Monique-Mauve
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La passerelle du Concordia, le pont de commande et les timons
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 4 août 2026
Ayant croisé la photo du timon sur la 2ème vidéo d’Andrea Lombardi :

et lu » il y avait d’autres timons « , le souriceau a cherché une description technique de la passerelle. Il a trouvé ce qui suit au creux d’un document de 150 pages : la sentence du procès de Grosseto rendue publique sur le site de Droit Pénal italien :
https://www.giurisprudenzapenale.com/wp-content/uploads/2015/07/trib-grosseto-concordia.pdf
Le document est en italien. Le juge Valeria Montesarchio avait promis que tout serait traduit en toutes les langues des passagers et membres d’équipage concernés par le naufrage et avait commencé à le faire sous forme de vidéos sur YouTube, puis cela a pris fin un jour, probablement faute d’argent. On se souvient d’un mouvement de grève générale en protestation contre la pauvreté des dotations de fonctionnement de la Justice en Italie. Une audience avait dû être repoussée faute d’avocats un jour de grève générale.
Description extraite du pdf de la sentence prononcée par le Tribunal de Grosseto le 10 juillet 2015 – pages 81 à 90.
1. 3. 9. La passerelle du Concordia, le pont de commande

La passerelle est située au pont 8, dans la partie avant du navire et est le centre de commande du navire entier, à partir duquel se commande le navire et s’initient toutes les actions nécessaires pour le faire naviguer (planification/vérification de la route, point du navire, contrôle de la présence d’autres bâtiments), pour communiquer que ce soit à du navire ou avec l’extérieur et pour la gestion de tous les systèmes de sécurité (protection anti-incendie, compartimentation du navire, calcul de la stabilité).
Ses dimensions sont énormes. De l’aileron de gauche par rapport à la proue à l’aileron de droite (c’est-à-dire la saillie latérale par rapport à la ligne de coque qui permet de mieux contrôler toutes les manœuvres de ce côté) à celui de droite il y a pratiquement 40 m de long – et pour bien apprécier sa taille, il semble approprié de joindre une photographie du pont du navire jumeau Costa Serena, avec une vue depuis l’aileron bâbord vers le côté opposé à tribord.

L’accès à la passerelle se faisait par une porte située en dessous (sur la photo, du côté opposé à la vitre avant du navire), qui s’ouvrait de l’extérieur grâce à un code de sécurité tapé sur un clavier numérique.
Voici le plan de la passerelle du Concordia :

La flèche noire indique le couloir d’accès, tandis que le quadrilatère mis en évidence à l’avant représente la console de manœuvre, située au centre de la passerelle de commandemen.
De là, on bénéficie d’une vue panoramique d’environ 225° sur l’horizon (sur la photographie du Costa Serena, la console est parfaitement visible et l’on peut apprécier la vue sur la proue du navire, à travers les grandes fenêtres situées à l’avant).
À droite du couloir d’entrée se trouvaient le bureau privé et la cabine du capitaine (sur le schéma, cette zone est délimitée par le rectangle à droite de la flèche noire indiquant le couloir).
Au centre de la console se trouvaient deux fauteuils, de part et d’autre de la partie où étaient situés les instruments de barre (gouvernail et pilote automatique), orientés vers la proue, près du radar.
Le poste de pilotage se situait entre les deux fauteuils (sur la photographie, le premier fauteuil est visible et un marin se tient debout devant).
Donc il y avait 3 timons sur la passerelle, et en 13 secondes personne n’aurait eu le temps de se rendre à l’un des deux situés sur les ailerons pour les manœuvres rapprochées. C’est bien le timon central, celui de la photo, qui a été » touché » indûment et on intuite comment c’est arrivé.
La suite est intéressante, voyez plutôt :
1. 3. 10. Système de communication et d’enregistrement pour la radio-navigation.
La navigation s’effectuait à l’aide de systèmes de radio-navigation tels que le radar et le système de positionnement par satellite (GPS/Global Positioning System), un compas gyroscopique, une station météorologique de bord et un sondeurde profondeur. Ces instruments permettaient de déterminer à tout moment la position, la vitesse et la direction du navire, ainsi que la présence d’autres navires ou d’obstacles, quelles que soient les conditions météorologiques et de visibilité. La position du navire pouvait également être affichée sur des cartes électroniques (ECDIS/Electronic Chart Display and Information System). Pour les manœuvres en eaux restreintes (opérations d’accostage et d’appareillage), les postes de commande situés sur les ailerons saillants aux extrémités de la passerelle offraient une vue panoramique sur tout le flanc du navire, à l’avant comme à l’arrière, et même vers le bas grâce à un plancher transparent. Le navire était manœuvré à l’aide de joysticks qui commandaient les gouvernails, les hélices de propulsion et les hélices transversales, permettant également des déplacements latéraux du navire.
Les communications avec l’extérieur étaient assurées par un système de communication par satellite Satcom, permettant l’échange de données ou de communications vocales et les communications téléphoniques à l’échelle mondiale, ou par le système radio GMDSS (Global Maritime Distress Safety System/Système mondial de détresse et de sécurité en mer), pour l’échange de données ou de communications vocales et les communications téléphoniques avec les stations radio côtières ou les autres navires. Le navire était également équipé d’un système de communication interne, constitué de téléphones portables distribués aux Officiers et Sous-Officiers, ainsi qu’à une partie du personnel d’Hôtel et de Machine, connectés au réseau téléphonique du navire et alimentés par le réseau électrique principal du bord (il n’y avait ni batteries ni connexion au réseau de secours). Outre ces téléphones portables, des radios UHF portables étaient distribuées au personnel en fonction de son rôle et fonctionnaient sur un réseau alimenté par le système d’alimentation sans interruption (UPS) de la passerelle (sur la photographie de la passerelle du Costa Serena, les radios jaunes sont au premier plan, branchées sur leurs alimentations respectives). En ce qui concerne plus particulièrement les aides à la navigation, l’instrumentation de bord est conforme à la réglementation en vigueur, avec duplication des composants critiques du système, afin de ne pas compromettre l’efficacité de celui-ci en cas de dysfonctionnement d’un seul de ces composants – elle est constituée d’un système radar de navigation redondant, c’est-à-dire :
● deux appareils en bande S, fonctionnant à une fréquence plus basse et plus efficaces pour les cibles éloignées ;
● deux appareils en bande X, fonctionnant à une fréquence plus élevée et plus performants pour les cibles proches, notamment pour la navigation côtière ou à l’entrée des ports.
Ces deux appareils permettaient de configurer un marqueur à portée variable (VRM/Variable Range Marker). Ce marqueur, doté d’un rayon prédéfini, pouvait être positionné sur n’importe quelle cible à l’écran, permettant ainsi une évaluation précise de sa distance. Le VRM pouvait être positionné en prenant appui sur le navire, ce qui permettait une évaluation immédiate des dangers potentiels, tels que la présence d’obstacles ou la proximité de la côte, dans le rayon défini par l’opérateur.
Le radar, comme la plupart des équipements électroniques, était alimenté par un système d’alimentation sans coupure (UPS), indépendant des générateurs principaux du navire.
À proximité immédiate de la passerelle et en communication directe avec celle-ci, se trouvait le Centre de Sécurité/Safety Center, un local plus petit abritant le panneau de commande synoptique des portes étanches, le système Martec et tous les systèmes de sécurité activables depuis la passerelle (indiqué par la flèche sur le schéma suivant).

Toutes les informations relatives à la position, au mouvement du navire, les données de commande et de contrôle et les alarmes relatives aux systèmes de bord, étaient intégralement enregistrées pendant les dernières 12 heures d’activité minumum sur un support informatique appelé Voyage Data Recorder ou VDR (que nous confondons avec la boite noire), qui a permis l’enregistrement complet de toutes les données de voyage présentant un intérêt pour le navire, conformément aux réglementations internationales (voir pages 31 du rapport et suivantes ainsi que les Annexes 2 et 3).
Le système d’enregistrement des données de navigation installé à bord était le VDR DEBEG 4300 commercialisé par SAM Electronics. Il se composait d’un Data Concentrator/Concentrateur de Données où convergeaient tous les signaux à stocker, puis les distribuait en parallèle (via le réseau) à tous les autres dispositifs de stockage installés, à savoir le FRM (Final Recording Medium/support d’enregistrement final) et la station de lecture/Replay Station. Le FRM, plus communément appelé « boîte noire », était une unité de stockage de données conçue pour résister à tous les événements accidentels consécutifs à un accident (impacts externes, chocs, haute pression, chaleur, naufrage, etc … ).
La Replay Station n’était rien d’autre qu’un PC installé sur la passerelle et utilisé pour stocker, afficher et récupérer les données venant du Concentrateur de Données. Il y avait également un autre PC, appelé SMS MARTEC, qui stockait les données d’autres sous-systèmes tels que, par exemple, SEANET (alarmes relatives aux portes étanches), ESD (Emergency Shut Down/arrêt d’urgence), HI-FOG et FDS (système de lutte contre l’incendie et alarmes associées). Certains de ces sous-systèmes, comme par exemple l’ESD, disposaient de capacités d’enregistrement autonome et transmettaient les données au système SMS de MARTEC, lequel les acheminait ensuite vers le VDR pour un stockage unique.
Concrètement, toutes les données à stocker étaient enregistrées en parallèle par plusieurs dispositifs, chacun doté de sa propre capacité de stockage de masse, créant ainsi un système d’enregistrement redondant : les données sensibles étaient en effet enregistrées simultanément de manière identique et exhaustive sur les Concentrateurs de Données de la Station de Relecture, et également transmises, en plus petites quantités, à la boîte noire FRM et aux systèmes SMS et ESD de MARTEC.
Cette redondance des systèmes d’enregistrement a permis, dans le cas du Concordia, d’enregistrer l’intégralité des données pertinentes, sans exception, et de les mettre ainsi à la disposition des experts. Et ce, bien que le module FRM à bord du Costa Concordia (la fameuse boîte noire) ait été défectueux dès le départ du navire du port de Civitavecchia, le rendant de ce fait inopérant. En réalité, les données ont été intégralement enregistrées et récupérées par les experts sur le disque dur de la Station de Relecture (voir page 32 du rapport).
Le navire était également équipé d’un système AIS, conformément à la réglementation en vigueur à l’époque, structuré autour de messages contenant des informations utiles à son identification du navire et à la détermination de ses paramètres cinématiques.
Les données enregistrées par le VDR étant nettement supérieures à celles utilisées par l’AIS, ces dernières n’ont pas été retenues par les experts, car jugées, à juste titre, redondantes avec l’ensemble des données enregistrées par le VDR.
Le VTS, système de contrôle du trafic maritime similaire au contrôle aérien, est différent de l’AIS. Mais, au moment de l’accident, il n’était pas encore opérationnel en mer Tyrrhénienne et, par conséquent, totalement inutile au regard des faits concernés par le procès.
Les systèmes radio, les équipements et les appareils de navigation étaient conformes à la réglementation en vigueur, comme l’atteste le certificat de sécurité des passagers (voir le rapport cité, pages 23-32 et 33-34, ainsi que les rapports des ingénieurs Capria et Cantelli-Forti, annexés au présent rapport).
Depuis le jour du dépôt du contenu de la boîte noire à Grosseto, toutes les données sont communiquées aux magistrats, cet article du 12 juillet 2012 publié sur le Corriere della Sera, avec » l’enregistrement du radar » et ce document-ci du 10 juillet 2015 en font foi.
Depuis la première année les magistrats avaient accès à toutes les données techniques sur l’accident survenu au Costa Concordia, les journalistes et tous les lecteurs de langue italienne avaient accès à ces documents et donc auraient pu savoir s’ils l’avaient vraiment voulu, mais l’opinion publique caracolait allègrement sur les autoroutes de la diffamation.
C’est plus facile de mettre la pagaille que de mettre de l’ordre de toute façon.
Andrea Lombardi, boite noire, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, sentence, VDR
En Italie, l’information est de niveau Wikipédia.
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 2 août 2026
L’informazione in Italia è all’livello Wikipedia/En Italie, l’information est de niveau Wikipédia.
Le cazzatte che vi propinano/Les conneries qu’ils vous racontent
Costa Concordia : l’anniversaire de ce tragique évènement a été commémoré il y a quelques jours. Francesco Schettino, le capitaine du Concordia, a de nouveau été publiquement critiqué/crucifié/démoli. Le capitaine De Falco, de la Capitainerie du Port, a quant à lui été une fois de plus glorifié/sanctifié/adulé/embelli.
