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La contrariante vérité que soutient la Commandant Schettino
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 26 juillet 2026
LA CONTRARIANTE VÉRITÉ DU COMMANDANT FRANCESCO SCHETTINO
La défense du requérant Francesco Schettino, tant lors de l’audience préliminaire que devant le tribunal et la cour d’appel, avait demandé l’intégration des preuves sur diverses questions pertinentes à la décision, notamment l’impact causal de l’erreur du timonier lors de la manœuvre d’urgence.
Le tribunal de district, et avant lui le tribunal local, ont illégalement refusé d’ordonner une expertise pour vérifier l’impact causal de l’erreur du timonier sur le naufrage, alors même que des experts avaient été désignés avant que l’enregistrement de la boîte noire ne soit transcrit et que ne soit découvert que le timonier avait exécuté à l’envers les ordres donnés par le commandant pendant la phase cruciale de la manœuvre d’évitement amorcée par ce dernier.
J’ai été contraint de mettre la barre à tribord toute pour effectuer une manœuvre d’évitement, qui aurait réussi si le timonier avait suivi mes ordres.
Voici la disposition des officiers sur la passerelle. Le procès-verbal d’audience sur l’urgence montre leurs cheveux noirs, ils sont tournés pour observer et suivre l’évolution de la navigation.
Voici notre position, que les officiers observaient sur le radar, au moment où j’ai été contraint de virer à tribord et d’ordonner un virage à 10 degrés à tribord pour commencer ma manœuvre d’évitement.
Voici bien évidemment notre position, indiquée par le centre de ce petit cercle. Cette ligne blanche indique la direction suivie par le navire et cette bande verte indique la côte.
Si je n’avait pas vu la côte droit devant nous, nous serions pratiquement tous morts et mon second avec.
Si le timonier derrière moi avait correctement exécuté la manœuvre d’évitement que je voulais effectuer à la dernière minute, nous serions passés sans autre souci.
Le timonier a correctement exécuté mes dernières instructions. À ce moment-là, je lui ai donnais l’ordre, il répondait en répétant à haute voix. C’est ce qu’il a fait pour chaque action qu’il devait faire pour exécuter la manœuvre.
Sauf qu’au moment crucial, au moment décisif, lorsque je dis « Timon à gauche », il répète correctement, mais au contraire il place la barre à droite. Du coup, la poupe du navire ne va malheureusement pas au bon endroit. Elle heurte le rocher sans qu’il puisse ralentir le mouvement de dérapage à gauche, qui la dirigeait justement vers le rocher.
Ce qui est surprenant, c’est que le Troisième Officier, Silvia Coronanica qui, au moment où j’effectuais cette manœuvre d’évitement, déclare s’être placée derrière le timonier pour surveiller qu’il suivait bien les ordres que je lui donnais, le Troisième Officier donc utilise son droit au silence devant la Cour parce qu’il s’est ouvert un autre procès au sujet de la pollution des eaux du Giglio et qu’elle ne sent pas d’être sur le banc des accusés à deux procès, donc elle va utiliser son droit au silence partout.
C’est pourtant là que Mlle Coronica pourrait expliquer pourquoi le timonier, tout en répétant les ordres, commençant à exécuter l’ordre que j’ai donné, » timon à gauche » , lui qui mettait la barre à gauche, a fini par faire le contraire.
Mlle Coronica pourrait nous révéler ce qui s’est passé derrière le commandant, mais elle ne nous le dit pas. Le timonier a disparu et on ne l’a plus jamais revu. Et donc nous n’avons pas d’explication à partir de la boîte noire. Elle nous dit juste que le timonier a fait le contraire de ce que je lui demandais.
Il y a eu de nombreuses expertises à ce sujet, parmi lesquelles celle de Codacons.
Ces rapports attestent que le navire aurait serait passé, ou du moins que tout se serait produit, mais au niveau de la poupe, c’est-à-dire que cela n’aurait causé aucun dommage à la survivance du navire et donc à sa sécurité.
L’erreur du timonier m’a fait imaginer l’impact au mauvais endroit.
Moi, croyant que le timonier avait correctement exécuté les ordres que je lui avais donnés, j’ai signalé à Ferrarini de la Cellule de Crise que le point de contact avec le rocher était à l’extrémité du navire, je lui ai même précisé que contact s’était probablement produit avec une hélice.
Évidemment, si à ce moment-là quelqu’un m’avait fait savoir ce que le timonier avait exactement fait lors de la phase cruciale, j’aurais actualisé dans mon esprit les dégâts que je commençais à évaluer.
Il est évident que la vibration a été à peine perceptible depuis la passerelle, elle s’est produite à 250 mètres de celle-ci et par conséquent aucun d’entre nous n’a sur l’instant repéré la gravité des dommages causés.
D’où un comportement omertique, consistant à se prévaloir du droit au silence pour éviter d’expliquer les raisons pour lesquelles le timonier, au lieu d’exécuter mes ordres, a hésité, puis a fait le contraire, avant de finalement suivre mon ordre de placer la barre complètement à gauche.
