Archives de la catégorie Commandant SCHETTINO

« S’il te plaît, raconte-moi la vie de marin sur la CONCORDIA. » SAINT-EXUPÉRY – presque

 La vie à bord des membres d’équipage, ce que vous, vous ne verrez jamais !

traduction

un article de Daniela PISANO sur le blog Crazy Cruises, Ces croisières de folie ou bien Fan de croisière ?
http://crazycruises.it/2015/02/13/vita-da-membro-dellequipaggio-quello-che-non-vedrete-mai/

« Travailler sur un navire de croisière n’est pas facile, et ce n’est pas si fascinant que ce que nous pensons parce que nous avons en mémoire des séries télévisées dont la plus célèbre : “La croisière s’amuse. »

La vie des membres d’équipage est très dure, parce qu’ils ont beaucoup d’heures de travail et qu’il n’y a ni samedi ni dimanche pour eux : certes, la majorité des personnes qui mènent ce genre de vie s’habituent et malgré tout, c’est une expérience vraiment unique, qui voit éclore des amitiés durables, des amours, et aussi vous permet de visiter le monde entier ( bien que la totalité du personnel ne puisse pas descendre à terre à chaque port).

Ils ne la vivent pas non plus de la même façon: il y a d’énormes différences entre les membres de l’équipage selon leur rôle à bord. Les mieux lotis ? Il n’est pas difficile de deviner que ce sont à coup sûr les officiers de bord.

Ainsi que vous pouvez bien l’imaginer, surtout dans les navires géants, tels que ceux qui sont les plus grands du monde, les membres de l’équipage sont tellement nombreux, plus de 2000, qu’à eux seuls ils formeraient un petit pays multilangue, avec des habitudes alimentaires, culturelles, religieuses diverses, qui peuvent souvent poser de réels problèmes.

Mais que se passe-t-il donc, en coulisse, dans les locaux qui leur sont exclusivement réservés ?

« Staff » et « crew », une différence énorme

Les membres du « crew » à bord* sont tous les professionnel comme les serveurs, les barmen, ceux qui s’occupent des cabines, ceux qui travaillent aux cuisines, à la laverie etc … ,alors que le « staff » comprend les animateurs, ceux qui travaillent dans les magasins du bord, les musiciens, les cadres, et naturellement les officiers.

Ils ne sont pas tous traités de la même façon à bord : plus haut vous serez dans la hiérarchie, mieux vous serez traité, vous aurez un logement plus commode, mieux situé, etc …

Les cabines de ceux qui travaillent à bord, qui sont situées au dessous de la ligne de flottaison, sont des cabines dortoirs à 2/4 occupants : progrès par rapport à avant, il y a une salle de bain dans ces cabines, à quelques exceptions près.

Par exemple, mes contacts sur le COSTA DIADEMA m’ont informé que, bien qu’elle soit le dernière née de la flotte de la Compagnie, baptisée fin 2014, les salles de bain du Crew sont en commun à raison de une pour deux cabines !

Une autre particularité intéressante qui sépare encore plus le Crew et le Staff est le fait que, les membres du Crew doivent aussi tenir leur cabine propre et doivent faire leur lit, et ont une personne dont le travail est de vérifier l’ordre et la propreté dans les cabines, alors que rien de tel n’est prévu pour le Staff, leurs cabines sont nettoyées par les personnels dont c’est le travail rémunéré à bord.

  • NDA : Crew et Staff au masculin
  • NDS : Crew, exécutants et Staff, état-major ; je laisse en anglais, c’est la langue officielle de la marine



Les Ponts A&B

Dans le jargon des marins, les ponts situés sous la ligne de flottaison sont dits Ponts-B, alors que les Ponts-A sont ceux qui sont situés au dessus, et dans lesquels sont logés les officiers, en cabines individuelles (dans la pluspart des cas).

