minaudo conferma la correttezza della manovra del Comandante Schettino

Vidéo mise en ligne sur YouTube le 30 juin 2015 par Giuseppe Minaudo

Les rapports d’enquête montrent que les capacités évolutives de Costa Concordia auraient permis au navire de contourner Le Scole si le timonier avait rapidement exécuté tous les ordres du commandant Schettino, bien que donnés en urgence et au dernier moment.

Vous ayez appris d’une manière ou d’une autre à connaître cette dynamique,  vous l’ayez étudiée, vous l’avez analysée, puis vous avez eu l’occasion d’en approfondir certains aspects en lisant ce livre. Je vous poserai alors cette question précise, en vous basant sur votre expérience et l’idée que vous vous êtes fait de cette nuit tragique et maudite : quels sont les points clés qui ont été abordées dans cet ouvrage parce qu’ils méritent, l’attention de l’opinion publique, et que celle-ci doit peut-être apprendre à se familiariser avec ces aspects techniques et à les comprendre.

L’Ammiral Minaudo

Merci. Il n’est pas simple de répondre à une telle question.

J’ai principalement lu les chapitres techniques de ce volume et je dois dire que ce que vous dites est extrêmement intéressant et que les informations ont été recueillies chronologiquement, comme lors d’une enquête sur un accident Maritime.
Je dois donc dire que de ce point de vue, c’est parfait. Mais certaines choses m’ont beaucoup laissé perplexe : la description des faits est faite, elle est réalisée par des techniciens, elle est expliquée et clarifiée par le commandant Schettino, mais en réalité, elle n’est pas perçue correctement par tous ceux qui l’écoutent, et en premier lieu malheureusement par la Radio, la Télévision et les journaux.
Et ils ont mal interprété ce qui était écrit.
Ce n’est pas une accusation contre qui que ce soit, mais je tiens à préciser que la terminologie nautique et les techniques de navigation relèvent d’un art du passé, d’une science actuelle et d’une législation nationale et internationale qui vise à éliminer les accidents et les avaries possibles.
Autrement dit, quiconque exerce un métier et surtout un métier en mer, se doit d’être un connaisseur, un expert de la mer, un expert en technologie, un expert en navigation. Et tout cela s’acquiert grâce à des années d’expérience comme celle du capitaine Schettino.
Car voyez-vous, 30 ans en mer, ce n’est pas rien, et une expérience de ce genre ne peut pas se transmettre en peu de temps, ni par des rapports ou un échange de questions-réponses avec le procureur, car personne ne peut transmettre son permis bateau à son petit-fils.
Voici donc le premier point, la première difficulté. Je dois dire qu’à la lecture des chapitres techniques, j’étais moi-même perplexe car certains points n’étaient pas clairs.
Voici pour le premier point, deuxième point : des experts éminents et reconnus ont décrit des faits techniques. Sans vouloir offenser personne, il aurait mieux valu laisser le soin d’expliquer à un professeur de navigation qu’à un médecin pour comprendre comment se déroule une manœuvre.
Que se passe-t-il lorsque la planche du gouvernail bouge ? C’est comme lorsqu’on met la main dans l’eau sur un bateau : on plonge la main, on la fait pivoter, et l’eau est repoussée, elle se rapproche du bateau. Le mécanisme fonctionne donc parfaitement, c’est la chose la plus simple du monde. Mais expliquer ces choses d’abord aux avocats, puis au procureur, et enfin au juge, je pense que c’est mission impossible.

Vittoriana Abate

Nous ne nous étions jamais rencontrés avant ce soir, et j’ai été frappé par certaines de vos réflexions, notamment celle sur la manœuvre dite de la baïonnette, une réflexion qui m’est venue spontanément à la lecture des actes du procès.

L’Ammiral Minaudo

Alors, je dois avouer que je n’ai jamais entendu parler de la manœuvre de la baïonnette dans le jargon nautique. Je m’excuse donc, si quelqu’un peut m’éclairer sur ce point, car c’est un terme tout nouveau pour moi ?
Concernant le jargon nautique, j’en discutais justement avec des amis et des journalistes, la terminologie nautique actuelle a été copiée au milieu du XIXe siècle à partir de dictionnaires, principalement anglais, rédigés par les élèves des écoles navales militaires anglaises. Ces dictionnaires navals ont ensuite été traduits dans différentes langues, et nous, en Italie, avons dû les traduire également en italien.
Mais quelle était donc cette langue italienne, puisque tous nos marins, dans les différents royaumes qui composaient l’Italie, parlaient des dialectes locaux ? Un Amiral illustre a créé un dictionnaire à la fin de l’an 800 avec ses collaborateurs. Ce dictionnaire, publié en Italie, était un recueil de termes nautiques adaptés de divers dialectes, et disons, toscanisés. C’est cette terminologie nautique que nous utilisons quotidiennement. Alors, comment expliquer quelque chose de technique à des gens qui ne sont pas du métier ? Certains termes sont incompréhensibles s’ils ne sont pas employés par des professionnels entre eux. C’est impossible, et surtout, les conséquences d’une manœuvre et une manœuvre difficile sont réellement difficiles à appréhender.
Dans les années 1950 et 1960, la législation internationale, et donc la législation en vigueur, était dictée avant tout par cet organisme des Nations Unies, l’Organisation Maritime Internationale (OMI), qui a enjoint à tous les pays de procéder à des essais en mer dès la mise à l’eau d’un navire.
Ces essais, conformes aux normes, devaient permettre d’obtenir des valeurs numériques indiquant les caractéristiques de manœuvrabilité du navire.
Par ailleurs, les lois internationales, les normes internationales, surtout le directives et aussi les recommandations, ont été mises en application par la législation nationale, qui, recevant ces suggestions, exigea notamment que les résultats de ces essais soient affichés sur la passerelle afin que chacun puisse les consulter.
Il s’agit d’un petit dessin tout simple à différentes allures et avec différents angles de gouvernail, qui montre à quels points le navire est respectivement en avance ou en retard.

