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Interview du Commandant SCHETTINO au Nautilus International Telegraph de février 2013
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 12 février 2013
Ce lien mène à un journal-web de marine, l’article est donc écrit en anglais, la langue internationale de la marine. Il comprend une partie à la Une et un Dossier central.
http://content.yudu.com/Library/A21jkb/TelegraphFebruary201/resources/index.htm?referrerUrl
Traduction de la Une :
Un an après le naufrage du navire de croisière Costa Concordia sur les côtes italiennes, avec la perte de 32 vies, son commandant, le capitaine Francesco Schettino, a parlé à Nautilus de son espoir que l’accident laisse en héritage une amélioration de la sécurité.
Dans une entrevue exclusive de deux heures et demie avec le Telegraph, le capitaine Schettino dit qu’il veut que sa version de l’histoire soit entendue après les ragots qui ont circulé pour en faire un bouc émissaire.
Le commandant de 52 ans, qui a été au centre d’une enquête criminelle et accusé d’homicide, causant un désastre maritime et abandonnant le navire, a parlé le mois dernier alors que les procureurs étaient en train de statuer sur une mise en accusation pour le procès.
Cinq autres membres de l’équipage, le premier officier inclus, et trois parmi le personnel non navigant de Costa Croisières font également l’objet de poursuites criminelles provenant de l’accident.
Le capitaine Schettino dit au Telegraph sa préoccupation que le désir de punir des personnes pourrait empêcher de tirer d’importantes leçons de cet accident.
Je n’ai jamais fui mes responsabilités, dit-il, j’accepte mes responsabilités, mais je ne suis pas un criminel.
Il est impossible de contrôler les choses qui sont en dehors de votre contrôle.
Il expliqua comment il était arrivé à la passerelle seulement 11 minutes avant que le Costa Concordia heurte les rochers sur l’ile du Giglio et assura que le navire il était déjà hors course au moment où il a pris le commandement. Il rejette les rapports où il est dit qu’il a paniqué après l’échouage et dit qu’il croit que les enregistrements apporteront la preuve qu’il avait effectué une manœuvre qui a évité un accident catastrophique et une plus grande perte de vies.
Mais, il affirme qu’il y a des raisons politiques au fait qu’une bonne analyse de l’accident n’a pas été rendue publique. Et il avertit : Je ne suis pas convaincu que la vérité sortira. Nous avons la culture de la faute et ne profitons pas des opportunités pour renforcer la sécurité.
Le capitaine Schettino dit qu’il a compris les raisons pour laquelle le public veut quelqu’un à blâmer pour l’accident, mais qu’il veut que les gens aient une meilleure compréhension des évènements de la nuit et des pressions auxquelles sont soumis les commandants de navire pendant leur travail.
Il devrait y avoir une bonne compréhension de tous les aspects concernant le travail en mer, dit-il. Chacun devrait comprendre les limites.
Le capitaine Schettino dit qu’il a été choqué par la façon dont il a été dépeint par les média et dit qu’ils ont ridiculisé la profession maritime. Il ajouta : je crois que depuis l’accident, beaucoup de choses se sont améliorées mais il faut être plus respectueux du rôle des officiers et des capitaines.Il a affirmé qu’il était injuste de pointer des individus à blâmer alors que l’ensemble du secteur souffre d’une pénurie de marins qualifiés et expérimentés.
Et il a fait valoir que : la justice serait mieux servie en faisant en sorte que les leçons de l’accident soient retenues pour la sécurité dans le secteur du transport maritime.
Ceci pourrait inclure des mesures pour : donner plus de chances de survie aux navires en cas de voie d’eau, réviser les procédures d’évacuation et améliorer la communication entre les membres d’équipage. Nous devons gérer cet accident d’une manière qui mérite d’être respectée, dit-il.
Le Capitaine Schettino dit qu’il a toujours été extrêmement soucieux de la sécurité durant ses 34 années en mer et qu’il espérait que d’autres capitaines et officiers apprendraient de son expérience.