Dans les récits de qui travaille à bord, on trouve à la fois l’orgueil d’avoir servi à bord d’une flotte et d’avoir offert des moments inoubliables aux passagers, mais aussi les difficultés qu’on peut rencontrer à vivre près de 9 mois par an dans une cabine minuscule où il n’y a aucune intimité.

Il y a Compagnie et Compagnie, navire et navire : en général les plus récentes ont des cabines plus confortables, jamais autant que celles des passagers, mais il y a des cabines pour 2 personnes seulement avec tout le confort et parfois le tout dernier confort moderne.

Cependant, je tiens à souligner que tous les bateaux ne présentent pas de la même façon la différence : pour les navires d’autres Compagnies, on distingue les Ponts A & B par leur numéro.

Les cabines des officiers sont toujours mieux situées, ne serait-ce que pour des considérations d’évidente nécessité, elles sont plus près de la passerelle, parfois les cabines des animateurs et aussi celles des personnels du Staff peuvent être situées dans un plan intermédiaire (comme par exemple sur le COSTA FASCINOSA, où ils sont logés dans des cabines du pont 5, au milieu des cabines des passagers).

Les espaces réservés en exclusivité

Les endroits où l’équipage peut se reposer lui sont exclusivement réservés, comme le restaurant et le bar, aucun passager ne peut JAMAIS y entrer, mais il y a aussi à l’extérieur des endroits des endroits qui leur sont réservés, même si ils occupent un minimum d’espace, comme la (minuscule) piscine et le solarium.

C’est un point essentiel quand on réalise qu’une fois le travail terminé tout le monde ne peut pas se déplacer librement sur le navire, comme peuvent le faire par contre les officiers et les membres du Staff (accueil, accompagnateurs pour les excursions etc …), qui, par contre ont accès aux spectacles, aux restaurants su bord et peuvent aussi sedistraire en discothèque (où nous les croisons souvent avec le personnel qui fait partie de l’animation, toujours avec leur nom sur l’étiquette épinglée à leur poitrine, même quand ils ne portent pas l’uniforme).

L’une des choses les plus lourdes à vivre est certainement la cadence de travail, souvent 12 heures d’affilée, sans fête religieuse, samedi ni dimanche qui tienne, sans aucun jour de repos le plus souvent.

Voilà pourquoi réussir à descendre à terre chaque fois est vraiment important, quand vous mettez le pied sur le plancher des vaches, vous changez d’air, vous en profitez pour faire des achats personnels, toutes choses qui coûteraient très cher à bord, parfois vous vous prenez des remèdes ou tout simplement vous pouvez vous connecter avec vos proches en utilisant une connexion wi-fi qui sera plus facile à obtenir qu’à bord et plus rapide que les connexions depuis le bord, le plus souvent chères et lentes.

Et pourtant, ceux qui travaillent à cette cadence réussiront difficilement à descendre à terre pendant que le navire est à quai, s’ils ont deux heures de repos ils réussiront quand même à y faire un tout petit tour et à changer un peu d’air. Les membres du Crew qui font partie de troupes artistiques ou ceux qui travaillent dans les boutiques et le casino du bord ont davantage la possibilité de descendre à terre que les autres (et ce parce que le casino et les boutiques du bord sont fermés quand le navire est amarré au quai)

On évite pour eux ce qu’on appelle le « syndrome d’enfermement » en appliquant un programme social et de distractions spécial : c’est ce que disent les Compagnies : les récits que j’ai entendu de mes propres oreilles disent tout autre chose, mais en général, c’est le caractère de chacun qui fera qu’il deviendra dingue à rester enfermé entre quatre murs ou passera seulement 9 mois super-monotones et crevants.



Les salaires

Le gîte et le couvert sont fournis par la Compagnie, donc la rémunération reçue reste quasiment intacte : on paye seulement les connexions Internet ( sauf si on attend que le bateau soit dans un port où on pourra se connecter par wi-fi gratuit) et la blanchisserie (sauf pour l’uniforme).