Les journaux, les podcasts et les contenus approfondis qui veulent évoquer encore ce qui est arrivé au navire qui a fait naufrage devant l’île du Giglio ne pouvaient ignorer la commémoration de cet anniversaire. Les médias traditionnels eux-mêmes veulent parler du Costa Concordia, de Francesco Schettino, de De Falco et du naufrage du Giglio.
D’où tirent-ils leurs informations sur le naufrage ? Vous pourriez penser que les professionnels de l’information puisent leurs actualités, leurs données et leurs circonstances dans les documents officiels … dans les rapports d’expertises des techniciens ayant travaillé sur le navire, le Concordia … dans les sentences des tribunaux qui ont condamné le Commandant Francesco Schettino. Que nenni ! La plupart du temps, leurs informations proviennent tout simplement de Wikipédia. Sans la moindre analyse. Et sans même en avoir honte.
Ainsi, les journaux publient de fausses informations sur la brèche qui a coulé le Costa Concordia. On prétend que le trou mesure 70 mètres de long. C’est faux. D’après certains, le navire commandé par Schettino pesait 110.000 tonnes. C’est aussi faux. Alors, où est la vérité ?
Chapitre 1 – Introduction
Hier après-midi, sur cette chaîne YouTube, j’ai publié une vidéo où je vous raconte l’histoire du Costa Concordia comme vous ne l’avez probablement jamais entendue. La vidéo dure près de trois heures. Je vous invite à la regarder, et si vous l’avez déjà vue, merci de la partager pour m’aider à la faire connaître.
Dans cette vidéo, je vous explique que le naufrage du Costa Concordia est une histoire d’incompétence, de manque total de professionnalisme, d’ineptie, de négligence et d’arrogance.
Hier, je regardais une vidéo et, en faisant défiler distraitement mon fil Instagram, une publication de Sky TG24 est apparue. J’ai sauté au plafond ! Le titre était : « Naufrage du Costa Concordia ». Une magnifique photo montrait le navire couché sur le flanc, la profonde entaille laissée par l’impact contre la roche étant bien visible. En dessous, la légende annonçait : « Une entaille de 70 mètres de long sur le Costa Concordia ».
Je me suis sentie mal à l’aise, je me suis dit : « 70 mètres ? Cette entaille ne fait pas 70 mètres de long ! »
Dans la vidéo que je vous invite à regarder, disponible ici sur la chaîne, je parle explicitement d’une brèche de 35 mètres de long, presque 36 mètres. Mais à ce moment précis, quand je vois Sky TG24 annoncer 70 mètres, je suis stupéfait et je me demande comment j’ai pu commettre une telle erreur.
Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Ils parlent de 70 mètres ! Je suis persuadé que la brèche mesure 36 mètres.
Au début, je me dis que je me suis forcément trompé. Je vérifie sur Google et je vois que tous les journaux rapportent la même information : la brèche fait 70 mètres de long. Je pense que j’ai dû la confondre avec la largeur du navire.
Le navire mesurait 35 mètres et demi de long, presque 36. Comment ai-je pu faire une erreur aussi grossière ?
Mais ça me tracassait. 70 mètres, ça me semblait énorme. Même visuellement, le navire mesure 290 mètres de long, et 70 mètres ne pouvaient pas correspondre à ce qu’on voyait de la brèche.
Alors, j’ai consulté mes bons livres.
Je regarde les données officielles des relevés et je constate que j’avais raison.
La brèche mesure entre 35,8 et 35,9 mètres de long, presque 36 mètres, et c’est ce que confirment les relevés officiels.
Mon livre source, c’est « La Vérité Submergée/Le verità sommerse » de Vittoriana Abate et Schettino. Je le recommande, c’est un excellent ouvrage de référence.
Et je commence à me demander : comment il est possible que tous les journaux publient ça ?
Chapitre 2 : Comment est-il possible que tous les journaux rapportent cette information ?
J’ai donc fait un test récemment, je vais vous montrer quelque chose.
Voici la page Sky TG24 qui parle de la déchirure de 70 mètres.
C’est Il Giornale, connu pour son travail de qualité, son rythme lent, ses informations au compte-gouttes, mais toujours pertinentes. 70 mètres.
J’ai ensuite fait une recherche Google. Si vous recherchez « Costa Concordia 70 mètres » comme je l’ai fait ici, vous verrez une série de résultats.
Je vous ai déjà montré Sky TG24 qui parle d’un trou à 70 mètres.
Ensuite, il y a Il Post, le supplément, un trou de 70 mètres.
Oggi.it et le trou a 70 mètres.
Wikipedia …
Zoomez, cherchez partout, vous trouverez pratiquement sur toutes les pages Facebook des journaux avec une brèche de 70 mètres.
Rainews, et encore Rainews, et un trou de 70 mètres.
L’Ansa, même l’Ansa parle d’environ 70 mètres sur le côté gauche. Tous les journaux …
Le Corriere della Sera, un trou de 70 mètres. Tous les journaux rapportent de mauvaises informations.
Regardez … , aussi, un trou à 70 mètres. Comment est-il possible que toutes ces informations soient les mêmes et toutes fausses ?
Eh bien, la réponse est sur Wikipedia : Wikipedia le rapporte incorrectement.
Chapitre 3 : Pourquoi Wikipédia s’est-elle trompée en affichant une déchirure de 70 mètres de long sur le côté gauche de la coque ? Allez savoir pourquoi !
Wikipédia s’est trompée. Elle a publié un chiffre erroné, disproportionné, il était le double de la réalité. Et tous les journaux se copiaient visiblement les uns les autres, et peut-être surtout copiaient sur Wikipédia, comme si c’était une véritable source d’information.
Ils ont publié un chiffre faux et incorrect,
Mais je n’arrivais pas à me calmer : je suis allé vérifier aussi sur la version anglaise de Wikipédia, puisque certains disent que la version italienne est juste passable, voyons si la version anglaise est correcte …
Chapitre 4 : Wikipédia italienne et Wikipédia anglaise
Alors là, ils parlent même d’une ouverture de 50 mètres (160 pieds). On ne sait pas exactement d’où vient ce nombre.
On a deux pages Wikipédia différentes avec deux mesures différentes, toutes les deux fausses.
Je n’en revenais pas !
Je ne comprenais pas comment il était possible que l’information officielle, la Presse avec un grand p, soit entre les mains de personnes de cette superficialité professionnelle, qui se réfèrent à Wikipédia pour rédiger des articles en copiant/collant mot pour mot des informations tirées de Wikipédia, même alors qu’elles sont incorrectes.
Cela signifie que la source d’information qui permet aux journaux de rédiger des analyses journalistiques approfondies n’est ni décision de justice, ni rapports d’expertise, ni un livres ni une véritable analyse approfondie, c’est Wikipédia.
Voilà les pages que ces messieurs consultent pour composer leurs ” analyses approfondies. ”
Évidemment, cela ne concerne pas seulement les journaux. J’ai lu d’autres analyses approfondies, j’ai écouté des podcasts qui rapportaient des données complètement fausses et pas seulement à propos de la déchirure, je vous dirai d’autres erreurs plus tard.
Chapitre 5 : Les données erronées
Mais je n’arrivais pas à trouver la paix. Je voulais comprendre d’où venait ce chiffre. Alors, dans un autre livre, « L’autre visage de la vérité, Costa Concordia/Costa Concordia. L’altro volto della verità », écrit sous la direction de Bruno Neri et Alfonso Iacono, j’ai examiné les données et j’en ai trouvé une qui résolvait le mystère : l’expert y rapporte avec certitude que la taille du trou est de près de 70 mètres carrés.
Ils ont confondu la longueur du trou avec sa surface. Peut-être que la première personne à avoir commis cette erreur l’a écrite sur Wikipédia, et que tout le monde l’a ensuite copiée mot pour mot, sans que personne, même en voyant les photos, ne se demande : « Comment peut-elle faire 70 mètres si le navire mesure un peu moins de 300 mètres de long en tout et que, à l’œil, elle ne peut pas avoir ces 70 mètres ? »
C’est absurde.
Ça n’a aucun sens.
Personne ne s’est posé la question.
Personne ne se l’est posée, et regardez, ces données sont manifestement erronées.
Quelqu’un a confondu les unités de mesure, les mètres, avec les mètres carrés, et 70 mètres sont désormais considérés comme la vérité, la réalité. Imaginez : vous sortez boire une bière avec vos amis ce soir, et on parle du Costa Concordia. Des données sur la brèche circulent, et vous dites qu’elle mesure 36 mètres. Tout le monde vous regardera de travers, et on vous démentira peut-être même devant tout le monde. « De quoi tu parles, menteur ? 70 mètres ! On le voit écrit partout, dans tous les journaux, même sur Wikipédia. » 70 mètres, c’est la vérité, aujourd’hui, c’est la réalité.
Mais si vous pensez que les journaux ne sont plus ce qu’ils étaient et ne font pas du bon travail, par bonheur il y a le web, par bonheur il y a des — je ris rien qu’en le disant — des créateurs de contenus qui font de la vulgarisation ” scientifique ” sur Internet et YouTube, des gens qui voudraient nous faire croire qu’ils ont un CV de haut niveau, une solide formation technique, et que par conséquent eux, au moins, font les choses correctement.
Bienvenue dans la deuxième partie de cette vidéo. Si la personne qui a écrit « 70 mètres » sur Wikipédia en confondant mètre carré et longueur, et donc surface et longueur de la brèche, s’est trompée (allez donc savoit qui c’était), sachez qu’ici sur cette plateforme, sur YouTube, il y a des diplômés qui n’ont toujours pas compris la différence entre masse et volume.
Chapitre 6 : La page du navire
En fait, si on retourne sur Wikipédia et qu’on va sur la page du Costa Concordia, pas celle qui parle du naufrage mais celle qui présente les caractéristiques du navire, on trouve à droite toutes les données, comme d’habitude, ainsi que les caractéristiques techniques.
Vous voyez, il y a la longueur et la largeur, la hauteur, le tirant d’eau en navigation et la vitesse du navire, le nombre de ponts, le nombre de cabines, l’équipage et les passagers. J’ai tout cité, sauf le tonnage, n’est-ce pas ?
Quand on est au bistrot avec quelqu’un, on donne un petit coup de coude à son voisin, on a l’impression qu’il n’a pas bougé, on se dit que ce type pèse bien lourd, c’est ce qu’ont dû penser les journalistes, mais surtout les personnes qui, comme je l’ai dit précédemment, possèdent une culture approfondie et devraient être capables de comprendre les choses.
https://photos.app.goo.gl/z6LUnjtmbnEWAEEh7
Ainsi, lorsqu’ils lisent cette page, ils découvrent que le tonnage brut et le tonnage net sont … quoi ?… il s’agit sans doute du poids à vide et du poids à pleine charge … qui sait ?
Ils lisent donc 114 tsl.
L’unité de la mesure est tsl, ils laissent le curseur de la souris dessus un instant, en gras, il est écrit « tonnage brut », et leur analyse approfondie s’arrête là.
Ils ne se demandent pas pourquoi il n’est pas écrit 114 000 tonnelate/114 000 tonnes-tout-seul.
Nous, en France, on a » tonnage : 114 500 UMS mais sur Wikipédia italien, il y a encore tonnage brut et tonnage net :

Mais nous parlons de tonnes de tonnage. Il doit y avoir une différence et je peux justement expliquer la différence.
Ces deux mesures, le tonnage brut et le tonnage net, ne sont pas des mesures de masse. Elles n’indiquent pas le poids du navire. Elles indiquent des volumes. Lisez simplement la page « Tonnage ». C’est une unité de mesure de volume équivalente à 100 pieds cubes et 2,83 mètres cubes. Le tonnage enregistré du navire correspond à son volume, et non à son poids.
On utilise souvent le chiffre de 110 000 ou 115 000 tonnes pour le Costa Concordia, car le nombre est mentionné ici. Or, dans ce cas précis, l’erreur ne vient même pas de Wikipédia, les utilisateurs n’ont pas compris ce qu’ils lisaient : il s’agit bien du volume et non du poids.
Le poids d’un navire s’appelle son » déplacement » et sa valeur varie : dans notre cas de moins de la moitié, environ 50 000 tonnes, jusqu’à 115 000 tonnes. Comment peut-on se tromper à ce point ?
Ce genre d’erreurs signifie que vous vous fichez de ce que vous faites, que vous êtes négligent dans vos contenus et arrogant dans vos affirmations.
Rendez-vous compte qu’il s’agit- là des choses les plus élémentaires, les plus simples et que l’on se trompe déjà du simple au double dans les deux cas : une brèche de 36 mètres devient 70 mètres, et un poids de 50 000 tonnes devient 110 000 tonnes. Vous faites une erreur de 200 %. Imaginez ce qui se passe lorsqu’on aborde des questions techniques complexes, qui exigent une analyse approfondie, et que vous présentez tout comme si on était au bistrot.