Il déclara également au Telegraph qu’il voulait toujours retourner sur la mer, ou au moins trouver un nouvel emploi dans le secteur maritime.
Contenu de la double page :
Il a été surnommé « capitaine lâche » par les média. Il est confronté à la perspective de dizaines d’années de prison. Mais Le capitaine Francesco Schettino dit qu’il a un message clair pour les autres marins : « Je ne suis pas la personne qui a été décrite. »
Parlant au Telegraph un an après que son navire s’est échoué sur les côtes italiennes entrainant la perte de 32 vies, le capitaine Schettino dit qu’il veut que sa version de l’évènement doit entendue après un flux constant d’information et de condamnation distillées dans les jours et les mois après le désastre.
C’est facile de mettre toute la faute sur une personne, fait-il remarquer, l’information rapportée par les média visait exclusivement à désigner un bouc émissaire. Je peux accepter que vous vouliez accuser à la face du monde, mais vous devez d’abord analyser l’accident.
Le capitaine Schettino dit qu’il est fier d’être marin et qu’il s’accroche à l’espoir qu’il peut éventuellement poursuivre sa carrière. Vivant près de la mer au sud de l’Italie, il a décidé d’être marin dès son plus jeune âge, une ambition alimentée par les sorties en mer sur le bateau de pêche de son oncle. ça m’a donné une idée de la mer et du mouvement des bateaux, se souvient-il.
Il fit ses études à l’académie maritime Nino Bixio de Piano di Sorrento près de Naples et commença sa carrière à 18 ans, travaillant comme officier sur des ferries rouliers et ensuite chez Tirrenia ferries et des traversiers rapides.
Tout au long de sa carrière, le capitaine Schettino dit qu’il a toujours été soucieux de la sécurité et n’aurait jamais pris des risques inutiles. J’ai toujours été quelqu’un qui aime étudier, dit-il, depuis le début de ma carrière je me préoccupe de la stabilité des navires ro-ro et suit de près les questions de sécurité liées à la stabilité des ferries.
Après plus de dix ans sur les ferries et une expérience auprès de la compagnie pétrolière italienne Agip, il décide de migrer vers le secteur des croisières avec MSC Cruises, rejoignant ensuite Costa Cruises en 2002, prenant son premier commandement sans la flotte en 2006.
Avant de quitter le port de Civitavecchia le 13 janvier 2012, le capitaine Schettino dit que la route du navire a été modifiée pour y incorporer l’inchino à l’ile du Giglio. De nouveaux points de routes ont été insérés dans le système informatique, avec une distance minimale de un demi mille par rapport à la côte.
L’inchino avait déjà été fait, dit-il. Pour moi, cette nuit était un simple passage et il n’y aurait pas du y avoir de difficultés.
Le capitaine Schettino dit qu’il est arrivé à la passerelle à, soit juste 11 minutes avant l’impact. Il remarqua que l’officier de quart avait maintenu le pilote automatique et lui demanda de repasser en manuel.
Il traita un bref appel téléphonique avant de prendre les commandes à 21h39, alors que l’enregistrement vidéo montre que le navire avait dépassé de 0.7 milles le point de virage jusqu’au point de route suivant. Quatre minutes après, remarquant de l’écume dans l’eau, il suspecta la proximité d’eaux peu profondes devant et modifia le cap sur tribord, puis 20° bâbord et tout sur bâbord pour réduire le déport de la poupe sur bâbord.
Si ses ordres avaient été suivis, le capitaine Schettino dit qu’il existe des preuves pour montrer que le navire aurait évité les rochers. Toutefois, il suggère qu’il puisse y avoir eu un problème de communication avec le timonier indonésien avec la vidéo montrant que l’angle de barre était à 20° bâbord juste 10 secondes avant l’impact à 21h45.