Mais là aussi il ya des distinctions entre les différentes Compagnies : en fait, pour certaines, les boissons ne sont pas comprises dans le gîte et le couvert, (sauf pour les distributeurs d’eau douce et de quelques jus de fruit) et pour le blanchiement, il y a des machines à laver de type libre-service, qui ne sont pas payantes.

Ce qui reste est soit envoyé à la maison soit lavé à terre moyennant paiement, car on ne peut plus le garder à bord au bout d’un certain temps vu l’exiguité de la cabine.

Et surtout ceux qui sont originaires des Pays asiatiques, pour lesquels le change de la monnaie est correct alors que c’est un peu plus difficile pour le personnel d’origine européenne, arrondissent leur pécule avec les pourboires des passagers là où nous pouvons affirmer avec certitude que ce n’est pas leur salaire qui est des plus attractifs, en particulier compte tenu du genre de vie qu’ils vivent ainsi que des sacrifices qui accompagnent près de 9 mois en mer (ceci ne valant pas pour les officiers de bord et les cadres).

La durée du contrat

Là aussi, il y a des différences : normalement, elle est de 8 / 9 mois pour les employés qui viennent de Pays non Européens qui ont une législation différente en matière de contrats de travail, alors que pour les Européens, la durée normale est de 5 / 6 mois.

En ce qui concerne les italiens, mes contacts me disent qu’ils ne peuvent pas être de plus de 6 mois à moins qu’ils ne soient expédiés sur un navire qui va desservir les mers Asiatiques, dans les quelles le contrat peut être étendu à un maximum de 9 mois (ceci étant prévu par la loi). On ne peut pas alllonger un contrat à plus de 9 mois à un italien, sans lui donner ensuite le temps de repos qui lui est dû (et amplement mérité) de plusieurs mois.

La langue du Crew

Eh bien oui, l’équipage a son propre jargon, qu’il utilise en toute sécurité quand il ne doit pas se faire comprendre des passagers, quand ce n’est pas lié à la sécurité des passagers eux-mêmes, et aussi pour communiquer entre eux. quelqu’un m’a raconté aussi qu’il y a divimage du bar de ers types de jargons, suivant l’endroit où on travaille : un mélange de langues ne pouvait pas ne pas faire naître un mélange d’argots et de façons de s’exprimer.

C’est ainsi que je découvre que le mot « camicie » est utilisé parmi les officiers (pas dans toutes les Compagnies) et le terme « F&B » signifie tout ce qui tourne autour de l’alimentation et la boisson … pour citer seulement quelques exemples parmi beaucoup d’autres !

L’amour à bord

Vous pouvez souvent rencontrer l’homme ou la femme de votre vie sur votre lieu de travail quel qu’il soit, alors rendez-vous compte quand vous travaillez sur une ile flottante comme l’est un navire de croisière, qu’il soit petit ou grand, il est vraiment difficile de ne pas céder aux petites flèches de CUPIDON : que ce soit à cause de la longueur de l’embarquement et du fait que vous ne pouvez pas vous échapper du navire et que le cadre est ce qu’il est … les occasions ne manquent vraiment.

Pensez seulement aux occasions qui peuvent survenir à bord et à la difficulté d’arriver à trouver une cabine de 4 personnes libre quand vous en auriez l’utilisation immédiate !! Je vous dis pas l’angoisse !

Outre le fait qu’il est interdit tout contact de ce genre entre les passagers et membres d’équipage: aucun membre de l’équipage ne peut entrer dans une cabine de passagers sans une bonne raison (sécurité ou santé !) : en fait, il est également interdit de seulement engager la conversation ou d’avoir un contact physique avec un passager lors d’une soirée dans n’importe quelle partie d’un navire à passagers que ce soit, car alors c’est le débarquement immédiat, avec le licenciement dans la foulée : et on ne transige pas, sur ce point la sévérité est maximale.