Certes, ce n’est pas le cas de tous les professionnels des grands médias, mais à première vue, c’est la quand même la quasi-totalité du secteur qui est concernée.
On peut dénicher une perle rare et puis il y a aussi des personnes qui font du bon travail, heureusement, mais il faut les chercher comme une aiguille dans une botte de foin. Et nous, nous sommes les victimes de cet état de choses.
Cela s’applique à l’affaire du Costa Concordia, mais aussi à pratiquement tous les sujets que les médias abordent. Pensez ! Nous sommes dans la troisième année d’une pandémie où la technologie et la science auraient dû nous être expliquées par des personnes qui savaient ce qu’elles disaient … et après on s’étonne que des avions s’écrasent de temps en temps, que des navires coulent …
Mais tout cela découle bien sûr de l’inexpérience, de l’incompétence, d’un manque total de professionnalisme et aussi, disons-le, de dignité.
Soyons clairs : Wikipédia est un excellent outil pour trouver, par exemple, les dates de naissance et de décès d’une personnalité, la date de sortie d’un album, la discographie et la filmographie des chanteurs et auteurs-compositeurs. Mais cela devient un peu plus compliqué, parfois, lorsqu’il s’agit de questions plus techniques. Soyez-en juste conscients avec moi.
Si ce n’est déjà fait, regardez la vidéo que nous avons réalisée sur l’histoire du Costa Concordia. Vous découvrirez que Schettino a peut-être payé pour tous sur ce navire et qu’il était peut-être le seul à avoir un minimum de dignité professionnelle.
Et tant que nous continuerons d’emprisonner ceux qui se comportent bien, tout en propulsant les autres, qu’on laisse libres, nous méritons peut-être l’information que nous avons, elle reflète fidèlement notre société.
Merci de votre attention. Passez une bonne soirée.
Andrea Lombardi, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer
La playlist d’Andrea Lombardi chez YouTube
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 2 août 2026
Titrée : Schettino è un capro espiatorio/ Schettino est un bouc émissaire, elle comprend 6 vidéos.
https://youtu.be/C0kWJB4tiX0?si=21Y-POO4hu2EGEAn
Francesco Schettino est devenu le symbole d’un pays où les dirigeants sont incompétents. Le 13 janvier 2012, le naufrage du Costa Concordia devant l’île du Giglio, après sa collision avec les rochers du Scole, a été une tragédie qui a secoué le monde entier. Dix ans plus tard, commémorations, interviews, livres, podcasts et émissions de télévision continuent d’évoquer le Costa Concordia et le rôle du capitaine Francesco Schettino, coupable d’abord d’avoir causé le naufrage, et ensuite d’avoir abandonné le navire. Le capitaine De Falco est devenu un symbole national de fermeté, de compétence et de capacité en matière de gestion de la situation d’urgence. Le héros est De Falco et l’anti-héros est Schettino
Mais est-ce que c’est vraiment ainsi que les choses se sont passées ? Ou bien existe-t-il une autre version de la vérité ?
Il y en a une, effectivement. Cette nuit-là, sur le Costa Concordia, le capitaine Francesco Schettino a prononcé une phrase emblématique de la situation : « je suis seul sur ce navire. » Seul à essayer de gérer l’urgence sans le soutien des autres officiers présents. Seul à donner des ordres que le timonier Rusli Bin n’a pas suivis ou a exécutés à l’envers sous le contrôle défaillant des officiers présents à ce moment-là.
Et qui d’autre est responsable de la tragédie, des 32 victimes ? Qui est responsable du générateur de secours qui n’a jamais fonctionné ? Qui est responsable des portes étanches qui n’ont pas tenu ? Qui est responsable des canots de sauvetage qui n’ont pas pu être mises à l’eau ? Qui est responsable des portes d’ascenseur qui ne se sont pas fermées ? Personne n’a payé à part Schettino qui vit actuellement les 16 ans de prison qui lui ont été infligées
15 janvier 2022 – Costa Concordia : l’informazione in Italia è a livello Wikipedia/En Italie, l’information est au niveau de Wikipédia. – 15:06
https://youtu.be/sg1ryDxqJYg?si=wGdFN6I7yUdRodWm
Costa Concordia : l’anniversaire de ce tragique évènement a été commémoré il y a quelques jours. Francesco Schettino, le capitaine du Concordia, a de nouveau été publiquement critiqué/crucifié/démoli. Le capitaine De Falco, de la Capitainerie du Port, a quant à lui été une fois de plus glorifié/sanctifié/adulé/embelli.
Les journaux, les podcasts et les contenus approfondis qui veulent évoquer encore ce qui est arrivé au navire qui a fait naufrage devant l’île du Giglio ne pouvaient ignorer la commémoration de cet anniversaire. Les médias traditionnels eux-mêmes veulent parler du Costa Concordia, de Francesco Schettino, de De Falco et du naufrage au Giglio.
D’où tirent-ils leurs informations sur le naufrage ? Vous pourriez penser que les professionnels de l’information puisent leurs actualités, leurs données et leurs circonstances dans les documents officiels. Dans les rapports d’expertises des techniciens ayant travaillé sur le navire, le Concordia. Dans les sentences des tribunaux qui ont condamné le Commandant Francesco Schettino. Que nenni ! La plupart du temps, leurs informations proviennent tout simplement de WikiPedia. Sans la moindre analyse. Et sans même en avoir honte.
Ainsi, les journaux publient de fausses informations sur la brèche qui a coulé le Costa Concordia. On prétend que le trou mesure 70 mètres de long. C’est faux. D’après certains, le navire commandé par Schettino pesait 110.000 tonnes. C’est aussi faux. Alors, où est la vérité ?
11 février 2022 – La verità di Francesco Schettino secondo Gigetto Dattolico/La vérité de Francesco Schettino selon Gigetto Dattolico – 1:04:13
https://youtu.be/GWdCnGqsQ2Y?si=fHGnG6gQoQcehYoo
Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne @sabatoedomenico qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.
Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.
28 février 2022 – Schettino NON è scappato della Costa Concordia e lo posso dimostrare/Schettino ne s’est PAS échappé du Costa Concordia et je peux le prouver. – 2:30:27
https://youtu.be/1i283b6Sy5c?si=L6l5-UCKtmrjoJAU
Le commandant Schettino NE S’EST PAS ENFUI du Costa Concordia, et je peux le PROUVER. Schettino n’est pas le lâche qu’on décrit, et De Falco n’est pas le héros que vous croyez. Le Costa Concordia a coulé au large de l’île de Giglio le 13 janvier 2012, et quelques jours plus tard, l’appel téléphonique entre Schettino et De Falco – le fameux « montez à bord, ##### » – a fait le tour du monde, contribuant à forger l’image d’un commandant Schettino faible, incapable de gérer la situation d’urgence, qui aurait quitté le Costa Concordia alors que des passagers étaient encore à bord. Ce n’est pas le cas : en réalité, Francesco Schettino, le capitaine du Costa Concordia, est resté à bord tant qu’il l’a pu, ne passant dans le canot de sauvetage que quand il n’a plus pu faire autrement.
12 mai 2022 – Schettino NON ha ritardato i soccorsi sulla Costa Concordia/Schettino n’a PAS retardé le sauvetage du Costa Concordia – 1:40:24
https://youtu.be/ezSj9R6h_Hk?si=1nVNd4eYZwuEABgC
Démontons un autre faux mythe qui entoure l’histoire du Costa Concordia et l’image du Commandant Francesco Schettino : les opérations de sauvetage auraient été retardées. L’alerte générale et l’ordre d’abandonner le navire auraient ont été émis avec un grave retard coupable par rapport à ce qui aurait été nécessaire, et cela aurait contribué à la mort des passagers. Si Schettino avait annoncé l’urgence et ordonné l’évacuation immédiatement de nombreuses vies auraient pu être sauvées.
7 juin 2022 – Il misterio dei tredici secondi di follia/Le mystère des treize secondes surréalistes – 1:57:01
https://youtu.be/jzQrQ82dD1E?si=6EL074HDhClrjxM4
Costa Concordia. Nous sommes le 13 janvier 2012. Le capitaine Francesco Schettino est arrivé sur la passerelle du Costa Concordia depuis une dizaine de minutes seulement, et la silhouette de l’île du Giglio se dresse déjà dans la nuit noire devant le navire. Le navire doit s’approcher ; le capitaine et l’équipage souhaitent rendre un hommage particulier à l’île ; l’heure est venue d’effectuer le fameux, et désormais terrifiant, inchino. L’idée est de longer une courte portion de la côte pour saluer les habitants, notamment un capitaine à la retraite, le Commandant Palombo, qui devrait s’y trouver. Cette manœuvre est aussi l’occasion de remercier le maître d’hôtel Tievoli pour son travail à bord car Tievoli doit débarquer le lendemain.
Schettino l’ignore, mais cette manœuvre va lui coûter sa carrière et sa liberté. Elle va aussi coûter la vie à trente-deux personnes. Mais cette nuit-là, un événement mystérieux se produit, un événement totalement obscur. Un événement qui ne dure que treize secondes. Treize secondes qui vont changer le destin de plus de quatre mille personnes. Treize secondes que nous n’avons pas pu expliquer, même après dix ans de recherches.
Andrea Lombardi, bouc émissaire, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, Erreur judiciaire, Gigetto Dattolico
Résumé
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 31 juillet 2026
L’interview de Gigetto Dattolico par Andrea Lombardi a produit un billet très long que le Souriceau n’a pas pu ou su relire sous Gutenberg, notre éditeur.
Cela lui aurait permis de supprimer quelques faute d’orthographe, pas mal de virgules et quelques traces d’italien qu’il voulait réécouter avec des prothèses rechargées à fond. Pas su. Tant pis. À la place et parce qu’un billet aussi long et uniforme risque de décourager le lecteur de nos jours, je vais essayer modestement de le résumer.
Question : où vous situez-vous dans cette affaire ?
Réponse : c’est l’équipe de la défense qui m’a contacté parce que la loi permet l’utilisation de vidéos comme argument lors des procès.
Question : comment avez-vous trouvé Schettino alors qu’on sentait qu’il allait être condamné ?
Réponse : par une anecdote – Schettino a aidé un jeune collègue débutant à sortir d’un australien par mauvais temps depuis chez Gigetto, un suivi d’une heure au téléphone.
Question : Est- ce que les règles ne sont pas faites dans le but de sauver le plus grand nombre de personnes possible ?
Réponse : » toutes les règles en vigueur cette nuit-là ont été modifiées et des règles complètement différentes de celles avec quelles Schettino s’est trouvé contraint de choisir la meilleure voie à suivre s’appliquent depuis le 1er janvier 2014. «
Question : qu’apporte l’interception téléphonique sur la certification du Concordia par le RINA.
Réponse : qu’il y a un conflit d’intérêt parce que le RINA, organe certificateur, tire ses émoluments du constructeur Fincantieri. On entend : » le RINA fait tout ce que veut Fincantieri. » et » Nous allons faire de faux essais en mer, il me semble qu’on avait déjà fait la même chose pour un autre navire, le Concordia. «
Question : évoque Codacons.
Réponse : la société de Consommateurs italienne, représentant les victimes, s’est portée civile, a eu accès aux actes du procès et a mandaté plusieurs expertises techniques cruciales.
Question : dès l’instant où il a pris le commandement du Concordia, il s’est retrouvé avec un navire dans un état qu’il ignorait. J’aimerais donc voir, comprendre avec vous, ce que vous avez perçu en étant aux côtés du capitaine et en repensant, comme lui, à ces moments.
Réponse : » mutinerie » .
« Le Premier Officier, alors qu’il était aux commandes, a dépassé ce point où il devait tourner et ne l’a pas signalé.
C’est là que le navire a dévié de sa route, les alarmes ne se sont pas déclenchées et le commandant n’a pas été averti.
Le commandant ne disposait pas des données du navire lorsqu’il a aperçu l’écume droit devant.
On ne lui avait pas communiqué les données, c’est pourquoi je parle de mutinerie. C’était bien une mutinerie en tant que situation où les officiers trahissent leur commandant. «
Question : le commandant n’a-t-il pas sous les yeux un radar qui pourrait lui donner une idée de la situation pendant qu’il commande le navire ?
Réponse : Non.
Lui regarde dehors, placé juste derrière la vitre. Tous les autres sont derrière lui.
Le Premier et le Second Officiers sont devant un radar et voient le même écran.
