Monique-Mauve
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La playlist d’Andrea Lombardi chez YouTube
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 2 août 2026
Titrée : Schettino è un capro espiatorio/ Schettino est un bouc émissaire, elle comprend 6 vidéos.
https://youtu.be/C0kWJB4tiX0?si=21Y-POO4hu2EGEAn
Francesco Schettino est devenu le symbole d’un pays où les dirigeants sont incompétents. Le 13 janvier 2012, le naufrage du Costa Concordia devant l’île du Giglio, après sa collision avec les rochers du Scole, a été une tragédie qui a secoué le monde entier. Dix ans plus tard, commémorations, interviews, livres, podcasts et émissions de télévision continuent d’évoquer le Costa Concordia et le rôle du capitaine Francesco Schettino, coupable d’abord d’avoir causé le naufrage, et ensuite d’avoir abandonné le navire. Le capitaine De Falco est devenu un symbole national de fermeté, de compétence et de capacité en matière de gestion de la situation d’urgence. Le héros est De Falco et l’anti-héros est Schettino
Mais est-ce que c’est vraiment ainsi que les choses se sont passées ? Ou bien existe-t-il une autre version de la vérité ?
Il y en a une, effectivement. Cette nuit-là, sur le Costa Concordia, le capitaine Francesco Schettino a prononcé une phrase emblématique de la situation : « je suis seul sur ce navire. » Seul à essayer de gérer l’urgence sans le soutien des autres officiers présents. Seul à donner des ordres que le timonier Rusli Bin n’a pas suivis ou a exécutés à l’envers sous le contrôle défaillant des officiers présents à ce moment-là.
Et qui d’autre est responsable de la tragédie, des 32 victimes ? Qui est responsable du générateur de secours qui n’a jamais fonctionné ? Qui est responsable des portes étanches qui n’ont pas tenu ? Qui est responsable des canots de sauvetage qui n’ont pas pu être mises à l’eau ? Qui est responsable des portes d’ascenseur qui ne se sont pas fermées ? Personne n’a payé à part Schettino qui vit actuellement les 16 ans de prison qui lui ont été infligées
15 janvier 2022 – Costa Concordia : l’informazione in Italia è a livello Wikipedia/En Italie, l’information est au niveau de Wikipédia. – 15:06
https://youtu.be/sg1ryDxqJYg?si=wGdFN6I7yUdRodWm
Costa Concordia : l’anniversaire de ce tragique évènement a été commémoré il y a quelques jours. Francesco Schettino, le capitaine du Concordia, a de nouveau été publiquement critiqué/crucifié/démoli. Le capitaine De Falco, de la Capitainerie du Port, a quant à lui été une fois de plus glorifié/sanctifié/adulé/embelli.
Les journaux, les podcasts et les contenus approfondis qui veulent évoquer encore ce qui est arrivé au navire qui a fait naufrage devant l’île du Giglio ne pouvaient ignorer la commémoration de cet anniversaire. Les médias traditionnels eux-mêmes veulent parler du Costa Concordia, de Francesco Schettino, de De Falco et du naufrage au Giglio.
D’où tirent-ils leurs informations sur le naufrage ? Vous pourriez penser que les professionnels de l’information puisent leurs actualités, leurs données et leurs circonstances dans les documents officiels. Dans les rapports d’expertises des techniciens ayant travaillé sur le navire, le Concordia. Dans les sentences des tribunaux qui ont condamné le Commandant Francesco Schettino. Que nenni ! La plupart du temps, leurs informations proviennent tout simplement de WikiPedia. Sans la moindre analyse. Et sans même en avoir honte.
Ainsi, les journaux publient de fausses informations sur la brèche qui a coulé le Costa Concordia. On prétend que le trou mesure 70 mètres de long. C’est faux. D’après certains, le navire commandé par Schettino pesait 110.000 tonnes. C’est aussi faux. Alors, où est la vérité ?
11 février 2022 – La verità di Francesco Schettino secondo Gigetto Dattolico/La vérité de Francesco Schettino selon Gigetto Dattolico – 1:04:13
https://youtu.be/GWdCnGqsQ2Y?si=fHGnG6gQoQcehYoo
Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne @sabatoedomenico qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.
Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.
28 février 2022 – Schettino NON è scappato della Costa Concordia e lo posso dimostrare/Schettino ne s’est PAS échappé du Costa Concordia et je peux le prouver. – 2:30:27
https://youtu.be/1i283b6Sy5c?si=L6l5-UCKtmrjoJAU
Le commandant Schettino NE S’EST PAS ENFUI du Costa Concordia, et je peux le PROUVER. Schettino n’est pas le lâche qu’on décrit, et De Falco n’est pas le héros que vous croyez. Le Costa Concordia a coulé au large de l’île de Giglio le 13 janvier 2012, et quelques jours plus tard, l’appel téléphonique entre Schettino et De Falco – le fameux « montez à bord, ##### » – a fait le tour du monde, contribuant à forger l’image d’un commandant Schettino faible, incapable de gérer la situation d’urgence, qui aurait quitté le Costa Concordia alors que des passagers étaient encore à bord. Ce n’est pas le cas : en réalité, Francesco Schettino, le capitaine du Costa Concordia, est resté à bord tant qu’il l’a pu, ne passant dans le canot de sauvetage que quand il n’a plus pu faire autrement.
12 mai 2022 – Schettino NON ha ritardato i soccorsi sulla Costa Concordia/Schettino n’a PAS retardé le sauvetage du Costa Concordia – 1:40:24
https://youtu.be/ezSj9R6h_Hk?si=1nVNd4eYZwuEABgC
Démontons un autre faux mythe qui entoure l’histoire du Costa Concordia et l’image du Commandant Francesco Schettino : les opérations de sauvetage auraient été retardées. L’alerte générale et l’ordre d’abandonner le navire auraient ont été émis avec un grave retard coupable par rapport à ce qui aurait été nécessaire, et cela aurait contribué à la mort des passagers. Si Schettino avait annoncé l’urgence et ordonné l’évacuation immédiatement de nombreuses vies auraient pu être sauvées.
7 juin 2022 – Il misterio dei tredici secondi di follia/Le mystère des treize secondes surréalistes – 1:57:01
https://youtu.be/jzQrQ82dD1E?si=6EL074HDhClrjxM4
Costa Concordia. Nous sommes le 13 janvier 2012. Le capitaine Francesco Schettino est arrivé sur la passerelle du Costa Concordia depuis une dizaine de minutes seulement, et la silhouette de l’île du Giglio se dresse déjà dans la nuit noire devant le navire. Le navire doit s’approcher ; le capitaine et l’équipage souhaitent rendre un hommage particulier à l’île ; l’heure est venue d’effectuer le fameux, et désormais terrifiant, inchino. L’idée est de longer une courte portion de la côte pour saluer les habitants, notamment un capitaine à la retraite, le Commandant Palombo, qui devrait s’y trouver. Cette manœuvre est aussi l’occasion de remercier le maître d’hôtel Tievoli pour son travail à bord car Tievoli doit débarquer le lendemain.
Schettino l’ignore, mais cette manœuvre va lui coûter sa carrière et sa liberté. Elle va aussi coûter la vie à trente-deux personnes. Mais cette nuit-là, un événement mystérieux se produit, un événement totalement obscur. Un événement qui ne dure que treize secondes. Treize secondes qui vont changer le destin de plus de quatre mille personnes. Treize secondes que nous n’avons pas pu expliquer, même après dix ans de recherches.
Andrea Lombardi, bouc émissaire, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, Erreur judiciaire, Gigetto Dattolico
Résumé
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 31 juillet 2026
L’interview de Gigetto Dattolico par Andrea Lombardi a produit un billet très long que le Souriceau n’a pas pu ou su relire sous Gutenberg, notre éditeur.
Cela lui aurait permis de supprimer quelques faute d’orthographe, pas mal de virgules et quelques traces d’italien qu’il voulait réécouter avec des prothèses rechargées à fond. Pas su. Tant pis. À la place et parce qu’un billet aussi long et uniforme risque de décourager le lecteur de nos jours, je vais essayer modestement de le résumer.
Question : où vous situez-vous dans cette affaire ?
Réponse : c’est l’équipe de la défense qui m’a contacté parce que la loi permet l’utilisation de vidéos comme argument lors des procès.
Question : comment avez-vous trouvé Schettino alors qu’on sentait qu’il allait être condamné ?
Réponse : par une anecdote – Schettino a aidé un jeune collègue débutant à sortir d’un australien par mauvais temps depuis chez Gigetto, un suivi d’une heure au téléphone.
Question : Est- ce que les règles ne sont pas faites dans le but de sauver le plus grand nombre de personnes possible ?
Réponse : » toutes les règles en vigueur cette nuit-là ont été modifiées et des règles complètement différentes de celles avec quelles Schettino s’est trouvé contraint de choisir la meilleure voie à suivre s’appliquent depuis le 1er janvier 2014. «
Question : qu’apporte l’interception téléphonique sur la certification du Concordia par le RINA.
Réponse : qu’il y a un conflit d’intérêt parce que le RINA, organe certificateur, tire ses émoluments du constructeur Fincantieri. On entend : » le RINA fait tout ce que veut Fincantieri. » et » Nous allons faire de faux essais en mer, il me semble qu’on avait déjà fait la même chose pour un autre navire, le Concordia. «
Question : évoque Codacons.
Réponse : la société de Consommateurs italienne, représentant les victimes, s’est portée civile, a eu accès aux actes du procès et a mandaté plusieurs expertises techniques cruciales.
Question : dès l’instant où il a pris le commandement du Concordia, il s’est retrouvé avec un navire dans un état qu’il ignorait. J’aimerais donc voir, comprendre avec vous, ce que vous avez perçu en étant aux côtés du capitaine et en repensant, comme lui, à ces moments.
Réponse : » mutinerie » .
« Le Premier Officier, alors qu’il était aux commandes, a dépassé ce point où il devait tourner et ne l’a pas signalé.
C’est là que le navire a dévié de sa route, les alarmes ne se sont pas déclenchées et le commandant n’a pas été averti.
Le commandant ne disposait pas des données du navire lorsqu’il a aperçu l’écume droit devant.
On ne lui avait pas communiqué les données, c’est pourquoi je parle de mutinerie. C’était bien une mutinerie en tant que situation où les officiers trahissent leur commandant. «
Question : le commandant n’a-t-il pas sous les yeux un radar qui pourrait lui donner une idée de la situation pendant qu’il commande le navire ?