Contrairement à ce qui se passe au sein du personnel, tout restant toutefois bien caché aux yeux des passagers.

Bien sûr, on ne peut pas affirmer que ces choses n’arrivent pas, mais si on est découvert on a de sérieux embêtements !

Alors qu’en ce qui concerne l’équipage … tout ce qui se passe entre membres d’équipage reste entre membres d’équipage !

Lorsque ce sera le moment de donner un pourboire à bord, ayez une petite pensée pour la vie que ces jeunes mènent pendant autant de mois d’affilée et faites ensuite selon votre conscience : pensez-vous toujours que ces 8 euros en plus de pourboire obligatoire sont immérités ?

Pour avoir permis la rédaction de cet article, je remercie vivement et du fond du cœur mes amis de Crew qui travaillent pour différentes Compagnies de croisières parfois très différents les unes des autres.

Travaillez bien, les jeunes, sans vous une croisière ne serait pas chaque fois un conte de fées.

Mon plus sincère MERCI, de ma part et de celle de mes collègues, va autant au Staff que au Crew.

Naturellement, chaque Compagnie a sa personnalité, ainsi que chaque navire et chaque équipage, qui a vécu à bord son expérience personnelle, avec des règles et des missions diverses même au coeur de la même Compagnie, mais différente d’un navire à l’autre.

C’était un article de Daniela PISANO sur le blog Crazy Cruises,

http://crazycruises.it/2015/02/13/vita-da-membro-dellequipaggio-quello-che-non-vedrete-mai/

, , ,

Poster un commentaire

Posons sur la table on va trier

va pas rester grand chose.
La sortie de la longue interview du Commandant SCHETTINO à Vittoriana ABATE est annoncée pour le 24 juin 2015 dans toutes les bonnes librairie d’ITALIE.
En voici la couverture entière :
En attendant cela, la Méditerranée …
la Méditerranée imperturbable joue avec les grains de sable multicolores de la plage de META, comme elle l’a toujours fait. 
Pendant ce temps-là, la moulinette médiatique continue de tourner, mauvaise, aveugle, sans pitié, elle essaie encore de broyer.
Je raconte : pour les gens de bonne volonté, l’éditeur napolitain, Monsieur GRAUS, avait carte blanche pour communiquer quelques extraits du Livre de Mémoire. 
Le premier à  profiter de l’offre ne fut pas quelqu’un qui voulait en apprendre un peu plus sur l’accident de la CONCORDIA mais un de ces journaux qu’on lit en diagonale, chez le coiffeur, en attendant que la couleur « prenne », une oreille distraite vers les ragots du quartier, un œil distrait sur les ragots des people accompagnés de documents photoshopés. Le Commandant a précieusement tenu sa famille à l’écart du cirque médiatico-judiciaire. « Il faut être en acier trempé » pour résister à  ce traitement et attendre sans dégâts que ça se finisse pour passer à  la phase suivante du processus, la résurrection peut-on lire sous la plume de Maître SOULEZ LARIVIÈRE*.

Le paparazzo n’en a cure.
Il a fallu travailler beaucoup d’heures avec Madame ABATE l’un racontant, l’autre notant, pour remplir 600 pages.
Il a fallu les relectures, les explications, les précisions pour que l’écrit de l’une qui n’y connaissait rien auparavant colle à la pensée de l’autre pour lequel tout semble naturel.

Il avait fallu beaucoup d’entretiens et cela avait fait jaser jusqu’en FRANCE, plus facilement accessible au grand public que les considérations techniques.
La moitié de l’article colporte encore une fois ces ragots et rappelle les autres inventions « populaires » pour faire bon poids. C’est comme cela que l’on avait fabrique un monstre. 