Le rapport d’expertise établi par l’Amiral Cavo Dragone dans son laboratoire d’experts, rapport technique des consultants désignés auprès du juge d’instruction du tribunal de Grosseto, en parle.
Cavo Dragone y indique que Schettino, trois secondes après avoir ordonné de mettre la barre au centre, a ordonné de la mettre complètement à gauche à 21 h 45 min 33 s.
Il rapporte que lors de la répétiton de cet ordre par voix hiérarchique descendante, le Premier Officier Ambrosio est intervenu en annonçant » barre à tribord toute « , car il a dû croire que le capitaine, confondant bâbord et tribord, se dirigeait par erreur vers la terre.
Ceci s’explique par le fait qu’Ambrosio ne devait penser qu’à l’obstacle que formait l’île à sa gauche, et non à la manœuvre que Schettino tentait réellement d’effectuer pour éviter le rocher.
En fait, sur l’enregistrement de la boîte noire, on entend un bruit plus prononcé, quelque chose sur la passerelle et la voix plus fébrile de Schettino » À GAUCHE TOUTE ! « , confirmant péremptoirement la validité de l’ordre, son caractère volontaire et la volonté de le voir exécuté.
Indépendamment du malentendu qui a pu survenir ou de l’état de quiconque a mal compris, mon propos n’est pas d’humilier qui que ce soit. Comme je l’ai expliqué précédemment, la manœuvre devait être effectuée de manière à éviter tout dérapage ou en le réduisant au minimum. En se déportant bien sur la gauche, on aurait pu éviter que la poupe n’aille au contact.
Voilà le récit de la manœuvre telle qu’elle a été effectuée.
Ensuite, une fois que le navire, ou plutôt la poupe serait passée, qu’elle n’aurait plus rien risqué avec ce rocher, il était évident que l’ordre aurait été donné de maintenir le cap.
Mais pendant que j’étais là, en train d’effectuer la manœuvre d’évitement, de tous ceux qui étaient là personne ne m’a rien dit.
Même, si le compte-rendu de Cavo Dragone est correct, à ce moment précis de la manœuvre il y en aurait eu au moins un qui aurait peut-être touché le timon depuis derrière le timonier, lui faisant provoquer l’accident en le faisant aller à droite et non à gauche,
C’est un point essentiel, un point crucial sur lequel nous n’avons pas pu obtenir d’éclaircissement : qui a touché le timon ?
Évidement, que ce soit qui a touché le timon, il n’aurait pas dû le faire.
Mais le timonier a disparu pour plusieurs raisons et Mlle Coronica a usé de son droit au silence.
C’est un fait que l’équipe de passerelle s’est tue et personne n’a rien dit.
Le navire se dirigeait droit sur l’île, ils n’ont rien dit.
Moi, je m’en aperçois, je fais une manœuvre évasive, il arrive quelque chose, pourquoi ne me l’a-t-on pas dit ?
Il a été acquis que j’ai réagi placé devant les vitres, stupéfait de la situation à laquelle j’étais confronté.
Derrière moi, j’ai entendu un bruit sourd, comme si quelqu’un montait sur le fameux « caillebotis », la planche de bois sur laquelle le marin se place près de la roue du timon. Des bruits sourds, surtout venant de derrière, se faisaient entendre, j’entendais des coups derrière moi.
Du coup, le marin qui répétait correctement mes ordres, fait le contraire, la voix d’Ambrosio avait jailli, enregistrée par la boîte noire.
Mais réalisez qu’il nous fallait garder le rythme !
En tout cas, c’est ce que nous avons fait, et c’est un moment qui ne s’expliquera jamais.
Ce silence, cette mutinerie … en pratique, je permettais les interventions … ils se sont tus, oui. Et c’est pourquoi je me suis retrouvé avec le navire échoué sur des rochers.
Les juges n’ont pas évalué à sa juste valeur la portée effective des circonstances qui ont joué un rôle décisif dans les décès, la première étant liée aux conséquences de la défaillance des portes étanches.
Bizarrement, le tribunal a refusé d’ordonner une expertise pour enquêter sur leurs caractéristiques de construction, les critères d’installation et vérifier le lien de cause à effet entre leur défaillance et le chavirement prématuré du navire – portes semi-étanches et portes étanches – ainsi que l’infiltration d’eau dans le local.
Et d’autre part sur la porte semi-étanche étanche et la porte étanche du local du Magasin (NDS : local où on entrepose les pièces pour réparer) où l’eau a pénétré.
Parenthèse
On est à 9:50 de la vidéo : suit le témoignage de Di Piazza qui raconte ce qu’il a vu au Local Machine.
On va directement à 11:19 parce que c’est l’enregistrement d’un enregistrement, la voix de synthèse d’une voix de synthèse, le résultat de la transcription est bizarre et mes prothèses auditives ne me permettent pas de me rattraper)
Fin de la parenthèse
L’interception téléphonique de l’Officier de Machine Ugo Di Piazza qui, au moment de l’impact, se trouvait en Salle des Machines, a été faite quatre jours après l’accident.