Vittoriana Abate

C’est un point du super-rapport d’expertise du GIP qui n’a pas convaincu  qui ne vous a pas convaincu la juge d’instruction Valeria Montesarchio. C’est un point que vous avez souligné, avant le Scole, sur lequel je reviendrai car c’est un aspect important.

L’Ammiral Minaudo

Oui, je disais donc qu’Internet m’a aidé dans cette réflexion, car j’ai effectué des recherches et je suis tombé sur un rapport très spécialisé, un rapport dans lequel ils tentaient de démontrer ce que pourrait être la courbe d’évolution, autrement dit, la courbe que suit votre voiture lorsque vous tournez le volant, la trajectoire de votre voiture varie en fonction de l’angle de braquage.
Sur un bateau, c’est à peu près pareil. Les moteurs du bateau contribuent d’une certaine manière à ce mouvement.
Quel est le problème avec ce rapport ? il parle d’un navire qui a deux hélices et entre ces deux hélices, en plein milieu, se trouve un gouvernail.
Comment fonctionne un gouvernail ? Un gouvernail est une lame, comme je l’ai dit précédemment, une main qui se déplace dans l’eau et qui s’oriente d’une certaine manière, seule la lame du gouvernail est affectée par le mouvement de l’eau de la proue vers la poupe lorsque le navire avance.

Vittoriana Abate

Expliquons clairement même pour un public de non-initiés ce que ça signifie. Autrement dit, l’expertise, la super-expertise, sur quel type de navire cette expertise a-t-elle été réalisée ?

L’Ammiral Minaudo

L’expertise a été faite pour un navire à deux hélices et un gouvernail central, placé dans le même axe que ces hélices. Ainsi, le flux d’eau est projeté directement et à grande vitesse contre la lame du gouvernail. Une simple impulsion suffit à faire virer le navire très brusquement.
Pour répondre également à la première question, la manœuvre de la baïonnette, qui ne repose sur aucune manœuvre planifiée, est appelée manœuvre AZ ou manœuvre en zigzag.
Elle consiste à placer le gouvernail complètement d’un côté afin que la poupe se déplace du côté opposé, après quoi à remettre le gouvernail au milieu et enfin à le placer dans l’autre direction.
De cette manière, il est possible d’empêcher la poupe du navire d’aller heurter un rocher, un obstacle et de le contourner car la rotation de la partie avant du navire est beaucoup moins importante que la rotation de sa partie arrière « .

Vittoriana Abate

Je profite encore votre présence et donc de votre expérience pour vous demander, en revenant précisément à la manœuvre du commandant Schettino cette nuit-là sur le Concordia, comment cette manœuvre a été exécutée de votre point de vue, selon votre expérience surtout ?

L’Ammiral Minaudo

Je ne veux donc pas me contenter de rapporter un fait technique, mais je parle aussi avec mon expérience personnelle : la manœuvre effectuée par le commandant Schettino était parfaite et lui aurait permis de contourner l’obstacle si les ordres avaient été parfaitement exécutés.
Si quelqu’un en doute, qu’il prenne l’un des navire jumeaux du Costa Concordia, qu’il le filme pendant qu’il effectue les mêmes manœuvres à la même distance du rocher et cela prouve que le navire franchit bien l’obstacle.
Les ordres doivent être respectés. Ce sont des ordres précis « .

Vittoriana Abate

Ammiral, vous faites bien sûr référence à ce qu’on a appellé l’erreur du timonier.

L’Ammiral Minaudo

Bien sûr. Là-dessus, il n’y a aucun doute, il n’y a aucun doute.

Vittoriana Abate

Ce que vous êtes en train de nous dire, en vous basant sur votre expérience, c’est que le navire aurait franchi les rochers de Le Scole sans encombre si le timonier avait suivi scrupuleusement les ordres du Commandant.

L’Ammiral Minaudo

Absolument, oui, ou du moins l’impact aurait été considérablement réduit.

Vous avez donc compris l’intervention de Vittoriana Abate qui a interagi avec l’Amiral Minaudo précisément parce que, ayant traité ces questions en détail, elle a tenté de susciter ces réflexions, qui sont fortes et que chacun peut accueillir comme il l’entend, mais qui, au moins, donnent à réfléchir.
Je souhaiterais solliciter l’intervention de Salvatore Proto de la Wesmans, qui nous vient de Norvège. (Wesmans est une société scandinave de premier plan, fondée en 1895, spécialisée dans l’expertise maritime, la gestion des sinistres et le conseil pour le secteur de l’assurance et du transport maritime, Salvatore Proto en est le Directeur)