Le capitaine Schettino dit qu’il est convaincu que la preuve vidéo montrera que ses actions ont contribué à sauver un grand nombre de vies. Lorsque j’ai vu l’écume blanche, je l’ai interprété comme un signe d’eaux peu profondes et évité la collision car si nous avions gardé le même cap, je pense qu’il aurait pu s’agir d’un désastre complet car nous aurions pris les rochers à la proue et ça aurait été un évènement catastrophique.
Abandonner le navire ou non est une décision capitale et le commandant doit recueillir précisément toutes les informations nécessaires, souligne-t-il, le navire est considéré comme son propre meilleur canot de sauvetage et le temps passé avant l’abandon est utilisé à apprécier les capacités du navire à rester à flot après l’ouverture d’une voie d’eau.
Il ajouté qu’essayer d’apprécier l’étendue des dégâts était difficile. Le système informatique chargé de calculer la stabilité ne fonctionnait pas parce que le générateur de secours s’est mis en panne, dit-il, et il a été déterminé que celui-ci était alimenté uniquement par la ligne d’alimentation électrique principale. Si nous avions pu voir les capteurs, nous aurions eu une chance de connaitre le temps de survie, ajouté-t-il, mais nous n’avions aucune information.
Le capitaine Schettino réfute les allégations comme quoi l’ordre d’abandon du navire a été donné en retard. L’évacuation de milliers de passagers est pleine de dangers, précise t-il, et la décision de descendre des canots de sauvetage ne doit pas être prise à la légère.
Avant de prendre la responsabilité de mettre 4000 personnes dans des canots de sauvetage, vous savez que c’est une opération dans laquelle il peut y avoir des accidents et il faut être sûr de sa décision, explique t-il, la situation ne semble pas réelle et une heure passe aussi vite que si c’était 10 minutes. Toutes les décisions que vous prenez, vous n’avez aucune chance de les annuler en cas d’erreur. Si vous dites de descendre les canots de sauvetage, il est impossible de revenir en arrière.
Nous devons considérer que le navire peut avoir la capacité de retourner au port quand un dommage survient, ajoute t-il, la pure vérité, c’est que de mon expérience, je n’avais aucun autre choix que de préserver la vie une fois que le pont 3 avait pris l’eau.
Une fois qu’il apparut que le navire prenait un gite progressif du fait de l’inondation de plusieurs compartiments, le capitaine Schettino dit que la décision fut prise d’évacuer les passagers en organisant un service de navettes avec les canots, mais seulement ceux de tribord pouvaient être descendus du fait d’un gite excessif.
Le capitaine Schettino pense que l’analyse des enregistrements démontrera que le bateau aurait pu couler par la poupe aux environs de 23 h s’il n’avait pas pris la décision de l’échouer. Il constate qu’il est clair qu’il suivait une procédure en accord avec ses connaissances de la stabilité et de la survie d’un navire.
Durant ses 34 années de mer, le capitaine Schettino dit qu’il a vu des changements significatifs dans le secteur de la navigation et qu’il croit que beaucoup de compagnies sont maintenant dirigées par des équipes de décisionnaires qui ne sont pas propriétaires de navires et ne comprennent pas correctement les questions maritimes.
Le capitaine Schettino dit qu’il s’était senti abandonné par Costa, dont la direction l’a accusé d’avoir commis de graves erreurs de jugement. J’ai beaucoup de soutien, mais je n’ai pas le même pouvoir que Costa pour contrôler les média, ajoute t-il.
Il a également mentionné une inquiétude au sujet de la qualité des marins affectés à son navire. Les problèmes pour trouver des officiers qualifiés et expérimentés a été aggravé par la décision de la compagnie de changer la monnaie avec laquelle l’équipage était payé, un changement qui a conduit à une forte augmentation du chiffre d’affaires.