Le vocabulaire utilisé par le paparazzo dans la partie relative au livre est sinistre. L’histoire du Commandant SCHETTINO n’est pas une histoire spécialement gaie, la prose que je lis en fait carrément pour lui une invitation au suicide ! 

On parle beaucoup de ce genre de procédés aux actualités télévisées en ce moment, car nombre de nos adolescents harcelés par leurs « camarades » craquent et passent à l’acte, c’est ce qui est arrivé à Marion. Les familles en deuil, surprises par ce que leurs enfants ont du supporter de la part d’autres enfants sans rien en avoir su, sans rien avoir vu venir, témoignent sur les ondes. Que peuvent-elles faire de plus ? la loi interdit déjà le harcèlement. Dommage, quand le mal est fait il est définitif et la loi entre trop tard en scène. 

Ça n’arrive pas qu’aux autres, et à laisser faire, on vit dangereusement. 

Pourquoi faut-il que de nos jours encore de tels agissements soient ils seulement possibles ? 

Pourquoi faut-il qu’un accident en mer soit traité en affaire criminelle ? 

Pourquoi suffit-il d’un seul bouc expiatoire là où un ensemble de personnes ont participé ? 

Pourquoi existe-il toujours une presse vautour qui se repaît du malheur des êtres humains, qu’il soit réel ou inventé par elle-même ? il y a la demande ? ça se vend bien ? 

Ouais … la nature humaine … 

Et pendant ce temps-là , la MÉDITERRANÉE …

* Du cirque médiatico-judiciaire et des moyens d’en sortir aux éditions SEUIL
http://www.amazon.fr/cirque-m%C3%A9diatico-judiciaire-moyens-den-sortir/dp/2020214822
ou
http://www.seuil.com/livre-9782020214827.htm

, , , , , ,

Poster un commentaire

La vérité submergée

La presse italienne annonce la parution – enfin ! – du livre écrit à 4 mains par le Commandant SCHETTINO, la seule personne qui, de par son métier et son exercice sur le paquebot, a vraissemblablement depuis longtemps compris le pourquoi de l’accident qui l’a amené à se présenter en tant qu’accusé de tous les maux possibles et imaginables par la soi-disant « opinion publique » devant un tribunal.

La personne qui lui a tenu le stylo est Madame Vittoriana ABATE, journaliste d’investigation à la RAI. Elle y avait longuement interviewé le Commandant dans le cadre de l’émission Porta à Porta (en italien).

L’éditeur est Grauseditore de NAPLES.

Le livre, de 600 pages, paraîtra en librairie en italien, français et autres langues de passagers concernés. Il ne coûtera qu’une petite vingtaine d’euros.

De cette publication, Francesco SCHETTINO a dit :

“…Agli insulti che ho subìto in quest’aula di Tribunale, vorrei rispondere con una preghiera che sono certo sia condivisa da tutte le persone presenti qui oggi. Una preghiera che rivolgo tutti i giorni di questa mia non vita alle persone che non ci sono più, le vittime di questo maledetto incidente. Sono queste le ultime frasi di quella dichiarazione spontanea interrotta, parole che la commozione mi ha impedito di riferire pubblicamente in questi tre anni”.

« … Je voudrais répondre aux insultes qui m’ont été faites dans l’enceinte du tribunal par une prière dont je suis certain qu’elle sera partagée par toutes les personnes qui sont présentes aujourd’hui ici. Une prière que je renouvelle aux personnes  qui ne sont plus chaque jour de ma non-vie actuelle, les victimes de cet accident meurtrier. Ce sont les dernières phrases de ma déclaration spontanée inachevée, des paroles que l’émotion m’a empêché de prononcer publiquement au cours de ces trois dernières années ».

Le souriceau se souvient de ce qui s’est passé lors de la toute première interview quand a pris fin l’assignation à résidence, il y a un peu plus deux ans, alors que la présentatrice essayait de faire parler le Commandant qui a lui-même une fille de la petite DAYANA. Comme plus récemment au tribunal, alors, cet homme doux s’est mis à pleurer en silence en faisant signe « non, je ne peux pas ».L’enregistrement s’était alors interrompu.