Monsieur Salvatore Proto

Vous me connaissez sans doute, car je suis de la péninsule et j’en suis parti. Je vis en Norvège. Ceux qui me connaissent le savent également : je suis le Directeur de l’une des plus anciennes sociétés du monde, à Cleveland.
Je connais bien Arne Sagen, car il a reçu de nombreuses distinctions dans sa vie et dans sa carrière professionnelle. Notre société s’occupe d’évaluer en fait dans la réalité ce qu’est un accident en général. Nous avons 120 ans d’expérience, et lors du naufrage du Costa Concordia, mes collègues m’ont dit : « Schettino ! Sorrento ! vous êtes de Sorrento ! » J’ai été un peu surpris, mais connaissant le monde maritime depuis tant d’années – j’ai toujours eu à faire avec les navires – je me suis posé la question : comment est-il possible que ce navire ait eu un tel accident ? Je n’ai donc pas cherché plus loin, nous sommes une société qui pouvait répondre à la question, nous avons commencé à évaluer nous-mêmes les circonstances de l’accident.
Non pas parce que quelqu’un nous l’a demandé, mais parce que nous voulions comprendre pourquoi c’était arrivé.
Aujourd’hui, la construction navale et les navires de croisière représentent le secteur économique majeur, générant des milliards gens voyagent. Si nous ne parvenons pas à comprendre ce qui s’est réellement passé avec le Costa Concordia, nous ne pourrons pas éliminer ces causes, et ainsi nous priverons ma femme, mes enfants, ma mère n’est malheureusement plus, mes proches, de réaliser dans le futur un voyage en mer, nous les priverons du bonheur, de la joie de monter sur un navire de croisière.
J’ai donc voulu répondre personnellement à mes collègues en disant :  » Écoutez, ce n’est pas ce que vous croyez. « 
C’est pourquoi je suis heureux de vivre en Norvège et d’être dans ce pays, parce qu’on bénéficie de beaucoup d’attention.
Arne Sagen le démontre d’ailleurs de sa propre initiative. Lorsqu’il a appris que quelqu’un avait commencé à dire : « Écrivons ces vérités, ces révélations, écrivons ce qui doit émerger », il a souligné la nécessité de commencer à comprendre ce qui s’est réellement passé, pas de défendre Schettino. J’e n’ai connu Schettino que récemment, je le dis publiquement.
Depuis 120 ans, notre objectif en tant que société n’a jamais été de nous défendre entre nous. Nous voulons comprendre et dire aux gens : attention, si vous montez sur un navire il peut y avoir ce risque.
Et la gestion de ce navire n’est pas uniquement assurée par le capitaine, mais par un système global, très bien expliqué par Arne Sagen et présenté dans AISM International, un magazine hebdomadaire. Ce système prend racine au sein de la Compagnie
N’oubliez pas que c’est tout le management qui doit être parfait.
Je vais immédiatement conclure sur l’affaire Schettino …

Vittoriana Abate ( … )

Monsieur Salvatore Proto

… comme le dit Arne Sagen qui répète que le cas de Schettino est la honte de l’Italie.
Mais n’ayez pas honte de l’Italie pour ce que vous avez dit, non. Il est possible qu’en désignant Schettino comme le seul responsable, le commandant comme le seul coupable, nous ayons effacé des années de travaux, d’études visant à améliorer la sécurité des navires.
Nous investissons massivement dans ce domaine, à tel point que notre société – et je préférerais que cela ne soit pas écrit, car je ne souhaite pas faire de la publicité là-dessus – notre société a créé un comité d’experts exclusivement norvégien et a invité des spécialistes internationaux possédant une vaste expérience dans ce secteur afin de rendre les navires de croisière, et notamment ceux qui présentent les risques les plus élevés, les plus sûrs possible.
Voici notre point de vue.

Vittoriana Abate

J’aimerais poser une question, je pense que monsieur l’ingénieur a introduit un concept que je trouve très intéressant et également très important, et que j’aimerais que vous développiez brièvement. Il a introduit le concept d’accident qui concerne, qui implique toute une organisation. Qu’est-ce que cela signifie ?

Monsieur Salvatore Proto

Certainement. Un accident impliquant toute une organisation commence par le code ISM/Code International de la Gestion de la Sécurité en Mer. Le code ISM correspond à une procédure préventive, également mise en œuvre lorsqu’un accident survient. Il s’agit d’une mesure préventive visant à éviter qu’il ne se produise. Et après un accident, une procédure complète est mise en place pour minimiser son impact.
Il y a trois phases dans l’affaire du Costa Concordia, et je suis ravi que ce livre soit publié.
Je viens de lire un passage, mais il y a bien trois phases : ce qui s’est passé avant la collision avec les rochers, ce qui s’est passé pendant, et ce qui s’est passé après.
Comme nous avons également analysé les données de la boîte noire, je n’arrive pas à comprendre pourquoi personne ne révèle à l’opinion publique ce qui s’est passé d’une façon ou d’une autre, étant donné que ces données figurent dans les actes du procès et que nous les avons analysées. Nous avons analysé les actes du procès, nous n’avons pas analysé les opinions mais les actes du procès. Nous avons lu des pages, des pages et des pages pour essayer de comprendre. Personne ne nous a donné la moindre indication, nous voulions comprendre ce qui s’est passé avant.
Eh bien, je peux vous affirmer qu’avant l’impact, les responsabilités ne reposent pas uniquement sur le capitaine. Pendant l’impact, d’autres responsabilités ne lui incombent pas uniquement, mais aussi au reste de l’équipage qui avait des tâches spécifiques à accomplir, et aussi à l’équipement matériel concerné.
Je crois que le capitaine, dans ce cas précis, a agi après l’impact avec un professionnalisme et une expertise remarquables, bien au-delà de ce que nous avons vu, car il a empêché le navire … en rapprochant le navire des rochers du bas-fonds il a évité que la tragédie ne touche un nombre bien, bien plus grand de victimes que les 32 qu’il a faites.
Voilà ce que nous avons lu.

Merci pour votre contribution.

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Schettino : Je n’ai jamais quitté volontairement le Concordia.

Je n’ai jamais quitté volontairement le Concordia.

Non ho mai abbandonato volontariamente la Concordia

Une interview exclusive de Franco Esposito publiée le 9 juillet 2015 sur YouTube par le journal Telecolore Salerno
Francesco Schettino a accordé une interview exclusive à Franco Esposito. Le directeur de Telecolore s’est longuement exprimé sur l’abandon du navire, un crime pour lequel Schettino a été condamné, ainsi que pour homicides multiples involontaires et pour naufrage. Mais au-delà de l’aspect purement pénal (Schettino a été condamné à seize ans de prison par le tribunal de Grosseto en première instance), l’abandon de navire reste le comportement le plus éthiquement odieux pour tout le monde. Dans cette interview, Schettino tente d’expliquer sa version des faits et, pour la première fois, exprime ses attentes quant aux motifs de la sentence, qui seront rendus publics dans quelques jours. Filmé par Francesco De Angelis. (090715 Franco Esposito, Francesco De Angelis)

Franco Esposito
Schettino, pourquoi avez-vous accepté de confier à Vittoriana Abate ce qui constitue un véritable Mémoire, du moins en ce qui concerne le premier degré de ce procès.