Le Troisième Officier est sur une carte-papier, crayon et règle nautique en main. Plus loin les Élèves-Officiers.
Derrière tout le monde, le Timonier.
Sous les yeux du Timonier, les commandes mais aucun écran.
Question : » Schettino est un grand commandant, très exigeant avec ses officiers, il impose la rigueur et exige de grands sacrifices, et pourtant les officiers n’ont pas étés à la hauteur. » Et s’ils n’avaient pas osé parler ?
Réponse : comment on prend du galon trop rapidement chez Costa Croisière.
Question : que vous a dit Schettino à propos de sa conscience des dégâts subis par le navire ?
Réponse :
On ne lui a pas fait savoir que les portes étanches ne tenaient pas.
On lui a dit qu’ils avaient heurté par la droite et on ne lui a pas fait savoir qu’en fait c’était par la gauche (au début il croyait même avoir touché avec une hélice).
Il s’est fait son idée en tenant compte des réactions du Concordia devant les dégâts (notion de portes et cloisons semi-étanches).
Il lui fallait savoir combien de compartiments étanches avaient été inondés suite à la brèche qui s’était ouverte (avec 3 il flottera, avec 5 il coulera).
S’il coule ce sera par la poupe et durera quelques minutes seulement. Bilan 5.000 morts.
L’ordre d’abandon du navire? Les règles imposent l’appel nominal avant. 5.000 personne donc.
Le Concordia, bilan : 32 morts. Qui a sauvé tous les autres ?
Question : la commémoration de l’anniversaire
Réponse : Alessandro Gaeta journaliste d’investigation, sollicite Bruno Neri, de l’Université de Pise. Il avance timidement à la télévision, avec moult précautions oratoires, que l’ordre de De Falco était absurde, que quelqu’un d’autre que le Timonier a manipulé le timon, que sans cela le navire n’aurait pas coulé. Il est mis au placard.
Question : le doigt de Dieu, postcad
Réponse : » le vent est un phénomène naturel qu’on ne peut pas contrôler, mais, bon sang, la décision de l’exploiter d’une certaine manière est une décision qui revient au commandant et dans notre cas le Commandant, c’était Schettino. «
Question : » Torni a bordo, cazzo ! «
Réponse : il s’agit en réalité d’un appel parmi les autres dans toute une suite d’appels téléphoniques.
Devant les suites De Falco est allé protester devant le Sénat avant de quitter la Capitainerie et de se recycler en politique.
» Il lui dit de monter par l’échelle de corde de proue à droite. Ca faisait une heure que le bateau était sous l’eau à cet endroit, à vingt mètres de profondeur. «
Rappel de l’échange avec le Commandant Manna, de la Capitainerie de Rome.
Question : mise en scène théâtrale – » L’attitude de cette personne ressemble davantage à celle un inquisiteur qu’à celle de quelqu’un qui tente de gérer une situation d’urgence et d’obtenir le meilleur résultat possible. Abandon du navire par Schettino ?
Sans aucun doute, c’est pratiquement le cas.
Disons que ce n’est pas exactement le cas, mais c’est presque le cas. » Vidéo sur le pont 3 et » la suite de l’histoire est venue de quelqu’un doté d’une imagination débordante, ou qui a peut-être cru voir quelque chose qui n’existait pas et n’était pas monté dans la chaloupe de sauvetage avec autant de calme que le commandant vivait et percevait la situation. «
Réponse : précision – De Falco n’aurait pas dû intervenir depuis Livourne, le Giglio dépend de Rome. « Je n’aurais pas dû intervenir, mais je suis intervenu parce que je savais comment le faire » De Falco a dit à Schettino qu' » il a abandonné le navire « , d’où la suite sur ce point précis.
Rappel de la vidéo du patrouilleur G104 qui avertit de s’éloigner du navire en train de chavirer.
Schettino est sur le pont 3 avec ses Officiers. Au-dessous la dernière chaloupe est malmenée par tout ce qui se détache. Son pilote panique. Bref, ils se retrouvent dessus et l’amènent derrière la pointe Gabbianara où il y a un point d’accès depuis la mer.
Souci : aucune photo ou vidéo pour cet instant précis, qui aurait permis de préciser si Schettino avait sauté ou glissé. Le moteur cale et refuse de repartir. Schettino est coincé sur les rochers.
Anecdote : la défense doit payer 250.000 euros pour l’enregistrement de la boîte noire, Codacons pourra l’avoir pour 250 euros.
La G107 communique : Schettino a appelé la Capitainerie : » Envoyez des canots gonflables entre la terre et le navire pour récupérer les passagers tombés à la mer. «
Ils n’y sont pas allés.
Question :
Primo » je me dois de constater que la réalité pour cette personne, c’est qu’elle a été décrite comme un monstre par l’opinion publique. Ce traitement médiatique excessif entraîne son lot de problèmes et de condamnations, souvent à perpétuité, dont il est finalement très difficile de se sortir ensuite.
Or, c’est faux.
Quelque soit le problème qu’il pourrait avoir commis, que ce problème soit dû à de l’insuffisance, aux instructions ou à des erreur, il n’est pas le monstre qu’on nous a décrit.
Deuxio » il ne me semble pas que cet homme ait même bénéficié d’un procès équitable, qu’il ait pu se défendre et faire connaitre une vérité aussi proche que possible de la réalité. La justice, à mon avis, c’est autre chose. «
Réponse : rappel de » la responsabilité des grand’parents » responsables en titre – responsables des actes commis appliqué aux Officiers ; rappel de toutes les personnes qui auraient risqué des peines de prison ; le générateur de secours, la certification par le RINA
Conclusion :
” Schettino mérite vraiment une autre chance.
Il est nécessaire de réhabiliter, ne serait-ce que partiellement, l’image ternie d’une personne qui a été condamnée.
Il a peut-être eu une part de responsabilité, mais pas celle que les médias lui ont imputée, ce qui a constitué une condamnation injuste et odieuse de plus. ”
Andrea Lombardi, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, Gigetto Dattolico
La vérité de Francesco Schettino, selon Gigetto Dattolico
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 30 juillet 2026
La vérité de Francesco Schettino, selon Gigetto Dattolico
La verità di Francesco Schettino, secondo Gigetto Dattolico
Une vidéo d’Andrea Lombardi publiée le 11 février 2022 sur YouTube
Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne @sabatoedomenico qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.
Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.
Gigetto Dattolico est la personne qui a passé les derniers mois de liberté de Francesco Schettino à ses côtés, recueillant sa vérité. La version de Schettino, dépeint comme un monstre, n’a jamais été relayée par les grands journaux nationaux et la télévision. Le webmaster de la chaîne @sabatoedomenico qui a publié plusieurs vidéos sur le cas du Costa Concordia sur YouTube a eu l’opportunité d’être aux côtés de Schettino pour l’aider à enregistrer ses souvenirs.
Qu’est-il arrivé au Costa Concordia et quelle est la version de Schettino sur le naufrage ? Schettino s’est-il échappé du navire ? Schettino a-t-il été abandonné par ses officiers ? Schettino a-t-il eu un procès équitable ? Dans cette vidéo, grâce au témoignage de Gigetto Dattolico, nous tentons d’analyser un point de vue différent de celui qui a été racconté jusqu’à présent.
Andrea Lombardi
Vous allez voir une interview de Gigetto Dattolico, un monsieur qui a passé quelques mois aux côtés du commandant Francesco Schettino pour l’aider à enregistrer des vidéos, pour l’aider à enregistrer ses vérités, des vérités qui n’ont jamais été rendues publiques, que vous n’avez jamais pu trouver dans les journaux ni aux informations télévisées, même pas dans les reportages approfondis.
Voilà, nous commençons l’interview. Nous avons rencontré quelques problèmes techniques, c’est pourquoi les qualités audio et vidéo ne sont pas optimales, mais je pense que le contenu est intéressant. Je vous laisse donc avec l’interview et je vous rappelle qu’il s’agit de l’un des épisodes spécialement consacrés au Costa Concordia.
Il y en aura d’autres sur le Costa Concordia et l’affaire du Costa Concordia …
Andrea Lombardi rappelle alors le fonctionnement de YouTube ainsi que la nécessité d’un soutien financier par les auditeurs pour les auteurs de contenus qui vivent comme lui de leurs revenus sur la plateforme.
1:30
Andrea Lombardi
Ce soir, je suis en compagnie de Gigetto Dattolico. Certains d’entre vous connaissent peut-être déjà ses vidéos sur YouTube si l’affaire du Costa Concordia vous intéresse. Il est mon invité, Je lui souhaite la bienvenue sans plus attendre. Gigetto, je tiens d’ailleurs à commencer par vous souhaiter un joyeux anniversaire, car je sais que c’est le vôtre.
Commençons sans plus tarder.
Je vous ai invité car, en janvier dernier, j’ai réalisé une vidéo sur le Costa Concordia pour tenter de racconter des faits qui, peut-être, n’ont pas encore été dits. J’ai ensuite pris contact avec vous après avoir vu plusieurs de vos vidéos sur le sujet. J’aimerais tout d’abord vous demander de nous parler de votre travail concernant le naufrage du Costa Concordia. Je sais que vous avez enregistré des vidéos avec le commandant Francesco Schettino. Comment cela s’est-il passé ?
Gigetto Dattolico
À la suite du procès en première instance qui s’est terminé par une sentence de 16 ans de réclusion, le commandant Schettino a décidé de changer d’équipe de défenseurs et a choisi de nouveaux avocats pour l’appel. Ces nouveaux avocats font appel à moi depuis que la procédure pénale italienne a changé, il y 30 ans. Avec la nouvelle procédure, la défense peut désormais présenter ses arguments. De nombreux avocats se sont alors mis à produire leurs témoignages pour la défense, pour les présenter aux procès. Pour faire bref, j’ai été contacté par les avocats de Schettino pour réaliser des vidéos où il pourrait dire sa vérité. Schettino a passé quatre mois consécutifs chez moi pour qu’il puisse dire tout ce qu’il devait dire officiellement et officieusement.
J’ai donc été mis en contact avec lui pour l’enregistrement de ces vidéos.
AL
Certaines de ces vidéos se trouvent sur votre chaîne YouTube officielle, c’est correct ?
GD
Oui, c’est ça.
AL
Voici la première question que j’aimerais vous poser : j’aimerais comprendre comment le commandant Schettino vous est apparu à ce moment-là. Selon votre expérience, à ce moment précis où il voyait poindre une condamnation imminente comment le commandant Schettino prenait-il cette enquête et ce processus judiciaire ?
GD
Je peux répondre à cette question en vous racontant une anecdote. C’était ici. Nous étions dans ma salle de montage. J’ai trouvé Schettino devant l’ordinateur – Schettino était toujours devant un ordinateur – en train de parler au téléphone. À l’autre bout du fil, il y avait le capitaine d’un navire qui se trouvait dans un port, en Australie.
C’était son premier embarquement en tant que commandant et il se trouvait dans un port au nord de l’Australie.
Il y avait un vent très fort sur sa route et il ne s’était pas sûr de lui., de ce qu’il lui fallait faire pour en sortir, mais il ne voulait pas faire demi-tour pour échapper à ces conditions météorologiques hostiles, au vent et à la mer.
Il appelé Schettino. Schetti’o était assis à côté de moi et il lui a dit au téléphone, vous savez que vous avez un navire de 40.000 CV, il connaissait super-bien ce port, avec simplicité il lui a expliqué ce qu’il devait faire, il l’a rassuré. Il est resté plus d’une heure au téléphone. Le navire est sorti du port sans problème avec un vent de 60 km/h puis il est arrivé à l’extérieur du port et a commençé sa navigation. Ce jeune capitaine avait appelé Schettino, et Schettino, qui était assis là, ne voyait rien de ce qui se passait en Australie.
Voilà qui est Schettino, quelqu’un qui connaît la mer comme personne et qui, par conséquent, peut bien être le malheureux responsable dans cet accident de navigation, moi, j’ai en lui une confiance absolue, non seulement en matière de mer, mais aussi en techniques de construction navale et dans bien d’autres domaines.
AL
Voilà donc votre impression pendant que vous enregistriez ces vidéos où il disait sa vérité, une vérité qu’il aurait pu révéler, j’imagine, lors du procès.
À moins que la possibilité de se défendre ne lui ait été bloquée, mais nous reviendrons sur ce problème dans une autre vidéo.
Les médias italiens n’ont pas fait beaucoup de place à cette vérité-là, en fait, on ne l’a pas entendue du tout. Ma question est donc :
Qu’est-ce qui vous a frappé dans ce que vous avez enregistré ? Quels ont été selon vous, les points les plus incroyables si on compare avec le récit que l’on peut trouver en allumant la télévision ou en lisant un journal ?