Au cours des 600 pages du livre, nous allons connaître l’histoire du commandant, sa vie, son expérience professionnelle, ses souvenirs d’avant et après la nuit tragique

Qui est l’homme accusé d’avoir sabordé la CONCORDIA ? trente ans en mer.  

Des anecdotes, des souvenirs, des témoignages qui n’avaient pas été rendus publics

Tout ce qui n’avait pas été dit, tout ce qui n’a pas été compris au sujet du naufrage de la COSTA CONCORDIA.

Tout ce qui a été submergé par un tsunami médiatique à deux balles.

, , , ,

Poster un commentaire

Dans vos kiosques depuis le 28 mai

le numéro spécial de Ouest-France et Le marin : 

La saga des paquebots géants
100 pages d’Histoire :
  • d’où vient la croisière,
  • son évolution au cours du temps,
  • les paquebots célèbres et leur fin de vie,
  • les passagers célèbres des premiers temps,
  • les artistes qu’elle a employés pour l’ornement interne des paquebots
  • les peintres qu’elle a inspirés,
  • les chantiers capables de construire les bateaux de plus en plus géants, un exemple au hasard : SAINT NAZAIRE
  • les ports capables de les accueillir, un exemple au hasard : MARSEILLE
Bon, je suis chauvine, comme vous l’avez peut-être remarqué, mais l’industrie de la croisière et toutes celles qui en dépendent ont en fait un caractère mondial.
Une lecture et des photos pour rêver voyages, tourisme, animations en ces temps de pré-vacances, ou bien construction navale, aides à la navigation toujours plus sophistiquées, et la mer, les mers, les intempéries inévitables, la nature dont la puissance est telle qu’elle gagnera toujours sur les hommes insuffisamment préparés à l’affronter.

Disponible dans tous les kiosques et librairies bien achalandés ainsi que dans les boutiques-web des deux éditoriaux dont les journalistes se sont réunis pour produire le fascicule et dont vous voudrez bien trouver les liens ci-dessous :

http://boutique.ouestfrance.fr/la-saga-des-paquebots-geants-ouest-france,fr,4,HS15_sagadespaquebots.cfm#.VW2QvkbGG3s

http://www.marines-editions.fr/edtions-ouest-france,fr,3,96.cfm

, ,

2 Commentaires

Le passage des consignes

Le livre – en italien pour le moment – d’Angela CIPRIANO et Guido FIORINI

 LES VOIX DE LA CONCORDIA

les protagonistes confient leur douleur, racontent leurs souvenirs, mettent des mots sur leur ressenti, dans une commune recherche de vérité

est arrivé dans ma boite aux lettres, j’avais pu le commander en passant par amazon.it

Naturellement, je lis le récit de l’accident en premier et une chose me frappe : la façon dont le commandement a été pris et a été abandonné peu avant le choc. 

Rappelez-vous, AMBROSIO était aux commandes et dirigeait la CONCORDIA droit sur l’ile du GIGLIO sous l’aile bienveillante de l’officier CORONICA et via les mains du timonier Jacob RUSLI BIN en venant de l' »autoroute maritime » qui longe le promontoire de l’ARGENTARIO et que les médias ont fait exprès de confondre avec « la route normale qu’aurait du suivre la CONCORDIA » quand la moulinette médiatique avait commencé à tourner. Les grands patrons, depuis la terre, avaient voulu un inchino au GIGLIO, on allait faire l’inchino, ce n’était pas la première fois, c’était normal, presque la routine.