Francesco Schettino
Écoutez, plutôt qu’un Mémoire, c’est mon récit. Et elle, elle a toujours montré qu’elle cherchait la vérité, à comprendre le déroulement des événements, et elle as su interpréter avec fidélité mon histoire, ma pensée.

FE
Voilà. Et pourquoi avez-vous eu besoin d’un livre pour exprimer vos pensées ? Il y a eu un procès, et dans un procès, il y a des contre-interrogatoires, il y a des actes. Bref, le récit de la vérité se construit lors d’un procès.

FS
Dès les premiers jours de mon assignation à résidence, durant laquelle, comme vous le savez, cette mesure interdit tout contact avec l’extérieur que ce soit par téléphone ou par courriel, j’ai été contraint de subir la violence médiatique et d’écouter une version déformée des faits, et ce pendant six mois.
Je me doutais déjà qu’il y avait un barrage médiatique. Il n’y avait pas de réelle volonté de relater les faits tels qu’ils s’étaient déroulés. De plus, ceux qui connaissaient la vérité n’ont pas permis aux journalistes, ceux qui font leur travail, de pouvoir documenter la vérité.
Et ce fut le début de ce long phénomène, si je puis dire, au cours duquel je n’avais pas encore compris qu’il me serait ensuite impossible, au fil des années, de raconter le déroulement exact des faits.

FE
Mais vous avez répondu à 30 heures d’interrogatoire avant le prononcé de la sentence.

FS
Comme vous avez pu le constater, ces 30 heures d’interrogatoire n’ont pas été intégralement publiées, et les médias n’ont pas rapporté tout ce qui en est ressorti.

FE
On a dit de vous que vous étiez un lâche, un incompétent, et que vous envisagiez une reconversion. Vous tenez absolument à souligner dans ce livre, en répondant aux questions de Vittoriana Abate qui, de toute évidence, a documenté toute son enquête à l’aide de pièces du procès, que vous n’étiez pas un lâche.

FS
Écoutez, il y a une boîte noire qui permet d’entendre mes échanges avec les officiers sur la passerelle, et je pense qu’il est possible de comprendre grâce à ces enregistrements si je me suis comporté en lâche ou non.

FE
Vous n’avez donc pas abandonné le navire.

FS
Ce n’est pas que je veuille me blanchir. Mais je souhaite vraiment que le monde comprenne, car j’ai appris que souvent, pour faire parler de nous (les italiens), nous nous faisons nous-mêmes du mal.
Je crois également qu’il est juste et nécessaire de raconter toute l’histoire, de dire toute la vérité, étant donné que, comme vous pouvez le constater, ces photos sont issues des enquêtes.
Le parquet lui-même, les enquêtes du parquet, ont déterminé que j’avais quitté le navire à 00 h 17, au moment précis où le patrouilleur de la Guardia di Finanza a lancé un appel radio à toutes les autres unités de la zone, les avertissant de s’éloigner du Concordia parce qu’il était en train de chavirer.
Il existe un enregistrement audio de cet appel, que vous pouvez écouter :  » Attention à tous les navires dans la zone :  le navire va chavirer, le navire chavire !  » Voici une photo …

FE
Vous étiez encore sur le navire à 00 h 17 ?

FS
Bien sûr, j’était encore dessus et ce n’était pas moi qui le dis, car cela a également été dit par divers témoins lors de l’interrogatoire des témoins au tribunal .
Et voici dans le livre les transcriptions des procès-verbaux de leurs témoignages. Bien.
Voici quelques photographies que j’ai reçues d’un photographe, M. Enzo Russo, qui les a lui-même obtenues d’un touriste chinois qui se trouvait sur le quai avec son trépied, et qui a pratiquement filmé le naufrage proprement dit du navire en séquences chronologiques, reconstituant ainsi l’événement.
Le livre mentionne ici les deux chaloupes de sauvetage restées coincées sous les bras déployés des grues. Le système de grues permettant la mise à l’eau des chaloupes de sauvetage s’étend pour les descendre par-dessus bord et les poser correctement sur l’eau.
Lors de la rotation du navire, ces bras sont restés déployés et ont harponné la coque en fibre de verre des chaloupes, elles allaient pratiquement être écrasées sous le bord.
Donc, voici les résultats de l’enquête.
Alors je me demande, compte tenu de l’évidence de ces preuves et indépendamment de la ligne éditoriale que peut adopter un journaliste dans un tribunal, sachant que ces messieurs sont venus assister à 70 audiences, je me dis : comment se fait-il qu’ils n’aient pas réussi à porter cette vérité à la connaissance de leurs lecteurs ?
Voilà mon problème et la question que je pose.
Par conséquent, ce livre, outre le fait d’être un témoignage de la vérité, est aussi un moyen de porter à l’attention du public les résultats des enquêtes sur lesquelles le procès a été instruit.

FE
Cependant, commandant, malgré ces photos, le tribunal vous a reconnu coupable d’abandon du navire.

FS
Il y a eu réduction, c’est certain, et maintenant il nous faudrait comprendre pourquoi. Quelles en étaient les raisons ?
C’est pourquoi, par respect pour le pouvoir judiciaire, j’ai voulu faire preuve de prudence dans mes déclarations. concernant les images.
Les images … on m’avait conseillé de sortir le livre avant le prononcé du verdict.
Je m’y suis opposé car je ne voulais absolument pas manquer de respect à un tribunal qui a prouvé son humanité et sa sensibilité face aux problèmes des vicissitudes humaines.
J’ai toujours bénéficié d’un grand respect de la part du Corps des Magistrats, je m’y connais en hommes et je sens comment un homme perçoit un autre homme. Ce sont des choses que je n’oublierai pas.
Par respect, je n’ai pas souhaité commenter la présentation du livre, et donc, je me réserve donc le droit de comprendre pourquoi il a été donné un an a été accordé pour abandonné du navire.
Alors qu’en réalité, il s’agissait clairement d’un phénomène pratiquement physique et non d’un choix volontaire de ma part.

