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5ème interview de Francesco SCHETTINO
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 18 novembre 2012
parue le 16/11/2012 sur le quotidien Il Giornale
et elle n’est pas sous copyright
Traduction de Mézigue
Dovranno tutti chiedermi scusi |
Ils devront tous me faire des excuses |
|
«Salve, sono Francesco Schettino, quello della Concordia. Dovete starmi a sentire perché si è superato il limite…». «Sul mio conto ormai leggo solo indecenti falsità. Ci sono prove, allegate all’inchiesta, che raccontano completamente un’altra storia e dimostrano come il sottoscritto non sia capitan codardo». Non faccia la vittima, comandante…
Di cosa parla?
Comandante, ma che cosa sta dicendo? De Falco una vittima?
Perché sospetta?
Tensione comprensibile, in quel contesto…
Facile parlare per lei che, in quel momento, era all’asciutto su uno scoglio…
Senta torniamo a De Falco, lei ha detto…
Resta però sempre da spiegare l’abbandono nave… È tutto quello che ha da dire? |
« Bonjour, je suis Francesco Schettino, celui de la Concordia. Vous devez commencer à m’écouter parce que les limites sont dépassées … ». « Maintenant, je ne lis plus que des mensonges exagérés sur mon compte. Il existe des preuves, liées à l’enquête, qui racontent une toute autre histoire et montrent que le soussigné n’a pas été un capitaine lâche. » Ne jouez pas les victimes, commandant … De quoi parlez-vous? Commandant, mais que dites-vous? De Falco une victime? Pourquoi suspect? Une tension compréhensible, dans ce contexte … C’est facile de parler pour vous qui, à ce moment-là, étiez au sec sur un rocher … Mais, relisez De Falco, il a dit … Il reste tout de même à expliquer l’abandon du navire … C’est tout ce que vous voulez dire? |
Que vous le vouliez ou non, la Costa Concordia est un magnifique objet technique
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 16 octobre 2012
et elle a des dimensions qui ne sont pas à l’échelle humaine.

La voici, avec tous ses ponts, ceux qui sont accessibles aux passagers portent le nom des pays dont ils viennent. Vous voyez la hauteur d’un pont et celle du bateau ?
En dessous de la ligne de flottaison, ceux qui ne sont pas aménagés pour leur plaisir et leurs distractions de croisière mais sont indispensables pour que la croisière ait lieu : les œuvres vives du bateau, son cœur, ses bras et ses jambes, les lieux de travail et les lieux de repos de ceux qui ont la main dans le cambouis.
Le cerveau de la Concordia est situé sur le pont 8, en hauteur, il est fusionné avec celui de Francesco SCHETTINO, qu’il soit physiquement présent ou pas, accaparé de fait par les innombrables tâches d’animation requises pour un bon déroulement de la croisière, dont la présence personnelle est exigée par ceux qui ont payé.
Dans la partie émergée d’ailleurs, il n’y a pas que des chambres et des restaurants. Il y a un théâtre dont la machinerie est digne de l’Opéra Garnier, un simulateur de conduite bien plus perfectionné que celui qui sert à apprendre à conduire pour le permis (vous êtes au volant d’une Formule 1) un jacusi plein d’électronique aussi et je ne parle pas des piscines !
Eh bien dans la partie fonctionnement proprement dit du navire, il y a aussi de l’électronique, de l’informatique, de la technique.
Alors, arriver à suivre demande de petits efforts
dont le premier aurait été de se rendre sur place, dans le théâtre de GROSSETO, spécialement aménagé pour que les auditeurs aient une vision parfaite des documents de travail des experts pour ceux qui en avaient la possibilité
d’écouter ce que vont dire ceux qui savent, en théorie et en pratique
et ensuite de poser des questions pertinentes pour pouvoir comprendre ce qui s’est passé et pouvoir faire des suggestions valables pour faire en sorte que « ça ne soit pas arrivé » dans un futur le plus long possible.
« Les expertises les plus techniques ne pourront rentrer dans la tête d’un homme. «
C’est sûr que si on n’essaie même pas …
… seulement alors, on la ferme.
Et là, c’est le professeur de Sciences Physiques qui parle.
Madame le Juge, Monsieur le Procureur, la Cour et tous les avocats ont besoin de l’avis de nombreux experts, chacun dans sa partie, dont le Commandant SCHETTINO lui-même, qui fait la moitié du chemin, pour arriver à connaître la vérité sur ce qui s’est passé la nuit du 13 janvier 2012,
Il n’y a vraiment aucune honte, pour un souriceau terrien, à devoir très certainement revoir sa copie et repartir de zéro dans une semaine sur de nouvelles bases pour faire, lui aussi, sa moitié de chemin vers cette vérité complexe du monde implacable et merveilleux de la Mer.
Il y avait le Commandant K1 sur la passerelle
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 12 octobre 2012
mais qui a dit quoi exactement ? le souriceau n’entends pas suffisamment bien pour avancer quoi que ce soit sur ce point précis.