Il est aussi en colère de la façon dont il avait été dit qu’il avait abandonné le navire. Le navire était en train de sombrer. Je me trouvais moi-même sur un pont qui accusait un angle de 90°, dit-il, lorsque le plancher bascule, vous glissez et plongez. Nous ne pouvions plus marcher, nous n’avions rien à quoi nous retenir, il n’y avait pas d’autre option que de nager ou de mourir.
Il déclara aussi qu’il était impossible de remonter à bord. L’échelle que l’officier des garde-côtes lui avait indiquée était submergée, mais il dit qu’il a continué à aider à mettre des douzaines de personnes en sécurité.
Le capitaine Schettino dit que les autres professionnels de la mer devraient apprendre de ses expériences. Mon message est que la première chose est qu’ils se protègent, qu’ils soient unis, et il ajoute, ne jamais accepter de compromis, de ne jamais rien risquer pour personne.
Je crois qu’en tant que capitaines, nous devrions être mieux respectés, spécialement par les procureurs. Il est facile de reprocher au capitaine d’avoir perdu le navire, mais la façon dont nous avons été ridiculisés ne donne pas une bonne image des marins. Les gens ne se rendent pas compte des responsabilités qu’ont les capitaines.
Je prends mes responsabilités, mais je ne suis pas convaincu que la vérité va ressortir, car nous avons une culture de la faute et nous ne profitons pas des occasions pour améliorer la sécurité, ajouta t-il.
Le capitaine Schettino comprend pourquoi il a été vilipendé après l’accident, mais il est préoccupé par le fait que d’importantes questions techniques peuvent être perdues en désignant des coupables. La justice peut s’interpréter de différentes façons, cela dépend de vos objectifs.
Si nous étendons le concept de justice, nous devons considérer l’amélioration de la sécurité dans le secteur comme un legs. Nous devons considérer cet accident avec respect, c’est une leçon qui doit être apprise.
Il dit que les leçons de sécurité incluent l’évacuation et réunissent les dispositions, les mesures pour atténuer les conséquences d’une voie d’eau causée par un dommage à la coque, ainsi qu’une amélioration de la stabilité et de la survie des navires après cela. Il espère que l’enquête sur l’accident va aussi déterminer pourquoi le générateur central a lâché et les raisons pour lesquelles le Costa Concordia a embarqué tant d’eau, y compris la question de l’étanchéité d’une porte extérieure de coque.
L’entrainement, l’expérience et les ressources de l’encadrement de l’équipage sont des points cruciaux. Regrettant que les officiers de quart cette nuit là n’ont pas réussi à l’informer correctement de la position du navire lorsqu’il est arrivé sur la passerelle, il dit qu’il est également important que les officiers d’être encouragés à prendre la parole.
Le capitaine Schettino dit qu’il veut que les gens aient une meilleure compréhension de l’enchainement des évènements qui ont conduit le Costa Concordia à l’échouement. Il y a une tendance, au lieu de chercher à comprendre, à propager des bavardages et des ragots, et nous ne le méritons pas. Personne n’est en mesure de voir le problème à notre place et de le comprendre.
Il parle de son énorme regret et de sa tristesse de cet accident et de la perte de ces vies et raconte comment leur souvenir l’empêche de dormir la nuit. Alors que les pressions peuvent conduire certains au suicide, il dit qu’il ne fera jamais ça et décrit comment il a commencé à écrire un livre pour raconter sa version de l’histoire comme une lutte pour retrouver un équilibre normal.
Sous le coup d’une assignation à domicile depuis l’accident, le capitaine Schettino dit qu’il n’a aucune rentrée d’argent et qu’il n’a pour subsister que ses économies. Je n’ai pas de quoi survivre deux ans de cette manière et j’ai besoin de travailler. J’aime la mer et j’aimerais avoir la chance d’y retourner, parce que c’est ma vie. Je pourrais, à la rigueur, enseigner, mais tant que je suis confiné à la maison, je n’ai aucune chance de trouver un emploi.