FE
Senta ma perché quella notte poi dopo c’è quell’immagine lei va a dormire in hotel c’è quell’intervista che rilascia se non ricordo male
Écoutez, mais pourquoi ces images la nuit suivante, où vous dormez à l’hôtel, et vous donnez unevinterview, si je me souviens bien ? Il y a aussi ça, malheureusement.

FS
Écoutez, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.
Vers 11h30, peut-être midi, l’avocat de Costa Croisières m’a dit alors que que j’étais dans un bureau de district de la Capitainerie du Port du Giglio, il m’a dit qu’il avait un taxi et que si je voulais, je pouvais aller à l’hôtel prendre une douche. Je suis donc allé à l’hôtel à midi et j’y suis resté un quart d’heure, le temps qu’ils me transfèrent ensuite en patrouilleur à Porto Santo Stefano.
Comme vous le voyez, malheureusement, il n’y a rien de vrai là non plus.

FE
Écoutez Schettino, nous attendons maintenant les motifs de la sentence, qu’en attendez-vous ?

FS
Je suis convaincu que les motifs de la sentence seront présentés avec professionnalisme et rigueur.
Au cours de ces 70 audiences, j’ai pu apprécier le professionnalisme du juge et de l’ensemble du tribunal de Grosseto.
Donc, si les raisons ne se reflétaient pas dans ce que j’ai, disons, ressenti ce soir-là, ce que j’ai essayé d’expliquer dans le livre, je crois qu’elles n’auraient pas été clairement expliquées parce que je crois que le procès s’est déroulé d’une manière remarquable, c’est tout.
Il n’est pas difficile pour un juge de comprendre, par exemple, certains aspects techniques.
Si les avocats, si les consultants techniques de l’enquête préliminaire avaient été compris, si toutes les discussions entre les experts qui ont eu lieu lors de ces 70 audiences, toute ces successions dynamique d’arguments même techniques étaient portées à l’attention des juges, je suis convaincu qu’ils feraient un excellent travail.

FE
Pour terminer, comment vit-on lorsqu’on est jugé par les gens symbole de la lâcheté de ce pays, comme je l’ai constaté ?

FS
Écoutez, je ne pense pas que les gens me jugent comme un lâche ou un symbole d’habileté parce que c’était tellement évident.
Il est tellement évident que l’appel téléphonique dont nous avons parlé est ce que De Falco a fait pour mettre un sceau sur toute cette histoire : quiconque l’écoute plusieurs fois réalise que c’est un sketch.
Il y a donc eu encore trois années de procès pendant lesquelles cela n’a toujours pas été expliqué à cause de ce phénomène médiatique qui refusait catégoriquement d’accepter une vérité différente.
Mais je crois que les gens ordinaires, au fond d’eux-mêmes …  parce qu’il est impossible que … où que j’aille, les gens ordinaires qui me rencontrent et me serrent la main me montrent bien qu’ils ont compris comment les choses se sont passées en ce qui concerne l’abandon du navire …
Comme l’a indiqué le Valeriana Abate, les bénéfices de ce livre seront reversés à une Association caritative.
J’ai également eu l’idée d’octroyer une bourse d’études pour l’an prochain à un futur Capitaine au Long Cours qui aura obtenu d’excellents résultats à l’examen pour son savoir-faire de marin et qui décrochera son diplôme avec mention. C’est certain.

FE
C’est ma dernière question : un tribunal vous a condamné à 16 ans de prison en première instance. Vous croyez qu’avec ce livre de Vittoriana Abate, avec vos propos, avec ce que vous avez dit en quelques minutes lors de cet entretien, vous pourrez semer le doute chez les gens ?

FS
Je fais la distinction entre les deux : nous laisserons le procès aux juges.
Ensuite la médiatisation du procès, comme me l’a dit un ancien avocat – je ne parle pas du tribunal de Grosseto, mais des juges précédents –  les auraient mis en difficulté pour m’accorder, après les six mois d’assignation à résidence, une mesure moins contraignante d’après laquelle j’étais tenu de rester dans ma ville.
On justifie donc cela comme si l’opinion publique, en bien ou en mal, avait eu une certaine influence sur le juge.
Je ne crois pas que cela se reproduira dans le futur, et ce livre n’a pas pour but de perturber le bon déroulement d’un procès.
Il s’agit d’un livre, d’une lecture des actes du procès, rédigé avec le professionnalisme qu’on a bien voulu me reconnaître à l’échelle Inter Nationale dans les années qui ont précédé l’accident.
Je me suis permis d’offrir une perspective et une lecture des événements différentes à l’attention de ceux qui, malheureusement, n’ont pas été informés.
Il ne s’agit donc pas, disons, de créer une occasion de toucher la sensibilité du tribunal.
Ce livre est dédié au lecteur, à ceux qui auraient dû être informés.
Il est inconcevable que, trois ans plus tard, on me demande encore si j’ai abandonné le navire ou non.

Le Verità Sommerse: Vittoriana Abate intervista il Comandante Francesco Schettino (Italian Edition)

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COSTA CONCORDIA : à la Maison des Commandants à META

http://www.concordiaveritas.org/le-verita-sommerse-lanteprima-del-libro-a-meta/

Les membres de CONCORDIA VERITAS ont eu l’honneur de pouvoir assister à la présentation en avant-première du livre Le verità sommerse di Vittoriana Abate (editore Graus) qui a eu lieu à la Maison des Commandants – Casina dei Capitani di Meta di Sorrento le 24 juin passé qui était  organisée exclusivement à l’intention du personnel naviguant.