Réponse : Non.
Lui regarde dehors, placé juste derrière la vitre. Tous les autres sont derrière lui.
Le Premier et le Second Officiers sont devant un radar et voient le même écran.
Le Troisième Officier est sur une carte-papier, crayon et règle nautique en main. Plus loin les Élèves-Officiers.
Derrière tout le monde, le Timonier.
Sous les yeux du Timonier, les commandes mais aucun écran.
Question : » Schettino est un grand commandant, très exigeant avec ses officiers, il impose la rigueur et exige de grands sacrifices, et pourtant les officiers n’ont pas étés à la hauteur. » Et s’ils n’avaient pas osé parler ?
Réponse : comment on prend du galon trop rapidement chez Costa Croisière.
Question : que vous a dit Schettino à propos de sa conscience des dégâts subis par le navire ?
Réponse :
On ne lui a pas fait savoir que les portes étanches ne tenaient pas.
On lui a dit qu’ils avaient heurté par la droite et on ne lui a pas fait savoir qu’en fait c’était par la gauche (au début il croyait même avoir touché avec une hélice).
Il s’est fait son idée en tenant compte des réactions du Concordia devant les dégâts (notion de portes et cloisons semi-étanches).
Il lui fallait savoir combien de compartiments étanches avaient été inondés suite à la brèche qui s’était ouverte (avec 3 il flottera, avec 5 il coulera).
S’il coule ce sera par la poupe et durera quelques minutes seulement. Bilan 5.000 morts.
L’ordre d’abandon du navire? Les règles imposent l’appel nominal avant. 5.000 personne donc.
Le Concordia, bilan : 32 morts. Qui a sauvé tous les autres ?
Question : la commémoration de l’anniversaire
Réponse : Alessandro Gaeta journaliste d’investigation, sollicite Bruno Neri, de l’Université de Pise. Il avance timidement à la télévision, avec moult précautions oratoires, que l’ordre de De Falco était absurde, que quelqu’un d’autre que le Timonier a manipulé le timon, que sans cela le navire n’aurait pas coulé. Il est mis au placard.
Question : le doigt de Dieu, postcad
Réponse : » le vent est un phénomène naturel qu’on ne peut pas contrôler, mais, bon sang, la décision de l’exploiter d’une certaine manière est une décision qui revient au commandant et dans notre cas le Commandant, c’était Schettino. «
Question : » Torni a bordo, cazzo ! «
Réponse : il s’agit en réalité d’un appel parmi les autres dans toute une suite d’appels téléphoniques.
Devant les suites De Falco est allé protester devant le Sénat avant de quitter la Capitainerie et de se recycler en politique.
» Il lui dit de monter par l’échelle de corde de proue à droite. Ca faisait une heure que le bateau était sous l’eau à cet endroit, à vingt mètres de profondeur. «
Rappel de l’échange avec le Commandant Manna, de la Capitainerie de Rome.
Question : mise en scène théâtrale – » L’attitude de cette personne ressemble davantage à celle un inquisiteur qu’à celle de quelqu’un qui tente de gérer une situation d’urgence et d’obtenir le meilleur résultat possible. Abandon du navire par Schettino ?
Sans aucun doute, c’est pratiquement le cas.
Disons que ce n’est pas exactement le cas, mais c’est presque le cas. » Vidéo sur le pont 3 et » la suite de l’histoire est venue de quelqu’un doté d’une imagination débordante, ou qui a peut-être cru voir quelque chose qui n’existait pas et n’était pas monté dans la chaloupe de sauvetage avec autant de calme que le commandant vivait et percevait la situation. «
Réponse : précision – De Falco n’aurait pas dû intervenir depuis Livourne, le Giglio dépend de Rome. « Je n’aurais pas dû intervenir, mais je suis intervenu parce que je savais comment le faire » De Falco a dit à Schettino qu' » il a abandonné le navire « , d’où la suite sur ce point précis.
Rappel de la vidéo du patrouilleur G104 qui avertit de s’éloigner du navire en train de chavirer.
Schettino est sur le pont 3 avec ses Officiers. Au-dessous la dernière chaloupe est malmenée par tout ce qui se détache. Son pilote panique. Bref, ils se retrouvent dessus et l’amènent derrière la pointe Gabbianara où il y a un point d’accès depuis la mer.
Souci : aucune photo ou vidéo pour cet instant précis, qui aurait permis de préciser si Schettino avait sauté ou glissé. Le moteur cale et refuse de repartir. Schettino est coincé sur les rochers.
Anecdote : la défense doit payer 250.000 euros pour l’enregistrement de la boîte noire, Codacons pourra l’avoir pour 250 euros.
La G107 communique : Schettino a appelé la Capitainerie : » Envoyez des canots gonflables entre la terre et le navire pour récupérer les passagers tombés à la mer. «
Ils n’y sont pas allés.
Question :
Primo » je me dois de constater que la réalité pour cette personne, c’est qu’elle a été décrite comme un monstre par l’opinion publique. Ce traitement médiatique excessif entraîne son lot de problèmes et de condamnations, souvent à perpétuité, dont il est finalement très difficile de se sortir ensuite.
Or, c’est faux.
Quelque soit le problème qu’il pourrait avoir commis, que ce problème soit dû à de l’insuffisance, aux instructions ou à des erreur, il n’est pas le monstre qu’on nous a décrit.
Deuxio » il ne me semble pas que cet homme ait même bénéficié d’un procès équitable, qu’il ait pu se défendre et faire connaitre une vérité aussi proche que possible de la réalité. La justice, à mon avis, c’est autre chose. «
Réponse : rappel de » la responsabilité des grand’parents » responsables en titre – responsables des actes commis appliqué aux Officiers ; rappel de toutes les personnes qui auraient risqué des peines de prison ; le générateur de secours, la certification par le RINA
Conclusion :
” Schettino mérite vraiment une autre chance.
Il est nécessaire de réhabiliter, ne serait-ce que partiellement, l’image ternie d’une personne qui a été condamnée.
Il a peut-être eu une part de responsabilité, mais pas celle que les médias lui ont imputée, ce qui a constitué une condamnation injuste et odieuse de plus. ”
Andrea Lombardi, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, Gigetto Dattolico
La vérité de Francesco Schettino, selon Gigetto Dattolico
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 30 juillet 2026
La vérité de Francesco Schettino, selon Gigetto Dattolico
La verità di Francesco Schettino, secondo Gigetto Dattolico
Une vidéo d’Andrea Lombardi publiée le 11 février 2022 sur YouTube
Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne @sabatoedomenico qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.
Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.
Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne @sabatoedomenico qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.
Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.
Andrea Lombardi
Vous allez voir une interview de Gigetto Dattolico, un monsieur qui a passé quelques mois aux côtés du commandant Francesco Schettino pour l’aider à enregistrer des vidéos, pour l’aider à enregistrer ses vérités, des vérités qui n’ont jamais été rendues publiques, que vous n’avez jamais pu trouver dans les journaux ni aux informations télévisées, même pas dans les reportages approfondis.
Voilà, nous commençons l’interview. Nous avons rencontré quelques problèmes techniques, c’est pourquoi les qualités audio et vidéo ne sont pas optimales, mais je pense que le contenu est intéressant. Je vous laisse donc avec l’interview et je vous rappelle qu’il s’agit de l’un des épisodes spécialement consacrés au Costa Concordia.
Il y en aura d’autres sur le Costa Concordia et l’affaire du Costa Concordia …
Andrea Lombardi rappelle alors le fonctionnement de YouTube ainsi que la nécessité d’un soutien financier par les auditeurs pour les auteurs de contenus qui vivent comme lui de leurs revenus sur la plateforme.
1:30
Andrea Lombardi
Ce soir, je suis en compagnie de Gigetto Dattolico. Certains d’entre vous connaissent peut-être déjà ses vidéos sur YouTube si l’affaire du Costa Concordia vous intéresse. Il est mon invité, Je lui souhaite la bienvenue sans plus attendre. Gigetto, je tiens d’ailleurs à commencer par vous souhaiter un joyeux anniversaire, car je sais que c’est le vôtre.
Commençons sans plus tarder.
Je vous ai invité car, en janvier dernier, j’ai réalisé une vidéo sur le Costa Concordia pour tenter de racconter des faits qui, peut-être, n’ont pas encore été dits. J’ai ensuite pris contact avec vous après avoir vu plusieurs de vos vidéos sur le sujet. J’aimerais tout d’abord vous demander de nous parler de votre travail concernant le naufrage du Costa Concordia. Je sais que vous avez enregistré des vidéos avec le commandant Francesco Schettino. Comment cela s’est-il passé ?
Gigetto Dattolico
À la suite du procès en première instance qui s’est terminé par une sentence de 16 ans de réclusion, le commandant Schettino a décidé de changer d’équipe de défenseurs et a choisi de nouveaux avocats pour l’appel. Ces nouveaux avocats font appel à moi depuis que la procédure pénale italienne a changé, il y 30 ans. Avec la nouvelle procédure, la défense peut désormais présenter ses arguments. De nombreux avocats se sont alors mis à produire leurs témoignages pour la défense, pour les présenter aux procès. Pour faire bref, j’ai été contacté par les avocats de Schettino pour réaliser des vidéos où il pourrait dire sa vérité. Schettino a passé quatre mois consécutifs chez moi pour qu’il puisse dire tout ce qu’il devait dire officiellement et officieusement.
J’ai donc été mis en contact avec lui pour l’enregistrement de ces vidéos.
AL
Certaines de ces vidéos se trouvent sur votre chaîne YouTube officielle, c’est correct ?
GD
Oui, c’est ça.
AL
Voici la première question que j’aimerais vous poser : j’aimerais comprendre comment le commandant Schettino vous est apparu à ce moment-là. Selon votre expérience, à ce moment précis où il voyait poindre une condamnation imminente comment le commandant Schettino prenait-il cette enquête et ce processus judiciaire ?
GD
Je peux répondre à cette question en vous racontant une anecdote. C’était ici. Nous étions dans ma salle de montage. J’ai trouvé Schettino devant l’ordinateur – Schettino était toujours devant un ordinateur – en train de parler au téléphone. À l’autre bout du fil, il y avait le capitaine d’un navire qui se trouvait dans un port, en Australie.
C’était son premier embarquement en tant que commandant et il se trouvait dans un port au nord de l’Australie.
Il y avait un vent très fort sur sa route et il ne s’était pas sûr de lui., de ce qu’il lui fallait faire pour en sortir, mais il ne voulait pas faire demi-tour pour échapper à ces conditions météorologiques hostiles, au vent et à la mer.
Il appelé Schettino. Schetti’o était assis à côté de moi et il lui a dit au téléphone, vous savez que vous avez un navire de 40.000 CV, il connaissait super-bien ce port, avec simplicité il lui a expliqué ce qu’il devait faire, il l’a rassuré. Il est resté plus d’une heure au téléphone. Le navire est sorti du port sans problème avec un vent de 60 km/h puis il est arrivé à l’extérieur du port et a commençé sa navigation. Ce jeune capitaine avait appelé Schettino, et Schettino, qui était assis là, ne voyait rien de ce qui se passait en Australie.
Voilà qui est Schettino, quelqu’un qui connaît la mer comme personne et qui, par conséquent, peut bien être le malheureux responsable dans cet accident de navigation, moi, j’ai en lui une confiance absolue, non seulement en matière de mer, mais aussi en techniques de construction navale et dans bien d’autres domaines.
AL
Voilà donc votre impression pendant que vous enregistriez ces vidéos où il disait sa vérité, une vérité qu’il aurait pu révéler, j’imagine, lors du procès.
À moins que la possibilité de se défendre ne lui ait été bloquée, mais nous reviendrons sur ce problème dans une autre vidéo.
Les médias italiens n’ont pas fait beaucoup de place à cette vérité-là, en fait, on ne l’a pas entendue du tout. Ma question est donc :
Qu’est-ce qui vous a frappé dans ce que vous avez enregistré ? Quels ont été selon vous, les points les plus incroyables si on compare avec le récit que l’on peut trouver en allumant la télévision ou en lisant un journal ?
GD
Écoutez, je ne défends pas aveuglément Schettino.
Schettino, comme commandant, a ses responsabilités.
Ce qui est essentiel dans cette histoire, c’est que je suis convaincu que ce qui est précisément au cœur de l’affaire à entendre Schettino parler de cette route pendant des semaines, des mois.
Il y a eu l’impact, parlons de cet impact, qui a déterminé tout le reste.
Il a dû choisir entre ce qu’il devait faire selon sa conscience et ce qu’il devait faire selon les règles, ce que les Capitaineries et les autres organismes de sauvetage lui demandaient de faire.
Il devait choisir. Il se trouvait face à un dilemme : suivre les règles ou les ignorer. Finalement, son choix s’est porté sur : sauver le plus grand nombre de personnes possible. Il était là, son dilemme.
AL
Mais pourquoi avez-vous déduit de ses paroles qu’il lui fallait choisir entre respecter les règles et sauver des vies ? Est- ce que les règles ne sont pas faites dans le but de sauver le plus grand nombre de personnes possible ?
GD
Je vais commencer par la répondre à la seconde question.
Je souhaite partager avec vous l’expérience du naufrage du Concordia.
Je tiens à préciser que toutes les règles en vigueur cette nuit-là ont été modifiées et que des règles complètement différentes de celles avec quelles Schettino s’est trouvé contraint de choisir la meilleure voie à suivre s’appliquent depuis le 1er janvier 2014.
Dans ces circonstances, il a toutefois été condamné parce que les règles qu’il a enfreintes étaient les règles en vigueur ; il a donc violé certaines règles et a été condamné pour cela, mais ces règles ont été jugées insuffisantes et inadéquates et remplacées par des règles complètement différentes.
AL
Et cela ne s’est produit qu’après le naufrage du Concordia ; d’une certaine manière, ils ont tiré des leçons de cet accident et ont ensuite adopté de nouvelles règles.
Voici un point qui m’a interpellé en regardant les vidéos que vous avez publiées.
À un moment donné, dans l’une d’elles, vous avez évoqué l’interception téléphonique de la conversation entre deux personnes. Elles parlaient d’un navire qui était censé être testé d’une manière un peu hasardeuse, c’est-à-dire que, malgré la connaissance de certains problèmes, le navire était tout de même mis à l’eau.
De quoi s’agit-il pour ce navire dans cette interception ?
GD
L’interception est le témoignage latéral d’un conflit d’intérêts.
Imaginez que vous alliez passer un examen universitaire et que le professeur chargé de vous examiner reçoive son salaire de vous. Imaginez que ce soit vous qui payiez le professeur qui va vous faire passer l’examen.
Un chantier naval, lorsqu’il construit un navire doit demander une inspection , pour pouvoir le mettre à l’eau et le faire naviguer. Pour cela il fait appel au RINA, un organisme de certification.
Le RINA est payé par Fincantieri et doit aller voir si le navire est bien construit ou mal construit, s’il peut naviguer ou s’il doit retourner au chantier naval.
Il y a donc de l’argent en jeu.
Évidemment, si, par exemple, le RINA ne donne pas son accord, Fincantieri peut en pratiquement lui retirer sa clientèle et faire appel à une autre société pour certifier le navire.
Et donc il y a un énorme conflit d’intérêts où celui qui doit être contrôlé paie celui qui va le contrôler, et cela engendre des catastrophes.
Il s’agit d’une écoute téléphonique de flagrant délit entre un ingénieur et un avocat de Costa Croisières, donc des responsables de Costa Croisières, et non des travailleurs indépendants.
L’avocat demande à l’ingénieur : ” Mais je dois faire cet essai en mer et j’ai une bague qui brûle. Il ne fonctionne qu’avec un seul essieu. Je peux lui donner le feu vert ? ”
C’est ce qu’on les entend dire.
Et après quelques échanges, on entend l’ingénieur répondre que le RINA fait tout ce que veut Fincantieri.
Voilà une écoute téléphonique qui confirme ce que nous savons depuis des années : les organismes de certification sont corrompus puisqu’ils délivrent de faux certificats pour éviter des pertes financières, et c’est ce que le RINA a fait avec le Concordia car à la fin de l’échange l’ingénieur déclare : « Nous allons faire de faux essais en mer, il me semble qu’on avait déjà fait la même chose pour un autre navire, le Concordia. »
AL
D’accord.
C’est cet appel téléphonique que vous avez publié, vous savez d’où il vient ?
GD
Il provient d’une interception faite dans le cadre des enquêtes sur l’accident du Concordia et qui a ensuite été versée aux actes du procès.
13:00
Passons à un sujet complètement différent.
Il s’agit d’une écoute téléphonique effectuée par les Carabiniers, dans le cadre d’une enquête sur le naufrage du Concordia, enquête propulsée par une association qui a brillamment joué son rôle lors du procès.
Codacons a brillamment enfreint les règles dans ce genre d’affaires.
L’association Codacons s’est jointe à la procédure civile, et c’est là le point crucial. Codacons représentait certains proches des victimes. Neuf personnes de plus ont participé au procès. Ils ont fait un travail remarquable pour mettre au jour des vérités cachées.
C’est un document issu du procès, mais j’ignore a pu compter et s’il a eu une influence.
GD
Codacons s’est effectivement joint à la procédure civile en cours, et comme nous l’avons vu dans l’épisode que vous avez visionné avec moi, cela a joué un rôle important sur le plan technique, car Codacons a ensuite mandaté des experts et des techniciens pour réaliser des missions de conseil qui ont abouti à des résultats que je vous ai également présentés lors de l’épisode sur le Concordia.
AL
Mais j’aimerais comprendre de votre point de vue – vous avez côtoyé Schettino pendant des mois, vous avez filmé ces vidéos – quelle a été sa perception de l’événement. Autrement dit, dès l’instant où il a pris le commandement du Concordia, il s’est retrouvé avec un navire dans un état qu’il ignorait.
J’aimerais donc voir, comprendre avec vous, ce que vous avez perçu en étant aux côtés du capitaine et en repensant, comme lui, à ces moments.
GD
Pour vous résumer, il reconstituait les événements qui ont précédé l’incident, depuis sa prise de commandement jusqu’à l’échouement du navire sur les rochers du Scole.
15:00
Il y a un mot qu’il m’a répété plusieurs fois et qui caractérise ces moments-là, c’est » mutinerie « .
Il considère ce qui s’est passé sur la passerelle comme une mutinerie.
Imaginez, il y a son second aux commandes, Schettino aurait très bien pu ne pas monter sur la passerelle, il n’y était pas obligé. Il n’y avait pas de prévisions météorologiques défavorables, il n’y était pas obligé.
En vérité il aurait très bien pu quitter le restaurant et se retirer dans sa cabine.
Et là, il y a un Premier Officier à la barre, c’est lui qui dévie le navire de sa route, c’est enregistré dans la boite noire.
Il n’active pas les alarmes sonores des équipements qui doivent suivre la navigation. Lorsqu’un navire quitte la route prévue et s’approche trop près de l’île, les alarmes se déclenchent, lui il a baissé le son.
Discutons-en, c’est très simple en fait.
Le premier officier dévie donc le navire de sa route, et quand le commandant Schettino prend le contrôle des commandes, personne ne l’avertit que les officiers voient la côte se rapprocher sur le radar. Personne ne le prévient en ce qui concerne le Troisième Officier Coronica. Imaginez … imaginez cette demoiselle : le règlement exigeait qu’elle se tienne derrière le timonier pour vérifier qu’il exécutait correctement les manœuvres ordonnées par le commandant au moment de l’impact.
Schettino avait ordonné un virage de 20 degrés à gauche,.
À l’université de Pise, ils ont reconstitué cet événement sous tous ses angles à partir des données de la boîte noire et ils ont constaté et testé que si le timonier avait simplement suivi correctement le dernier ordre, à 20 degrés sur bâbord, le navire aurait évité les rochers ou les aurait touchés seulement par son extrêmité, en les effleurant de l’hélice.
Il n’y aurait eu aucun problème.
Au lieu de ça, le gouvernail au lieu de partir de 20 degrés à gauche va de 20 degrés à droite et le navire est allé percuter le rocher.
Une expertise de Codacons a révélé que quelqu’un avait mis les mains sur le timon. Tout cela s’est passé dans le dos de Schettino parce qu’il était debout devant une vitre et donc devant tous les autres.
Lorsqu’on a interrogé mademoiselle Coronica au procès sur ce qui s’était passé quand quelqu’un avait mis la main sur le timon, Coronica, qui se trouvait derrière le timonier, a invoqué son droit au silence, lequel lui a été accordé parce qu’elle était également accusée dans un procès parallèle de pollution de l’environnement.
Le Troisième Officier refusant de révéler qui a mis les mains sur le gouvernail et envoyé le navire au contact au monde entier, il semblait que ce soit le Premier Officier qui l’avait fait, n’ayant rien compris à la manœuvre, croyant à tort que la situation était différente, et ait causé le naufrage.
Le Troisième Officier invoque son droit au silence, c’est de le mutinerie caractérisée.
AL
On ne peut rien affirmer, c’est un justement un aspect obscur de ce qui s’est passé.
D’après ce que je sais, d’après ce que j’ai pu constater, que les étrangers sont aussi méfiants que le gouvernail.
non c’è può proprio per il fatto che questo è un segmento oscuro di ciò che è successo noi possiamo dire quello che conosco da ciò che ho buttato della straniera sono diffidati comune come il timone
20:00
Il y a quelque chose qui me tracasse. Pourquoi ceci n’est-il pas suivi ? Que s’est-il passé sur le pont de commande ?
GD
Malheureusement. C’était important.
AL
C’est l’un des problèmes.
Mais, d’après votre relation avec Schettino, dans sa tête … son cerveau était-il essentiellement frappé par l’incrédulité et la stupéfaction de se retrouver avec un navire dévié de sa route sans que personne ne l’en ait informé ?
GD
C’est là un point important et à mon avis fondamental : le navire devait suivre une route déjà indiquée la veille et entrée dans le programme de navigation.
Donc dès la veille avant le départ la route à suivre semblait claire pour tous. Il y avait un passage rapproché à effectuer, mais il n’y a pas eu passage rapproché à 900 mètres de la côte.
Le waypoint le plus proche indiqué sur la table à cartes se trouvait à 900 mètres.
C’est le point où il fallait commencer les manœuvres pour le passage rapproché, et il semble qu’il ait été dépassé.
Le Premier Officier, alors qu’il était aux commandes, a dépassé ce point et ne l’a pas signalé.
C’est là que le navire a dévié de sa route, les alarmes ne se sont pas déclenchées et le commandant n’a pas été averti.
Le commandant ne disposait pas des données du navire lorsqu’il a aperçu l’écume droit devant.
On ne lui avait pas communiqué les données, c’est pourquoi je parle de mutinerie.
Car même si on est médiocre en tant que Premier Officier on peut dire : « Commandant, j’ai fait une erreur, le navire est sorti de sa route, qu’est-ce qu’il faut faire ? »
Au lieu de cela, motus et tous les officiers du radar restent muets.
Vous comprenez, sur le radar, vous voyez un cercle qui indique le navire ainsi que la route qu’il doit suivre. Vous les voyez sur le radar. Et si le navire dévie de sa route, et surtout s’il va frôler les rochers, vous le voyez bien à l’avance et les alarmes se déclenchent.
su napoli gialla
Il n’y a rien eu de tout cela.
Je ne dis pas qu’il s’est agi d’une mutinerie, mais l’événement auquel Schettino faisait allusion était bien une mutinerie en tant que situation où les officiers trahissent leur commandant.
AL
C’était donc, selon vous, un moment où il aurait été nécessaire … – je vous assure que je n’ai pas la moindre idée de la façon de commander un tel navire, ni un beaucoup plus petit, ni même un pédalo d’ailleurs – je me demandais donc simplement si vous étiez au courant et si vous aviez abordé avec lui la question de la nécessité ou la possibilité pour les commandants de connaître directement la position du navire, c’est-à-dire de savoir où il se trouve et dans quelle direction il va.
En clair, n’a-t-il pas également sous les yeux un radar qui pourrait lui donner une idée de la situation pendant qu’il commande le navire ?
GD
Non, le commandant coordonne.
Quand il encadre une manœuvre, le commandant est placé devant tous les autres, placé directement devant une vitre il regarde dehors et toute l’équipe de la passerelle a des fonctions bien précises.
Les officiers sont devant les radars.
Le Troisième Officier est sur carte-papier mais le Premier et le Second Officier sont sur des radars et ce sont eux trois qui ont ce rôle d’informer/de faire remonter au Commandant en cas de déviation de la route ou de quelque autre problème.
Le commandant est devant, il doit faire redescendre la vue d’ensemble du tout qui est la sienne, et sait que derrière lui se trouve une équipe : le Premier, le Second, le Troisième Officier, le Timonier et les Élèves Officiers.
lui non è tenuto e tiene
Il me l’a répété mille fois : si je n’avais pas eu les officiers n’avaient sur le pont/si j’avais été tout seul, j’aurais regardé, j’aurait immédiatement compris ce problème dont ils ne m’ont pas dit un mot.
Andrea Lombardi a consacré une autre vidéo entière à ces 13 secondes
AL
La question qui se pose, et qui découle peut-être aussi de ce qu’on a dit de lui : n’y avait-il pas une raison psychologique ? Schettino est un grand commandant, très exigeant avec ses officiers, il impose la rigueur et exige de grands sacrifices, et pourtant les officiers n’ont pas étés à la hauteur.
GD
Je vous l’explique, bien sûr. C’est quelque chose qu’il faut dénoncer aussi.
Quel est le défaut de Costa Croisières ? C’est qu’ils doivent gratter de partout.
L’équipage indonésien ? Il a été écrit lors du procès que le timonier était peintre sur le bâtiment
(NDS en réponse à une question de Florence : on repeint constamment les navires en acier pour les protéger de l’érosion en mer et on le fait pendant la navigation. Tout ce qui peut être fait en navigation se fait à bord. Ensuite il y a ce qui peut être fait pendant une escale. Le navire n’est mis sur cales pour maintenance en chantier que si on ne peut vraiment pas faire autrement)
» jusqu’à deux semaines avant cette proposition de poste de timonier « , mais pourquoi lui donnent-ils que 800 dollars par mois ? S’ils embauchent un timonier de Sorrente il aura droit à 3.000 dollars par mois. Voilà, vous savez tout.
À cause de cette course aux économies mal placées, ce qui se passe, c’est que lorsqu’un troisième officier veut gagner plus, au lieu de lui accorder une augmentation, on le nomme second officier pour qu’il gagne un peu plus. Et quand le second officier pense qu’il gagne trop peu ? On le nomme premier officier, pour qu’il gagne plus. Vite et sans lui faire faire l’apprentissage nécessaire.
Avec un tel mécanisme pour économiser de l’argent vous vous retrouvez avec un Premier Officier inexpérimenté, et ce n’est même pas de sa faute : s’il était passé Second Officier deux ans plus tard, peut-être qu’il aurait été un meilleur Premier Officier après sa dernière promotion.
AL
Voilà.
Alors, pour résumer la reconstruction que nous venons de faire, le navire heurte les rochers et se déchire, deux problèmes majeurs se posent : la gestion de l’urgence et la fameuse fuite. Voyons cela étape par étape.
Tout d’abord, que vous a dit Schettino à propos de sa conscience des dégâts subis par le navire ; j’ai lu des reconstitutions, des témoignages, et je comprends, en suivant le déroulement des événements, qu’il n’a pas dû être facile de se rendre compte immédiatement de la situation réelle.
GD
Le capitaine affirme à juste titre que le canot de sauvetage le plus sûr est le navire lui-même.
Autrement dit, si le navire ne coule pas il est inutile de débarquer les passagers, car c’est la meilleure solution.
quello rappresenta lorizio loro
Il faut donc partir du principe que l’ordre d’abandonner le navire n’est donné qu’en cas d’absolue nécessité. De plus, cet ordre doit être donné lorsque le navire est à l’arrêt, ou mieux encore, s’il peut se déplacer il doit pas être mis en mouvement, car cela compliquerait la mise à l’eau des canots de sauvetage.
AL
Bref, pour autant que vous le sachiez, il lui a été facile de comprendre la situation par la suite, car s’il avait eu au début des problèmes, disons, de communication avec l’équipe de quart, en l’occurrence avec l’équipe qui était censée travailler avec lui sur la passerelle peut-être les choses ont-elles été plus faciles quand il s’est agi de prendre conscience de l’ampleur des dégâts ?
27:06
GD
Non, ça a été terrible.
Des moments horribles.
Dans les actes du procès figurent les témoignages du Directeur des Machines et des Officiers mécaniciens supérieurs, qui n’ont pas signalé au commandant Schettino la situation qu’ils avaient constatée.
On a visionné certaines vidéos d’écoutes téléphoniques de marins du Concordia qui, alors qu’ils parlaient entre eux, étaient enregistrés à leur insu par les Carabiniers. « Les portes étanches ne tenaient pas, l’eau rentrait par là», affirmaient-ils.
Mais personne n’est allé dire au commandant Schettino : « Écoutez commandant, les portes étanches ne tiennent pas. »
Au début, on lui avait même dit que la fuite était à droite et pas à gauche et on ne lui avait pas corrigé la chose après.
Alors, il est encore sous l’effet de tout cet ensemble, c’est là le cœur de cette histoire et c’est à hurler.
Il se voyait seul et essayait de comprendre seul, depuis le pont de commande.
Si vous regardez les vidéos de la boîte noire de ces moments-là, il parle calmement, il essaie de comprendre ce qui se passe car il sait que s’il y a une voie d’eau à gauche et cela implique ce qu’il constate.
Mais il y a des portes dans les différents compartiments, il y a des cloisons qui doivent céder sous le poids de l’eau pour que l’eau puisse se répandre sur toute la largeur de ces compartiments.
Donc le navire s’incline sur la gauche, se redresse et s’incline sur la droite, puis revient sur la gauche ; il reconnaît alors les mouvements qu’il attend.
Il essayait de comprendre si le navire était en état de continuer à flotter ou non, car il savait qu’avec trois compartiments inondés il naviguait et avec cinq il coulait.
Il a compris que le navire finirait par couler parce qu’il ne s’est pas redressé, de nombreux compartiments et de nombreuses portes étanches étaient restées ouverts, et des trous étaient apparus à l’intérieur du navire.
Il a compris que le navire était condamné et qu’à ce moment-là, avec l’élan que le vent qui venait de la terre lui donnait, s’il avait donné l’ordre d’abandonner le navire, le navire aurait coulé par la poupe en quelques minutes (ce qui a également été démontré par des reconstitutions informatiques).
30: 30
Toutes les conneries qui ont pu être dites sur cet abandon du navire !
Il n’a pas pu le faire avant d’être forcé de le faire, je le dis pour ceux qui vous écoutent : il aurait dû faire l’appel nominal des 5.000 personnes.
Votre imaginez ça ? avec le navire qui coule, lui pour rester bien dans le style d’un commandant, à la main la liste avec le nom et le prénom de chaque personne, attendant que chacun réponde présent. Deux appels, il aurait dû faire.
Il lui aurait fallu des heures, ils auraient fini au fond et puis après on lui aurait reproché de l’avoir fait.
Ces deux appels, il s’en fichait. Lui, il voulait savoir si le navire était condamné et comment sauver ses passagers et son équipage.
Après cela, comprenez que s’il avait donné l’ordre d’abandonner le navire, ils seraient tous morts.
Le navire aurait coulé, les canots de sauvetage auraient eu des problèmes que l’on n’évite qu’à navire arrêté et ponts horizontaux. C’était impensable de donner cet ordre.
Tout le monde l’a accusé de ne pas avoir fait ce qu’il ne fallait pas faire : il ne pouvait pas le donner, cet ordre.
Il a dit : l’unique chose à comprendre est que c’était une situation inédite, le genre qu’on étudie en théorie à l’école : » vous êtes sans propulsion, sans ordinateur, sans rien, vous avez un navire de 300 m avec les gouvernails bloqués, vous ne pouvez rien faire. Qu’est-ce que vous faite ? «
31:05
Lui, il a décidé que ce navire ne pouvait pas être abandonné car alors tout le monde mourrait.
Un vrai marin sait cela et il sait, vous comprenez, qu’avec un vent et un élan favorables, il allait arriver près du port du Giglio.
Il l’a dit dans la boîte noire, on entend sa voix dire au Premier Officier : « Voyez, on va finir par y arriver. »
Il leur a dit : » Ici nous sommes en sécurité » car il savait que les rochers étaient à 20 mètres sous l’eau et que le Concordia faisait 40 mètres de large. Donc, s’il se couchait sur ces rochers, il descendait de 20 mètres sous l’eau, mais il lui resterait 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il ne coulerait pas.
Il l’a dit, c’est dans la boîte noire, et ils ne l’ont pas cru.
Et puis je vais vous dire : 32 personnes sont mortes, ok.
Mais ils étaient 5.000.
Combien ont été sauvés et qui les a sauvés ? Personne ne dit qui les a sauvés.
Pour le dixième anniversaire du naufrage, tout le monde parle, montre les morts, seulement les proches des victimes, les survivants, et la voix de De Falco.
Mais qui a sauvé tous les autres ?
AL
J’aimerais profiter de cette occasion pour vous demander : avez-vous par hasard regardé l’une des reconstitutions de ce dixième anniversaire (il y en a eu tellement) ? Avez-vous vu quelque chose qui vous a particulièrement marqué ?
GD
Écoutez, j’ai vu tous les reportages pour le dixième anniversaire, c’est une vraie cacophonie.
L’image qui me vient toujours à l’esprit quand je vois ces reportages, c’est que les journalistes sont comme un troupeau de moutons, ils racontent tous la même histoire.
Le journalisme d’investigation, c’est tout autre chose.
Alors, en 2012, après le naufrage, le journal télévisé a diffusé un reportage spécial sur TG1 et…
https://youtu.be/bJ4BuSVgtgA?feature=shared
Alessandro Gaeta, un journaliste courageux, Alessandro Gaeta a réalisé le reportage spécial de TG1 en 2012, et lors de ce reportage du 1er juin, il s’est permis d’affirmer que De Falco avait peut-être donné des ordres erronés et que quelqu’un avait peut-être touché au timon.
https://youtu.be/9YWYspZITRQ?si=cSbNBWrHVtEXTOUG
Il s’est rendu à l’Université de Pise, en est revenu avec une simulation des faits et a déclaré que sans cela le navire n’aurait peut-être pas coulé.
Cette révélation aurait dû faire un grand bruit et le distinguer en tant que journaliste d’investigation … nous connaissons la suite : Alessandro Gaeta a été écarté du reportage à TG1 pour avoir dévié du sujet. Il a ensuite été relégué à un poste administratif, il n’a plus rien présenté sur le Concordia.
Voilà l’information en Italie, et pour le dixième anniversaire, les journalistes tous donné le meilleur d’eux-mêmes dans le genre.
Mais personne ne se demande qui a sauvé 5.000 personnes. On compte 32 morts, très bien, mais vraiment veuillez remercier, chercher à savoir qui a sauvé ces 5.000 autres.
AL
Vous savez, ce qui me laisse toujours perplexe, c’est que si j’écoute … ceux qui ont immédiatement déclaré qu’il avait perdu un temps précieux, alors, en reconstituant cettee scène hypothétique où si les instructions avaient été suivies, il y aurait probablement eu davantage de morts, je me pose la question.
Et je vous trouve toujours très … un peu … original/atypique, pour ne pas dire plus, quand je vous entends parler …
Il y eu aussi ce podcast qui est devenu célèbre, sorti cette année mais qui a connu un succès fulgurant. Quand j’entends parler « il dito di Dio/ le doigt de Dieu », ils parlent comme si le Concordia s’était échoué sur ces rochers uniquement à cause du vent.
GD
Bien sûr, sans ce vent, l’histoire n’aurait probablement pas pu finir de la même façon. Mais ce que je veux dire, c’est que c’est un détail insignifiant, c’est-à-dire que c’est absolument sans importance dans la mesure où il a fallu faire des choix, prendre certaines décisions, pour favoriser ce résultat.
Avec des décisions différentes, l’accident aurait probablement eu un bilan différent ; le vent est un phénomène naturel qu’on ne peut pas contrôler, mais, bon sang, la décision de l’exploiter d’une certaine manière est une décision qui revient au commandant et dans notre cas le Commandant, c’était Schettino.
AL
Très bien.
Voici une autre question que j’aimerais vous poser, vous qui avez été en contact étroit avec le commandant pendant un certain temps : quelle a été sa réaction, quel a été son avis sur ce fameux coup de téléphone qui l’a cloué au piloris, dont on a parlé partout dans le monde, dans les journaux et aux informations télévisées ? D’autant plus qu’il a été traduit, je ne sais pas si vous le savez, pratiquement dans toutes les langues.
GD
Le fameux appel téléphonique de De Falco a servi à le crucifier publiquement.
J’en parle au singulier car c’est celui qui a été révélé avec tant de publicité mais il s’agit en réalité d’un appel parmi les autres dans toute une suite d’appels téléphoniques.
AL
De ce point de vue, vous avez une idée de ce que le commandant ressentait ? J’ai entendu plus tard, lors de cet appel téléphonique, De Falco dire : « Maintenant, c’est moi qui commande/adesso comando io. »
GD
Je vais vous répondre en vous parlant de l’audition de De Falco au Sénat, disponible sur YouTube. Elle est publique. Je ne sais pas si vous l’avez déjà vue. https://youtu.be/bqH9mXEtmNs?si=zT__xMgw1QPOKeml
De Falco a interpellé le Sénat, affirmant qu’il était mal traité dans la Marine, puis il a expliqué en détail ce qui s’était passé. Il a insisté pour que la Capitainerie retrouve son fonctionnement normal.
Il s’est opposé à l’Amiral Angrisano, qui était entré dans la Capitainerie juste après lui, aque De Falco était en train de prononcer la fameuse phrase : « Remontez à bord, ##### ! », et leurs regards se sont croisés.
L’Amiral, Commandant de la Capitainerie, lui aurait jeté un regard noir.
De Falco le déclare au Sénat, ce n’est pas moi qui le dis, après quoi on a cessé de le contacter par la radio du service pendant quelques jours.
Lui, devenu un héros national, s’est senti offensé, diffamé, et est allé jusqu’au Sénat pour dire qu’on le traitait mal, et c’est ce qui est enregistré.
Cette commission est sur YouTube, je le dis parce qu’on peut l’entendre, elle est publique.
Alors que De Falco tournait autour du pot sans révéler le véritable motif de sa protestation, le Président de la Commission lui dit : « Commandant, vous devez lui dire ce qui s’est passé. » , car il n’est pas au courant.
Après trois jours de silence, son supérieur, l’Amiral, l’a convoqué dans son bureau.
De Falco s’est présente, et l’amiral lui dit : « De Falco … » Il n’achève pas sa phrase, mais on comprend.
L’Amiral aurait lancé à De Falco : « Si vous m’aviez dit ce que vous avez dit à Schettino, je vous aurais envoyé vous faire voir. » De Falco ne reprononce pas les mots, il mime.
Et le Sénateur qui est à son côté, confirme.
Si Schettino avait été comme De Falco, il l’aurait envoyé promener, car il était traité de tous les noms d’oiseau par quelqu’un qui n’était pas commandant.
De Falco a passé un concours pour entrer dans la Marine après avoir obtenu ses diplômes de Droit, tandis que Schettino, capitaine de navire, a un tout autre profil professionnel.
De Falco lui a donné des ordres absurdes.
Il lui dit de monter à l’échellede corde de proue à droite. Ca faisait une heure que le bateau était sous l’eau, à vingt mètres de profondeur. L’échelle de corde était inaccessible mais il n’avait pas encore compris la scène, ni probablement quelle était sa position actuelle.
39:44
On peut entendre une conversation téléphonique entre Schettino et le commandant Manna, commandant de navire, de la Capitainerie de Rome, le ton est complètement différent.
https://youtu.be/B_BRMLlfzRk?si=R51bNAfcbSJs2l-Y
Ce sont deux commandants. De Falco est un commandant de bureau, un excellent commandant de bureau, mais il reste un commandant de bureau.
Dans ces circonstances, il l’a accusé d’avoir abandonné le navire, il l’a accusé d’avoir abandonné les passagers, il l’a traité comme un moins que rien devant le monde entier, et Schettino ne lui a pas dit d’aller se faire foutre, et a montré ce qu’était une personne bien élevée.
40:30
AL
En fait, cet appel téléphonique a été qualifié de mise en scène théâtrale.
Au-delà de ce qu’on peut en penser par ailleurs, il ne s’agit surtout pas de porter des jugements moraux. Ce n’est pas du tout le sujet.
Mais l’essentiel est de se poser la question suivante : dans une situation d’urgence réelle, et non simulée, vraie, où des personnes ont réellement risqué de mourir et où certaines sont effectivement décédées, il convient de se demander si il était justifié, si le but de la gestion d’urgence est de perdre du temps sur des choses sans rapport direct avec la situation.
Par exemple dire que l’appel est enregistré, c’est juste se donner une contenance.
Que la personne qui est à l’autre bout du fil soit en faute ou non importe peu.
Quand le service à fournir est de résoudre une urgence, cela paraît pour moins étrange.
Je ne suis pas expert, donc je m’en remets à l’avis des spécialistes de la gestion des urgences, mais cela me paraît un peu étrange.
L’attitude de cette personne ressemble davantage à celle un inquisiteur qu’à celle de quelqu’un qui tente de gérer une situation d’urgence et d’obtenir le meilleur résultat possible.
C’est mon avus, et je pense qu’il est partagée par d’autres, à tel point que cet appel téléphonique a été perçu comme une mise en scène.
Et puis il y a aussi d’autres éléments…
Tout a été dit, notamment à propos de l’échelle de corde, ce qui contredit les propos de De Falco et ne concorde pas non plus avec la fameuse phrase où il dit « maintenant c’est moi qui commande ».
42:00
J’ignore si cela repose sur un fondement formel, ou plutôt, il ne me semble pas que ce soit le cas, c’est-à-dire si le commandant reste le commandant même s’il a abandonné le navire à ce moment-là.
Quoi qu’il en soit, l’accusation la plus infâmante portée contre Francesco Schettino est précisément d’avoir opportunément abandonné le navire pour sauver sa propre peau, sans se soucier des passagers restés à bord, et donc de s’être enfui pour se sauver lui-même, manquant à ce que même les enfants savent comme je le lis dans de nombreux commentaires qui me sont adressés sur YouTube à savoir que le commandant doit être le dernier à abandonner le navire.
Sans aucun doute, c’est pratiquement le cas.
Disons que ce n’est pas exactement le cas, mais c’est presque le cas, ce fait que le commandant devait être le dernier à abandonner le navire.
Mais comment Schettino a-t-il vécu cette accusation, la plus infamante de toutes, certainement aussi à la lumière de …
Le fait est que, comme je l’ai dit dans la vidéo, les choses ne se sont pas passées exactement ainsi, c’est-à-dire que le commandant n’avait pas les mains dans les poches, puisque cette vidéo m’est souvent opposée, on me dit : « Regardez, il y a ce témoignage vidéo qui montre Schettino les mains dans les poches, vaquant à ses occupations, il ne semble avoir aucune difficulté, il ne semble avoir aucun problème particulier, et puis la vidéo se termine là. »
https://youtu.be/6mw2roJ1kv4?si=KhlqQyprYCvHtFUo
et la suite de l’histoire est venue de quelqu’un doté d’une imagination débordante, ou qui a peut-être cru voir quelque chose qui n’existait pas et n’était pas monté dans la chaloupe de sauvetage avec autant de calme que le commandant vivait et percevait la situation.
GD
Je vais vous répondre tout de suite mais je voudrait ajouter rapidement une petite précision : De Falco est intervenu illégalement en tant que sauveteur.
C’est la Capitainerie du Port de Rome, située à 35 km du Giglio qui a la compétence territoriale pour un naufrage sur l’île du Giglio.
Livourne est à 150 km. Livourne n’était pas appropriée.
De Falco est intervenu et n’en a pas demandé l’autorisation. Il l’a lui-même admis lors d’une émission de la RAI. J’ai l’enregistrement. Il le dit clairement : « Je n’aurais pas dû intervenir, mais je suis intervenu parce que je savais comment le faire », comme s’il avait été témoin de naufrages depuis 20 ans.
Alors lui, dans un corps militaire comme celui de la Capitainerie du Port où les règles sont respectées, il ne les a pas respectées depuis le début, sinon l’histoire aurait été différente car c’est Rome qui aurait géré la situation et en la personne du Commandant Manna, qui dirigeait la Capitainerie du Port de Rome à cette époque.
De Falco, disons, s’est mêlé de tout cela, et je comprends les raisons du scandale.
Figurez-vous que depuis il est devenu sénateur.
N’était-ce pas là un beau tremplin ?
vabbè dove aveva fatto una domanda e dall’abbandono della nave giusto
Bien, vous m’aviez posé une question au sujet de l’abandon du navire ?
AL
Exact.
45:00
GD
C’est venu parce que De Falco a dit à Schettino qu’il l’a abandonné
Mais il y a un fait précis : je ne peux pas vraiment en parler.
Je peux seulement parler des causes de l’accident qui sont ressorties lors du procès, car on ne peut pas affirmer que quelqu’un a commis un acte illégal intentionnellement.
Sinon je vais me faire dénoncer en diffamation.
Voici les faits.
Le navire chavire de 30° sur tribord à 00 h 17. Ce moment important, 00 h 17, il est signalé par le patrouilleur G104.
De Falco, depuis Livourne, avait désigné le patrouilleur G104 comme coordinateur des opérations de sauvetage sur place, il était donc la voix des Garde-Côtes dans la zone où se trouvait le Concordia.
À 00 h 17, le patrouilleur a lancé l’alerte suivante à tous les navires présents dans la zone : » Attention à tous les navires dans la zone : le Concordia chavire sur tribord ! » et il le répète plusieurs fois.
Qu’est-ce qui est alors arrivé à Schettino ?
Il a toujours soutenu que le navire n’avait pas chaviré. Heing ?
Jusqu’alors, il se trouvait sur le pont 3 du Concordia, à tribord/droite, et avait fait débarquer plus de 4.000 passagers.
Tous ceux qui avaient réussi à atteindre le pont 3, même ceux qui arrivaient depuis l’autre côté.
Tous ceux qui avaient débarqué avec les canots de sauvetage qui faisaient des allers-retours depuis le port.
À 00 h 17, le patrouilleur annonce que le navire chavire dans la même position qu’il a occupé ensuite pendant deux ans.
Donc, nous avons tous vu qu’il se trouvait sur le pont 3.
Personne n’aurait survécu, car le navire s’était immobilisé sur cette position.
À ce moment-là, il y avait le Premier Officier et un Élève-Officier et une chaloupe sauvetage avec 30 ou 40 personnes à bord.
Le navire chavire.
Voilà ce que raconte Schettino.
Et lorsqu’ils réalisent que le navire chavire, le Premier Officier saute à l’eau.
Et ils agissent.
Schettino saute sur le toit de cette chaloupe car le marin doit qui la piloter est dans tous ses états.
Et, tandis le navire s’incline, même les barres des chaloupes sont arrachées.
Alors, il saute, voyez-vous, à cause de la mer et pour son salut.
Il saute seul, a déclaré le commandant.
La chaloupe quitte la zone qui sera plus tard recouverte par le Concordia et il l’amène à l’abri sur les rochers, à 20 mètres de là.
Soudain, le moteur cale et ne veut pas repartir.
C’est ce qu’affirme Schettino.
De Falco prétend qu’il a abandonné le navire, mais aucune vidéo ne montre Schettino au mome’t où il quitte le Concordia.
On ignore s’il a été contraint de sauter ou s’il a quitté le navire de son plein gré.
Il y a deux versions des faits mais ce qui se passe, c’est que lors du procès cet avertissement qui indique que le navire a chaviré à 00 h 17 n’est pas admis dans les actes du procè. Il ne sera pas pris en compte.
Il vous faut maintenant savoir quelque chose concernant la procédure d’appel : la défense cherchait à obtenir le contenu de la boîte noire – toutes ces conversations – car elle met en doute la validité des preuves.
Il lui a été demandé 250.000 euros pour lui remettre ces deux documents.
Codacons a ensuite fait appel et les a obtenus pour quelque chose comme 250 euros.
Autrement dit, ils ont utilisé ce moyen de pression.
La défense ignorait donc l’existence de cette communication, comprenez-vous, et ne pouvait par conséquent pas la produire comme preuve, car elle ignorait qu’elles existaient.
Puis le commandante continue son travail depuis les rochers.
Le navire a chaviré, des passagers sont tombés à l’eau.
Il appelle la Capitainerie du Port et dit : « Regardez, ils tombent ! Envoyez des canots gonflables entre la terre et le navire pour récupérer les passagers tombés à la mer. »
50:00
Cet appel de Schettino à la capitainerie disparaît alors que remontez-à-bord-cazzo ! fait le tour du monde.
Celui-ci disparaît, il n’est pas dans les actes du procès.
Comment voulez-vous que nous sachions ce qu’il s’est passé ?
Parce que, concernant le patrouilleur G104, le sacro-saint patrouilleur G104 : on entend les Garde-Côtes appeler et dire que le commandant Schettino est sur les rochers et qu’il a déjà appelé pour demander l’envoi de canots gonflables, car des gens tombent à la mer du côté tribord, où le navire a chaviré.
Il y a donc une preuve indirecte que cet appel a été passé.
Pensez donc, s’il a appelé pour dire ça et cette audio prouve qu’il l’a fait, cela voudrait dire que le sauveteur peut être tenu pour responsable de la mort des personnes qui tombaient à l’eau pour ne pas les avoir secourues ?
Et donc, cet appel téléphonique n’a pas non plus été inclus dans le procès. Il a été découvert plus tard.
AL
Écoutez, seul un nouveau procès permettra d’établir la vérité sur cette histoire et ensuite, comme pour chaque procès qui, malheureusement, est instrumentalisé par les médias – et celui-ci, pour éviter tout malentendu, s’est directement déroulé dans un théâtre – pour ceux qui l’ignorent, il a littéralement été déplacé dans un théâtre en prévision de l’afflux de centaines de journalistes et de milliers de personnes, ce qui ne s’est finalement pas produit, comme la dernière fois.
Bref, vous souvenez-vous quand j’avais reçu ici le général Tricarico et Gregory Alegi comme invités et qu’ils nous parlaient d’Ustica ?
Même les ingénieurs convoqués ne s’y sont absolument pas intéressés, il n’y en avait pas un seul lors des procès, par contre, un nombre incroyable de livres ont été publiés, des émissions de télévision ont été diffusées, et même aussi des podcasts.
Et comme tout procès médiatisé, cela entraîne malheureusement une série de distorsions incroyables lors des récits.
Malheureusement, jusqu’à il y a quelques années, j’étais convaincu que cela se produisait principalement avec les procès médiatisés.
Malheureusement, je dois dire que ce n’est pas le cas. Hélas, même ceux qui restent confinés chez eux ne semblent pas s’intéresser à ce genre de choses, et nous en reparlerons longuement.
Je veux juste m’arrêter un instant pour répondre en lisant certains commentaires qui défilent sur la droite de l’écran.
Il y a un auditeur, Ros Ulbrich. Que dit-il ?
De toute façon, si ce n’était pas clair, je maintiens que Schettino n’a pas bénéficié d’un procès équitable et qu’il est devenu le bouc émissaire de tout.
Mais je ne voudrais pas que l’on laisse entendre que je dis qu’il n’est absolument responsable de rien.
Je tiens donc à répondre, car j’ai constaté que j’avais soulevé des points que nous aborderons. Ce n’est pas que nous les ignorions, mais c’est l’un des épisodes que nous traiterons. Je ne sais pas, et je ne suis pas…
Ceci n’est pas un tribunal et je ne suis pas un juge. Je ne sais pas si Schettino est totalement innocent à 100%.
Formellement, on ne peut même pas l’accuser d’incompétence ou d’omission.
On peut sans doute lui reprocher quelque chose, je ne sais pas mais j’accepte sereinement cette possibilité.
Certes, la réponse n’est pas le plus important.
Cependant, le plus important n’est pas de savoir si Francesco Schettino, commandant du Concordia, était un héros, un saint, un homme sans tache, ou s’il a, disons, commis des erreurs. C’est aussi possible …
Mais ce que je voudrais essayer de dire, c’est qu’en résumé, je me dois de constater que la réalité pour cette personne, c’est qu’elle a été décrite comme un monstre par l’opinion publique. Ce traitement médiatique excessif entraîne son lot de problèmes et de condamnations, souvent à perpétuité, dont il est finalement très difficile de se sortir ensuite.
Or, c’est faux.
Quelque soit le problème qu’il pourrait avoir commis, que ce problème soit dû à de l’insuffisance, aux instructions ou à des erreur, il n’est pas le monstre qu’on nous a décrit.
Cela me paraît évident et se déduit clairement des documents utilisés pour la réalisation dune autre vidéo que celle de ce soir et plus généralement, d’une analyse objective des faits.
Je pense que cela se comprend assez facilement en prenant conscience que nous n’avons pas affaire à un monstre qui aurait d’abord fait taper un navire avec quatre mille personnes à bord contre des rochers juste pour voir jusqu’où il pouvait aller, et qui se serait ensuite enfui, parce que c’est comme ça qu’on nous l’avait décrit.
Autrement dit, la description qui en a été faite pour vous faire comprendre la réalité de la situation est la suivante.
Voici un homme qui, commandant un navire avec 4 000 personnes à bord, se dit : « Banzaï ! Voyons voir ce qui se passe si nous passons carrément contre une île. » , puis c’est le fin du monde et il s’enfuit.
Ce n’est pas la réalité, c’est là l’essentiel.
Mais il y a un deuxième point, tout aussi important : il ne me semble pas que cet homme ait même bénéficié d’un procès équitable.
Au-delà de l’image que les médias, les journaux, les chaînes d’information télévisées, etc …, ont dressée de lui, il ne me semble pas que, même lors des procédures judiciaires et pénales, il ait pu bénéficier d’un procès adéquat, qu’il ait pu se défendre et faire connaitre une vérité aussi proche que possible de la réalité.
Voilà donc le point essentiel.
On ne peut pas simplement affirmer, avec quelques vidéos à l’appui, que Schettino est un saint.
Cela ne m’importe pas, je ne pense pas que cela lui importe. je ne pense pas que cela importe à Gigetto non plus, ni probablement à aucune des autres personnes impliquées dans cette affaire.
Mais la justice, à mon avis, c’est autre chose. Je ne sais pas ce que vous en pensez.
GD
C’est très simple : il s’est agi d’un procès avec un seul accusé : le commandant.
Tous les autres Fincantieri, Costa Croisières, le Premier Officier, le Troisième Officier, les autres Officiers et le Timonier ont plaidé coupable et s’en sont tirés avec des peines dérisoires, sans passer un seul jour en prison et après avoir obtenu une réduction de peine.
Ils lui ont donc passé la patate chaude, ils sont tous rentrés chez eux et ils ont concentré tous leurs efforts sur Schettino, le seul accusé.
Vous Imaginez un navire de 300 mètres avec 5.000 personnes à bord !
Schettino ne l’a ni construit, ni certifiée, ni mise en service, il n’a choisi ni choisi le timonier ni l’équipage et il a tout simplement payé pour tout le monde.
Un procès équitable aurait donc dû prévoir que la responsabilité incombe soit au commandant, soit à celui qui était aux commandes, et qu’il en paie le prix en fonction de ses responsabilités.
De fait, sa responsabilité est objective : un commandant est responsable de ce qui se passe à bord.
Par conséquent, la seule condamnation qui aurait dû être prononcée aurait dû être celle-là
Cependant, compte tenu du fait de ” la responsabilité des grands-parents ”, on peut également être condamné, responsables en titre – responsables des actes commis , le commandant est responsable des actes commis, et là il est responsable des erreurs des Officiers.
Il aurait simplement fallu reconnaître que ceux qui sont responsables d’avoir amené le navire sur Le Scole sont le Premier Officier et le Timonier.
Et puis Schettino eu une condamnation de 16 ans de prison.
Mais le Premier Officier en aurait eu aussi, et si vous devez vous prendre de la prison, vous réfléchissez aussi.
Nous sommes allés à Jakarta pour rechercher le Timonier indonésien.
Sa résidence en Italie est sa résidence officielle, dans les bureaux de Costa Concordia à Gênes.
Imaginez que je veuille lui demander à Rusli Bin de m’accorder une interview.
Je dois me rendre à Costa Crociere et dire : « Pourriez-vous transmettre cette demande ? » Il a des idées concernant ces documents manquants.
Il aurait simplement pu bénéficier d’un procès équitable, sans faux témoignages, sans mensonges.
Vous êtes le capitaine, vous paierez, mais l’équipe des Officiers paiera.
Celui qui a utilisé la fausse Audio paiera.
Celui qui l’a construite paiera, avec ses générateurs de courant et son générateur de secours.
Le projet avait été bâclé, et après que le RINA ait fait le test, ils n’ont pas fonctionné, les portes sont restées ouvertes, y compris celles de l’ascenseur, neuf personnes y sont mortes et le gouvernail ainsi que les bras des grues des chaloupes de sauvetage ne répondaient plus.
59:00
Ce genérateur de secours, qui sera la onzième panne et donc plutôt intéressante, n’a pas fonctionné à cause d’un défaut de conception. Il n’aurait pas pu fonctionner même si quelqu’un avait dit à Fincantieri ce qu’il avait fabriqué et au RINA ce qu’il avait certifié.
Les tests sont une source d’anecdotes sans fin.
Au procès, on n’a pas réussi à voir le procès-verbal de Costa Croisières.
Les responsables de Codacon étaient furieux.
Fincantieri et Costa Croisières s’y sont opposés parce que le nom de la personne qui avait testé le générateur aurait dû être mentionnée dans le rapport.
Elle aurait dû signer comme quoi elle reconnaissait s’être trompée.
Celui qui a installé le générateur n’était pas là.
Ce générateur qui n’a pas fonctionné plus a causé de la mort de neuf personnes dans un ascenseur et d’autres dégâts terribles et personne n’a été condamné.
Cependant, un procès équitable aurait examiné toutes les preuves, même celles qui étaient en sa faveur, et aurait déterminé les responsabilités de chacun. Il aurait fallu condamner tout le monde et prévoir une peine plus lourde, pas seulement pour Schettino.
Schettino mérite vraiment une autre chance.
Un procès équitable aurait examiné toutes les preuves, y compris celles qui étaient en sa faveur, et aurait déterminé les responsabilités de chacun, condamnant tous les accusés et incarcéré pas seulement Schettino.
AL
Je suis d’accord.
Je suis d’accord avec vous.
Andrea Lombardi remercie Gigetto Dattolico,
Lui renouvelle ses vœux de bon anniversaire,
Affiche le lien du canal de Gigetto où l’on peut consulter les vidéos que celui-ci a publiées,
Consulte les réactions du public car cette vidéo, tournée par les deux hommes en distanciel a été diffusée en temps réel et de nombreux usagers de YouTube s’étaient connectés pour faire part de leurs réactions en temps direct.
Il annonce qu’il prévoit de tourner d’autres vidéos sur la cas du Concordia et conclut :
Selon moi, il s’agit d’une affaire particulièrement importante, qui doit être traitée correctement et doit absolument être approfondie.
D’une part, malgré le peu de moyens dont je dispose, et bien que ces moyens soient très modestes, il est nécessaire de réhabiliter, ne serait-ce que partiellement, l’image ternie d’une personne qui a été condamnée.
Il a peut-être eu une part de responsabilité, mais pas celle que les médias lui ont imputée, ce qui a constitué une condamnation injuste et odieuse de plus.
Et, point tout aussi important, voire plus encore, j’ai envie de dire,que ceux qui m’écoutent, les Italiens en général – tous les Italiens – doivent tous nous expliquer ce qu’est la justice, comment elle fonctionne en Italie, comment fonctionne le journalisme et comment fonctionne le compte-rendu de la réalité.
Parce que malheureusement, dans ces domaines, » les italiens comprennent les italiens « .
Parce que l’Italie a un problème, disons plus important de ce point de vue que d’autres pays. Cela les concerne plus ou moins tous, mais ici en particulier, on ne le comprend que quand on se retrouve englué dedans.
Autrement dit, parler d’injustice et de procès non équitable quand cela concerne d’autres personnes, de loin, en regardant d’un œil et écoutant d’une oreille, c’est une chose ; se retrouver soi-même impliqué, c’en est une autre.
Eh bien, je préférerais éviter que quiconque ait à se retrouver impliqué pour comprendre la situation.
Merci également à tous ceux qui nous écoutent. Je vois que, pour résumer, tous les commentaires de ceux qui nous ont suivis jusqu’à présent, est-ce que notre Justice fonctionne ? non. En fait, non. Vous avez raison.
Alors, eh bien, voilà. Vous voyez, il y a une autre chose qui me fait toujours beaucoup rire : de temps en temps, les gens écrivent, etc … Mais dans ce cas précis, j’en vois 45 peut-être qui ont suivi et qui me donnent tort.