Mais ce qui lui permet de s’en sortir, malgré tout, est le soutien qu’il a reçu de sa famille, de ses amis et collègues et l’espoir que le vent tourne en sa faveur après les révélations des enregistrements, qui renforceront sa version des faits. Ça m’aide à reprendre confiance en moi, dit-il, je suis fort et plus ils me frappent, plus j’ai envie de répondre. Je me sens à l’aise avec ma conscience.
Une saisie d’écran toute bleue sur une vidéo vieille d’un an
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 5 février 2013
prise avec la caméra infra-rouge :
Les sauveteurs en mer en France : la SNSM
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 4 janvier 2013
La Société Nationale de Sauvetage en Mer
créée au XIXème siècle en Bretagne
suite aux naufrages successifs
de l’Amphitrite le 31 août 1825 au large de Boulogne-sur-Mer
et celui
de la Sémillante le 15 février 1855 sur un îlot de l’archipel des
Lavezzi.
le site
la page Facebook
leur histoire en vidéo chez DAILYMOTION où on voit évoluer les moyens déployés pour le secours en mer depuis la naissance de la Société à nos jours.
Le président actuel est l’Amiral Yves LAGANE dont voici, parue le 3 mars 2012, le texte intégral de son sentiment sur le naufrage du CONCORDIA et l’incendie du COSTA ALLEGRA.
L’abandon, c’est ça :
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 27 décembre 2012
C’est l’enfant handicapée qu’on oublie d’aller voir le week-end à l’Institut, c’est la grand’mère qui s’est si bien habituée dans sa Maison de Retraite qu’on la dérangerait dans ses habitudes si on se dérangeait dans nos sacro-saints loisirs.
C’est quelqu’un qui néglige, c’est quelqu’un qui s’en va, c’est quelqu’un qui oublie et passe à autre chose.
Ce n’est pas ça :
Rester seul le plus près possible de la Concordia renversée, relié aux interlocuteurs indispensables par un téléphone portable en essayant de faire durer sa batterie jusqu’au jour et continuer son travail dans le noir, dans le froid, en regardant mourir la moitié de soi-même, fier malgré tout d’avoir fait son devoir : ramener le paquebot, ramener les passagers à terre.
C’est l’étranger qui hurle et essaie d’achever l’homme blessé après avoir à plusieurs reprises refusé le nécessaire, un remorqueur, un hélicoptère, lui refusant même le respect du à un collègue du même grade que lui dans le choix de son vocabulaire.
C’est l’ami qui n’était qu’un collègue de travail, c’est le patron qui enfonce, c’est la mauvaise foi de celui qu’on a sauvé.
Voyez-vous, le Commandant SCHETTINO n’est pas tombé de son vélo, avec son épouse sur le cadre et sa fille sur le porte-bagage, sur une route avec peut-être quelques gravillons traitres, mais avec un goudron redoutablement bien solide sous les pneus. Il a eu un accident avec un paquebot géant chargé de 4000 âmes qui l’a envoyé en pleine mer après en avoir évité un premier qui aurait plus sûrement fait s’écraser comme une crêpe le bâtiment entier arrivant de plein fouet sur l’ile, avant le SCOLE d’ailleurs, qu’il ne lui aurait permis de monter sur la plage, comme dans un dessin animé pour y débarquer des passagers contrariés en pleine nuit et en pleine cambrouse.
Quand on fait son devoir, on ne s’attend pas à des félicitations, quand c’est dans une situation extrême, on s’attend à un soupçon de considération, certainement pas à l’ingratitude générale et encore moins à ce qui a suivi et perdure encore suite à l’ignorance du sujet stupéfiante des employés de certains médias à un an d’un l’évènement classé par d’autres comme étant de ceux qui ont marqué l’année et la mauvaise foi caractérisée de certaines personnes concernées donc s’étant logiquement tenues au courant de tout ce qui a été publié sur l’évolution de l’affaire.
D’accord, il faut tout vérifier et recouper pour suivre, d’accord le scepticisme envers la chose publiée sur les journaux-web est de nos jours de rigueur, mais il y a tout de même des limites à l’incrédulité et au parti-pris.