Arrêt du pilote automatique, on conduit nous-mêmes
A priori, ce doit être le Commandant K2 AMBROSIO qui a prononcé cette phrase.

On se maintient à une distance de la côte de 0,5 milles nautiques minimum.

Là, la speakerine dit que le Commandant prend la main.
Ce bateau n’a jamais été la Concordia que vous verrez un peu plus loin et qui est représentée par un symbole différent.
Vous voyez au-dessus le promontoire de l’Argentario, et sur le bord inférieur de la vidéo, l’île de Giannutri. Il faut avoir dépassé les deux pour ensuite tourner vers la gauche en direction de l’ile du Giglio. Le câble souterrain (l’ondulation violette) est à peu de choses près la route directe Civitavecchia-Savone dans cette portion-là du trajet.

JE PRENDS LA MAIN !
Le Commandant (à priori) vient de se rendre compte qu’il va droit vers des écueils.
Soit dit entre parenthèses, ça se passait de nuit et la photo ci-dessus vient des pages de soutien de Facebook. Le Commandant SCHETTINO n’avait pas ses lunettes de repos (qui ont tant fait parler d’elles à une certaine époque) mais ses jumelles à infra-rouge, comme les sentinelles de nos jours. Il tenait le poste de vigie et surveillait l’horizon, comme le marin de service dans le nid de pie des bateaux de la marine à voile de nos souvenirs.

Cette vue-là est placée au bon moment, vous constatez que la Concordia est représentée différemment que le bateau de tout à l’heure.
L’accident lui-même, les chocs vont avoir lieu.

Fermer les portes étanches de la poupe !
(on vient de cogner au niveau de la poupe).

FERMER LES PORTES ÉTANCHES DE POUPE !

Là, le Commandant ne dit rien, mais grâce aux travaux des spécialistes qui ont éclairci la vidéo enregistrée, on le reconnait bien.

Black-out !
Plus d’électricité.

MAIS OÙ AVONS-NOUS TOUCHÉ ?
Toujours dans la nuit, la passerelle est éclairée par les feux rouges que nous avons déjà vus et qui sont branchés sur, je dirai « le groupe électrogène », le ou les générateur(s) de secours.
Et c’est maintenant qu’on vous montre les jumelles, dans leur usage de jour d’ailleurs (juste une fonction à activer la nuit si mes souvenirs sont bons). L’engin est assez cher.

Un rocher ! c’était un rocher à fleur d’eau !
Et on revient alors à l’un des nombreux bidouillages qui ont circulé au sujet de cette affaire :
il me semblait que l’accident avait eu lieu le 13/01/12 ?

On voit le Commandant K1 qui regarde directement devant, il n’y a plus rien à voir de toute façon, les écueils tant bien que mal ont presque été évités de justesse. Par contre, il faut communiquer avec tous les intervenants extérieurs, ceux qui donnent les ordres (seul maître après Dieu ? foutaise !) et ceux qui vont coopérer entre eux et avec lui pour que les secours soient le plus rapidement possible sur les lieux.
Alors
1°/ je pense au Joola qui a attendu les secours toute une nuit dans une position autrement plus critique que la Concordia
2°/ il a fait ça comme vous et moi, avec le téléphone portable qu’il a déjà en main sur la photo.

IL Y A 2 COMPARTIMENTS NOYÉS.

Non, nous ne coulons pas,… nous ne coulons pas.
2 compartiments, c’est bon, le bateau est son propre canot de sauvetage, géant comme lui.
Photo-souvenir encore d’une séance de photos avec les passagers, devant l’écran bleu à cela consacré et pendant laquelle, quelques années auparavant, IL N’AVAIT PAS PU MATÉRIELLEMENT ÊTRE SUR LA PASSERELLE EN MÊME TEMPS.
Comme tout à l’heure quand il avait quittée pour venir accueillir en personne les passagers montés à Civitavecchia.
Et manger un morceau avant le passage délicat.

Je vais faire jeter l’ancre, mais pas tout de suite, il faut encore attendre un petit moment.

On arrive là, ensuite il faudra appeler pour un remorqueur et c’est bon.
Heu … il fait toujours nuit, n’est-ce pas.

Oui, je le sais.

Hé, je le sais, je le sais que c’est de ma faute.
Quoi exactement, moi je ne le sais toujours pas.

Vous allez voir mettre à l’eau ce canot de sauvetage alors que la grue au-dessus est pas mal inclinée par rapport à l’horizontale, et elle est parallèle au plancher !

Nous déclarons l’abandon ?

Attends un peu, je voudrais savoir quelque chose.
Il y a une interruption dans l’enregistrement, le Commandant a posé des questions techniques pour savoir si le bateau allait rester stable dans sa position inclinée ou chavirer.

MAINTENANT. Vous jetez l’ancre s’il vous plait.

Allez, on évacue à droite
(du côté du Giglio, celui qui est enfoncé dans l’eau).

Alors, on le donne, cet abandon du navire ?

?

On donne l’abandon du navire, allez, fais là, l’annonce.

Abandon du navire !
Vous remarquez toujours le Commandant SCHETTINO, éclairé par les lumières résiduelles bleues.

Ici, vous le verrez mieux, entre deux sous-titres.

Non, à la place de « Abandon du navire », tu dis plutôt « Nous allons amener les passagers à terre ».

À TERRE !
Vous pouvez visionner la vidéo sur le site où elle a été publiée:
http://multimedia.quotidiano.net/?tipo=media&media=26490
Elle est présentée comme un enregistrement complet du contenu de la boite noire et c’est matériellement impossible, ça n’a pas duré que 1 minute et 40 secondes.
C’est un montage centré sur le Commandant SCHETTINO, le Commandant qui commande la Costa Concordia, mais vous apercevez avec lui quelques-uns de la dizaine d’Officiers qui sont restés présents à ses côtés jusqu’au bout de ce qui devait être fait depuis la passerelle.
Je rappelle que les Officiers qu’on ne voit pas étaient mobilisés aussi.
Je rappelle enfin que l’équipage, ceux qu’on n’a « pas vus », les marins (évidement, si on s’attendait à des personnes avec un béret blanc et un pompon rouge à toucher pour la chance, c’était raté), les marins donc, ce sont le personnel navigant, les serveurs, le personnel hôtelier et d’animation, tous ceux qui avaient un gilet de sauvetage jaune et qui sont présents sur toutes les vidéos d’amateurs que les passagers ont tournées dans l’urgence et la peur.
Le Commandant SCHETTINO sera présent (ainsi que le Commandant AMBROSIO et les personnes inculpées de la société COSTA) et pourra expliquer par la voix de son avocat certains points qui échappent aux souriceaux terriens dans mon genre.
C’est la première fois au monde que ce sera possible et en cela, les survivants de la Concordia ont beaucoup de chance.
Ils vont savoir pourquoi la Concordia était trop près de la côte malgré les instructions de son K1, reprises ici par son K2 de quart.
Comme les deux épaves jadis découvertes par des plongeurs sur lesquelles elle est venue se coucher à jamais. Comme toutes celles qui dorment par le fonds de l’ile du Giglio, la plus belle de l’archipel Toscan.
N’est-ce pas là qu’Ulysse avait perdu jadis 11 de ses 12 vaisseaux juste avant de rencontrer la Magicienne Circé sur l’ile d’Aéa ?
Il y a dix ans ! je n’arrive pas à y croire !
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 30 septembre 2012
Elle s’était retournée complètement aussi !
Il y a dix ans j’étais encore devant le tableau noir et j’enseignais, entre autres, la Mécanique des terriens lorsque la JOOLA a sombré loin d’ici et pourtant presque en France.
C’est la lecture du journal qui m’a appris qu’avait eu lieu récemment au Sénégal une commémoration du naufrage du Joola.
Pour bien comprendre l’ampleur de ce drame, il convient de faire d’abord un tout petit peu de géographie : le SÉNÉGAL est pratiquement coupé en deux par un petit pays tout en longueur, la GUINÉE qui suit le seul grand fleuve. Sa partie inférieure, la CASAMANCE, ne peut écouler ses productions qu’à DAKAR, la capitale, située de l’autre côté de l’embouchure dudit fleuve. Le trajet entre les deux ne peut se faire que par bateau.
Voici le récit de la catastrophe qui s’est produite avec un fond de 23 m sur le site KASSOUMAY .
Quelques images d’époque (âmes sensibles s’abstenir)
C’est une présentation, un extrait du film « L’ancre du souvenir » qui est ou va sortir en France.
Le témoignage d’un des quelques survivants
En quelques mots :
un bateau hors d’état de prendre la mer et qui l’a prise quand même
avec une radio HORS D’USAGE,
dont AUCUNE fusée de détresse n’est partie,
avec des radeaux gonflables dont UN SEUL a pu être descendu,
ne parlons pas de chaloupes, il n’y en avait pas,
surchargé d’une façon hallucinante
en matériels
en passagers
il s’est mis à pleuvoir
pour se protéger, les passagers sont tous allés du côté abrité
et le bateau s’est incliné de ce côté-là
tout simplement
à partir du moment où le seuil de gîte a été dépassé,
ça s’est joué en secondes, pas en minutes,
le fait de se retrouver la quille en l’air
il a eu des poches d’air ça et là,
qui n’ont fait que retarder la noyade des gens qui se trouvaient à proximité,
de dehors on a entendu longtemps taper sur les parois les gens qui étaient dessous,
piégés vivants
puis la panique engendrée par l’instinct de survie,
en créant des remous a dissout ces poches en millions de bulles minuscules,
c’était fini.
à bord ils étaient plus de 2000 sur un bateau fait pour en porter 500
Seuls ceux qui étaient sur le pont avaient une chance de survivre,
ils étaient nombreux sur le pont, mais ils ne savaient pas nager :
c’étaient des agriculteurs
qui allaient vendre leur production à DAKAR
c’étaient 400 étudiants et lycéens
toute la jeunesse étudiante de la Casamance,
c’était la rentrée scolaire
et au SÉNÉGAL, les études, on veut en faire
quitte à aller en internat
loin de la famille
pour le temps qu’il faudra
Amadou, le meilleur élève du BEP Électronique à PMF, si tu me lis, un grrros bisou.
Ça fait une génération décimée pour toute une région
car ce sont surtout des jeunes qui ont trouvé la mort cette nuit là
il y a eu 6 jeunes sur 64 rescapés en tout
les survivant
tous des passagers, ont attendu toute la nuit
sur la quille ou dans le seul radeau gonflable qui avait pu être ouvert
dans la nuit qui est particulièrement noire au Sénégal
devant les pêcheurs qui étaient accourus
avec l’horreur d’entendre les bruits s’affaiblir dans la quille
attendu toute la nuit
que l’armée donne la permission aux pêcheurs
de s’approcher pour les secourir.
seulement,
il n’y avait pas de radio en état de marche dans la JOOLA
son Commandant n’avait pas pu appeler au secours
la permission n’est arrivée que le lendemain matin
Il y avait bien longtemps qu’on n’entendait plus rien
du frère,
de la compagne,
des autres,
rien.
Les survivants se sont regroupés en associations, laissons leur la parole, cette vidéo date de l’an dernier :
Pour ceux qui voudraient se rapprocher des survivants français :
Blog français tenu par Alain DEVALPO : Souvenons-nous du JOOLA et sa page Facebook
Il existe d’autres blogs qui parlent du JOOLA, ainsi qu’une association qui regroupe tout le monde et qui se bat pour savoir
POURQUOI cela a été possible,
et
COMMENT c’est déjà arrivé,
il y a juste dix ans cette année.
L’affaire est close sur place, seule l’Association des Familles des Victimes du Naufrage porte l’espoir des familles d’obtenir des réponses à leurs questions. Leur combat, à eux qui se battent depuis dix longues années, est pour la vérité et la justice.
Les corps et les affaires personnelles, vous l’avez vu, sont toujours dans la JOOLA, le renflouement est toujours repoussé, le deuil ne peut pas se faire parce que les passagers sont tous des terriens et que pour eux, je cite « la mer n’est pas un cimetière ».
S’ils avaient été écoutés, est-ce que la Concordia aurait eu, elle aussi, un accident cette année ? Compte tenu de tout ce qui est en train de paraitre en ce moment dans la presse italienne, il est fort probable que non.
En cherchant pour le relire le rapport de l’Amiral Yves LAGAGNE sur l’accident de la Costa Concordia (dont je devais finalement trouver un résumé (en anglais) ici) je suis tombée sur ce rappel :
Les accidents maritimes graves évités sont légions. Alors Secrétaire Général de l’Organisation Maritime Internationale, monsieur William O’Neill, posait remarquablement bien le problème dans un discours qu’il prononçait le 15 mai 2000. Evoquant une douzaine d’accidents évités relativement récents de navires à passagers, il concluait :
« nous ne pouvons pas compter indéfiniment sur la chance ! ».
Cela a été dit le 15 mai 2000 !
après le naufrage du TITANIC il y a 100 ans !
en 2002, la JOOLA qui se retourne
maintenant, en 2012 la CONCORDIA
qui a pu être échouée avant
Il faudrait peut-être penser à régler la question avant 2022
non ?
c’est juste l’avis du souriceau de bord de la Costa Concordia qui ne comprend pas bien
~~~~~~<(((((((Ȣ:>_______◌
Je vais vous dire un secret, c’est vraiment arrivé :
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 23 septembre 2012
en 2008, un bateau géant s’est complètement retourné.
Journalistes, passagers, lecteurs, téléspectateurs, nous avons tous la mémoire sélective.
Et courte : 4 ans, ce n’est pas si vieux.
Le voilà, un peu dans la même position que notre Costa Concordia par rapport à la côte, c’est-à-dire pas très loin. Seulement lui, aucun rebord rocheux du fond ne l’a empêché de se retourner complètement.

Alors voilà comment il était juste après que le typhon qui l’a pris juste dans son œil se soit calmé :

Voilà ce que les sauveteurs, Garde Côtière comprise, ont trouvé quand ils ont pu s’approcher, à partir d’un jour plus tard seulement :

Vous pouvez constater par rapport à eux la taille du mastodonte complètement retourné et immergé.
Lui, le voilà, je manque à tous mes devoirs, je ne vous l’avais pas présenté :

Pour lui, pour pratiquement tous ceux qui étaient à bord, tout a été fini en 1 petite heure.
Petite si on veut. Ils ont tout vécu : le retournement après avoir été secoués comme des pruniers par les vagues, l’asphyxie, la noyade, l’empoisonnement par des gaz toxiques qui se sont dégagés. Tout a dû être d’autant plus long du fait qu’il y avait moins de baies vitrées, l’horreur, la complète, la totale a duré d’autant plus longtemps. Presque tous ceux qui sont arrivés à sortir avant ont été jetés à l’eau, roulés, brisés, noyés par les éléments déchainés sous la pluie torrentielle dans un vacarme déjà d’enfer.
Il s’appelait le MV Princess of the Stars et c’était un ferry. Il avait 862 personnes à son bord, personnel navigant (111) et passagers (751) confondus, m’en voudrez-vous vraiment beaucoup si je les mets tous sur le même plan à l’heure de leur mort ?
Son Commandant qui commande était le Capitaine Florencio MARIMON, il n’est pas revenu. Pour raconter ensuite, il n’est resté que 34 rescapés, tous des passagers. On n’a pas pu et de loin rendre tous les corps aux familles. On en retrouve encore (âmes sensibles, abstenez- vous – c’est pour la photo que je vous donne le lien) http://www.gmanetwork.com/news/story/262755/news/regions/4-years-after-princess-of-the-stars-tragedy-more-possible-remains-found
Et voilà le plus dur, découvrir ce schéma que je n’ai pas le cœur de rendre plus net m’a personnellement coupé la respiration :

Voilà la situation de la Concordia encore actuellement :

En gris le fond qui retient la Concordia de glisser.
Une suite de petits laxismes de toutes parts a fini par déborder, il a fini par y en avoir un de trop, la goutte d’eau salée qui a fait déborder la Méditerranée et le bon sens général à ce qu’on dirait. Elle nous a sorti de notre petit confort moral de début du XXIème siècle. Crise ou pas crise, erreurs ou pas erreurs et de toute façon, je ne suis pas qualifiée pour réaliser seulement ce genre de choses,
je constate que,
encadrée par le Commandant SCHETTINO qui a su rester lucide dans une situation extrêmement préoccupante comme nous le révèlent chaque jour davantage les fuites autorisées par les magistrats italiens à la presse de leur pays, l’équipe d’Officiers et l’équipage de la Costa Concordia a réussi à éviter le même sort aux quelque 3000 passagers survivants du 13 janvier 2012
et je sais,
nous savons tous, qu’ils le savent car le rapport d’expertise complet est communiqué aux parties prenantes, comme tous les autres documents d’ailleurs après traduction dans les quatre principales langues européennes dont le français par ordre des magistrats chargés de l’affaire là bas, à GROSSETO.