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« Costa Concordia : Schettino pleure au tribunal : « Je suis mort, moi aussi. »
Publié par Monique-Mauve dans Commandant SCHETTINO, Journal de bord le 9 août 2026
« La principale victime est Francesco Schettino, condamné à une peine qui s’apparente à une peine de prison à perpétuité », a déclaré son avocat au tribunal. Pendant ce temps, l’ancien commandant, en larmes, laisse éclater sa colère.
Un article paru sur le journal Today du 11 février 2015
https://www.today.it/cronaca/sentenza-costa-concordia-schettino.html
ROME – Sauf imprévu, le sort de Francesco Schettino, seul accusé dans le naufrage du Costa Concordia au large de l’île de Giglio, sera connu en fin de soirée. L’ancien commandant est présent au Théâtre Moderne de Grosseto, transformé en salle pour héberger le procès. La Cour, présidée par le juge Giovanni Puliatti, s’est retirée dans sa salle de délibération : à 19 h, les juges décideront s’ils prononcent la sentence ou s’ils la reportent à l’audience de demain.
Schettino, quant à lui, a pris la parole lors de l’audience finale du procès, submergé par l’émotion et les larmes. « J’ai envie de dire que le 13 janvier 2012, je suis moi aussi mort en partie », a déclaré l’accusé. Peu avant, les avocats de la défense avaient critiqué la demande du procureur de requérir une peine de vingt-six ans : « C’est quasiment une peine à perpétuité », a déclaré maître Domenico Pepe. « Durant ces trois années, Schettino a souffert comme personne d’autre n’a souffert. Il a été humilié, offensé, insulté au tribunal, persécuté. » « Le Commandant Schettino ne peut plus bouger, il ne peut plus aller au restaurant. Ici, à Grosseto, nous avons dû nous cacher, en espérant ne pas être vus. En ces trois années, c’est comme s’il avait passé trente ans en prison. S’il est responsable, qu’il soit condamné, mais ne il ne faut pas se moquer de lui », a poursuivi l’avocat.
Maître Domenico Pepe a ensuite critiqué le travail du procureur : « Je crois que les affirmations du procureur était purement fantaisistes. Une quantité énorme de données a été rassemblée, difficilement interprétables par le commun des mortels. C’était un véritable fouillis dont la synthèse fut difficile à appréhender, cela nous a pris des mois et nous n’y sommes parvenus qu’avec l’aide de notre meilleur technicien, qui n’était autre que Schettino lui-même. »
Voici les propos de Schettino au début de sa déclaration spontanée admise par le tribunal : « Depuis le 16 janvier, on a mis ma tête en jeu, sous le mauvais prétexte de protéger des intérêts économiques. Depuis le début, des pièces du procès ont été divulguées avant même qu’elles aient été analysées, jusqu’à ce stade du procès où on tient envers moi des propos injurieux, on ne fait que renforcer l’image d’un homme qui mérite une condamnation. Une condamnation qui répond à une logique purement utilitariste. » Il poursuit : « On m’a reproché un manque de sensibilité envers les victimes : » se couvrir la tête de cendres » aurait été la bonne façon d’exprimer ses sentiments. Un choix que je n’ai pas fait. La douleur ne doit pas être exhibée pour l’instrumentaliser. » L’accusé ensuite alors commencé à « parler des moments de douleur que j’ai partagés avec les naufragés chez moi », mais, à cette évocation, il s’est mis à pleurer en ajoutant : « Je ne voulais pas ça », avant d’interrompre son intervention.