Nous nous sommes posés la question de savoir si nous avions le droit de divulguer le contenu de cette rencontre à l’intérieur de la Casina dei Capitani, mais nous nous sommes dits que l’invitation que nous avions reçue était synonyme d’approbation de notre façon de trouver de la documentation sur le cas de la COSTA CONCORDIA quoique de façon intermitente, en mettant en évidence les points que les médias grand public eux-mêmes ont minimisé ou carrément tus, mais qui ont beaucoup intéressé ceux qui suivent l’affaire.

Nous espérons avoir bien interprété le signe et, comme par le passé, nous allons exposer, en mode le plus neutre possible, ce que nous avons noté dur l’évènement, en rappelant à nos lecteurs qu’il est toujours nécessaire de faire preuve d’esprit critique lorsqu’on lit quelque chose, notre site y compris.

Le centre historique de l’association d’aide mutuelle entre capitaines a accueilli dans sa belle salle nombre de ses membres et quelques invités, en tout près d’une centaine de personnes.

L’évènement, organisé d’après le principe d’une table ronde, a été coordonné par l’écrivain et journaliste Alessandro IOVINO et a vu les interventions du professeur de Droit de l’Information Maître CALABRETTA, de l’expert norvégien de l’ISM et ingénieur Arne SAGEN auteur de l’article “Concordia, shame on you Italy!” écrit en réaction à la sentence de première instance qui venait de condamner le commandant de la CONCORDIA, de l’amiral Vito MINAUDO, ainsi que la co-autrice Vittoriana ABATE.

Ainsi donc, nous allions savoir la vérité submergée de l’accident en mer advenu à la CONCORDIA ?

Et l’ingénieur SAGEN, qui se trouvait devant un auditoire où dominaient l’expérience et la culture nautique, a traité point par point les différents problèmes de sécurité qui se sont posées dans l’accident de la CONCORDIA, avec une grande richesse de détails et en abordant les aspects techniques, ces problèmes étant également ceux de l’industrie de la croisière tout entière.

La réflexion a porté sur le fait que ces problèmes sont exacerbés dans le cas des navires dits géants :

  • depuis les doutes sur la stabilité réelle de ces méga-navires,
  • jusqu’au grand nombre de passagers peu habitués aux dangers de la mer qu’il faudra sauver en cas d’accident, 
  • en passant par la préparation et la formation du personnel des navires de croisière numériquement prédominant dans les services d’hôtellerie plutôt que dans la conduite de la navigation
  • et le bon fonctionnement des systèmes vitaux,
  • l’efficacité et la réponse rapide du système d’organisation au sol en cas d’urgence,

nombreux sont les problèmes que l’accident de la CONCORDIA a posés à ceux dont la charge est de fixer des normes et d’assurer la sécurité en mer, et certains de ces problèmes ont été traités en pratique depuis les faits.

Pour d’autres, par contre, il existe une opposition trop forte de la part des lobbies* des compagnies, qui trouvent sur ce point des alliés en la personne des chantiers navals qui construisent les navires qu’elles leurs commandent.

Se référant au procès, SAGEN a rappelé l’exemple d’une affaire jugée en ANGLETERRE qui a vu une issue complètement différente parce que l’enquête a davantage tenu compte de ce qui, dans le domaine de l’organisation, avait été de nature à favoriser l’apparition de la situation d’urgence.

Ensuite, on est passé à la fameuse erreur du timonier qui a été l’objet de l’étude de consultants techniques près de la Cour.

L’amiral MINAUDO qualifie de parfaite la manœuvre d’évitement d’urgence menée par le commandant de la CONCORDIA dans le but d’éviter l’obstacle, et révèle que l’expertise technique qui conclut que l’erreur du timonier n’a eu aucune conséquence a été faite sur un navire d’un autre type que la CONCORDIA, complètement différent, avec des paramètres géométriques, cinématiques et dynamiques qui ne sont pas comparables. (il n’était pas bâti pareil, il ne réagissait pas pareil, une expertise pour rien)

Pour terminer, c’est l’auteur Vittoriana ABATE, journaliste de pointe de  l’émission télévisée PORTA A PORTA, qui a une grande expérience des faits de cronique, qui a expliqué la structure de l’ouvrage, construit à partir de 3 sources de données : les données de la boite noire, les actes du procès et les témoignages.

En collationnant patiemment ces informations, en prenant en compte les lacunes et en éclaircissant  doutes et ombres grâce aux renseignements que le commandant lui communiquait, la journaliste a reconstruit le nuit de la CONCORDIA, nous permettant une lecture d’une facture différente de celle qui a été diffusée dès la première heure par les médias, et démesurément amplifiée sur les réseaux sociaux ainsi que l’avait rappelé Maître CALABRETTA lors de son intervention initiale.

Les membres de l’auditoire ont manifesté un immense intérêt pour les sujets abordés, et certains aurait aimé pouvoir poser des questions, mais en raison de contraintes de temps, cela n’a pas été possible. En fait, les intervenants étaient attendus en début de soirée au Lido MARINELLA pour la pré-présentation du livre ouverte au public et à la presse.

Vittoriana ABATE fut cependant
sollicitée par des collègues journalistes en quittant la Maison des Commandants :

La Abate e l'editore Graus al termine della presentazione alla Casina

il y a un lien vers la page-écran contenant la vidéo de la sortie de la Maison des Commandants en dessous de l’image, en substance, le souriceau sourd arrive à comprendre que Vittoriana dit tout à la fin, car l’indignation la fait bien articuler :
nous venons d’entendre les analyses de grands experts du secteur maritime, maintenant, si les profanes de tout poil continuaient à soutenir des opinions contraires aux leurs, ce serait grave.