Interview de Francesco SCHETTINO à la Télévision Française le 36/12/2012
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 18 décembre 2012
c’est sa sixième interview et la première pour la France
http://videos.tf1.fr/jt-we/exclusif-le-capitaine-du-concordia-livre-sa-verite-7731501.html
Pour mes amies malentendantes :
Claire CHAZAL : Autre temps fort de ce journal, le témoignage exclusif du Commandant du COSTA CONCORDIA qui s’est échoué il y a près d’un an au large des côtes italiennes faisant 32 morts et 2 disparus. Francesco SCHETTINO est toujours assigné à résidence, il est soupçonné d’homicide involontaire. Son rôle a été … commenté au moment du drame qui a fortement touché l’opinion y compris l’opinion française puisque plusieurs de nos ressortissants figuraient parmi les victimes. Pour le première fois à la télévision française, le Commandant livre sa version des faits à nos envoyés spéciaux Axel MONNIER, Bernard BEDARIDA et Anaïs BARTH. qui l’ont rencontré dans son village près de Naples.
« Malheureusement, cet accident maritime avait de multiples facettes. C’est très compliqué à raconter et le raconter de manière superficielle n’a fait de bien à personne. »
L’homme est déterminé à donner sa vérité.
Rendez-vous avec Francesco SCHETTINO dans la baie de NAPLES, là où il vit. Là surtout où il est assigné à résidence depuis la catastrophe du CONCORDIA.
Le Commandant est soupçonné d’homicide involontaire, de naufrage, d’abandon de navire et de dissimulation d’informations.
Voici sa version des faits, très détaillée, très technique.
13 janvier 2012, 21 h 40, le CONCORDIA s’apprête à passer près du GIGLIO, une manœuvre habituelle encouragée par COSTA selon le Commandant pour faire plaisir aux passagers, à l’équipage, aux habitants de l’ile.
A cet instant Francesco SCHETTINO se serait rendu compte que quelque chose n’allait pas :
« Les instructions pour l’itinéraire, elles avaient été planifiées à l’avance et je les avais moi-même validées en Salle de Commandement, par exemple maintenir une distance de 0,5 milles avec l’ile de GIGLIO.
Et en réalité, ces instructions, elles n’ont pas été respectées.
Dès que j’ai vu ce qui se passait, cela peut paraitre paradoxal, mais c’est comme ça, j’ai cherché à éviter l’ile.
Et j’y suis parvenu pour éviter un choc frontal.
Mais quand j’ai donné l’ordre de mettre la barre à gauche, la boite noire montre que le timonier a agi avec retard, il a commencé par mettre la barre à gauche, puis de manière arbitraire, il l’a mise à droite. »
Une thèse étayée par ce document issu de la boite noire (voir l’extrait de l’enregistrement radar sur la vidéo)
mais le timonier ne suit pas les instructions du Commandant, il barre à droite avant effectivement de barrer à gauche mais trop tard, le navire est touché, l’alarme se déclenche. D’après le Commandant, cette erreur du timonier est à l’origine de l’impact, de cette brèche de plusieurs dizaines de mètres sur le côté gauche du bateau.
Plutôt que d’abandonner le navire en pleine mer, Francesco SCHETTINO décide d’aller s’échouer sur la côte contre des rochers.
« Je me rends compte qu’il y a des vents et des courants qui me poussent vers l’ile vers des eaux peu profondes, ça n’aurait donc aucun sens pour mille et une raisons d’abandonner le navire au large, notamment parce que si quelqu’un se jette à l’eau et qu’il se trouve à 20 ou 50 mètres de la rive, il a des chances de la rejoindre. »
Le Concordia se pose littéralement sur les rochers. Les évacuations peuvent commencer. Mais le bateau s’incline, 5°, 12°, 20°, puis tout à coup la mer brise les hublots sous l’eau et pénètre dans les cabines. Le navire se couche.