GD
Écoutez, je ne défends pas aveuglément Schettino.
Schettino, comme commandant, a ses responsabilités.
Ce qui est essentiel dans cette histoire, c’est que je suis convaincu que ce qui est précisément au cœur de l’affaire à entendre Schettino parler de cette route pendant des semaines, des mois.
Il y a eu l’impact, parlons de cet impact, qui a déterminé tout le reste.
Il a dû choisir entre ce qu’il devait faire selon sa conscience et ce qu’il devait faire selon les règles, ce que les Capitaineries et les autres organismes de sauvetage lui demandaient de faire.
Il devait choisir. Il se trouvait face à un dilemme : suivre les règles ou les ignorer. Finalement, son choix s’est porté sur : sauver le plus grand nombre de personnes possible. Il était là, son dilemme.
AL
Mais pourquoi avez-vous déduit de ses paroles qu’il lui fallait choisir entre respecter les règles et sauver des vies ? Est- ce que les règles ne sont pas faites dans le but de sauver le plus grand nombre de personnes possible ?
GD
Je vais commencer par la répondre à la seconde question.
Je souhaite partager avec vous l’expérience du naufrage du Concordia.
Je tiens à préciser que toutes les règles en vigueur cette nuit-là ont été modifiées et que des règles complètement différentes de celles avec quelles Schettino s’est trouvé contraint de choisir la meilleure voie à suivre s’appliquent depuis le 1er janvier 2014.
Dans ces circonstances, il a toutefois été condamné parce que les règles qu’il a enfreintes étaient les règles en vigueur ; il a donc violé certaines règles et a été condamné pour cela, mais ces règles ont été jugées insuffisantes et inadéquates et remplacées par des règles complètement différentes.
AL
Et cela ne s’est produit qu’après le naufrage du Concordia ; d’une certaine manière, ils ont tiré des leçons de cet accident et ont ensuite adopté de nouvelles règles.
Voici un point qui m’a interpellé en regardant les vidéos que vous avez publiées.
À un moment donné, dans l’une d’elles, vous avez évoqué l’interception téléphonique de la conversation entre deux personnes. Elles parlaient d’un navire qui était censé être testé d’une manière un peu hasardeuse, c’est-à-dire que, malgré la connaissance de certains problèmes, le navire était tout de même mis à l’eau.
De quoi s’agit-il pour ce navire dans cette interception ?
GD
L’interception est le témoignage latéral d’un conflit d’intérêts.
Imaginez que vous alliez passer un examen universitaire et que le professeur chargé de vous examiner reçoive son salaire de vous. Imaginez que ce soit vous qui payiez le professeur qui va vous faire passer l’examen.
Un chantier naval, lorsqu’il construit un navire doit demander une inspection , pour pouvoir le mettre à l’eau et le faire naviguer. Pour cela il fait appel au RINA, un organisme de certification.
Le RINA est payé par Fincantieri et doit aller voir si le navire est bien construit ou mal construit, s’il peut naviguer ou s’il doit retourner au chantier naval.
Il y a donc de l’argent en jeu.
Évidemment, si, par exemple, le RINA ne donne pas son accord, Fincantieri peut en pratiquement lui retirer sa clientèle et faire appel à une autre société pour certifier le navire.
Et donc il y a un énorme conflit d’intérêts où celui qui doit être contrôlé paie celui qui va le contrôler, et cela engendre des catastrophes.
Il s’agit d’une écoute téléphonique de flagrant délit entre un ingénieur et un avocat de Costa Croisières, donc des responsables de Costa Croisières, et non des travailleurs indépendants.
L’avocat demande à l’ingénieur : ” Mais je dois faire cet essai en mer et j’ai une bague qui brûle. Il ne fonctionne qu’avec un seul essieu. Je peux lui donner le feu vert ? ”
C’est ce qu’on les entend dire.
Et après quelques échanges, on entend l’ingénieur répondre que le RINA fait tout ce que veut Fincantieri.
Voilà une écoute téléphonique qui confirme ce que nous savons depuis des années : les organismes de certification sont corrompus puisqu’ils délivrent de faux certificats pour éviter des pertes financières, et c’est ce que le RINA a fait avec le Concordia car à la fin de l’échange l’ingénieur déclare : « Nous allons faire de faux essais en mer, il me semble qu’on avait déjà fait la même chose pour un autre navire, le Concordia. »
AL
D’accord.
C’est cet appel téléphonique que vous avez publié, vous savez d’où il vient ?
GD
Il provient d’une interception faite dans le cadre des enquêtes sur l’accident du Concordia et qui a ensuite été versée aux actes du procès.
13:00
Passons à un sujet complètement différent.
Il s’agit d’une écoute téléphonique effectuée par les Carabiniers, dans le cadre d’une enquête sur le naufrage du Concordia, enquête propulsée par une association qui a brillamment joué son rôle lors du procès.
Codacons a brillamment enfreint les règles dans ce genre d’affaires.
L’association Codacons s’est jointe à la procédure civile, et c’est là le point crucial. Codacons représentait certains proches des victimes. Neuf personnes de plus ont participé au procès. Ils ont fait un travail remarquable pour mettre au jour des vérités cachées.
C’est un document issu du procès, mais j’ignore a pu compter et s’il a eu une influence.
GD
Codacons s’est effectivement joint à la procédure civile en cours, et comme nous l’avons vu dans l’épisode que vous avez visionné avec moi, cela a joué un rôle important sur le plan technique, car Codacons a ensuite mandaté des experts et des techniciens pour réaliser des missions de conseil qui ont abouti à des résultats que je vous ai également présentés lors de l’épisode sur le Concordia.
AL
Mais j’aimerais comprendre de votre point de vue – vous avez côtoyé Schettino pendant des mois, vous avez filmé ces vidéos – quelle a été sa perception de l’événement. Autrement dit, dès l’instant où il a pris le commandement du Concordia, il s’est retrouvé avec un navire dans un état qu’il ignorait.
J’aimerais donc voir, comprendre avec vous, ce que vous avez perçu en étant aux côtés du capitaine et en repensant, comme lui, à ces moments.
GD
Pour vous résumer, il reconstituait les événements qui ont précédé l’incident, depuis sa prise de commandement jusqu’à l’échouement du navire sur les rochers du Scole.
15:00
Il y a un mot qu’il m’a répété plusieurs fois et qui caractérise ces moments-là, c’est » mutinerie « .
Il considère ce qui s’est passé sur la passerelle comme une mutinerie.
Imaginez, il y a son second aux commandes, Schettino aurait très bien pu ne pas monter sur la passerelle, il n’y était pas obligé. Il n’y avait pas de prévisions météorologiques défavorables, il n’y était pas obligé.
En vérité il aurait très bien pu quitter le restaurant et se retirer dans sa cabine.
Et là, il y a un Premier Officier à la barre, c’est lui qui dévie le navire de sa route, c’est enregistré dans la boite noire.
Il n’active pas les alarmes sonores des équipements qui doivent suivre la navigation. Lorsqu’un navire quitte la route prévue et s’approche trop près de l’île, les alarmes se déclenchent, lui il a baissé le son.
Discutons-en, c’est très simple en fait.
Le premier officier dévie donc le navire de sa route, et quand le commandant Schettino prend le contrôle des commandes, personne ne l’avertit que les officiers voient la côte se rapprocher sur le radar. Personne ne le prévient en ce qui concerne le Troisième Officier Coronica. Imaginez … imaginez cette demoiselle : le règlement exigeait qu’elle se tienne derrière le timonier pour vérifier qu’il exécutait correctement les manœuvres ordonnées par le commandant au moment de l’impact.
Schettino avait ordonné un virage de 20 degrés à gauche,.
À l’université de Pise, ils ont reconstitué cet événement sous tous ses angles à partir des données de la boîte noire et ils ont constaté et testé que si le timonier avait simplement suivi correctement le dernier ordre, à 20 degrés sur bâbord, le navire aurait évité les rochers ou les aurait touchés seulement par son extrêmité, en les effleurant de l’hélice.
Il n’y aurait eu aucun problème.
Au lieu de ça, le gouvernail au lieu de partir de 20 degrés à gauche va de 20 degrés à droite et le navire est allé percuter le rocher.
Une expertise de Codacons a révélé que quelqu’un avait mis les mains sur le timon. Tout cela s’est passé dans le dos de Schettino parce qu’il était debout devant une vitre et donc devant tous les autres.
Lorsqu’on a interrogé mademoiselle Coronica au procès sur ce qui s’était passé quand quelqu’un avait mis la main sur le timon, Coronica, qui se trouvait derrière le timonier, a invoqué son droit au silence, lequel lui a été accordé parce qu’elle était également accusée dans un procès parallèle de pollution de l’environnement.
Le Troisième Officier refusant de révéler qui a mis les mains sur le gouvernail et envoyé le navire au contact au monde entier, il semblait que ce soit le Premier Officier qui l’avait fait, n’ayant rien compris à la manœuvre, croyant à tort que la situation était différente, et ait causé le naufrage.
Le Troisième Officier invoque son droit au silence, c’est de le mutinerie caractérisée.
AL
On ne peut rien affirmer, c’est un justement un aspect obscur de ce qui s’est passé.
D’après ce que je sais, d’après ce que j’ai pu constater, que les étrangers sont aussi méfiants que le gouvernail.
non c’è può proprio per il fatto che questo è un segmento oscuro di ciò che è successo noi possiamo dire quello che conosco da ciò che ho buttato della straniera sono diffidati comune come il timone
20:00
Il y a quelque chose qui me tracasse. Pourquoi ceci n’est-il pas suivi ? Que s’est-il passé sur le pont de commande ?
GD
Malheureusement. C’était important.
AL
C’est l’un des problèmes.
Mais, d’après votre relation avec Schettino, dans sa tête … son cerveau était-il essentiellement frappé par l’incrédulité et la stupéfaction de se retrouver avec un navire dévié de sa route sans que personne ne l’en ait informé ?
GD
C’est là un point important et à mon avis fondamental : le navire devait suivre une route déjà indiquée la veille et entrée dans le programme de navigation.
Donc dès la veille avant le départ la route à suivre semblait claire pour tous. Il y avait un passage rapproché à effectuer, mais il n’y a pas eu passage rapproché à 900 mètres de la côte.
Le waypoint le plus proche indiqué sur la table à cartes se trouvait à 900 mètres.
C’est le point où il fallait commencer les manœuvres pour le passage rapproché, et il semble qu’il ait été dépassé.
Le Premier Officier, alors qu’il était aux commandes, a dépassé ce point et ne l’a pas signalé.
C’est là que le navire a dévié de sa route, les alarmes ne se sont pas déclenchées et le commandant n’a pas été averti.
Le commandant ne disposait pas des données du navire lorsqu’il a aperçu l’écume droit devant.
On ne lui avait pas communiqué les données, c’est pourquoi je parle de mutinerie.
Car même si on est médiocre en tant que Premier Officier on peut dire : « Commandant, j’ai fait une erreur, le navire est sorti de sa route, qu’est-ce qu’il faut faire ? »
Au lieu de cela, motus et tous les officiers du radar restent muets.
Vous comprenez, sur le radar, vous voyez un cercle qui indique le navire ainsi que la route qu’il doit suivre. Vous les voyez sur le radar. Et si le navire dévie de sa route, et surtout s’il va frôler les rochers, vous le voyez bien à l’avance et les alarmes se déclenchent.
su napoli gialla
Il n’y a rien eu de tout cela.
Je ne dis pas qu’il s’est agi d’une mutinerie, mais l’événement auquel Schettino faisait allusion était bien une mutinerie en tant que situation où les officiers trahissent leur commandant.
AL
C’était donc, selon vous, un moment où il aurait été nécessaire … – je vous assure que je n’ai pas la moindre idée de la façon de commander un tel navire, ni un beaucoup plus petit, ni même un pédalo d’ailleurs – je me demandais donc simplement si vous étiez au courant et si vous aviez abordé avec lui la question de la nécessité ou la possibilité pour les commandants de connaître directement la position du navire, c’est-à-dire de savoir où il se trouve et dans quelle direction il va.
En clair, n’a-t-il pas également sous les yeux un radar qui pourrait lui donner une idée de la situation pendant qu’il commande le navire ?
GD
Non, le commandant coordonne.
Quand il encadre une manœuvre, le commandant est placé devant tous les autres, placé directement devant une vitre il regarde dehors et toute l’équipe de la passerelle a des fonctions bien précises.
Les officiers sont devant les radars.