Lors de la soirée au Lido qui a été suivie par un large public, d’autres éminents conférenciers ont aussi pris ensuite la parole comme l’ingénieur AMBROSIO qui est l’un des conseillers du commandant et le docteur PROTO d’une importante société norvégienne spécialisée dans le conseil naval, qui ont repris ce qu avait été dit par SAGEN et MINAUDO dans un langage plus compréhensible par un public moins familiarisé avec les explications techniques.

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SCHETTINO présente son livre à META

Le Commandant Francesco SCHETTINO présente le livre « La Vérité Submergée » au lido MARINELLA – 24 juin 2015 – DiegoNews, une émission de Diego AMBRUOSO à peninsola.tv
Les vidéos ne sont pas sous-titrées, mais le journal-web giornalettismo nous renseigne sur le déroulement et le contenu de la présentation.
 « Ce n’est ni une absolution ni une accusation », et pas non plus « la version de SCHETTINO », mais une enquête à travers laquelle « on essaie de comprendre, d’entrer dans la complexité des faits ». Un témoignage sur des « faits bien réels ».
C’est ainsi qu’a été présenté hier au soir, à META, le livre sur le naufrage du 13 janvier 2012 à l’ile du GIGLIO. La vérité submergée (Ed° GRAUS), écrit par la commandant de la COSTA CONCORDIA et par la journaliste de PORTA A PORTA Vittoriana ABATE. Les deux auteurs ont participé à la présentation, ainsi que quelques experts en navigation (comme l’Amiral Vito MINAUDO et l’expert en sécurité navale Arne SAGEN MARTIN) pour souligner des aspects sous-estimés ou ignorés par les magistrats et les juges qui, en février dernier, ont condamné SCHETTINO à 16 ans et 3 mois de réclusion pour les délits de naufrage involontaire, homicide involontaire de 32 personnes, blessures multiples involontaires de 110 autres, abandon de personnes handicapées et abandon du navire.


Francesco SCHETTINO : « Voici les experts qui ont partagé mon analyse de l’accident » (VIDEO annoncée qui n’apparaît pas, en FRANCE)
« La sortie de ce livre a intéressé des personnes illustres » , des experts modialement reconnus qui « ont adhéré entièrement à mon analyse de l’accident » a dit SCHETTINO lors de l’un des rares entretiens accordés aux journalistes.
« Le livre – a ensuite ajouté le commandant à la fin de la présentation – devait tout d’abord sortir avant l’énoncé de la sentence, mais je m’y suis opposé pour une question de respect envers la magistrature. Aujourd’hui, nous sommes à peu de jours de la publication des raisons de la sentence : nous tiendrons une conférence de presse à ROME. »
« Tout ce que j’ai fait a été de réunir les pièces de procédure en fonction du blocus médiatique qu’il y a eu dans le récit des événements ».


« Le procès médiatique, dans un cas comme celui de SCHETTINO – a expliqué Maître Cataldo CALABRETTA, professeur de Droit de l’Information – accéléré la diffusion d’une opinion dominante parmi les personnes, mais il a affecté aussi les reconstructions. Une enquête menée de façon neutre a fait apparaître quelque chose qui en avait été submergé, complètement oublié par la presse elle-même« .
L’enquête explique ce que les avocats n’ont pas non plus réussi à faire ressortir au niveau médiatique et cela a été négligé au niveau judiciaire ».
En conséquence, pour CALABRETA, SCHETTINO ne méritait pas une telle condamnation, « parce que, dans certains cas, l’acharnement médiatique influence le jugement ».


« Je vis loin de SCHETTINO, en NORVÈGE. Avant cet évènement, – a déclaré à son tour Arne Martin SAGEN, expert en Codes Navals – je ne le connaissais pas.
On a accusé fortement un seul individu alors que les responsabilités se situent à un niveau supérieur, au niveau des gestionnaires et peut-être dans la structure de l’organisation globale ».
Après l’accident, a-t-il expliqué, il y a des démarches entre le compagnie navale et les compagnies d’assurances.
Dans ce cas, quelqu’un doit payer, sortir des sous.
La loi dit que si un commandant ou un membre du staff (les cadres à bord) fait une erreur la compagnie d’assurances devra payer l’indemnisation à la compagnie navale.
Donc il a fallu trouver un bouc expiatoire.
L’enquête de la sécurité accuse le commandant de négligence, mais je me demande si la négligence est à classer parmi les crimes.
Je ne pense pas que ce soit le cas, même en ITALIE ».


Plus détaillée a été l’intervention de l’Amiral Vito MINARDO, qui a souligné quelques aspects techniques portant sur sur la manœuvre que SCHETTINO avait ordonnée et qui n’aurait pas été exécutée dans les temps.
« La manœuvre du commandant SCHETTINO – a-t-il dit – était parfaite.
Elle aurait permis, si les ordres avaient été exécutés, d’éviter l’obstacle.
Si quelqu’un ne me croit pas, il suffit de prendre l’une des jumelles de la COSTA CONCORDIA, de la filmer de haut pendant qu’elle effectue la même manœuvre à la même distance du rocher : cela démontre que le navire double l’obstacle ».
« Lorsqu’on lit les actes du procès, il apparaît que lorsque le commandant est arrivé sur la passerelle, il n’a pas été informé que le navire n’était pas au point  de tournant, et que celui-ci avait été dépassé ».
« Ce qui ressort des documents officiels, ce sont des horaires, des communications entachées d’erreurs.
Le commandant – a ensuite dit MAINARDO à la fin de la présentation – s’est aperçu qu’il devait ajouter à la manœuvre initiale, une manœuvre d’urgence, manœuvre d’urgence pour laquelle le timonier n’a pas suivi les ordres à la barre ».
Et si le timonier avait obéi instantanément ?
« Comme l’ont dit les experts techniques, il y aurait eu des dégâts minimes, il n’y aurait pas eu d’entaille dans la coque ».