Photos à l’appui, Francesco SCHETTINO nous explique longuement qu’il n’a pas pu rester sur ce paquebot qui penchait. Il réfute l’idée d’avoir abandonné son poste.
« Le navire était tellement penché qu’il était impossible de rester debout. D’ailleurs mon second qui était juste à côté de moi a du se jeter à la mer.
Après avoir passé 2 heures environ à gérer en continu l’urgence à indiquer ce qu’il fallait faire, j’ai du malheureusement quitter le navire parce qu’il me tombait dessus.
Je ne suis pas parti avec une chaloupe mise à l’eau pour moi. L’opinion du monde entier reste convaincue que le Commandant a fait mettre une chaloupe à sa disposition et puis s’est barré. »
Le Commandant quitte effectivement son navire mais il affirme être resté sur les rochers à quelques mètres pour coordonner l’évacuation et les secours
« Là, c’est moi, je reste sur le rocher parce que je ne peux pas abandonner la zone. Je sais bien que c’était impossible de remonter sur un navire renversé mais comme ça je pouvais coordonner les opérations avec COSTA. »
Une assertion apparemment confirmée par cette conversation entre le centre opérationnel de Commandement et le responsable de l’unité de crise de COSTA, Roberto FERRARINI qui fait lui-aussi partie des prévenus :
Roberto FERRARINI : » C’est quelque chose qu’a fait le Commandant, pour se rapprocher et faciliter l’abandon du navire ; pour éviter d’autres choses. »
Centre Opérationnel : « Donc, FERRARINI, vous êtes en contact direct avec le Commandant ? »
Roberto FERRARINI : » Absolument, oui, je suis en contact avec le Commandant. »
C’est à ce moment-là qu’intervient ce coup de fil devenu célèbre avec le Commandant DE FALCO de la Capitainerie, le Commandant (SCHETTINO) se trouvait alors sur les rochers :
COMMANDANT DE FALCO : « Remontez à bord, bon sang ! »
COMMANDANT SCHETTINO : « Commandant, s’il vous plaît… »
COMMANDANT DE FALCO : » S’il vous plaît, rien du tout ! Reprenez vos affaires et remontez à bord ! »
“Je me suis rendu compte qu’il n’avait pas compris : on peut remonter sur un bateau à voile mais le CONCORDIA, c’est une montagne. Cette conversation a eu lieu après, alors que tout était connu et que j’avais déjà parlé avec le Commandant de la Capitainerie du Port. »
Ces conversations avec les Garde-Côtes, en voici un extrait :
CENTRE OPERATIONNEL : « Vous étiez à combien ? 0,2 du GIGLIO, c’est çà ? »
COMMANDANT SCHETTINO : » Oui, oui, on était à 0,18 ou 0,2 du GIGLIO. »
Sur de son fait, Francesco SCHETTINO nous assure que ses dires sont confirmés par de nombreux documents, de nombreux enregistrements, à commencer par la boite noire.
“L’ordinateur de bord qui était hors de l’eau a révélé la vérité, et beaucoup de choses qui avaient été dites sont devenues fausses, comme par exemple l’idée que le Commandant était resté sans rien faire alors que le Commandant a bien donné des ordres jusqu’à la fin.
Heureusement, le navire a parlé et finalement, le navire a été la seule personne à être restée fidèle à son Commandant.
Malheureusement, il y a eu cet accident, mais moi, dans cet accident, j’ai essayé de faire de mon mieux en mon âme et conscience.
Ce n’est pas un crime : c’est un accident. »
L’homme a livré sa vérité, celle qu’il a déjà donnée à la Justice Italienne, mais beaucoup de zones d’ombre subsistent.
Comme tous les prévenus, 5 autres membres d’équipage et 3 dirigeants de COSTA, le Commandant attend la date du procès, elle devrait être connue dans les prochaines semaines.