Le Troisième Officier est sur carte-papier mais le Premier et le Second Officier sont sur des radars et ce sont eux trois qui ont ce rôle d’informer/de faire remonter au Commandant en cas de déviation de la route ou de quelque autre problème.
Le commandant est devant, il doit faire redescendre la vue d’ensemble du tout qui est la sienne, et sait que derrière lui se trouve une équipe : le Premier, le Second, le Troisième Officier, le Timonier et les Élèves Officiers.
lui non è tenuto e tiene
Il me l’a répété mille fois : si je n’avais pas eu les officiers n’avaient sur le pont/si j’avais été tout seul, j’aurais regardé, j’aurait immédiatement compris ce problème dont ils ne m’ont pas dit un mot.
Andrea Lombardi a consacré une autre vidéo entière à ces 13 secondes
AL
La question qui se pose, et qui découle peut-être aussi de ce qu’on a dit de lui : n’y avait-il pas une raison psychologique ? Schettino est un grand commandant, très exigeant avec ses officiers, il impose la rigueur et exige de grands sacrifices, et pourtant les officiers n’ont pas étés à la hauteur.
GD
Je vous l’explique, bien sûr. C’est quelque chose qu’il faut dénoncer aussi.
Quel est le défaut de Costa Croisières ? C’est qu’ils doivent gratter de partout.
L’équipage indonésien ? Il a été écrit lors du procès que le timonier était peintre sur le bâtiment
(NDS en réponse à une question de Florence : on repeint constamment les navires en acier pour les protéger de l’érosion en mer et on le fait pendant la navigation. Tout ce qui peut être fait en navigation se fait à bord. Ensuite il y a ce qui peut être fait pendant une escale. Le navire n’est mis sur cales pour maintenance en chantier que si on ne peut vraiment pas faire autrement)
» jusqu’à deux semaines avant cette proposition de poste de timonier « , mais pourquoi lui donnent-ils que 800 dollars par mois ? S’ils embauchent un timonier de Sorrente il aura droit à 3.000 dollars par mois. Voilà, vous savez tout.
À cause de cette course aux économies mal placées, ce qui se passe, c’est que lorsqu’un troisième officier veut gagner plus, au lieu de lui accorder une augmentation, on le nomme second officier pour qu’il gagne un peu plus. Et quand le second officier pense qu’il gagne trop peu ? On le nomme premier officier, pour qu’il gagne plus. Vite et sans lui faire faire l’apprentissage nécessaire.
Avec un tel mécanisme pour économiser de l’argent vous vous retrouvez avec un Premier Officier inexpérimenté, et ce n’est même pas de sa faute : s’il était passé Second Officier deux ans plus tard, peut-être qu’il aurait été un meilleur Premier Officier après sa dernière promotion.
AL
Voilà.
Alors, pour résumer la reconstruction que nous venons de faire, le navire heurte les rochers et se déchire, deux problèmes majeurs se posent : la gestion de l’urgence et la fameuse fuite. Voyons cela étape par étape.
Tout d’abord, que vous a dit Schettino à propos de sa conscience des dégâts subis par le navire ; j’ai lu des reconstitutions, des témoignages, et je comprends, en suivant le déroulement des événements, qu’il n’a pas dû être facile de se rendre compte immédiatement de la situation réelle.
GD
Le capitaine affirme à juste titre que le canot de sauvetage le plus sûr est le navire lui-même.
Autrement dit, si le navire ne coule pas il est inutile de débarquer les passagers, car c’est la meilleure solution.
quello rappresenta lorizio loro
Il faut donc partir du principe que l’ordre d’abandonner le navire n’est donné qu’en cas d’absolue nécessité. De plus, cet ordre doit être donné lorsque le navire est à l’arrêt, ou mieux encore, s’il peut se déplacer il doit pas être mis en mouvement, car cela compliquerait la mise à l’eau des canots de sauvetage.
AL
Bref, pour autant que vous le sachiez, il lui a été facile de comprendre la situation par la suite, car s’il avait eu au début des problèmes, disons, de communication avec l’équipe de quart, en l’occurrence avec l’équipe qui était censée travailler avec lui sur la passerelle peut-être les choses ont-elles été plus faciles quand il s’est agi de prendre conscience de l’ampleur des dégâts ?
27:06
GD
Non, ça a été terrible.
Des moments horribles.
Dans les actes du procès figurent les témoignages du Directeur des Machines et des Officiers mécaniciens supérieurs, qui n’ont pas signalé au commandant Schettino la situation qu’ils avaient constatée.
On a visionné certaines vidéos d’écoutes téléphoniques de marins du Concordia qui, alors qu’ils parlaient entre eux, étaient enregistrés à leur insu par les Carabiniers. « Les portes étanches ne tenaient pas, l’eau rentrait par là», affirmaient-ils.
Mais personne n’est allé dire au commandant Schettino : « Écoutez commandant, les portes étanches ne tiennent pas. »
Au début, on lui avait même dit que la fuite était à droite et pas à gauche et on ne lui avait pas corrigé la chose après.
Alors, il est encore sous l’effet de tout cet ensemble, c’est là le cœur de cette histoire et c’est à hurler.
Il se voyait seul et essayait de comprendre seul, depuis le pont de commande.
Si vous regardez les vidéos de la boîte noire de ces moments-là, il parle calmement, il essaie de comprendre ce qui se passe car il sait que s’il y a une voie d’eau à gauche et cela implique ce qu’il constate.
Mais il y a des portes dans les différents compartiments, il y a des cloisons qui doivent céder sous le poids de l’eau pour que l’eau puisse se répandre sur toute la largeur de ces compartiments.
Donc le navire s’incline sur la gauche, se redresse et s’incline sur la droite, puis revient sur la gauche ; il reconnaît alors les mouvements qu’il attend.
Il essayait de comprendre si le navire était en état de continuer à flotter ou non, car il savait qu’avec trois compartiments inondés il naviguait et avec cinq il coulait.
Il a compris que le navire finirait par couler parce qu’il ne s’est pas redressé, de nombreux compartiments et de nombreuses portes étanches étaient restées ouverts, et des trous étaient apparus à l’intérieur du navire.
Il a compris que le navire était condamné et qu’à ce moment-là, avec l’élan que le vent qui venait de la terre lui donnait, s’il avait donné l’ordre d’abandonner le navire, le navire aurait coulé par la poupe en quelques minutes (ce qui a également été démontré par des reconstitutions informatiques).
30: 30
Toutes les conneries qui ont pu être dites sur cet abandon du navire !
Il n’a pas pu le faire avant d’être forcé de le faire, je le dis pour ceux qui vous écoutent : il aurait dû faire l’appel nominal des 5.000 personnes.
Votre imaginez ça ? avec le navire qui coule, lui pour rester bien dans le style d’un commandant, à la main la liste avec le nom et le prénom de chaque personne, attendant que chacun réponde présent. Deux appels, il aurait dû faire.
Il lui aurait fallu des heures, ils auraient fini au fond et puis après on lui aurait reproché de l’avoir fait.
Ces deux appels, il s’en fichait. Lui, il voulait savoir si le navire était condamné et comment sauver ses passagers et son équipage.
Après cela, comprenez que s’il avait donné l’ordre d’abandonner le navire, ils seraient tous morts.
Le navire aurait coulé, les canots de sauvetage auraient eu des problèmes que l’on n’évite qu’à navire arrêté et ponts horizontaux. C’était impensable de donner cet ordre.
Tout le monde l’a accusé de ne pas avoir fait ce qu’il ne fallait pas faire : il ne pouvait pas le donner, cet ordre.
Il a dit : l’unique chose à comprendre est que c’était une situation inédite, le genre qu’on étudie en théorie à l’école : » vous êtes sans propulsion, sans ordinateur, sans rien, vous avez un navire de 300 m avec les gouvernails bloqués, vous ne pouvez rien faire. Qu’est-ce que vous faite ? «
31:05
Lui, il a décidé que ce navire ne pouvait pas être abandonné car alors tout le monde mourrait.
Un vrai marin sait cela et il sait, vous comprenez, qu’avec un vent et un élan favorables, il allait arriver près du port du Giglio.
Il l’a dit dans la boîte noire, on entend sa voix dire au Premier Officier : « Voyez, on va finir par y arriver. »
Il leur a dit : » Ici nous sommes en sécurité » car il savait que les rochers étaient à 20 mètres sous l’eau et que le Concordia faisait 40 mètres de large. Donc, s’il se couchait sur ces rochers, il descendait de 20 mètres sous l’eau, mais il lui resterait 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il ne coulerait pas.
Il l’a dit, c’est dans la boîte noire, et ils ne l’ont pas cru.
Et puis je vais vous dire : 32 personnes sont mortes, ok.
Mais ils étaient 5.000.
Combien ont été sauvés et qui les a sauvés ? Personne ne dit qui les a sauvés.
Pour le dixième anniversaire du naufrage, tout le monde parle, montre les morts, seulement les proches des victimes, les survivants, et la voix de De Falco.
Mais qui a sauvé tous les autres ?
AL
J’aimerais profiter de cette occasion pour vous demander : avez-vous par hasard regardé l’une des reconstitutions de ce dixième anniversaire (il y en a eu tellement) ? Avez-vous vu quelque chose qui vous a particulièrement marqué ?
GD
Écoutez, j’ai vu tous les reportages pour le dixième anniversaire, c’est une vraie cacophonie.
L’image qui me vient toujours à l’esprit quand je vois ces reportages, c’est que les journalistes sont comme un troupeau de moutons, ils racontent tous la même histoire.
Le journalisme d’investigation, c’est tout autre chose.
Alors, en 2012, après le naufrage, le journal télévisé a diffusé un reportage spécial sur TG1 et…
https://youtu.be/bJ4BuSVgtgA?feature=shared
Alessandro Gaeta, un journaliste courageux, Alessandro Gaeta a réalisé le reportage spécial de TG1 en 2012, et lors de ce reportage du 1er juin, il s’est permis d’affirmer que De Falco avait peut-être donné des ordres erronés et que quelqu’un avait peut-être touché au timon.
https://youtu.be/9YWYspZITRQ?si=cSbNBWrHVtEXTOUG
Il s’est rendu à l’Université de Pise, en est revenu avec une simulation des faits et a déclaré que sans cela le navire n’aurait peut-être pas coulé.
Cette révélation aurait dû faire un grand bruit et le distinguer en tant que journaliste d’investigation … nous connaissons la suite : Alessandro Gaeta a été écarté du reportage à TG1 pour avoir dévié du sujet. Il a ensuite été relégué à un poste administratif, il n’a plus rien présenté sur le Concordia.
Voilà l’information en Italie, et pour le dixième anniversaire, les journalistes tous donné le meilleur d’eux-mêmes dans le genre.
Mais personne ne se demande qui a sauvé 5.000 personnes. On compte 32 morts, très bien, mais vraiment veuillez remercier, chercher à savoir qui a sauvé ces 5.000 autres.
AL
Vous savez, ce qui me laisse toujours perplexe, c’est que si j’écoute … ceux qui ont immédiatement déclaré qu’il avait perdu un temps précieux, alors, en reconstituant cettee scène hypothétique où si les instructions avaient été suivies, il y aurait probablement eu davantage de morts, je me pose la question.
Et je vous trouve toujours très … un peu … original/atypique, pour ne pas dire plus, quand je vous entends parler …
Il y eu aussi ce podcast qui est devenu célèbre, sorti cette année mais qui a connu un succès fulgurant. Quand j’entends parler « il dito di Dio/ le doigt de Dieu », ils parlent comme si le Concordia s’était échoué sur ces rochers uniquement à cause du vent.
GD
Bien sûr, sans ce vent, l’histoire n’aurait probablement pas pu finir de la même façon. Mais ce que je veux dire, c’est que c’est un détail insignifiant, c’est-à-dire que c’est absolument sans importance dans la mesure où il a fallu faire des choix, prendre certaines décisions, pour favoriser ce résultat.
Avec des décisions différentes, l’accident aurait probablement eu un bilan différent ; le vent est un phénomène naturel qu’on ne peut pas contrôler, mais, bon sang, la décision de l’exploiter d’une certaine manière est une décision qui revient au commandant et dans notre cas le Commandant, c’était Schettino.
AL
Très bien.
Voici une autre question que j’aimerais vous poser, vous qui avez été en contact étroit avec le commandant pendant un certain temps : quelle a été sa réaction, quel a été son avis sur ce fameux coup de téléphone qui l’a cloué au piloris, dont on a parlé partout dans le monde, dans les journaux et aux informations télévisées ? D’autant plus qu’il a été traduit, je ne sais pas si vous le savez, pratiquement dans toutes les langues.