Pour prendre le commandement, SCHETTINO, dans ce cas de figure, devait prononcer texto la phrase : « Master take the conn ». C’est une phrase quasi-sacrée. On ne la change pas. C’est quasi-militaire. Ça doit déclencher un réflexe conditionné chez l’autre. Pour vous donner une idée, c’est comme « bonjour » quand on entre, « au revoir » quand on s’en va, « merci » quand vous recevez un cadeau. Là c’est « Master takes the conn ». En anglais. Point-barre. Il n’y a pas à comprendre, il n’y a qu’à apprendre. L’autre, AMBROSIO donc, tant que la phrase magique n’a pas été prononcée est le chef de la passerelle. Une chose qui n’est pas négociable non plus. Il continue à donner les ordres et ne se déconcentre pas. Il a plus de 4000 âmes sur les épaules, y compris la sienne.

Or qu’est-ce que je lis ensuite ? comment AMBROSIO a-t-il vécu le dernier passage des consignes à bord de la CONCORDIA ? D’abors il s’est estimé relevé de son boulot et probablement de ses responsabilités avec parce que le Commandant le plus ancien dans le grade le plus élevé qui était là, au téléphone, lui a fait signe de la main, la paume ouverte vers lui, c’est « stop ». Comme nous à la maison aux enfants qui parlent plus fort que le téléphone « deux minutes », comme mon patron prévenait ses secrétaires sans un mot de ne-pas-le-déranger-et-de-repartir-de-son-bureau-en-silence-en-refermant-la-porte-derrière-soi. Une convention de fonctionnement qui s’était tacitement mise en place, nous étions toutes adultes.

A partir de là, le jour où il a témoigné à GROSSETO, AMBROSIO cafouille. La phrase magique n’a toujours pas été prononcée par le seul qui avait le droit de la prononcer, le  Master lui-même.

Et pour se justifier il utilise, pour énoncer des mesures, un vocabulaire qui n’a rien de mathématique : « J’ai eu le sentiment que le navire allait trop vite, mais je n’ai rien dit » c’est le plus clair de l’histoire.
Quel sentiment ? dans sa position, il avait la valeur exacte de la vitesse à chaque instant !

Je parle de sa position devant les plans de travail. Il est de quart, responsable en chef, c’est-à dire placé sur la passerelle à un endroit où il a la vue sur tous les cadrans qui lui sont nécessaires pour avoir les données de vitesse et position, à portée de la main et de l’oreille le téléphone vers la salle des machines. Et Monsieur ne dit rien !

A haute et intelligible voix, devant tout le monde, il a commencé à donner des ordres, répétés par les deux autres de quart, pour prendre un tournant qu’il n’a finalement pas encore pris. Et Monsieur ne dit rien !

La CONCORDIA n’est pas là où elle devrait être, elle va plus vite que prévu, dit-il à la Cour, donc elle est plus proche de la falaise que ce que le Commandant SCHETTINO ne le croit. Et là, en passerelle, au moment de la quitter pour regagner sa cabine, tranquillou Monsieur ne dit toujours rien !

Monsieur suppose peut-être que le Commandant SCHETTINO a une boule de cristal intégrée dans le cerveau ?

« Je ne voulais pas m’opposer à lui à ce moment-là », dira-t-il aussi. « Je ne voulais pas me mutiner« .
C’est la plus belle : AMBROSIO passe à son chef en pleine nuit noire un bateau dont il sait qu’il va vite – pour un mastodonte qui a encore un virage dans l’eau à faire*, ce que lui sait aussi, pas SCHETTINO – droit vers une falaise de roches sans lui dire où ils sont, sans lui dire qu’ils n’ont pas tourné et tout ça pour éviter je ne sais quelle distraction probablement aux passagers invités et parce qu’il ne veut pas faire, discrètement mais fermement, son boulot. A part ça, il ne s’est pas mutiné, non, il l’a envoyé s’écraser sur un mur !

Et comment le Commandant qui commandait la CONCORDIA a-t-il vévu ce dernier passage de … aucun renseignement crucial … à bord de son navire ?