Il est témoin oculaire que la porte étanche numéro 7, située sur la cloison numéro 10, qui sépare la Salle de Générateurs avant de la Salle de Générateurs arrière, n’a pas tenu et que la fuite d’eau qui en a résulté a également provoqué le remplissage de la Salle des Générateurs de proue
De plus, il ressort clairement des interceptions que même la porte étanche numéro 10, c’est-à-dire celle qui sépare la Salle des Moteurs Électriques de Propulsion PEM de celle du Magasin, n’a pas tenu, permettant ainsi l’inondation d’une autre pièce et étendant d’autant les dégâts.
Une première évaluation a été ordonnée et réalisée par les plongeurs des Garde-Côtes qui, à partir du lundi 9 février, sont allés sur place pour effectuer une évaluation des dégâts sur le site, sont pratiquement entrés dans la déchirure et ont relevé qu’elle s’arrête à la cloison numéro 52 et commence à la cloison numéro 100. (NDS : il s’agit des cloisons qui séparent les compartiments étanches).
Toutes les cloisons portent sur elles un numéro correspondant au plan du navire, ce qui facilite leur identification par les militaires.
Il s’agit du début de la déchirure, la 100e cloison … jusqu’à la 52e.
La 100e cloison correspond à ce trait-là.
De l’extrêmité de la flèche rouge, qui indique la 52e cloison désignée par les plongeurs, jusqu’à cette cloison, c’est l’entaille.
Et ça correspond a correspond au trou constaté par le Troisième Officier (NDS : Di Lena) qui, dans les interceptions, dit qu’il n’atteint pas la porte étanche numéro 7 ni la porte étanche numéro 6
Donc les compartiments 5 et 6 ont étés inondés.
Parenthèse :
Le souriceau a besoin de se repérer, il craint de se tromper entre les portes étanches et les compartiments qui sont numérotés de la même façon. Si ça se complique plus tard, je me propose d’ajouter un P devant les numéros des portes et un C devant ceux des compartiments
Le compartiment 6 en premier
Le compartiment 7 ensuite
Le compartiment 5 en troisième
Ne pas perdre de vue que ce fut très rapide.
Et après deux autres puisque le Commandant dira 5 en tout.
Fin de la parenthèse
Un deuxième rapport d’expertise a été établi par un expert adjoint désigné par le juge d’instruction, l’Amiral Salvatore Carannante qui a effectué des relevés photographiques avec un appareil photo, est monté à bord d’un canot gonflable, et a pris des photographies depuis la mer.
Ces seconds relevés photogrammétriques, selon lui, situent le point le plus bas de la déchirure comme légèrement plus près de la proue, et dans ce cas précis, il s’agit d’une cage d’escalier qui s’étend vers le haut et vers le bas.
Même si cette cloison était un peu touchée, cela n’aurait pas dû affecter le compartiment étanche. Plus l’écrasement s’étend depuis l’extérieur, plus cela donne raison à Monsieur Foschi (NDS : le PDG de Costa Croisières en 2012). Le compartiment numéro 7 a été carrément mis en contact avec la mer.
Dans l’acte d’accusation, le parquet s’applique à dissiper tous les doutes sur le bon fonctionnement des portes étanches.
La seconde affirmation erronée, due à l’absence d’évaluation des preuves favorables, a été à ne pas reconnaître le rôle déterminant que les portes étanches ont joué dans les décès.
Le fait de ne pas avoir déployé les bras de trois des chaloupes de sauvetage comme le montrent les enquêtes, bien que l’inclinaison du navire soit restée dans les limites autorisées pour la mise à l’eau des chaloupes fournies en dotation avec le navire, a eu des conséquences.
…
On enquêté sur cinq personnes au sujet de ce défaut de déploiement des bras des embarcations de sauvetage.
Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement mais
…
En ce qui concerne le défaut d’extension des bras des grues des chaloupes de sauvetage, l’unité d’enquête des Carabiniers de Grosseto, , a pu reconstituer les angles d’inclinaison hors limites que le navire a pu présenter pendant les phases clés de l’urgence à partir de quelques photographies du navire de face.
Ceci dit, cette photo a été prise à 22 h 45 et le navire est incliné de 13° sur la droite.
Les canots de sauvetage sont conçus pour descendre pour une inclinaison du navire allant jusqu’à 22,5°.
À 22 h 55, le navire était incliné de 15° sur tribord, et il a conservé cette inclinaison ensuite. Une fois échoué, il n’a pas chaviré et, à 23 h 04, comme l’a souligné l’équipe d’enquêteurs, il présentait toujours la même inclinaison.
J’ai alors également autorisé la mise à l’eau de toutes les chaloupes de gauche.
L’inclinaison étant de 15°, nous disposions d’une marge de sept degrés pour la mise à l’eau des chaloupes.