GD
Le fameux appel téléphonique de De Falco a servi à le crucifier publiquement.
J’en parle au singulier car c’est celui qui a été révélé avec tant de publicité mais il s’agit en réalité d’un appel parmi les autres dans toute une suite d’appels téléphoniques.
AL
De ce point de vue, vous avez une idée de ce que le commandant ressentait ? J’ai entendu plus tard, lors de cet appel téléphonique, De Falco dire : « Maintenant, c’est moi qui commande/adesso comando io. »
GD
Je vais vous répondre en vous parlant de l’audition de De Falco au Sénat, disponible sur YouTube. Elle est publique. Je ne sais pas si vous l’avez déjà vue. https://youtu.be/bqH9mXEtmNs?si=zT__xMgw1QPOKeml
De Falco a interpellé le Sénat, affirmant qu’il était mal traité dans la Marine, puis il a expliqué en détail ce qui s’était passé. Il a insisté pour que la Capitainerie retrouve son fonctionnement normal.
Il s’est opposé à l’Amiral Angrisano, qui était entré dans la Capitainerie juste après lui, aque De Falco était en train de prononcer la fameuse phrase : « Remontez à bord, ##### ! », et leurs regards se sont croisés.
L’Amiral, Commandant de la Capitainerie, lui aurait jeté un regard noir.
De Falco le déclare au Sénat, ce n’est pas moi qui le dis, après quoi on a cessé de le contacter par la radio du service pendant quelques jours.
Lui, devenu un héros national, s’est senti offensé, diffamé, et est allé jusqu’au Sénat pour dire qu’on le traitait mal, et c’est ce qui est enregistré.
Cette commission est sur YouTube, je le dis parce qu’on peut l’entendre, elle est publique.
Alors que De Falco tournait autour du pot sans révéler le véritable motif de sa protestation, le Président de la Commission lui dit : « Commandant, vous devez lui dire ce qui s’est passé. » , car il n’est pas au courant.
Après trois jours de silence, son supérieur, l’Amiral, l’a convoqué dans son bureau.
De Falco s’est présente, et l’amiral lui dit : « De Falco … » Il n’achève pas sa phrase, mais on comprend.
L’Amiral aurait lancé à De Falco : « Si vous m’aviez dit ce que vous avez dit à Schettino, je vous aurais envoyé vous faire voir. » De Falco ne reprononce pas les mots, il mime.
Et le Sénateur qui est à son côté, confirme.
Si Schettino avait été comme De Falco, il l’aurait envoyé promener, car il était traité de tous les noms d’oiseau par quelqu’un qui n’était pas commandant.
De Falco a passé un concours pour entrer dans la Marine après avoir obtenu ses diplômes de Droit, tandis que Schettino, capitaine de navire, a un tout autre profil professionnel.
De Falco lui a donné des ordres absurdes.
Il lui dit de monter à l’échellede corde de proue à droite. Ca faisait une heure que le bateau était sous l’eau, à vingt mètres de profondeur. L’échelle de corde était inaccessible mais il n’avait pas encore compris la scène, ni probablement quelle était sa position actuelle.
39:44
On peut entendre une conversation téléphonique entre Schettino et le commandant Manna, commandant de navire, de la Capitainerie de Rome, le ton est complètement différent.
https://youtu.be/B_BRMLlfzRk?si=R51bNAfcbSJs2l-Y
Ce sont deux commandants. De Falco est un commandant de bureau, un excellent commandant de bureau, mais il reste un commandant de bureau.
Dans ces circonstances, il l’a accusé d’avoir abandonné le navire, il l’a accusé d’avoir abandonné les passagers, il l’a traité comme un moins que rien devant le monde entier, et Schettino ne lui a pas dit d’aller se faire foutre, et a montré ce qu’était une personne bien élevée.
40:30
AL
En fait, cet appel téléphonique a été qualifié de mise en scène théâtrale.
Au-delà de ce qu’on peut en penser par ailleurs, il ne s’agit surtout pas de porter des jugements moraux. Ce n’est pas du tout le sujet.
Mais l’essentiel est de se poser la question suivante : dans une situation d’urgence réelle, et non simulée, vraie, où des personnes ont réellement risqué de mourir et où certaines sont effectivement décédées, il convient de se demander si il était justifié, si le but de la gestion d’urgence est de perdre du temps sur des choses sans rapport direct avec la situation.
Par exemple dire que l’appel est enregistré, c’est juste se donner une contenance.
Que la personne qui est à l’autre bout du fil soit en faute ou non importe peu.
Quand le service à fournir est de résoudre une urgence, cela paraît pour moins étrange.
Je ne suis pas expert, donc je m’en remets à l’avis des spécialistes de la gestion des urgences, mais cela me paraît un peu étrange.
L’attitude de cette personne ressemble davantage à celle un inquisiteur qu’à celle de quelqu’un qui tente de gérer une situation d’urgence et d’obtenir le meilleur résultat possible.
C’est mon avus, et je pense qu’il est partagée par d’autres, à tel point que cet appel téléphonique a été perçu comme une mise en scène.
Et puis il y a aussi d’autres éléments…
Tout a été dit, notamment à propos de l’échelle de corde, ce qui contredit les propos de De Falco et ne concorde pas non plus avec la fameuse phrase où il dit « maintenant c’est moi qui commande ».
42:00
J’ignore si cela repose sur un fondement formel, ou plutôt, il ne me semble pas que ce soit le cas, c’est-à-dire si le commandant reste le commandant même s’il a abandonné le navire à ce moment-là.
Quoi qu’il en soit, l’accusation la plus infâmante portée contre Francesco Schettino est précisément d’avoir opportunément abandonné le navire pour sauver sa propre peau, sans se soucier des passagers restés à bord, et donc de s’être enfui pour se sauver lui-même, manquant à ce que même les enfants savent comme je le lis dans de nombreux commentaires qui me sont adressés sur YouTube à savoir que le commandant doit être le dernier à abandonner le navire.
Sans aucun doute, c’est pratiquement le cas.
Disons que ce n’est pas exactement le cas, mais c’est presque le cas, ce fait que le commandant devait être le dernier à abandonner le navire.
Mais comment Schettino a-t-il vécu cette accusation, la plus infamante de toutes, certainement aussi à la lumière de …
Le fait est que, comme je l’ai dit dans la vidéo, les choses ne se sont pas passées exactement ainsi, c’est-à-dire que le commandant n’avait pas les mains dans les poches, puisque cette vidéo m’est souvent opposée, on me dit : « Regardez, il y a ce témoignage vidéo qui montre Schettino les mains dans les poches, vaquant à ses occupations, il ne semble avoir aucune difficulté, il ne semble avoir aucun problème particulier, et puis la vidéo se termine là. »
https://youtu.be/6mw2roJ1kv4?si=KhlqQyprYCvHtFUo
et la suite de l’histoire est venue de quelqu’un doté d’une imagination débordante, ou qui a peut-être cru voir quelque chose qui n’existait pas et n’était pas monté dans la chaloupe de sauvetage avec autant de calme que le commandant vivait et percevait la situation.
GD
Je vais vous répondre tout de suite mais je voudrait ajouter rapidement une petite précision : De Falco est intervenu illégalement en tant que sauveteur.
C’est la Capitainerie du Port de Rome, située à 35 km du Giglio qui a la compétence territoriale pour un naufrage sur l’île du Giglio.
Livourne est à 150 km. Livourne n’était pas appropriée.
De Falco est intervenu et n’en a pas demandé l’autorisation. Il l’a lui-même admis lors d’une émission de la RAI. J’ai l’enregistrement. Il le dit clairement : « Je n’aurais pas dû intervenir, mais je suis intervenu parce que je savais comment le faire », comme s’il avait été témoin de naufrages depuis 20 ans.
Alors lui, dans un corps militaire comme celui de la Capitainerie du Port où les règles sont respectées, il ne les a pas respectées depuis le début, sinon l’histoire aurait été différente car c’est Rome qui aurait géré la situation et en la personne du Commandant Manna, qui dirigeait la Capitainerie du Port de Rome à cette époque.
De Falco, disons, s’est mêlé de tout cela, et je comprends les raisons du scandale.
Figurez-vous que depuis il est devenu sénateur.
N’était-ce pas là un beau tremplin ?
vabbè dove aveva fatto una domanda e dall’abbandono della nave giusto
Bien, vous m’aviez posé une question au sujet de l’abandon du navire ?
AL
Exact.
45:00
GD
C’est venu parce que De Falco a dit à Schettino qu’il l’a abandonné
Mais il y a un fait précis : je ne peux pas vraiment en parler.
Je peux seulement parler des causes de l’accident qui sont ressorties lors du procès, car on ne peut pas affirmer que quelqu’un a commis un acte illégal intentionnellement.
Sinon je vais me faire dénoncer en diffamation.
Voici les faits.
Le navire chavire de 30° sur tribord à 00 h 17. Ce moment important, 00 h 17, il est signalé par le patrouilleur G104.
De Falco, depuis Livourne, avait désigné le patrouilleur G104 comme coordinateur des opérations de sauvetage sur place, il était donc la voix des Garde-Côtes dans la zone où se trouvait le Concordia.
À 00 h 17, le patrouilleur a lancé l’alerte suivante à tous les navires présents dans la zone : » Attention à tous les navires dans la zone : le Concordia chavire sur tribord ! » et il le répète plusieurs fois.
Qu’est-ce qui est alors arrivé à Schettino ?
Il a toujours soutenu que le navire n’avait pas chaviré. Heing ?
Jusqu’alors, il se trouvait sur le pont 3 du Concordia, à tribord/droite, et avait fait débarquer plus de 4.000 passagers.
Tous ceux qui avaient réussi à atteindre le pont 3, même ceux qui arrivaient depuis l’autre côté.
Tous ceux qui avaient débarqué avec les canots de sauvetage qui faisaient des allers-retours depuis le port.
À 00 h 17, le patrouilleur annonce que le navire chavire dans la même position qu’il a occupé ensuite pendant deux ans.
Donc, nous avons tous vu qu’il se trouvait sur le pont 3.
Personne n’aurait survécu, car le navire s’était immobilisé sur cette position.
À ce moment-là, il y avait le Premier Officier et un Élève-Officier et une chaloupe sauvetage avec 30 ou 40 personnes à bord.
Le navire chavire.
Voilà ce que raconte Schettino.
Et lorsqu’ils réalisent que le navire chavire, le Premier Officier saute à l’eau.
Et ils agissent.
Schettino saute sur le toit de cette chaloupe car le marin doit qui la piloter est dans tous ses états.
Et, tandis le navire s’incline, même les barres des chaloupes sont arrachées.
Alors, il saute, voyez-vous, à cause de la mer et pour son salut.
Il saute seul, a déclaré le commandant.
La chaloupe quitte la zone qui sera plus tard recouverte par le Concordia et il l’amène à l’abri sur les rochers, à 20 mètres de là.
Soudain, le moteur cale et ne veut pas repartir.
C’est ce qu’affirme Schettino.
De Falco prétend qu’il a abandonné le navire, mais aucune vidéo ne montre Schettino au mome’t où il quitte le Concordia.
On ignore s’il a été contraint de sauter ou s’il a quitté le navire de son plein gré.
Il y a deux versions des faits mais ce qui se passe, c’est que lors du procès cet avertissement qui indique que le navire a chaviré à 00 h 17 n’est pas admis dans les actes du procè. Il ne sera pas pris en compte.
Il vous faut maintenant savoir quelque chose concernant la procédure d’appel : la défense cherchait à obtenir le contenu de la boîte noire – toutes ces conversations – car elle met en doute la validité des preuves.
Il lui a été demandé 250.000 euros pour lui remettre ces deux documents.
Codacons a ensuite fait appel et les a obtenus pour quelque chose comme 250 euros.
Autrement dit, ils ont utilisé ce moyen de pression.
La défense ignorait donc l’existence de cette communication, comprenez-vous, et ne pouvait par conséquent pas la produire comme preuve, car elle ignorait qu’elles existaient.
Puis le commandante continue son travail depuis les rochers.
Le navire a chaviré, des passagers sont tombés à l’eau.
Il appelle la Capitainerie du Port et dit : « Regardez, ils tombent ! Envoyez des canots gonflables entre la terre et le navire pour récupérer les passagers tombés à la mer. »
50:00
Cet appel de Schettino à la capitainerie disparaît alors que remontez-à-bord-cazzo ! fait le tour du monde.
Celui-ci disparaît, il n’est pas dans les actes du procès.
Comment voulez-vous que nous sachions ce qu’il s’est passé ?
Parce que, concernant le patrouilleur G104, le sacro-saint patrouilleur G104 : on entend les Garde-Côtes appeler et dire que le commandant Schettino est sur les rochers et qu’il a déjà appelé pour demander l’envoi de canots gonflables, car des gens tombent à la mer du côté tribord, où le navire a chaviré.
Il y a donc une preuve indirecte que cet appel a été passé.
Pensez donc, s’il a appelé pour dire ça et cette audio prouve qu’il l’a fait, cela voudrait dire que le sauveteur peut être tenu pour responsable de la mort des personnes qui tombaient à l’eau pour ne pas les avoir secourues ?
Et donc, cet appel téléphonique n’a pas non plus été inclus dans le procès. Il a été découvert plus tard.
AL
Écoutez, seul un nouveau procès permettra d’établir la vérité sur cette histoire et ensuite, comme pour chaque procès qui, malheureusement, est instrumentalisé par les médias – et celui-ci, pour éviter tout malentendu, s’est directement déroulé dans un théâtre – pour ceux qui l’ignorent, il a littéralement été déplacé dans un théâtre en prévision de l’afflux de centaines de journalistes et de milliers de personnes, ce qui ne s’est finalement pas produit, comme la dernière fois.
Bref, vous souvenez-vous quand j’avais reçu ici le général Tricarico et Gregory Alegi comme invités et qu’ils nous parlaient d’Ustica ?
Même les ingénieurs convoqués ne s’y sont absolument pas intéressés, il n’y en avait pas un seul lors des procès, par contre, un nombre incroyable de livres ont été publiés, des émissions de télévision ont été diffusées, et même aussi des podcasts.
Et comme tout procès médiatisé, cela entraîne malheureusement une série de distorsions incroyables lors des récits.
Malheureusement, jusqu’à il y a quelques années, j’étais convaincu que cela se produisait principalement avec les procès médiatisés.
Malheureusement, je dois dire que ce n’est pas le cas. Hélas, même ceux qui restent confinés chez eux ne semblent pas s’intéresser à ce genre de choses, et nous en reparlerons longuement.
Je veux juste m’arrêter un instant pour répondre en lisant certains commentaires qui défilent sur la droite de l’écran.
Il y a un auditeur, Ros Ulbrich. Que dit-il ?
De toute façon, si ce n’était pas clair, je maintiens que Schettino n’a pas bénéficié d’un procès équitable et qu’il est devenu le bouc émissaire de tout.
Mais je ne voudrais pas que l’on laisse entendre que je dis qu’il n’est absolument responsable de rien.
Je tiens donc à répondre, car j’ai constaté que j’avais soulevé des points que nous aborderons. Ce n’est pas que nous les ignorions, mais c’est l’un des épisodes que nous traiterons. Je ne sais pas, et je ne suis pas…
Ceci n’est pas un tribunal et je ne suis pas un juge. Je ne sais pas si Schettino est totalement innocent à 100%.
Formellement, on ne peut même pas l’accuser d’incompétence ou d’omission.
On peut sans doute lui reprocher quelque chose, je ne sais pas mais j’accepte sereinement cette possibilité.
Certes, la réponse n’est pas le plus important.
Cependant, le plus important n’est pas de savoir si Francesco Schettino, commandant du Concordia, était un héros, un saint, un homme sans tache, ou s’il a, disons, commis des erreurs. C’est aussi possible …
Mais ce que je voudrais essayer de dire, c’est qu’en résumé, je me dois de constater que la réalité pour cette personne, c’est qu’elle a été décrite comme un monstre par l’opinion publique. Ce traitement médiatique excessif entraîne son lot de problèmes et de condamnations, souvent à perpétuité, dont il est finalement très difficile de se sortir ensuite.
Or, c’est faux.
Quelque soit le problème qu’il pourrait avoir commis, que ce problème soit dû à de l’insuffisance, aux instructions ou à des erreur, il n’est pas le monstre qu’on nous a décrit.
Cela me paraît évident et se déduit clairement des documents utilisés pour la réalisation dune autre vidéo que celle de ce soir et plus généralement, d’une analyse objective des faits.
Je pense que cela se comprend assez facilement en prenant conscience que nous n’avons pas affaire à un monstre qui aurait d’abord fait taper un navire avec quatre mille personnes à bord contre des rochers juste pour voir jusqu’où il pouvait aller, et qui se serait ensuite enfui, parce que c’est comme ça qu’on nous l’avait décrit.
Autrement dit, la description qui en a été faite pour vous faire comprendre la réalité de la situation est la suivante.
Voici un homme qui, commandant un navire avec 4 000 personnes à bord, se dit : « Banzaï ! Voyons voir ce qui se passe si nous passons carrément contre une île. » , puis c’est le fin du monde et il s’enfuit.
Ce n’est pas la réalité, c’est là l’essentiel.
Mais il y a un deuxième point, tout aussi important : il ne me semble pas que cet homme ait même bénéficié d’un procès équitable.
Au-delà de l’image que les médias, les journaux, les chaînes d’information télévisées, etc …, ont dressée de lui, il ne me semble pas que, même lors des procédures judiciaires et pénales, il ait pu bénéficier d’un procès adéquat, qu’il ait pu se défendre et faire connaitre une vérité aussi proche que possible de la réalité.
Voilà donc le point essentiel.
On ne peut pas simplement affirmer, avec quelques vidéos à l’appui, que Schettino est un saint.
Cela ne m’importe pas, je ne pense pas que cela lui importe. je ne pense pas que cela importe à Gigetto non plus, ni probablement à aucune des autres personnes impliquées dans cette affaire.
Mais la justice, à mon avis, c’est autre chose. Je ne sais pas ce que vous en pensez.
GD
C’est très simple : il s’est agi d’un procès avec un seul accusé : le commandant.
Tous les autres Fincantieri, Costa Croisières, le Premier Officier, le Troisième Officier, les autres Officiers et le Timonier ont plaidé coupable et s’en sont tirés avec des peines dérisoires, sans passer un seul jour en prison et après avoir obtenu une réduction de peine.
Ils lui ont donc passé la patate chaude, ils sont tous rentrés chez eux et ils ont concentré tous leurs efforts sur Schettino, le seul accusé.
Vous Imaginez un navire de 300 mètres avec 5.000 personnes à bord !
Schettino ne l’a ni construit, ni certifiée, ni mise en service, il n’a choisi ni choisi le timonier ni l’équipage et il a tout simplement payé pour tout le monde.
Un procès équitable aurait donc dû prévoir que la responsabilité incombe soit au commandant, soit à celui qui était aux commandes, et qu’il en paie le prix en fonction de ses responsabilités.
De fait, sa responsabilité est objective : un commandant est responsable de ce qui se passe à bord.
Par conséquent, la seule condamnation qui aurait dû être prononcée aurait dû être celle-là
Cependant, compte tenu du fait de ” la responsabilité des grands-parents ”, on peut également être condamné, responsables en titre – responsables des actes commis , le commandant est responsable des actes commis, et là il est responsable des erreurs des Officiers.
Il aurait simplement fallu reconnaître que ceux qui sont responsables d’avoir amené le navire sur Le Scole sont le Premier Officier et le Timonier.
Et puis Schettino eu une condamnation de 16 ans de prison.
Mais le Premier Officier en aurait eu aussi, et si vous devez vous prendre de la prison, vous réfléchissez aussi.
Nous sommes allés à Jakarta pour rechercher le Timonier indonésien.
Sa résidence en Italie est sa résidence officielle, dans les bureaux de Costa Concordia à Gênes.
Imaginez que je veuille lui demander à Rusli Bin de m’accorder une interview.
Je dois me rendre à Costa Crociere et dire : « Pourriez-vous transmettre cette demande ? » Il a des idées concernant ces documents manquants.
Il aurait simplement pu bénéficier d’un procès équitable, sans faux témoignages, sans mensonges.
Vous êtes le capitaine, vous paierez, mais l’équipe des Officiers paiera.
Celui qui a utilisé la fausse Audio paiera.
Celui qui l’a construite paiera, avec ses générateurs de courant et son générateur de secours.
Le projet avait été bâclé, et après que le RINA ait fait le test, ils n’ont pas fonctionné, les portes sont restées ouvertes, y compris celles de l’ascenseur, neuf personnes y sont mortes et le gouvernail ainsi que les bras des grues des chaloupes de sauvetage ne répondaient plus.
59:00
Ce genérateur de secours, qui sera la onzième panne et donc plutôt intéressante, n’a pas fonctionné à cause d’un défaut de conception. Il n’aurait pas pu fonctionner même si quelqu’un avait dit à Fincantieri ce qu’il avait fabriqué et au RINA ce qu’il avait certifié.
Les tests sont une source d’anecdotes sans fin.
Au procès, on n’a pas réussi à voir le procès-verbal de Costa Croisières.
Les responsables de Codacon étaient furieux.
Fincantieri et Costa Croisières s’y sont opposés parce que le nom de la personne qui avait testé le générateur aurait dû être mentionnée dans le rapport.
Elle aurait dû signer comme quoi elle reconnaissait s’être trompée.
Celui qui a installé le générateur n’était pas là.
Ce générateur qui n’a pas fonctionné plus a causé de la mort de neuf personnes dans un ascenseur et d’autres dégâts terribles et personne n’a été condamné.
Cependant, un procès équitable aurait examiné toutes les preuves, même celles qui étaient en sa faveur, et aurait déterminé les responsabilités de chacun. Il aurait fallu condamner tout le monde et prévoir une peine plus lourde, pas seulement pour Schettino.
Schettino mérite vraiment une autre chance.
Un procès équitable aurait examiné toutes les preuves, y compris celles qui étaient en sa faveur, et aurait déterminé les responsabilités de chacun, condamnant tous les accusés et incarcéré pas seulement Schettino.
AL
Je suis d’accord.
Je suis d’accord avec vous.
Andrea Lombardi remercie Gigetto Dattolico,
Lui renouvelle ses vœux de bon anniversaire,
Affiche le lien du canal de Gigetto où l’on peut consulter les vidéos que celui-ci a publiées,
Consulte les réactions du public car cette vidéo, tournée par les deux hommes en distanciel a été diffusée en temps réel et de nombreux usagers de YouTube s’étaient connectés pour faire part de leurs réactions en temps direct.
Il annonce qu’il prévoit de tourner d’autres vidéos sur la cas du Concordia et conclut :
Selon moi, il s’agit d’une affaire particulièrement importante, qui doit être traitée correctement et doit absolument être approfondie.
D’une part, malgré le peu de moyens dont je dispose, et bien que ces moyens soient très modestes, il est nécessaire de réhabiliter, ne serait-ce que partiellement, l’image ternie d’une personne qui a été condamnée.
Il a peut-être eu une part de responsabilité, mais pas celle que les médias lui ont imputée, ce qui a constitué une condamnation injuste et odieuse de plus.
Et, point tout aussi important, voire plus encore, j’ai envie de dire,que ceux qui m’écoutent, les Italiens en général – tous les Italiens – doivent tous nous expliquer ce qu’est la justice, comment elle fonctionne en Italie, comment fonctionne le journalisme et comment fonctionne le compte-rendu de la réalité.
Parce que malheureusement, dans ces domaines, » les italiens comprennent les italiens « .
Parce que l’Italie a un problème, disons plus important de ce point de vue que d’autres pays. Cela les concerne plus ou moins tous, mais ici en particulier, on ne le comprend que quand on se retrouve englué dedans.
Autrement dit, parler d’injustice et de procès non équitable quand cela concerne d’autres personnes, de loin, en regardant d’un œil et écoutant d’une oreille, c’est une chose ; se retrouver soi-même impliqué, c’en est une autre.
Eh bien, je préférerais éviter que quiconque ait à se retrouver impliqué pour comprendre la situation.
Merci également à tous ceux qui nous écoutent. Je vois que, pour résumer, tous les commentaires de ceux qui nous ont suivis jusqu’à présent, est-ce que notre Justice fonctionne ? non. En fait, non. Vous avez raison.
Alors, eh bien, voilà. Vous voyez, il y a une autre chose qui me fait toujours beaucoup rire : de temps en temps, les gens écrivent, etc … Mais dans ce cas précis, j’en vois 45 peut-être qui ont suivi et qui me donnent tort.
Il n’y a pas grand chose à répondre : si vous voulez étudier le cas, partez à la recherche de quelqu’un pour qui ça a mal tourné et allez le voir chez lui pour vous rendre compte un peu de tout ce nous avons dit.
Merci encore à Gigetto. Merci à tous.
Andrea Lombardi, bouc émissaire, Commandant SCHETTINO; Francesco SCHETTINO; CONCORDIA; COSTA CONCORDIA; Sécurité en mer, Gigetto Dattolico
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