Vittoriana ABATE a rappelé divers épisodes, comme celui de l’abandon du navire.
Elle a aussi posé des questions au sujets d’autres personnes présentes en passerelle et sur leurs témoignages.
« Le timonier indonésien RUSLI BIN – a dit la journaliste – a mystérieusement disparu.
Au moment où il aurait du être entendu, Le Parquet a fait le communiqué suivant : nous n’arrivons pas à le contacter.
Où donc se trouve RUSLI BIN, témoin oculaire de ce qui est arrivé, l’homme qui tenait de sa main le timon de la CONCORDIA ?
Pourquoi n’a-t-il as été possible de l’entendre ?
RUSLI BIN errait quelque part dans la campagne vers DJAKARTA lorsqu’il a reçu le 9 avril 2014 une convocation pour être entendu. L’avons-nous entendu ? Non.
Où est Silvia CORONICA (3ème officier, NDA) et pourquoi a-t-elle usé de son droit de ne pas répondre aux questions au procès ?
Où est ce troisième officier qui devait placer les points sur la carte et controler si le timonier exécutait correctement les ordres du commandant ?
Où sont ces gens qui ont négocié des peines dérisoires ?
La boite noire nous rappelle ce silence des officiers.
Ils n’ont pas informé le commandant SCHETTINO, qui est arrivé en passerelle à 21 heures et 34 minutes précises, de l’endroit où ils se trouvaient.
La route ordonnée passait à un demi-mille de la côte.
Le point du tournant avait été dépassé, et de beaucoup ».
Deux extraits d’un article de Umberto BACCHI paru le 22 juin 2015 sur IB Times UK :
titré Le Commandant Francesco SCHETTINO publie un livre de mémoire dédié aux familles des victimes apportent des précisions sur deux points délicats :La dédicace :
La publicité risque de provoquer un mouvement d’indignation de certains : le volume qui porte le nom de SCHETTINO en première de couverture comprend sur la quatrième une dédicace à ceux qui ont perdu des êtres chers dans la tragédie.La presse italienne le cite : « Ils ont droit à la vérité plus que quiconque ».
Vittoriana ABATE
a défendu ce choix en disant au IB Times UK que le livre était le résultat de son enquête personnelle, visant à jeter une lumière nouvelle sur la catastrophe en faisant progresser « la recherche de la vérité« , ce qui est également dans l’intérêt des familles des victimes.
Les recettes du livre :
Le livre est déjà en vente en ligne (et en italien pour le moment) pour un peu plus de € 16 (£ 11, $ 18).
Vittoriana ABATE précise que le capitaine ne touchera pas d’argent sur les recettes et qu’elle-même a également renoncé à ses droits sur le livre de Mémoire, faisant don de la totalité des bénéfices « aux personnes qui sont dans le besoin« .

Sur le livre lui-même, l’éditeur GRAUSeditore annonce :

Le livre contient des informations détaillées sur la vie de SCHETTINO avant le naufrage, un compte-rendu de la nuit où la COSTA CONCORDIA a heurté un récif et a chaviré au large de l’île du GIGLIO en ITALIE et un rapport minutieux du procès qui s’en est suivi.

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Francesco SCHETTINO présentera « La vérité submergée » chez lui, à META

un article de Esther POLLIO
http://www.corsoitalianews.it/meta-francesco-schettino-presenta-verita-sommerse-18062015/

complété par le communiqué de ce jour
 http://www.ilmattino.it/napoli/cronaca/concordia_schettino_libro/notizie/1419456.shtml

L’histoire d’une vie, d’un naufrage et de tout ce qu’il a détruit. META accueille Francesco SCHETTINO, Vittoriana ABATE et leur livre sur le drame de la COSTA CONCORDIA.

Le Commandant Francesco SCHETTINO a choisi META, son pays, pour la première présentation du livre « La vérité submergée », édité par GRAUS, écrit par la journaliste experte en chroniques judiciaires Vittoriana ABATE. 

La présentation au public aura lieu au Lido Marinella – Marina de META – à 21h30

Y seront présents Francesco SCHETTINO et Vittoriana ABATE, les auteurs du livre, et interviendront des experts du secteur, parmi lesquels l’Amiral Vito MINAUDO, le Professeur Cantaldo CALABRETTA, professeur de Droit de la Communication, et Arne SAGEN MARTIN ingénieur naval norvégien expert de ISM Code (International Safety Management Code) et membre de la Fondation SKAGERRAK pour la Sécurité en Mer.

Le journaliste  Alessandro IOVINO coordonnera les interventions (et les auteurs conclueront – dit l’affiche qui annonce sur place la toute première présentation du livre)

« La vérité submergée » est probablement le livre le plus attendu de l’année, un concentré d’anecdotes, de récits, de témoignages et surtout de souvenirs d’un homme trop, trop souvent, trop longtemps cloué au pilori par les médias.

La journaliste Vittoriana ABATE a apparemment adopté une position « inconfortable » mais son choix courageux est né de la volonté de donner voix et audience à la parole d’un homme, d’un Commandant, que beaucoup de gens n’ont pas voulu écouter, emportés par le courant de l’opinion publique (qui rame, probablement freinée par la lenteur de la progression générale imposée aux magistrats italiens qui doivent trouver la substance de trois procès, en ITALIE appel et contre-appel sont obligatoires, le souriceau ne sait pas pourquoi.).C’est donc par écrit qu’est publiée au bout de trois ans la dynamique de l’accident.

Le livre sera ensuite présenté officiellement à l’ensemble de la presse à ROME

N’est-il pas regrettable qu’en ITALIE, en EUROPE, au XXIème siècle, le Commandant SCHETTINO, homme de mer expérimenté d’âge mûr, marié et père de famille, ait pu en arriver à faire écrire à Vittoriana ABATE au bout de trois ans de torture morale : « Mon erreur la plus grave a été de ne pas être mort avec la CONCORDIA » ?

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