Malheureusement, en raison d’une erreur dans le déploiement des bras des grues, et cela a été confirmé dans son témoignage par le marin Rusli Bin (NDS : le timonier lui-même), qui devait se trouver dans une chaloupe après l’alerte générale, a rejoint le point d’embarquement de la chaloupe numéro 8 qui lui avait été attribuée par le Rôle en cas d’Urgence du Costa Concordia, située à l’arrière de la chaloupe numéro 6, car il lui incombait de la mettre à l’eau.
Il affirme qu’alors le marin de la chaloupe numéro 6 n’a pas suivi correctement la procédure de mise à l’eau des chaloupes et cela a eu pour conséquence qu’elle s’est posée directement sur le pont inférieur, le pont numéro 3.
Cette photo montre Rusli Bin devant la chaloupe numéro 8, conformément à ce qu’il l’a dit au Procureur.
Cette image prise à 23 h 43 (NDS : photo officielle, heure officielle, du méridien de Greenwitch) montre qu’à minuit moins 4 minutes (NDS : il y a un décalage entre l’heure sur le site et l’heure officielle), le navire présentait toujours une gîte de 17 degrés. Par conséquent, le retard dans la réaction aux urgences générales n’était pas la cause de la gîte excessive.
Ainsi, si le navire n’avait pas eu au pire moment 5 compartiments inondés, il est clair que la gîte aurait augmenté moins vite et donc qu’elle aurait duré plus longtemps avant que le navire ne chavire. Il convient de préciser que, jusqu’à minuit moins 4, la gîte du navire restait dans les limites opérationnelles des embarcations de sauvetage dont il disposait.
Évidemment, si au lieu de 5 compartiments inondés on n’en avait eu que 3, l’inclinaison moindre aurait permis de mettre aussi à l’eau les chaloupes de gauche.
Il existe des preuves irréfutables que des canots de sauvetage n’ont jamais été mis à l’eau, ni le 2 ni le 1, et malheureusement, je suis parti pour m’y rendre et faire procéder aux procédures manuelles.
Il y eu deux problèmes avec les extension des bras télescopiques des chaloupes.
Comme nous l’avons vu sur la photo de 20h00, considérant que le navire était toujours incliné à 17 degrés, j’ai commencé à organiser également l’évacuation par les chaloupes de droite à 23 h 04. en prévoyant 30 minutes conformément à la réglementation internationale.
Avec 30 minutes pour l’armement de tous les canots de sauvetage, si l’on considère qu’on est à 23 h 04 plus 30 minutes, nous arrivons à 23 h34, heure du le film de la garde civile.
J’ai prévu 30 minutes : selon la réglementation de la Convention SOLAS, il faut compter 30 minutes pour pouvoir utiliser toutes les embarcations de sauvetage
après avoir terminé l’appel des passagers et de l’équipage.
Si l’on ajoute 30 minutes, nous arrivons à 23 h 30, heure du film de la Garde Civile, et là, dix minutes plus tard, à 23h43, nous sommes toujours dans les limites acceptables pour que toutes les chaloupes de sauvetage du côté gauche soient correctement positionnées.
Conformément à la réglementation SOLAS, nous avons dit qu’il faut 30 minutes pour mettre les canots de sauvetage à l’eau une fois que tous les passagers ont été recensés et que l’équipage est prêt.
Pour un navire de ce type, il faut plus ou moins 1 heure pour faire l’appel de l’ensemble de la communauté à bord.
Cela signifie qu’à partir du moment où vous êtes certain de devoir abandonner le navire, vous devez ajouter 1 heure et 30 minutes à votre estimation.
Si le Parquet indique que le commandant aurait déjà dû mettre les canots de sauvetage à l’eau à 22 h 10, cela signifie qu’une heure avant 22 h 10, j’aurais déjà dû commencer à compter tous les passagers et en ajoutant les 30 minutes, ça nous mène à 20 h 40.
À 20 h 40 nous étions en mer et nous naviguions régulière, sans imprévu.
Il aurait fallu avoir une boule de cristal pour prévoir qu’il faudrait abandonner le navire une heure et demie plus tard.
Sur ce point, il a été dit que le commandant n’avait pas suivi les procédures de gestion de l’urgence, mais en même temps il n’a pas été proposé de faire une analyse contradictoire.
Alors on peut toujours prétendre que s’il avait respecté les procédures, on n’aurait eu aucun décès.
Comme on peut le constater grâce à la boîte noire, ma décision a été de faire échouer le navire dans des eaux peu profondes précisément pour prolonger sa durée de survie.
Personne n’a évoqué sur la passerelle le fait que les portes étanches n’étaient pas étanches.
On sait également d’après les interceptions téléphoniques que les Officiers de la Salle des Machines savaient que les portes étanches n’étaient pas étanches.
Personne n’a demandé d’information au Directeur des Machines, et rien n’est remonté au Commandant sur la passerelle.
Je crois fermement que ce tragique accident du Costa Concordia doit être traité avec le sérieux et le professionnalisme requis, car sinon nous ne rendons pas hommage à la mémoire des victimes.
J’ai souhaité que le navire s’échoue ; autrement il aurait coulé.
22 minutes et 39 secondes
22 minutes et 48 secondes
22 minutes et 56 secondes
L’approche du commandant a ainsi provoqué le naufrage dans une zone de sécurité.
C’est ce qui a incité le commandant à se rapprocher pour faciliter l’abandon du navire et éviter que ne se surajoutent d’autres choses. Le navire est relativement statique.
23 minutes et 5 secondes
23 minutes et 13 secondes
La situation étant donc relativement stabilisée, le navire s’est échoué à environ 200 mètres de la côte, ce qui a facilité les opérations de transbordement à terre des personnes.
La proximité de la côte a permis un sauvetage très rapide, et certainement plus aisé que si le navire s’était trouvé au large.
Naturellement, si l’accident s’était produit au large, le navire aurait coulé. Nous ignorons quelles auraient été les conséquences exactes.
Les opérations de sauvetage à terre auraient été beaucoup plus complexes, précise un garde-côtes.
À présent, il ne fait aucun doute que plus de quatre mille personnes ont été secourues.
Au moment de l’accident, 4 229 personnes se trouvaient à bord, équipage et passagers compris. On a dénombré 32 morts et 4 197 survivants. Si Schettino n’avait pas décidé de
faire en sorte que le navire se pose dans des eaux peu profondes et s’il avait coulé en haute mer, le bilan des victimes n’aurait pas été le même.
Bien que l’État Italien ait investi des ressources humaines et matérielles considérables dans la reconstitution des faits et l’identification des responsables, les conclusions techniques et scientifiques qui sous-tendent les condamnations demeurent obscures et troublantes, tout comme l’acharnement du parquet à demander les peines les plus sévères jamais infligées pour des infractions involontaires.
Il s’agit là d’une conception de la peine qui va aux contre notre Constitution.
Le site de l’expert indépendant Anders Björkman
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 25 juillet 2026
HEIWACO
Section : Incidents maritimes du M/S Costa Concordia les 13 et 14 janvier 2012 causés par l’inaptitude du navire à la navigation
On nous a dit que le capitaine du navire était incompétent… il a échoué le navire sur un rocher…
a changé d’adresse-web et il a été mis à jour.
L’OMI, le rêve brisé/THE IMO, the broken dream
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 23 juillet 2026
L’Organisation Maritime Internationale, le rêve brisé
Un article de Michaël Lloyd qui a été publié en 2019 sur le site de l’Association Internationale des Victimes de la Croisière.

A la suite et conséquence directe du naufrage du Titanic et de l’enquête qui s’en est suivi, la Convention internationale sur la sauvegarde de la vie humaine en mer/International Convention of the Safety of Life at Sea (SOLAS) a été signée à Londres le 20 janvier 1914.
Il est remarquable que cela fut fait en quelques mois, probablement parce que les signataires n’étaient que les plus grandes puissances Européennes de l’époque.
À partir de là, l’OMI est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.
Elle s’est installée à son siège actuel à Londres en 1982 et dispose d’un personnel administratif d’environ 300 personnes composé de représentants des États membre.
Elle est gouvernée par une Assemblée qui se réunit tous les deux ans et est composée de délégués de tous les états membres. L’Assemblée élit un Secrétaire Général et le Conseil.
Le Conseil est l’organe exécutif de l’OMI et est responsable, devant l’Assemblée, de la supervision du travail de l’organisation.
L’État du Pavillon
À côté d’elle et souvent oubliée, il y a la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer/the United Nations Convention of the Law of the Sea (UNCLOS).
Bien qu’il s’agisse principalement de zones de responsabilité côtières et de haute mers, elle contient un article très important qui préoccupe particulièrement les gens de mer, à savoir l’article 94.
Cet article définit les devoirs de l’État du Pavillon et parmi ces devoirs, il y a ceux du paragraphe 94.2.(b). qui dit :
« Exerce la justice dans le respect des lois internationales sur chaque navire battant son pavillon et son capitaine, ses officiers et son équipage pour les questions administratives, techniques et sociales qui concernent ce navire. »
Cela, à présent, oblige fermement l’État du pavillon à exercer sa juridiction non seulement sur les navires immatriculés chez lui, mais aussi sur leur capitaine, ses officiers et son équipage. On peut également soutenir qu’à fortiori, cet article s’applique également à toutes les personnes qui sont à bord du navire, que ce soit légalement comme pour les passagers ou illégalement, comme pour les passagers clandestins.
Très peu d’États du Pavillon reconnaissent ou appliquent cela.
Comme nous le savons tous, aucune loi n’a de sens si elle n’est pas appliquée
et si ni la Division des Affaires Maritimes de l’ONU (rappelez-vous que l’UNCLOS est une convention), ni l’OMI, qui est un organe de l’ONU, refusent d’assumer toute responsabilité. pour l’application de l’UNCLOS.
Tant que cette situation incroyable perdure, les États du Pavillon peuvent continuer à ignorer cet article très important, et c’est ce que beaucoup d’entre eux font.
Le droit souverain des États du Pavillon de naviguer en haute mer et leur décision d’accorder leur nationalité aux navires sont garantis par l’article 90 de la convention de 1982 ; toutefois, ce droit n’est pas absolu et est qualifié à l’article 5 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1958 par le suivant:
« Il doit exister un véritable lien entre l’État et le navire ; en particulier, l’État doit exercer efficacement sa juridiction et son contrôle en matières administrative, technique et sociale sur le navire qui bat son pavillon. »
En 1999, le Tribunal International de la Mer/the International Tribunal of the Seahttps://www.itlos.org/fr/main/dernieres-nouvelles/ (ITLOS) a rendu son arrêt dans l’affaire MV Saiga n ° 2 (Saint-Vincent-et-les Grenadines contre la Guinée) et a réaffirmé que le « véritable lien » devait être considéré dans le contexte de l’exercice effectif de la juridiction et du contrôle, et non pour déterminer si un État est apte à autoriser des navires à battre son pavillon.
Si cela était appliqué, cela réduirait considérablement le nombre de registres des États du pavillon, mais là encore, rien n’est ni dit ni fait par l’OMI.
Enfin, l’OMI a adopté la résolution A912(22) annexe 1 qui stipule que :
« tout État membre doit veiller à l’application de sa législation nationale, y compris des procédures d’investigation et de pénales »,
et
« garantir d’avoir à sa disposition suffisamment de personnel ayant l’expérience maritime et technique nécessaire pour s’acquitter de ses responsabilités d’État du Pavillon. »
Ces deux recommandations sont ignorées de manière flagrante par la plupart des États du pavillon. ce qui est connu de l’OMI, laquelle,en vertu de son concept d’absence de pouvoir d’exécution, ne fait rien et ne dit rien. Par conséquent, ces infractions placent les personnes qui travaillent à bord des navires immatriculés dans ces États sans la protection que l’article 94 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (UNCLOS) avait été rédigé pour soutenir.
À partir du 1er janvier 2016, l’OMI a lancé un audit de l’État du Pavillon, mais qui a choisi les auditeurs ? Je suis certain de ne pas me souvenir d’avoir vu une publicité pour des candidatures à ces postes et pour cause, car ils ont été « sélectionnés » par les autorités maritimes des États du Pavillon. Il serait bon de lire les conclusions de ces audits, mais encore une fois, comme s’ils faisaient partie d’un club privé, les États du Pavillon peuvent choisir de les garder confidentielles vis-à-vis du public. Cela n’est peut-être pas surprenant, car aucun audit approprié n’a pu trouver de pavillon insulaire conforme à l’article 94 de UNCLOS ou à la résolution 912 de l’OMI. Mais l’OMI connaît les résultats de ces audits et ne dit encore rien.
Quel est donc l’intérêt d’un audit des États du Pavillon effectué par des auditeurs sélectionnés par les États du Pavillon et dont les résultats sont confidentiels ? Je suggère qu’un audit de l’OMI dans son ensemble est beaucoup plus urgent.
Ce qui est particulièrement honteux, c’est l’emprisonnement et la détention de marins dans le monde entier, dont beaucoup ne font l’objet d’aucune procédure légale et que ces emprisonnements sont commis par ces États qui ont des délégués siégeant à l’OMI et avec des dirigeants, des conseillers ou autres délégués auprès de cette organisation qui ne protestent pas.
Sécurité
C’est la raison pour laquelle l’Organisation a été créée : la sécurité de ceux qui sont en mer. Pourtant, ces dernières années, elle est de plus en plus débordée par des préoccupations en matière de pollution, de protection de l’environnement, de protection de la nature et le manque d’engagement envers ces questions.
La sécurité est entre les mains du comité de sécurité, composé de délégués du Conseil. Des enquêtes sur le nombre de membres du comité qui ont l’expérience de la mer ont abouti à la conclusion que cela est impossible à déterminer, ce qui est bien entendu absurde, et permet de conclure que très peu d’entre eux ont une expérience ou une compréhension de la plupart des questions dont ils discutent, en particulier dans la mesure où rien n’exige qu’une telle expérience soit requise pour siéger au comité.
La plupart des délégués ne sont que des porte-parole de leurs gouvernements, y compris notre propre délégué, qui n’a d’ailleurs aucune expérience en mer, et très peu, voire aucun, ne s’exprime de leur propre initiative. Une fois de plus, nous voyons qu’une autre convention est ignorée. C’est la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités et en particulier l’article 100 qui stipule :
« Dans toutes les organisations internationales, le fonctionnaire international est lié par le libellé de l’article 100 de la charte des Nations Unies qui stipule qu’il ou elle ne peut pas recevoir d’ordre de son État d’origine ou de toute autre autorité extérieure à l’Organisation. »
L’influence d’un certain nombre d’Organisations Non Gouvernementales dotées du statut d’observateur et qui représentent les intérêts des propriétaires de navires dans l’opposition aux initiatives pour la sécurité et l’influence de ces intérêts sur les gouvernements des États du Pavillon ne fait aucun doute. pourrait être supprimé, mais cela n’a jamais été fait, après tout, cela briserait le fil du saucisson et serait contré par les délégués et les administrations maritimes qui bénéficient de ce que nous appelons «l’approbation» de ces ONG.
L’influence de telles ONG qui agissent contre les intérêts de la sécurité pourrait être neutralisée, mais cela n’a jamais été fait, après tout, cela casserait la corne d’abondance/tarirait la poule aux œufs d’or et les délégués et les administrations maritimes qui bénéficient de ce que nous appelons « l’approbation » de telles ONG s’y opposeraient.
Considérons ce qui suit :
Un État insulaire du Pavillon compte plus de 1000 navires immatriculés avec plus de 80 navires de croisière. Ce qui suit est un extrait du rapport de 2015 sur les Droits de l’Homme publié par le département d’État Américain.
« La loi prévoit des sanctions pénales pour la corruption de fonctionnaires ; cependant, le gouvernement n’a pas appliqué la loi de manière efficace et les fonctionnaires se sont laissés corrompre en toute impunité. De nombreux cas de corruption ont été signalés par le gouvernement au cours de l’année. »
Mis à part le fait que tous les droits de l’homme des marins à bord des navires immatriculés par eux sont complètement ignorés, ce type de comportement pourrait peut-être expliquer la situation à laquelle les gens de mer sont confrontés aujourd’hui. Équipements de sécurité obsolètes et inadaptés, absence de législation en matière de formation et d’équipement neuf, systèmes de mise à l’eau rapide peu fiables et peu sûrs, législation en matière d’effectifs inadéquate, empêchant les navires de se conformer aux exigences internationales en matière de surveillance, législation sur les heures de travail mais aucune exigence pour les ports ou les propriétaires pour prévoir des places de stationnement ou des temps d’arrêt. La liste s’allonge et s’aggrave d’année en année et il faut maintenant dire que des marins sont blessés et meurent du fait de l’incapacité de l’OMI à agir.
L’OMI précise toutefois que sa législation peut être améliorée par tout État du Pavillon à condition que l’amélioration soit conforme à la législation initiale. Cela est raisonnable et semble permettre à tout État du Pavillon d’améliorer l’équipement de base en matière de sécurité, de formation et d’effectifs. Cependant, nous avons maintenant un autre problème : de nombreuses administrations marines gouvernementales, y compris la MCA du Royaume-Uni, ont deux responsabilités, l’une envers les gens de mer et l’autre envers le Gouvernement. Le gouvernement souhaite augmenter la flotte de pavillon national, ce qui prime par rapport à la sécurité, étant entendu que toute exigence supplémentaire allant au-delà de celle requise par la législation de l’OMI compromettrait l’attractivité de l’enregistrement du pavillon. Ainsi, comme dans la majorité des États du Pavillon, aucune amélioration n’est apportée et nous sommes tous revenus à l’essentiel de base.
Responsabilité
Enfin, si les choses tournent mal, qui est responsable ?
Pensez à cela, en 1914, lorsque la Convention SOLAS a été conçue pour la première fois, en 1914, la capacité des embarcations de sauvetage était basée sur un poids moyen de 165 lb/74,8 kg* par personne. Plus de 100 ans plus tard, cela n’a pas changé, alors qu’aujourd’hui, le poids moyen en Amérique du Nord, principal client de la croisière, s’élève à 178 lb/80,7 kg*, soit une hausse de 14%. En théorie, cela signifie que toutes les embarcations de sauvetage actuelles sont évaluées à 14% de plus que leur capacité.
Supposons maintenant que l’un des très grands navires de grande taille coule de nuit dans des conditions météo moyennes. Premièrement, il est reconnu l’impossibilité d’abandonner le navire dans les délais prescrits, sachant qu’une bonne partie des passagers sont en état d’ivresse, avec de nombreuses personnes âgées ou infirmes, et qu’aucun exercice réel n’a jamais été organisé dans de telles circonstances pour apprécier les problèmes que cela crée. Lors de toute enquête ultérieure, de nombreuses questions se poseraient quant à la raison pour laquelle les passagers ne rentrent pas tous dans les canots de sauvetage, et pourquoi un certain nombre d’entre eux se retrouvent avec le cou brisé en raison de l’utilisation de gilets de sauvetage approuvés par la Convention SOLAS sans sangles d’entrejambe et en essayant de sauter de plus des 4,5 mètres au-delà desquels les gilets de sauvetage ne sont pas approuvés.
Ces faits sont bien connus de tous les délégués de l’OMI, y compris des nôtres, et aucun d’entre eux n’a jamais posé la moindre question sur ces sujets, on pourrait penser que s’il y avait une telle enquête, un nombre considérable d’entre eux pourrait se trouver confrontés à de très graves chrges pour leur inaction
Mais non, car ils jouissent tous de l’immunité diplomatique, y compris notre propre délégué. Il est possible cela explique leur attitude désinvolte à l’égard de la sécurité.
C’est ce qui abandonne les marins au blâme. Nuance dans le cas du Costa Concordia, peut-être ? Et exactement comme dans le cas du Costa Concordia, après une vague d’activité, tout va redevenir comme avant et le système juteux va continuer de fonctionner.
Nous méritons mieux que cela. Ce n’est pas ce que voulaient ceux qui ont fondé l’OMI pendant toutes ces années. Ce n’est certainement pas ce que méritent les centaines de milliers de passagers de nos navires de la part de notre profession ou de la part de l’industrie tout entière.
Beaucoup dans l’industrie connaissent les défauts de l’OMI, mais les acceptent parce que nous avons besoin de l’OMI et qu’il n’y a rien d’autre. Je pense qu’il arrive un moment où, quels que soient la taille ou le pouvoir d’une organisation, elle a besoin d’une refonte complète est nécessaire pour se rétablir et remédier aux nombreuses incohérences qui se sont glissées au fil des années de même équipe de direction et de négligence administrative. Même une nouvelle organisation s’occupant uniquement de la sécurité en mer serait mieux que l’OMI maintenant.
La conclusion inévitable est qu’elle est devenue d’un château de cartes, avec une direction médiocre, une gestion inefficace et davantage intéressée par la perpétuation du style de vie et des salaires des personnes qui en font partie que par la sécurité des marins à l’extérieur.
Du point de vue des marins, il s’agit d’une organisation brisée qui ne garde que très peu du rêve de ceux qui l’ont formée. Le marin, qui est censé être au centre des préoccupations de l’OMI, est maintenant presque oublié, sauf en ce qui concerne le blâme. Peut-être faudrait-il maintenant enlever la statue du marin qui est à l’extérieur du bâtiment de l’OMI, car elle a très peu d’importance pour ceux qui se trouvent à l’intérieur ou leurs délibérations.

Pourquoi ?
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 23 juillet 2026
Pourquoi viens-je d’essayer la fonction reblog de WordPress ?
Pour répondre à une question de Mitchî, vieux compagnon de blog du temps de Spaces où il nous faisait joliment partager les aventures d’un banc public de sa Belgique natale,
Pourquoi faire un nouveau billet sur ma modeste personne ?
Parce que je me suis aperçue que le lien qui mène au document clef de voûte de mon explication est mort – c’est la gangrène du Web – et que je ne suis pas assez à l’aise avec le nouvel éditeur de notre hébergeur, Gutenberg, pour essayer de retoucher un ancien billet écrit avec un autre que lui qu’il m’a tout l’air de traiter comme un seul bloc compact. J’ai mis un lien-qui-lie dessous, en commentaire, mais je ne sais pas le dire.
Pourquoi me suis-je intéressée au naufrage du Costa Concordia ?
C’est à cause d’une autre catastrophe et de ses suites dont voici le compte-rendu :
L’avalanche de la crête du Lauzet : La mécanique d’un lynchage …
Les plus anciens s’en souviendront peut-être : il s’agit d’un évènement qui s’est produit le vendredi 23 janvier 1998, à l’époque où la télévision était en noir et blanc et où j’étais scolarisée au Lycée Montgrand, si ma mémoire est bonne. Je ne l’ai jamais oublié.
J’ai été professeur de Sciences Physiques en Flandre.
J’ai accompagné un voyage scolaire en Belgique, une élève s’est égarée, la police belge a été prévenue et nous ne sommes pas rentrés sans elle, mais nous avions un retard sur l’horaire prévu de plus d’une heure et comme c’était un mercredi, nous n’avons même pas essayé de contacter le Collège. Les parents attendaient notre retour devant le portail dans l’état que vous pouvez imaginer.
Supposons que j’aie accompagné un voyage en Espagne.
Supposons que la collègue d’espagnol ait décidé de passer par les Baléares.
Supposons que pour montrer un autre monde à des jeunes qui n’ont, pour la plupart jamais quitté leur banlieue, elle ait choisi un paquebot de croisière pour moyen de transport. Pas besoin de supposer, COSTA prévoit une escale aux Baléares.
Supposez que j’ai eu le malheur d’en revenir vivante …
Tous les profs sont concernés, tous les transporteurs de passagers sont concernés, tout le monde est concerné.
Pourquoi est-ce que je soutiens le Commandant du Concordia ?
D’abord on nous l’a présenté plus noir que noir, comme dirait Coluche. À ce point, ce n’était pas possible. Et puis personne ne mérite de se faire harceler.
Ensuite, au fur et à mesure que le temps passait, avec Google Traductor et Reverso toujours ouverts sur mon PC, je progressais dans la Lengua del bel Paese.
J’en suis arrivée à penser que cet homme qu’on voyait toujours sur les visuels sur son navire ou pas loin était peut-être innocent. Je veux dire responsable mais pas coupable de ce dont l’opinion publique l’accusait.
Aujourd’hui, les traducteurs permettent de copier/coller, YouTube offre parfois des transcriptions de ses sous-titres, parfois il permet de les traduire en français, parfois il propose un doublage audio en français. Je réalise toujours de nouveaux détails.
Alors oui, je continue.