Il n’y a pas grand chose à répondre : si vous voulez étudier le cas, partez à la recherche de quelqu’un pour qui ça a mal tourné et allez le voir chez lui pour vous rendre compte un peu de tout ce nous avons dit.
Merci encore à Gigetto. Merci à tous.
Andrea Lombardi, bouc émissaire, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, Gigetto Dattolico
Joyeux Noël, Commandant Schettino !
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 26 décembre 2017
vidéo de Gigetto Dattolico publiée ce 22 décembre 2017 sur YouTube
Les officiers du Costa Concordia détiennent la vérité sur qui est responsable de l’impact sur les rochers.
Le tribunal ne les a pas obligés à la divulguer, alors je propose que nous embarquions comme passager sur les navires sur lesquels ils travaillent encore et que nous leur posions des questions sur ce qui s’est réellement passé, que nous enregistrions leurs réponses avec nos téléphones portables et que nous publiions le tout sans rien censurer et sans rien négocier.
Gigetto Dattolico :
Nous sommes mainternant en décembre 2017, dans quelques jours ce sera Noël.
Je souhaite présenter mes vœux au Commandant Schettino qui passera ces jours en prison.
Je crois que c’est l’occasion de réfléchir encore une fois, une bonne fois pour toutes, sur nombre de points obscurs de cet évènement que le procès n’a pas voulu clarifier.
Tous les officiers ont demandé la négociation de peine et l’ont obtenue, sauf le Commandant Schettino.
Le 3ème officier use de la possibilité de ne pas répondre.
Le timonier négocie sa peine et disparaît.
Ils quittent le procès sans que personne n’ait raconté comment les choses se sont passées.
Les trois officiers Ambrosio, Ursino, Coronica naviguent encore sur des navires à passagers avec leurs galons d’officiers sur les manches.
La presse a authentifié une vérité imposée : toutes les fautes sur le dos du Commandant Schettino.
Les officiers sont sortis du procès, Costa Croisières et Fincantieri en ont complètement disparu.
Je lance une idée : renseignons nous pour savoir sur quels navires sont embarqués ces trois officiers, Ambrosio, Ursino et Coronica.
Réservons une croisière dessus et allons les chercher avec notre téléphone mobile, rapprochons-nous d’eux pendant qu’ils mangent avec les autres officiers et les passagers, demandons-leur ce qui s’est passé cette nuit-là sur la passerelle du Concordia, enregistrons leurs réactions et leurs réponses et puis : publions-les.
Au moins pourrons-nous montrer la figure qu’ils feront devant des questions sérieuses sans pouvoir demander de négocier les réponses.
Francesco Schettino :
Le Commandant qui voit trois officiers la tête droite en train d’observer leurs écrans ne pense pas du tout qu’ils puissent être subitement un danger pour la sécurité du navire. C’est complètement absurde !
Je me demande, et je me répète, cinq ans après, qu’est-ce qui a bien pu pousser trois officiers au silence. Pourquoi aucun n’a-t-il dit : bonsoir Commandant, vous pouvez venir lire mon écran ? on devrait être plus à droite, on est complètement hors de la route.
Le Commandant Schettino est le seul à avoir vu l’écume sur les rochers et à se rendre compte du péril immédiat.
Alors il commence une manœuvre d’évitement pour éviter le choc : tourne à droite pour éloigner la proue des rochers, puis ensuite tourne à gauche pour éloigner la poupe des rochers.
Le Commandant est convaincu qu’il va ainsi faire dépasser les rochers au navire sans dommage et l’expertise de Codacons confirme que le navire aurait été en bon état après le passage.
J’ai été obligé de lancer au dernier moment une manœuvre d’évitement désespérée pour éviter l’impact frontal.
La position que j’ai ci-dessus mentionnée est celle dont j’avais l’habitude depuis mes 32 ans de navigation, mais à ma droite, j’ai remarqué des officiers qui avaient la tête positionnée différemment de celle-ci pour suivre la navigation.
C’était trompeur.
Si, au lieu d’y avoir les trois officiers au moment où le commandant arrive en passerelle il n’y avait eu personne, évidemment, je me serais mis moi-même avec la tête en bonne position pour suivre la navigation et ce ne serait pas arrivé.
Gigetto Dattolico :
Il existe une expertise demandée par le Groupe d’Investigation Préliminaire à l’Amiral Cavo Dragone qui explique comment les choses se sont probablement passées.
Francesco Schettino :
Ce comportement d’omertà, de se prévaloir de la possibilité que l’on a au procès de ne pas parler pour préciser quelles sont les raisons pour lesquelles le timonier, au lieu d’exécuter les ordres que je lui avais donnés avait hésité et fait le contraire pourrait bien être la clé du mystère.
L’expertise qui a été rédigée par l’Amiral Cavo Dragone et son collège d’experts est le Rapport Technique des Conseillers désignés par le Groupe d’Investigations Préliminaires du Tribunal
Ainsi, dans ce document, l’Amiral Cavo Dragone affirme :
Schettino, trois secondes après avoir ordonné la barre au centre, ordonne toute la barre à gauche à 21:45:33. Il est rapporté que, en entendant cet ordre, le premier officier Ambrosio intervient, hurlant « À tribord toute ! », c’est-à-dire toute la barre à droite, ayant sans doute cru que le Commandant, confondant sa gauche et sa droite, visait la terre par erreur ; et ce parce que Ambrosio a sûrement seulement pensé à l’obstacle que constituait l’île à leur gauche et non à la manœuvre que Schettino essayait de faire en fait pour contourner le rocher.
En fait, on entend dans l’enregistrement de la boîte noire (VDR) un bruit plus prononcé, une agitation en passerelle, et la voix plus énergique de Schettino répète de mettre toute la barre à gauche, confermant péremptoirement l’intention, la validité et la volonté que soit exécuté son propre ordre.
La manœuvre sera effectuée de façon à éviter le pire, mais en mettant les timons à gauche, on aurait évité que la poupe n’aille gifler le rocher.
Une fois la manœuvre accomplie, après que le navire, ou plutôt après que la poupe ait dépassé le rocher, s’en soit dégagée, évidemment, il aurait fallu ordonner la barre à droite.Seulement, au moment où je suis en train d’effectuer la manœuvre d’évitement – avant, ils ont tous été égaux, aucun n’a rien dit – au moment crucial de la manœuvre, si le résumé de Cavo Dragone est juste, il y en a eu au moins un qui a eu le triste courage de mettre les mains sur le timon depuis le dos du timonier ou qui l’a poussé pour le faire aller à droite et pas à gauche.
Gigetto Dattolico :
C’est dans ces circonstances qu’est née la tragédie du Costa Concordia.Lorsque le navire cogne sur les rochers, le Commandant ne sait pas encore que que son ordre a été ignoré et il ne se rend pas compte de la situation parce que ses calculs lui disaient tout autre chose, c’est-à-dire que le navire aurait du se trouver beaucoup plus en avant et que le point d’impact aurait du être situé beaucoup plus en poupe du navire sans conséquence grave.
Francesco Schettino :
Voici l’image du radar du Costa Concordia qui se dirige droit sur les rochers à quelques minutes de l’impact juste quand je suis obligé de dire de mettre le timon sur 10° pour ne pas aller tout droit et puis on a fini par éviter le rocher.
Si je n’avais pas vu qu’il y avait quelque chose droit devant, nous serions pratiquement tous morts lors du choc.
Si le timonier, dans mon dos, avait exécuté correctement la manœuvre d’évitement, il aurait pu se faire qu’au final, le navire passe juste.
Le timonier a répondu correctement aux ordres que je lui ai donnés, depuis le moment où je donne l’ordre jusqu’à la dernière répétition de chaque ordre.
Il l’a fait tout au long de la liste d’ordres nécessaires à l’exécution de la manœuvre, de 10° en 10°.
Seulement, au moment le plus important, au moment crucial de la manœuvre, quand je dis de mettre les timons à gauche, il répète correctement pour finalement faire le contraire et envoyer les timons à droite.
Alors le navire, la poupe du navire n’est pas passée, elle a malheureusement giflé le rocher sans qu’on ait saisi l’occasion de ralentir le mouvement qui l’amenait vers le rocher.
.
Et le 3ème officier qui a raconté qu’elle était allée se placer derrière le timonier pour être sûre que ce dernier allait exécuter correctement mes ordres.
Personne parmi les officiers ne s’est placé à côté du timonier et n’a réalisé que dans la phase la plus délicate de la manœuvre, le timonier avait fait le contraire, vu que, n’est-ce-pas, finalement, il a fait le contraire.
Il ou elle aurait du au moins le signaler et dire : Commandant, vous êtes en train de donner des renseignements sur où on a pris le coup. Au sujet du point de contact du rocher avec la poupe, nous devons vous faire savoir que le timonier s’est trompé de position et que par conséquent, le point de contact avec le navire est sûrement situé plus vers la proue.
Mais cela n’a pas été dit, ni pendant l’exécution de la manœuvre, ni pendant que je faisais mon rapport sur les dégâts au navire, que je faisais à Ferrarini sur la position du point de contact du rocher sur le navire.
Gigetto Dattolico :
Je connais les défauts de fabrication du navire, les portes étanches qui ne tenaient pas, les compartiments étanches qui se remplissaient d’eau en quelques minutes, les groupes électrogènes qui se sont arrêtés subitement de fonctionner, les ascenseurs en panne avec les portes ouvertes qui se sont transformés en pièges mortels.
C’est tout la faute du Commandant.
Si ses ordres avaient été exécutés tels qu’il les avait donnés, et si le navire était allé taper de la même façon, je ne serais pas ici à vous parler de la tragédie.
Les ordres sont siens, les responsabilités sont siennes, la faute est sienne.
Le souci, c’est que l’un de ses ordres n’a pas été obéi.
Quelqu’un a mis les mains sur le timon et a envoyé le navire taper sur les rochers.
C’est sûr que c’était l’une des quatre personnes présentes sur la passerelle.
Le Tribunal n’a pas voulu éclaircir ce point crucial, ayant décidé qu’il y avait un seul homme coupable de tout y compris des défauts du navire.
Joyeux Noël, Commandant Schettino !
Concordia; Costa Concordia; Commandant Schettino; sécurité en mer, Gigetto Dattolico
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