Le moment où, concrètement, les choses ne se sont plus passées normalement est page 22 et 23.
Chronologiquement :

  • AMBROSIO faisant fonction de patron passe à SCHETTINO des informations d’une vacuité coupable, vu la suite des évènements
  • la phrase magique est prononcée « Master takes the conn » SCHETTINO fait fonction de patron, il croit être sur la route qu’il demandée, à l’endroit où il a prévu jouer son propre rôle pour les invités non payants
  • il navigue à vue, à la distance de la côte du GIGLIO où il se croit, 1/2 mille marin, c’est déjà plus sûr que les radars que d’ailleurs il a un « team d’officiers » pour surveiller pour lui – en principe
  • il ne prend pas lui-même le timon en main, du poste de vigie où il se trouve tout contre les vitres, dans le passage devant la rangée de plans de travail – et que AMBROSIO avait laissé vacant en demandant à RUSLI BIN de le quitter pour passer au timon juste avant de couper ou lui faire couper le pilotage automatique – SCHETTINO se trouve à environ 1 m dudit timon, comme nous l’avons tous vu sur la vidéo dans l’éclairage sombre et rouge de la passerelle post-accident au SCOLE
 un peu comme ici, en plein jour, sur une photo ancienne

6 minutes plus tard seulement, c’est le choc, à 30 km/h du paquebot géant sur l’écueil affleurant du SCOLE (non signalé sur la carte – où il aurait occupé 1 pixel).
Bref pas un des trois dont c’était le boulot de le savoir et de le lui dire ne lui a fait savoir qu’il y avait un os quelque part, une panne, un changement, un écueil affleurant tout près, trop près, une source d’emmerdements s’il n’en tenait pas compte.

Heureusement, il est de la vieille école, il réalise, il prend les mesures qui auraient évité le choc.
Mais la manoeuvre d’évitement est bâclée par le timonnier qui confond sa droite et sa gauche, AMBROSIO qui ne l’aide pas beaucoup à comprendre ce qu’il doit faire en n’arrêtant pas de contredire celui qui donne à présent les ordres et leur ange gardien muette qui n’aide pas du tout.  Il ne restait que 6 minutes pour éviter une catastrophe, pour cette bande d’ahuris c’était insuffisant.

Au procès-spectacle, Angela CIPRIANO prenait des notes que Guido FIORINI, rédacteur en chef à l’agence du journal Il MATTINO de la même ville, l’aiderait ultérieurement à mettre en forme pour en faire ce livre.
Elle entendait l’avocat de CODACONS, maître LEUZZI, scié, demander carrément à ce même AMBROSIO s’ils avaient mijoté un suicide collectif ou quoi, lui et les deux arlésiennes du procès, tandis que le procureur LEOPIZZI le faisait vite taire. 

Feuilleton ! délire ! pourquoi pas ? mais alors, qu’est – ce qui pouvait bien avoir poussé ces trois personnes si différentes à vouloir mourir ensemble en Méditerranée le soir du 13 janvier 2012 en entrainant avec eux plus de 4000 personnes qui ne leur avaient rien fait à part être leur gagne-pain ? Tiens, ça rappelle un récent accident d’avion regrettablement médiatisé lui aussi !

Rappel et résumé du souriceau : « J’y crois pas moi-même ! Ils ne m’ont rien dit ! Ça fait trois ans que je le répète ! » – presque – a dit le Commandant SCHETTINO à la barre. 

Note Du Souriceau : ceci est une réaction à la lecture, pas une traduction. Les auteurs sont en train de chercher à faire traduire les quelque 250 pages en français en Italie.

* ce qui est normal d’ailleurs. Pour que les passagers soient moins secoués lors du virage d’une cinquantaine de degrés, il faut aller assez vite. Paradoxal ? ça se passe dans l’eau, pas sur route, la Mécanique en est toute changée.

, , , , , ,

2 Commentaires

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 26 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :